‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 54 sur 294 · LU INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LU INTRODUCTION

fénelonienne, c'est-à-dire qu'elles comportent quelques réserves. Il est vrai que, quand les deux amis se sentirent attaqués ensemble, ils essayèrent de se désolidariser publiquement, en cessant toute entrevue et en interrompant leur correspondance. Mais ce ne fut pasdans l'automne de 1693, puisque, le 22 septembre 1694, Mme Guyon écrivait encore au duc de Ghevreuse : « S. B. (c'est Fénelon) me mande une chose que je ne vois nul moyen d'exécuter1. » A défaut dé ces lettres malheureusement perdues, douloureuses confidences que rien ne peut suppléer, il reste, presque en entier, la correspondance de Mme Guyon avec le duc de Ghevreuse ; et c'est par elle qu'on peut reconstituer ces années de lutte commune et d'amitié souffrante : Le nom de Fénelon ou plutôt les appellations bizarres, qui servent à le désigner*, S. B., B., Bi, Bibi, N. G., le Général, s'y retrouvent presque à chaque page. Il n'est guère de lettres, qui ne rapportent un conseil de l'ami ou qui n'en demandent un. Tout indique entre elle et lui une amitié incessamment attentive et unecorrespondance presque quotidienne. Et cependant depuis le 12 septembre 1693, — jour où elle avait quitté

t. IX, p. 388, g et 442, g. Dans une lettre à sa cousine, la marquisede Laval (t. VII, p. 4o4, d), Fénelon reporterait au début de i6g3 sa rupture officielle avec Mine Guyon : « Je ne sais où elle est ; je suis hors de commerce depuis plus d'un an. » Mais l'année indiquée par les éditeurs de Saint-Sulpice, 2C juin (169/1), ne me parait pas certaine. En tout cas Ghanterac se rapprochait davantage de la vérité, quand il écrivait à Fénelon le i4 juin 1698 (t. IX, p. 43g, d) : « Soutenez parfaitement que, depuis les articles d'Issy [mars 1695] vousn'avez eu ni directement ni indirectement aucune liaison avec elle. »

1. Lettre inédite (Mss. de Saint-Sulpice, Ier recueil Ghevreuse^ p. 100).

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