LXII INTRODUCTION
lui souffler ses réponses, relire ses lettres, trouver les formules imprécises et diplomatiques, qui avaient chance d'encore tout sauver *. Bientôt, semble-t-il, tout s'apaise ; ses anciens examinateurs et lui n'ont plus qu'une même doctrine sur la vie intérieure ; Mme Guyon quitte la Visitation de Meaux le 8 juillet 1695 2, deux jours avant le sacre de son ami. Il écrità Bossuet, pour accepter avec joie de collaborer à son Instruction sur les états d'oraison : « Je serai ravi, non pas d'en augmenter l'autorité, mais de témoigner publiquement comme je révère votre doctrine1». Mais quelques jours plus tard, Mme Guyon est arrêtée et enfermée à Vincennes4; le nouvel archevêque de Paris, M. de Noailles, exige d'elle une rétractation plus formelle 5. C'est elle seule qui est visée, mais il semble que Fénelon se sente plus atteint qu'elle. Il reprend toutes les concessions faites ; et tout le passé est remis en question. Mme de Maintenon a alors « de grands commerces avec lui, qui roulent toujours sur Mme Guyon 6. » Mais elle ne parvient pas à le persuader : « Il ne change point là-dessus, écrit-elle à M. de Noailles, et je crois qu'il souffrirait le martyre,- plutôt de convenir qu'elle
1. Cf. Lettres inédites au duc de Chevrcusedes 3 et 27 octobre 1697 (Ier recueil Ghevreuse, p. io3 et 11 3).