‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 64 sur 294 · INTRODUCTION LXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LXI

raentdes déclarations publiques, ou des récits officieux, presque toujours un peu apprêtés. Pourtant, à travers ces déclarations mêmes et ces récits, davantage peutêtre derrière les faits, si on les sait interpréter, l'âme de Fénelon apparaît ; et l'on devine que, dans cette crise d'amitié, il s'est plus fortement encore attaché à son amie qu'elle à lui. La véhémence de ses apologies et ses changements de tactique au cours de cette interminable querelle resteraient inexplicables, si l'on n'en cherchait pas les causes auprès de Mme Guy on. C'est d'ailleurs ce que Bossuet a très justement senti et fait sentir à tous les lecteurs des* Relation. Insinuer que « cette Priscille avait trouvé son Montan , » était peut-être injurieux ; et Fénelon a eu raison de protester,— trop souvent et trop plaintivement, à mon gré,— contre ce rapprochement, qui laissait tout supposer. Mais qu'importe ! s'il n'a pas été le Montan d'une Priscille, il a été, si on ose risquer l'expression, l'homme d'une femme; et sans cette femme, sans son influence, sans sa pensée perpétuellement présente, il eût évité toute cette affaire.

Car Bossuet n'a ni tout dit, ni tout su : ce Dès qu'on a commencé à parler contre Mme Guyon », Fénelon prit tout d'abord et très résolument sa défense. En collaboration avec les ducs de Beauvillier et de Chevreuse, il rédigea un mémoire justificatif, qui devait être présenté au roi, mais qu'elle refusa « de peur de commettre ses amis2 ». Durant toute l'enquête de Bossuet sur Mme Guyon, il resta derrière elle pour

i. Relation sur le Quiétisme, section XI, § 8, édit. Lâchât. Paris, Vives, 1864, t. XX, p. 168.

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