INTRODUCTION VII
déjà publiées ; il se contenta de rassembler dans le cinquième les lettres jusque-là inédites, sans d'ailleurs essayer de les classer, et en se bornant, semble-t-il, à conserver Tordre de son manuscrit.
Si maladroitement présentée qu'elle fût, cette correspondance apportait de trop précieuses et piquantes révélations, pour ne pas s'imposer à l'examen des futurs historiens ou éditeurs de Fénelon. Aussi, quand en 1828 l'abbé Gosselin publia toute la correspondance de Fénelon <» relative à l'affaire du quiétisme », il s'arrêta un instant à ces lettres « secrètes », mais pour les exclure de sa collection : « Nous sommes assurés, écrit-il, que tous les lecteurs judicieux nous sauront gré d'avoir laissé dans l'oubli des pièces non seulement dépourvues de toute preuve d'authenticité, mais encore manifestement supposées en tout ou en partie i . »
Ainsi déclarée apocryphe par un excellent éditeur, — sans que personne songeât à protester, — cette correspondance resta longtemps oubliée et inutilisée. Dans son livre, d'ailleurs médiocre, sur Mme Guyon ', M. Guerrier parut en ignorer l'existence ; M. Paul Janet ne sembla pas mieux informé dans son petit Fénelon3. Et, quand, en 1892, dans la Revue internationale de V Enseignement, M. Eugène Ritter réédita une partie de ces lettres, — les 38 lettres de Fénelon à Mme Guyon, — il put les présenter au public comme
1. Correspondance générale de Fénelon, 11 vol. in-8. Versailles, Lebel, t. VII, 1828. Avertissement, p. vi ; cf. encore Histoire littéraire de Fénelon, par M. [Gosselin], en tète de l'édition in-4° des Œuvres, t. I, p. 167.
2. Mme Guyon, sa vie, sa doctrine et son influence, par L. Guerrier, 1 vol. in-8. Paris, Didier, 1881.
3 Fénelon (Collection des Grands Écrivains), Paris, Hachette, 189a.