‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 70 sur 294 · LXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXVI INTRODUCTION

elle-même. Si elle s'attriste, c'est pour la personne qu'elle aimait, en cas que cette rupture lui soit nuisible. La douleur peut être vive et amère, puisque l'amitié était très sensible, mais c'est une douleur paisible et exemple des chagrins cuisants d'un amour intéressé1 ». Kt pourtant, il était dur de ne plus la revoir, de souffrir pour elle, sans goûter près d'elle « le bien de la souffrance pure ». Que ne lui aurait-il pas dit, s'il avait pu encore l'entendre au confessionnal de Sainte .1 arques, ou plutôt que n'aurait-il pas senti, assis en silenee à ses côtés ! 11 semble bien d'ailleurs que les désirs, le besoin, les souvenirs impérieux du passé furent plus forts que les serments: s'ils ne se revirent plus jamais2, si Fénelon resta à Cambrai, quand son amie sortit delà Bastille3, s'il n'alla pas la rejoindre à Dizîers et finir ses jours près d'elle, il put cependant la garder comme confidente et consolatrice. On lira plus loin* quelques strophes légères et dansantes, qu'il lui adressait déjà proche « du dernier âge », et qui ne sont pas sans charme dans leur mélancolie enfantine et leur folie d'amour. C'est une plainte à peine murmurée et très doucement désespérée :

Jésus et son enfance, C'est tout mon bien.

i. hislnwtions, XXIII, t. VI, p. 127, g.

j . On frisait pourtant courir le bruit qu'ils s'étaient revus à Paris : i'f. lettro inédite de Mme Guyon au duc de Ghevreuse de novembre 1697 (Hrt recueil Ghevreuse).

3, Le 94 mars 1703, Mme Guyon quitta la Bastille pour se retirer fhoa Hûn fita, dans sa terre de Diziers, près de Blois. C'est là qu'elle jiimmiL le 9 juin 17I7 ; cf. Guerrier, /. cil., p. ^73.

fi, Pttriet, n° XIV, p. 36o-2.

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