INTRODUCTION LXVI
Loin de toute espérance.
Je vis en pleine paix.
Je n'ai ni confiance
Ni défiance ; Mais l'intime assurance
Ne meurt jamais.
Content dans cet abîme, Où l'amour m'a jeté, Je n'en vois plus la cime
Et Dieu m'opprime :
Mais je suit la victime
De Vérité.
Et Mme Guyon, reprenant les rimes et les mots de son ami, le confirmait dans son « doux martyre » :
En perdant l'espérance, On retrouve la paix.
L'amour sans confiance
Ni défiance Est l'unique assurance
Pour un jamais * .
Si l'on en croit l'abbé Gosselin, qui avait sans doute en mains les preuves de son affirmation, c'aurait été M. Dupuy, l'ancien gentilhomme de la manche du duc de Bourgogne, disgracié, lui aussi, en 1698, qui servait alors d'intermédiaire entre les deux amis. Celui que Fénelon appelait avec une affectueuse familiarité « le bon Put » conserva jusqu'au dernier jour, dit l'éditeur de Saint-Sulpice, « une estime particulière pour Mme Guyon. Ce fut même par son entremise que Fénelon et ses amis intimes continuèrent, après la