‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 77 sur 294 · LXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXII INTRODUCTION

un sujet peu propre à une personne que Dieu attire à sa présence1. » Mais c'est surtout l'esclavage des scrupules et la crainte stérilisante du péché qu'elle a combattus chez lui : « Le plus grand de tous les biens, aimait-elle à lui répéter, est de n'avoir point d'autre volonté que ceile de Dieu, quoiqu'elle semble détruire rmtre être moral et vertueux2. » Dans les états supérieurs du pur amour, les péchés ne sont plus imputés3, on ignore le bien et le mal4, on ne connaît plus ni péché ni justice5 : « Il faut, lui disait-elle encore, laisser tomber vos défauts, lorsqu'on vous les montre, sans sortir de votre immobilité foncière, pas même par un désaveu. » Elle ajoutait : « Ce que je dis est hardi 6 »; mais voici qui ne l'est pas moins : « Vous êtes un homme non point pour être un saint ni vertueux, mais pour être selon le cœur de Dieu..., pour être fait volonté de Dieu7. » Avec la crainte de la mort et du péché, c'est aussi celle de Dieu qui disparaît. Ces âmes aristocratiques échappent « au commun des chrétiens grossiers, qui n'ont pas secoué le joug de la crainte de Dieu8». Elles se contentent de l'aimer avec un cœur affranchi de tout et de soi, désapproprié de ses vertus et désintéressé de son bonheur éternel. Elles l'aiment dans cette sainte indifférence9; elles le suivent dans la souffrance comme

i. Lettre XVI, p. 53.

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