‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 78 sur 294 · INTRODUCTION LXXII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LXXII

dans la joie, dans la lumière comme dans la nuit, elles le suivent « à la piste1 », allant derrière lui « tête baissée2 », sans savoir où elles vont3, sans toujours même sentir qui les conduit 4 . Ayant fait au divin « Petit-Mai tre 5 » l'absolu sacrifice de leur raison8, elles se laissent manier et pétrir par lui dans une amoureuse souplesse 7 , avec une naïveté et une petitesse d'enfant8. Leur vie n'est plus qu'un amen perpétuel9. Si le monde pouvait pénétrer au dedans d'elles, il serait scandalisé de leur folie. Mais elles, sont heureuses d'être folles10; elles voudraient « passer pour folles aux yeux de tous les hommes *'» ; elles ne désirent pour elles que l'imbécillité, l'impuissance et le bégaiement12; et c'est avec cet abandon délicieux qu'elles se laissent entraîner et anéantir « dans cet abîme d'amour où toute sagesse humaine perd pied i3».

La nécessité d'un rédempteur ne s'impose plus avec la même force dans cette religion d'amour passif. Plus

i. Fénelon à Mme Guyon, Lettre du 1 8 juillet 1689, p. 217.

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