‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 89 sur 294 · Fénelon à Mme Guyon, Lettre du 0 avril 1689, p. io · texte numérisé non relu

Fénelon à Mme Guyon, Lettre du 0 avril 1689, p. io

INTRODUCTION LXXXlll

« ménageait sa tête1 », travaillait peu, lisait peu1. L'esprit, naturellement agile et vif, sou (Trait de cette lassitude du corps, qui finissait par l'engourdir ' ; et « cette langueur universelle 4 » lui faisait « la vie triste et sèche 5 ». Au premier choc, il avait le corps et le « cœur en souffrance* ». Toute douleur le faisait « frémir7 » et « lui donnait des convulsions8 ». Sans force de résistance contre elle, il se sentait amoindri et « petit », dès qu'elle l'effleurait •, et se laissait a surmonter des moindres bagatelles10 ». A cet homme faible, qui ne se trouvait « aucune consistance en aucun sens u », il fallait un soutien et un réconfort. L'amitié lui était indispensable: « Les vrais amis, disait-il, font toute la douceur de la vie l2. » Il en avait besoin, moins encore pour s'appuyer sur eux, que pour leur « dire tout13 », que pour décharger en eux un cœur fragile, qui ne pouvait garder ses émotions, et où « les peines, trop longtemps contenues, auraient grossi jusqu'à le crever14 ». Ce besoin de confidence était chez lui si impérieux que ce prêtre autoritaire et

i. Id., 12 juin 1689, p. 166.

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