X AVANT-PROPOS
retentissent encore dans notre Europe moderne : « Que les Princes ne se flattent pas jusqu'à croire que l'Eglise tomberait, s'ils ne la portaient pas dans leurs mains. S'ils cessaient de la soutenir, le Tout- Puissant la porterait lui-même.
« Quelque besoin que l'Église ait d'un prompt secours contre les hérésies et contre les abus, elle a encore plus besoin de conserver sa liberté... »
Fénelon a rappelé l'attention sur le rôle du cœur dans la croyance. Les derniers scolastiques avaient vraiment trop dédaigné le sentiment. Une réaction s'imposait. Les grands esprits fiers de la puissance de la raison ne pouvaient ignorer à quelle lumineuse profondeur atteindrait le sens religieux, si à Tinsuffisance de l'intelligence venait s'ajouter toute la force de l'amour. Le cœur, comme l'esprit, est conducteur de la divinité. Jésus n'est pas venu en ce monde apporter une métaphysique nouvelle. L'Evangile en lui même n'est pas un système de philosophie. C'est surtout une vie morale. C'est le point où Fénelon s'accordait avec Pascal, les mystiques et les pieux auteurs de l'Imitation. Et cela frappe aussi beaucoup de consciences modernes.
Fénelon enfin doit plaire à notre démocratie.
Il a plaidé auprès du roi la cause du peuple. Il a frémi devant les misères humaines. 11 aurait voulu donner plus de bonheur à ceux qui travaillent et qui soufl'rent. Cette commisération resplendit dans ses écrits et sa vie ne l'a point démentie.