AVANT-PROPOS IX
études qui éclaireront la physionomie de l'archevêque de Cambrai. A le mieux connaître on Taimera davantage.
Fuyons cependant cette logique soupçonneuse qui peut découvrir les défauts, mais qui sert aussi à en inventer.
Les grands hommes qui sont l'honneur des lettres et dont le raisonnement à l'étranger magnifie la patrie méritent mieux que cette défiance. S'ils grandissent la France au dehors, pourquoi s'acharner à les rabaisser chez nous? Nous tuons nos prophètes.
La gloire de Fénelon, si brillante au xviii'' siècle, a baissé à la fin du xix*^. Elle renaît de nos jours. Les réputations auraient-elles aussi leurs oscillations, selon les besoins et les aspirations des époques ?
Fénelon convient à nos contemporains.
Il tranche évidemment dans le courant gallican français, si fort au xvii*^ siècle, qui aurait été au schisme, si un Bossuet ne s'était rencontré pour l'endiguer et le diriger.
Le gallicanisme est mort. Les chrétiens de France ont pris à Fénelon la forme de son catholicisme. Rome est la source de leur foi et le repos de leur cœur.
De quelle voix éloquente l'archevêque de Cambrai réclamait pour l'Eglise la liberté ! Les paroles qu'il prononçait au sacre de l'Electeur de Cologne