‹ FénelonChapitre 24 sur 27 · Mémoires, t. XI, p · texte numérisé non relu

Mémoires, t. XI, p

FENELON A CAMBRAI. l97

contre personne; tout en lui et chez lui dans la plus grande «lécence ^ » Que pourraient demander de plus les plus vifs admirateurs de Fénelon ! Si tel était le langage d'un ennemi, que ne devait pas être celui des amis?

Pour conclure, rappelons quelques-uns des traits principaux qui se dégagent de la figure de Fénelon, telle que nous avons essayé de la peindre. Ce qui nous paraît surnager par-dessus tout, c'est la libéralité de l'esprit et surtout cette libéralité dans une âme croyante où rien n'a pénétré, à ce qu'il semble, du doute moderne et des inquiétudes de la libre pensée. Aussi attaché à la foi qu'aucun chrétien de son temps (sauf quelques points discutables de haute théologie}, il a su joindre, avec une aisance parfaite, cette obéissance fidèle à l'autorité avec un goût vif et large pour le nouveau; il a pressenti les besoins de l'esprit moderne; il a pensé sur quelques points essentiels comme nous pensons nous-mêmes; il est un de nos contemporains. Le xviii^ siècle a voulu raccaj)arer; mais il était d'une nature trop fine pour ce siècle violent et grossier; il est mieux d'accord avec le notre qui est le siècle des nuances, des équilibres, des hardiesses tempérées par l'équité, par l'intelligence nette de toutes choses. Fénelon est un nuancé, un délicat, un esprit vraiment lil)ro et vraiment ouvert. En toutes choses, il est pour la solution libérale, et nous dirions aujourd'hui avancée.

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