‹ Fenêtres et jalousiesChapitre 6 sur 17 · FLORESTINE, LÉONIE · texte numérisé non relu

FLORESTINE, LÉONIE

LEONIE, entrant.

Bonjour, Florestine!

FLORESTINE

Madame de Marsac, une de mes meilleures pratiques.

(Lui donnant la chaise qui est près de l’établi.) Quoi!... VOUS ici ?

Chez moi ?

LÉONIE

Qu’y a-t-il de si extraordinaire ? Ne m’as-tu pas parlé l’autre jour d’une certaine dentelle magnifique qu’une de tes clientes désirait vendre ?

FLORESTINE

En effet, Madame, c’est une dentelle en point d’Alençon qui produirait un magnifique effet sur une robe de mariée.

LÉONIE

Eh ! mon Dieu ! C’est tout bonnement pour cela que je veux l’acheter.

Vous vous mariez?

LÉONIE

Je me remarie, car, je l'ai déjà été une fois. M. de Marsac avait 60 ans, 60 mille livres de rentes. Il mourut 60 jours après notre mariage. (Froidement.) Je le regretterai toujours !

FLORESTINE, à part.

Ca se voit ! Ce qui no l’empêche pas do lui donner bien vite un successeur,

Que dis-tu?

Rien ! Je demandais

léonie.

FLOHESTINE.

s’il était vieux aussi votre futur ?

LÉONIE

Oh ! non ! C’est un jeune homme charmant, spirituel et du meilleur monde. Nos parents ont trouvé convenable de marier nos intérêts et nos personnes.

FLOR E STIN jjL^ ^

Oh ! ce doit être bien bon d’épouser celui qu’on aime !

LÉONIE

Avec quel air pensif me dis-tu cela ? Est-ce que tu aurais des peines de cœur ?

FL0REST1NE

Oh ! non, Madame!

LÉONIE

Ta, ta, ta ! Cela veut dire que tu aimes quelqu’un et que ce quelqu’un no t’aime pas.

FLOUESTINE, vivement.

Lui, ne pas m aimer ! Tout à l’heure, encore, il me le répétait.

LÉONIE

Petite cachotière, je savais bien que je te ferais parler.

FLORESTINE

Eli bien! oui, il maime!... C’est mon voisin, le même toit nous sert de terrasse.

LÉONIE

Mais tu écrivais quand je suis venue, voyons !

(Elle passe à la table.)

FLORESTINE

Oh ! non, c’est... mon livre de dépenses.

LÉONIE

Elles sont grosses tes dépenses, si j’en juge par la gran-

deur des lettres. (Lisant.) Amour ! (parié.) Drôle de marchandise !... (Lisant.) Aimer !... Adorer !... Je t’aime ! (Parié et en riant.) Diable ! tu dépenses beaucoup, prends garde, prodigue ! tu vas te ruiner !

FLORESTIXE.

Oh! madame, vous riez ! Vous me rendez confuse... J’en ai trop dit et pour couper court à ces confidences, jo vais aller chercher cette dentelle chez ma pratique. C’est au premier, dans la maison.

Va ! Va ! Car tu es fourneau !

LÉONIE

plus rouge que les charbons de ton ENSEMBLE :

un instant

dans un moment

Veuillez attendre Va, je t’attends Je reviens Et reviens

De ton 11 j P ro ^ esseur charmant Nous recauserons Je recauserai.

j longuement

(Reprise.)

(Florestine sort par le fond.)

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