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riez placés sous ces circonstances ; votre patriotisme serait donc héroïsme. Sitel est le cas, marctez votre chemin, héros, qui est le sentier de la gloire nationale.
Invité à vous faire une lecture, j’ai accepté, dans l'espérance que je pourrais avoir le temps dela préparer ; mais mon espoir a ététrompé. Faisant partie, comme on vous l’a dit, du reste, du comité d'organisation pour la grande démonstration du 24 juin prochain, je n’ai pas trop de tout mon temps pour parer les coups qui pleuvent sur ma tête, et pour ne pas être anéanti par l'éclat de la foudre qui gronde sur les hauts lieux.
Cette lecture préparée en trois jours possède, sans aucun doute, plus de défauts que de qualités ; quelle qu'elle soit, elle a été faite pour vous rendre service. Heureux je serai, si je puis atteindre mon but.
Mesdames et messieurs, comme je savais que l'assemblée de ce soir était une assemblée d'élite, je n'ai pas hésité à prendre pour sujet de lecture une question importante et très sérieuse. Parler du travail et des travailleurs m'a semblé approprié. C'est de vous, c’est de moi, que je vais vous entretenir, parce que le sujet nous touche de près.
Veuillez m’accorder votre attention.
Messieurs,
Comprendre et pratiquer, jeune encore, la grande loi du travail, selon le cours ordinaire des choses, c'est décider l’avenir et fixer la destinée ; c’est assurer dans ses premiers jours la fécondité de tous
jours ; c'est ouvrir dans Ja vie qui commence les sources profondes et loyales d’où sortent les grandes choses, dont l'éclat doit rejaillir sur la vie entière.
La paresse, au contraire, verse sur l’homme des maux incalculables ; elle flétrit la jeunesse, elle brise la virilité, elle attache à toutes ses jouissances le déshonneur de la stérilité. C'est que le travail est sur la terre la suprême fonction de l’homme, et toute sa vie dépend de la manière dont il sait l’accomplir.
Mais qu'est-ce donc que le travail ?
Le travail, dans sa notion la plus simple, c'est l'effort de l’homme contre l'obstacle, c’est la lutte contre la difficulté. Le travail, c’est l’homme qui marche, l’homme qui agit, l'homme qui produit, mais la fatigue aux membres, les sueurs au front. Donc le travail, c’est la peine ; le travail, c’est l'action, plus la douleur. Nous sommes tous condamnés à travailler, les peuples comme les individus. C'est une nécessité, une loi divine, loi qui a été promulguée par Dieu dans sa haine contre la prévarication de notre premier père, et qui est par Dieu récompensé lorsqu'il est mis en pratique avec abnégation et avec courage. Voyez, notre divin maître lui-même, travaillant jusqu’à l’âge de trente ans dans l'atelier de St. Joseph, se soumettait à la loi du travail pour prouver que l’homme ne devait pas rougir, mais s’estimer heureux de travailler.
Quel modèle pour l’ouvrier : ,
L'Homme-Dieu maniant la hache, la scie et le ciseau pendant vingt ans de son passage sur la terre !
Plus tard, quand Jésus-Christ prêche son évangile, ce code divin des lois de la morale, il se complait à récompenser dans ses paraboles le bon serviteur, l’ouvrier habile et il poursuit de ses malédictions le paresseux, l'oisif et l’indifférent.
La religion qui ouvre si divinement les mystères de la nature, nous montre le travail près du berceau du genre humain.
Adam a péché, la première iniquité a touché la terre ;la terre, à ce prernier contact du mal, a tressailli d’un tressaillement profond, et tandis que, par le contre-coup de cette chute,le trouble se fait aux profondeurs de l’homme comme aux profondeurs de la nature, Dieu vient trouver ce souverain déchu, et Il proclame dans une parole dont l’échone se taira plus le châtiment de l’homme et la loi de sa vie. Et Dieu dit à Adam : Parce que tu as mangé du fruit de l'arbre auquel je t'avais défendu de toucher, la terre sera maudite sous ta main, et le travail seul en arrachera l’aliment de ta vie. Cette terre qui se couvrait pour toi, et de fleurs et de fruits, n’étalera plus sous tes yeux que la fécondité des ronces et des épines.
Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front, jusqu’à ce que tu retournes en terre, dont tu es sorti.
Vous l'avez entendu : désormais l’action de l’homme sera laborieuse.
Seul le‘travail le mettra au monde ; fils du travaii, il naîtra pour travailler, il mangera son pain à la sueur de son front ; il travaillera ou il mourra.
O homme, regarde cette terre, situ ne travailles à arracher de son sillon ingrat l'aliment qui doit nourrir ton corps, l'arrêt en est porté : tu mourras Dhysiquement.
O homme, regarde les ténèbres que ta révolte vient d'amasser aux abîmes de ton âme ; si tu ne travailles pour disputer à l'erreur l'aliment de ton intelligence, la vérité, l'arrêt en est porté, tu mourras ftellectuellcment.
O homme, écoute le cri de révolte que les passions poussent du fond de toi-même ; si tu ne travailles pour défendre contre leur fureur l'aliment qui doit nourrir ton cœur, la vertu, l'arrêt en est porté, tu mourras /20ralement.
Vo: le voyez, Messieurs, la grande loi du travaii érrar= 5 Dieu et date du Paradis terrestre.
À . :loiles grands génies se sont soumis sans murmurer ct ont enfanté, dans le travail, les chefsd'œuvre de littérature, de l’art et de la mécanique.
Voyez Bossuet, ce puissant génie, qu'on a surnommé l'aigle de Meaux, à cause de son éloquence qui, comme l'aigle, planait au-dessus de tous les orateurs de son temps, Bossuet n'est parvenu à l'apogée de sa gloire que par le travail constant, incessant.
Napoléon, l'immense colosse, qui, au commencement de ce siècle, tenait dans ses mains les extrémités des pôles, ce guerrier célèbre, capitaine, général, empereur, politique, homme de sciences, Napoléon ne fut grand que par le travail.
Ce génie était sans cesse occupé, jamais oisif.
Regardez le tableau que nous offrent les différentes positions sociales des individus, et réfléchissez.
Voyez cet artiste, avec sa palette au poing, comme il trace avec précision ces lignes courbes ou droites, il n'entend rien du bruit que vous faites en entrant chez lui ; la sueur perle sur son front ; son œil brille étrangement. Sortezet montez plus haut. Voyez ce savant penché surs* livres ; il concentre en eux tous ses instants ; il se frappe le front de temps à autre comme pour y faire entrer la science ; il lit et étudie sans cesse ; descendez maintenant et voyez dans la rue cet :omme qui porte un fardeau, la sueur l’inonde, il monte une échelle, le dos courbé sousle faix qu’il porte. Plus loin encore, voyez cet ouvrier courbé sur sa galère, son bras nerveux enlève des ratissures, il en est tout couvert, ses sens s'échauffent, il se fatigue, son bloc s'’ébauche et il est bientôt aplani ; alors il sourit.
Demandez à ces hommes pourquoi ils travaillent avec tant d’ardeur sans se plaindre, sans murmurer, tous vous répondront : fils d'Adam, comme notre père, nous mangeons notre pain en le trempant dans nos sueurs; filles d'Eve, comme notre mère,nous enfantons dans la souffrance. Et voici que tout ce que nous produisons porte le vestige ineffaçable de cette loi que Dieu grave au frontispice de ses œuvres comme le signe de leur perfection, et qu'Il grave dans les plis de notre front, comme le sceau de la grandeur et de la dignité humaine.
C’est ainsi, messieurs, que la voix de Dieu, la voix -de l’histoire et la voix de la nature nous disent : l'homme est né pour travailler, le travail est la loi de l'humanité.
Et cependant, que n'a-t-on pas imaginé pour se soustraire à cette loi? Que de novateurs n’ont pas cherché à implanter au milieu des populations leurs absurdes utopies en promettant au travailleur des jouissances dans le travail harmonisé ?
Depuis Fourrier, Owen à Carl Max, ce grand chef -de l’Internationale,toujours il y a eu des esprits outrés, des cœurs ulcérés, aigris par la jalousie contre le bienêtre de leurs semblables, qui sont tombés dans le panneau des prétendus réformateurs, et qui toujours ont été dupes de leur aveuglement.
Sans doute que quelques-uns de ces novateurs étaient mus par un désir sincère d'améliorer le sort des classes ouvrières ; mais parmi euxils’en rencontre qui n'avaient pour mobile de leurs innovations que leurs intérêts personnels et qui voulaient se faire un piédestal des préjugés des masses exploités à dessein. Et tous ont eu des utopies ridicules et incompatibles avec l'esprit providentiel du travail. Comme délassement, je me permettrai de vous faire voir quelques absurdités du système Fourrier, qui vous feront connaître jusqu'où peut aller le déraisonement et l’incrédulité.
Fourrier est celui de tous les utopistes dont les idées et le système sont les plus curieux. Pourle faire
connaître, je vous citerai les passages les plus badins. de sa théorie harmonique.
Fourrier voulait que tout l'Univers fût une vaste Commune où toutes les nationalités auraient été divisées par phalanges.
Le travail en commun, les greniers, les maisons, en commun. Il appelle ce système ‘“ Harmonie, ” Prenant l'enfant au berceau, voici son plan touchantles premiers soins à lui donner ; d'abord, supposant que son système fût mis en opération, votre village ne serait qu'une phalange. Toutes les mères porteraient leurs enfants dans une bâtisse spéciale et ne s’en occuperaient plus, six mois après leur naissance.
Vous voyez déjà le plus beau sentiment sur la terre, le dévouement maternel, relégué au communisme, car Fourrier dit quelque part que l'enfant est à la phalange, que ses parents n’ont rien à voir pour son éducation. Et comment cela s'opère-t1 ? Voici : ‘“ L'harmonie, qui opère en ordre composé, donne à l'enfant deux situations : elle le fait alterner du berceau à la natte élastique.
Les nattes sont placées à hauteur d'appui, leur support formant des cavités où l'enfant peut $e caser sans gêner ses voisins. La salle est chauffée au degré convenable pour tenir l'enfant en vêtement léger et éviter l'embarras des langes et des fourrures. Les berceaux sont mûs par mécanique, on peut en agiter vingt à la fois. Les nourrissons et poupons sont distribués en six salles distinctes, pour les pacifiques, les rétifs et les dablotins, afin que les hurleurs ou diablo-
tins ne puissent incommoder ni les pacifiques ni méme les rétifs déjà traitables.
Ecoutez-le, maintenant, proposer un système harmonique pour la conduite des troupeaux ; c'est le sublime du ridicule.
Tout animal domestique, dit-il, est, en harmonie, élevé musicalement comme les bœufs du Poitou, qui marchent ou s'arrêtent selon le chant du conducteur. Dans ce genre de service, les chiens peuvent intervenir très utilement. Ceux de l'harmonie sont dressés à conduire des masses de bétail, ralliées sur un son de grelot. Les animaux sont habitués, dès l'enfance, à suivre tel grelot, dont leson leur est connu par le signal des repas. Certaines espèces, bœuf, mouton, cheval, portent dès l'enfance et à l'époque de leur éducation, la sonnette ou le grelot qu’ils devront suivre toute leur vie, et qui servira seul à les distribuer en pelotons ou en colonne.
Par exemple : pour classer et faire chemineren bon ordre un troupeau de 24,000 moutons, trois à quatre bergers à cheval sont rangés aux extrémités et au centre, avec quelques chiens de police et huit chiens de gamme qui, au signal donné, agitent alternati“ement leurs colliers de sonnettes et rallient autour d'eux les moutons élevés sur la note. On range les sonnettes. par tierces, afin que chacune s'accorde avec la sui. vante et la précédente.
Ainsi le chien à grelot w# passe le premier avec sa. troupe de moutons, dont quelques-uns portent comme lui une sonnette en #7. Viennent ensuite la bande:
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mi, la bande so/ et autres dans l’ordre 1, re, mi, fa, sol, la, si, ut, chaque peloton comprenant environ 3,000 moutons. |
Plus loin, Fourrier propose de payer la dette de l'Angleterre avec la vente d'œufs de poule. Son système d'économie appliqué aux œufs de poule est assez ingénieux et praticable.
Le réformateur admettait la concurrence et les récompenses entre les phalanges. Voyez plutôt le récit d'une lutte gastrophique qui devait avoir lieu en harmonie.
I] suppose que 60 empires, qui ont fourni 10,000 horimes chacun, veulent entrer en lice, pour savoir lequel des empires est supérieur aux autres dans la confection des petits pâtés en orthodoxie hygiénique.
L'armée forte de 600,000 combattants et de deux cents systèmes de petits pâtés, prend position sur l'Euphrate, formant une ligne d'environ cent vingt lieues moitié au-dessus, moitié en dessous de Babylone.
Avant l'ouverture de la campagne, soixante cohortes de pâtissiers d'élite se détacheront pour le service de la haute cuisine de bataille du grand sanhédrin, gastrophique de Babylone. C’est un haut jury qui jugera des pâtés. Chacune des soixante armées se classe dans le centre ou les ailes du camp, selon la nature de leurs prétentions.
L’aile droite en petits pâtés farcis, 20 bataillons.
Le centre en vols-au-vent à saveur, 25 bataillons.
L'aile gauche en mirlitons garnis, 15 bataillons.
L'affaire s'engage par des fourneés de l’un des trois corps, soit de l'aile gauche sur les mirlitons qui sont dégustés à Babylone par le grand sanhédrin ou congrès des oracles et oraclesses. (On ne peut présenter au concours plus de deux à trois systèmes par jour. La dégustation deviendrait confuse si elle excédait le nombre de trois.
A la fin de la campagne, il y aura eu 25 empires vaincus et 35 triomphants, car un même empire peut réussir à faire adopter deux ou trois espèces de sa composition,
Au jour du triomphe, les vainqueurs sont honorés. d'une salve d'armée. Par exemple, Apicius est vainqueur pivotal ; on sert ses petits pâtés au début du diner. À l'instant les 600,cooathlètes s’arment de 300,- 000 bouteilles de vin mousseux dont le bouchon ébranlé et contenu par le pouce est prêt à partir. Les commandants font face à la tour d'ordre de Babylone, et au moment où son télégraphe donne le signal du feu, on fait partir à la fois les 300,000 bouchons. Leur fracas accompagné du cri de vive Apicius retentit au loin dans les antres des monts de l’Euphrate. Au méme instant, Apicius reçoit du chef du sanhédrin la médaille d’or portant en exergue : À Abpicius, triomphateur en petits pâtés à la bataille de Babylone, donnée par les soixante empires.
Ces citations suffisent pour vous démontrer jusqu'où allèrent certains novateurs, qui, prenant la ques-. tion dutravail comme paravent, cherchèrent dans leurs.
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théories et leurs écrits à ébranler les vérités de la morale et de l’économie.
Eneffet, Saint-Simon, Owen, Fourrier, Pierre Leroux, ont pris pour bases de leurs théories la satisfaction illimitée pour tous. Se maîtriser, à leur sens, est une folie ; s'abstenir, une puérilité.
Puisque la satisfaction était, d’après eux, la loi suprême des sociétés, il était logique qu’elle ne s’arrétât devant rien.
Respecter la propriété d'autrui est une compression, une violence. Il fallait abolir la propriété. Respecter la femme d'autrui n'allait plus à certaines gens, il fallait abolir le mariage. Respecter les droits de la famille est une capitulation avec les droits de tous à toute chose.
Il fallait abolir l'héritage. C'est ce que les novateurs demandérent. Je clos ici cette longue digression, en ajoutant que ces réformateurs, tout en cherchant à améliorer le sort des travailleurs, n’ont jamais nié la grande loi du travail. Fourrier, dont les idées sont les plus acceptables, base son système sur trois éléments d'activité, le capital, le travail et le talent ; l’action du numéraire, l’action des bras et l’action de l'intelligence
Ces trois éléments, lorsque leurs relations sont appuyées sur les principes du juste et du droit, deviennent les véritables engins du progrès matériel.
Mais, hélas ! combien de nos jours, ces éléments sont en révolte les uns contre les autres ! Depuis un
quart de siècle, que de perturbations la question ou-
vrière n’a-t-elle pas causées !
Révolte du travail contre le capital, empiètement de ce dernier sur letravail, grèves, familles réduites à la mendicité, meurtres, tel est le bilan que nous apporte chaque semaine la revue hebdomadaire des événements.
Les Etats-Unis ont été le théâtre de grandes luttes entre le travail et le capital. Depuis dix ans les grèves se succèdent de semaine en semaine, et les ouvriers n’en sont pas plus prospères, après tout.
Je ne prétends pas trancher le nœud gardien dela situation, je ne m'en sens pas la capacité, et si je prenais fait et cause pour une des parties engagées, ce ne serait certainement pas pour le capital, car ce #ousieur m'est inconnu, pendant qu'au contraire, je suis un enfant du travail, un fils de la classe ouvrière
Malgré mon impuissance à bien traiter la question, permettez-moi, cerendant, de vous donner quelques conseils à propos des grèves.
Les ouvriers conviennent généralement qu’il y a perte poux eux à faire grève ; car cette dernière ne réussit que très rarement à obtenir ce que les grévistes demandent. Néanmoins ils se figurent que l'insuccès des grèves tient à ce qu’elles sont partielles, c'est-àdire que si tous les membres d’un même métier par: ticipaient tous en même temps à la grève, ci lic-ci aurait l'effet désiré ; mais cela est presque impossible. En supposant qu'une grève universelle eut lieu, les patrons seraient bien forcés d'accéder aux demandes
des travailleurs, afin de ne pas perdre des capitaux engagés dans des commandes importantes dont ils ont les contrats à remplir. Mais l'augmentation des salaires durera-t-elle longtemps? Les patrons, ayant plus à payer pour les salaires, ne pourraient plus vendre leurs marchandises au même prix qu'auparavant ; les frais de production étant plus considérables, ils seraient forcés de demander au détaillant un prix plus élévé.
Quelques ouvriers prétendent qu’il n’en devrait pas être ainsi ; mais en cela, ils manquent de logique,. car puis qu’ils se reconnaissent le droit de forcer le patron à augmenter leur salaire, il est évident que le patron doit avoir, lui aussi, le droit d'augmenter le prix de ses produits.
Cette augmentation du prix de la marchandise, force le public à acheter moins ; de là, diminution de la demande. La demande diminuée, la production devient moindre. C’est alors que les patrons sont obligés, ou de réduire les gages ou de diminuer les. heures de travail, ou de renvoyer un certain nombre de leurs ouvriers.
C'est ainsi qu'au début, la grève peut procurer quelque avantage aux ouvriers ; mais en définitive. ils auront perdu beaucoup par la durée de ses conséquences.
Les grèves partielles doivent échouer, comme:l'expérience nous l'a démontré, pour deux grandes: raisons.
1. Parce que les ouvriers qui ne font pas grève viendront prendre la place de ceux qui font grève.
2 Parce que les patrons peuvent résister bien plus longtemps que leurs ouvriers.
Et les grèves générales, me dira-t-on, échouerontelles de même ?
Elles devront échouer, en fin de compte, parce que les ouvriers, tout en y gagnant, d'abord, perdent leur temps, voient bientôt leurs salaires tomber au-dessous du taux où ils étaient avant la grève, et cela pour une des raisons suivantes :
Ou les ouvriers sont mis en chômage d'une ou plusieurs heures par jour, ou un certain nombre d’entre eux sont congédiés, ou bien enfin, les ouvriers qui offrent de travailler augmentent en nombre.
D'où je conclus, messieurs, que ceux qui attaquent le capital comme exerçant une influence funeste sur le bien-être de l'ouvrier, se trompent grandement, quand ils ne sont pas de mauvaise foi.
Il n’est pas nécessaire d’être versé dans les connaissances de l’économie politique pour comprendre que plus une industrie se distingue par l'importance de son capital, plus elle est en état de mener son entreprise à bonne fin, et par cela même, d'occuper et de rémunérer les ouvriers qui lui demandent du travail.
L'ouvrier profite du capital, soit comme salarié et comme producteur quand il fait partie d'une industrie qui admet les ouvriers à la participation des bénéfices, soit comme consommateur. Il est certain, en effet, que bon nombre d'objets indispensables à la vie
sont obtenus aujourd’hui facilement et à des prix réduits, parce que certains industriels ont disposé d’un capital suffisant pour perfectionner leur outillage, pour donner de l'extension à leurs affaires.
Après avoir parlé de la presque nullité des grèves pour le bien-être de l’ouvrier, examinons un peu les maux qu'elles entraînent.
Lorsque les ouvriers font grève, il faut qu'ils vivent, il leur faut de la nourriture, des vêtements, du feu et un abri. Pour avoir toutes ces choses, il leur faut de l'argent ; et lorsqu'ils ne gagnent rien, ils sont forcés de dépenser leurs épargnes, s’ils en ont, ou s'ils n’en ont pas, de faire des dettes. Et de plus, combien n'arrive-t-il pas souvent qu'après avoir éprouvé pendant longtemps toutes les souffrances de la misère, ils trouvent, lorsqu'ils se décident à retourner à leur travail, leurs places prises par d’autres, quand ils ne trouvent pas leurs patrons ruinés et les usines fermées.
Prenez comme exemple frappant de la vérité de ce qui précède, prenez la situation actuelle d’une industrie très lucrative, il y a quelques années, et qui aujourd’hui décline de jour en jour dans la Nouvelle. Angleterre.
Il y a dix ans, l'Ouest, le Sud, le Nord de l’Amérique, ne connaissaient qu’un seul marché de chaussures, celui de Boston ; on venait de tous les côtés acheter à Bostonles chaussures de tous les genres, de toutes les qualités. Un beau jour, il yeut révolte des ouvriers contre les patrons; pendant une année les prix étaient élevés, les cordonniers triomphaient. Mais
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qu'est-il arrivé ? Vous le savez, messieurs, la plupart d'entre vous avez dû compter avec l'expérience des grèves.
Le patron ayant à payer plus cher pour sa maind'œuvre, il fut torcé de vendre plus cher. Les commerçants de l'Ouest ne trouvant plus d'avantages dans le bas prix, commencèrent à fonder des établissements de cordonnerie, et Chicago devint un marché assez important.
Les industriels de l’Est, pour soutenir la concurrence, furent obligés de réduireles salaires. De là révolte des ouvriers, et langueur de l’industrie. Des commandes importantes ne pouvaient être exécutées avec avantage et pour la date promise.
Le Sud ne put se soumettre à ces temporisations, et la Pensylvanie devint le marché de chaussures pour le Sud. Les ouvriers demandèrent en vain de l'ouvrage aux anciens prix, il n'y en avait point :les commandes étant partagées entre Chicago, Milwaukee, la Pensylvanie et la Nouvelle-Angleterre.
Tels furent les effets désastreux des grèves de la société de St.-Crépin. Depuis deux ans, nos cordonniers travaillent à peine cinq mois de l’année et à prix assez réduits. Par les grèves, presque toujours les ouvriers deviennent pauvres; les ouvriers s’endettent, les ouvriers restent sans ouvrage.
Certains individus s'imaginent que les salaires sont pris sur les bénéfices du maître et que les ouvriers, ceux-là même qui, «’ ‘on eux, produisent les bénéfices, n’en retirent qu'ii: :; faible partie,
Ces individus devraient comprendre que la maind'œuvre n'entre que pour une partie dans ce qui constitue les bénéfices, et que les mécaniques, les machines, sont tout aussi nécessaires pour transformer les matières premières en marchandises vendables, que peut l'être la main-d'œuvre.
Il y a erreur complète à supposer que les ouvriers sont payés sur les bénéfices de leurs maîtres ; car ils reçoivent le prix de leur main-d'œuvre avant que les marchandises soient vendues, et conséquemment, avant qu'aucun bénéfice puisse avoir lieu.
Indépendamment de cela, les maîtres perdent parfois sur leurs marchandises ; donc, si les salaires étaient pris sur les bénéfices, les ouvriers, dans ces cas-là, n'auraient droità rien. Un chef d'établissement doit payer ses hommes avant de toucher aucun bénéfice, qu'il doive même en faire ou n’en pas faire ; et pour remplir cette condition, il lui faut de l'argent pour acheter la main-d'œuvre, et cet argent fait partie de son capital. ‘Lors même qu’une manufacture est en activité depuis longtemps, et que son chef à encaissé de grandes sommes d'argent pour ses marchandises, ses hommes sont encore payés sur le capital; car la majeure partie de l'argent que le maître reçoit, sert à remplacer la partie de son capital qu'il a déjà dépensée en salaires.
Il est parfaitement vrai queles maîtres tirent profit du travail de leurs ouvriers ; autrement, ils ne les emploieraient pas. Les maîtres achètent le travail que leurs hommes leur livrent de leur plein gré et
moyennant salaires. Dès que les hommes ont vendu leur travail, ce travail fait partie du capital des patrons, qui, par le bon emploi qu'ils en font, entirent profit, tout commeils tirent profit de l'application de leurs machines, de leurs matières premières, et le reste.
Et les hommes trouvent que vendre leur labeur de cette manière, c’est pour eux en faire le meilleur usage possible.
C'est ainsi que les ouvriers dépendent du capital des maîtres pour leurs salaires et les maîtres dépendent du travail de leurs ouvriers pour faire des bénéfices. L'un ne peut avancer sans l’autre ; chacune des parties est sécessaire à l’autre. Comme chaque classe dépend de l'autre: les maîtres, des ouvriers, et les ouvriers, des maîtres, il existe entre eux une dépendance snutuelle ; et comme chacune des parties bénéficie par l’autre, il existe aussi entre elles un bénéfice ou avantage mutuel.
Le capital n’est donc pas l’ennemi du travail, puisqu'il lui est indispensable.
Mais, pourrait-on me dire, vous prenez l'idéal pour la réalité. Vous prenez le capital lui-même, avec ses avantages pour la société, avec son indispensabilité pour le progrès, mais montrez-nous le revers de la médaille; faites-nous voir le capitaliste inconsciencieux, âpre au gain, brutal et esclavagiste, et dites-nous si, sous la férule d’un tel maître, l’ouvrier n’est pas en droit de se révolter contre des injustices, un travail excessif et une rémunération insuffisante.
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Je réponds : D'abord le cas est exceptionnel ; car un capitaliste tant soit peu homme d’affaires voudra toujours retenir à son service les bons ouvriers et leur payera de bons salaires proportionnés à leur valeur et aux circonstances de son commerce.
Mais admettant qu'il y eût lésion de la justice par certains maîtres, les ouvriers dans ce cas n'ont qu’à changer d’établiss: nent; et, s’il n’y a aucune place pour eux, qu'ils se forment en association coopérative ; qu'ils groupent en commun leurs capitaux, quels que minimes qu'ils soient, et qu'ils forment entre eux un établissement industriel qui réussira d'autant mieux que les capitalistes seront en même temps les ouvriers.
Je n'hésite pas à le dire, messieurs, l’avenir appartient à l’association. Dans les pays comme ceux d'Amérique où la propriété est morcelée, où le système féodal, heureusement, n'existe pas, les capitaux cherchent à se grouper. Voyez nos chemins de fer, nos banques, notre commerce de gros, concentration du capital en parts de peu d'importance. C'est ce que nous n’avons pas assez Compris, jusqu'à ce jour, Canadiens. Oui, jusqu’à ces années dernières, nos capitalistes ne plaçaient leurs fonds que dans les banques, et aucunement dans les entreprises industrielles. Mais voici que le réveil se fait, chez nous. Autrefois, il fallut que des Anglais se coalissassent pour bâtir le Grand Tronc ; aujourd’hui, des Canadiens pourraient et ne craindraient pas d'entreprendre une aussi gigantesque voie ferrée.
Nous n’aimons pas assez l’association, et c’est cependant ce qui fait la force du commerce anglais et américain. Si, une bonne fois, nous pouvions nous convaincre des bienfaits de la cocpération, nous y gagnerions beaucoup dans l'opinion de nos concitoyens d'origine étrangère à la nôtre, et ce serait le signe du progrès matériel pour nous comme pour eux.
Mais il n'entre pas dans.le cadre de cette lecture, d'étudier cette belle et importante question. Je n’en ai parlé que comme moyen de prévenir les grèves et comme méritant d'être le sujet des aspirations légitimes de la classe ouvrière.
Car seule, l'association pourra apporter un remède aux vices de la culture morcelée, à l’éparpillement des forces sociales, aux sacrifices que conseille une concurrence déréglée. Elle aura seule la puissance de terminer la longue querelle qui se perpétue entre le principe de la liberté et le principe de l’autorité Tout n’est pas prêt peut-être pour son avénement ; mais partout, cependant, un besoin d'union se fait sentir. Des sociétés philanthropiques, des sociétés de secours mutuel se forment de toutes parts.
Les abus de l'autorité ont enfanté la liberté et les abus de la liberté conduiront à l'association ou: à la force collective. L'autorité exploitait; la liberté isolait ; mais l'association satisfera tous les intérêts.
Messieurs, j'ai dit, il y a un instant, que le patron intelligent et qui désire tant soit peu réussir dans l'exploitation de son industrie, cherchera toujours à conserver les bons ouvriers. Je ne pourrais
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mieux terminer ces observations sur le travail et les travailleurs qu'en indiquant rapidement les qualités essentielles d’un bon ouvrier,
Un bon ouvrier est celui qui produit du bon ou- . vrage et qui en produit beaucoup. Qualité et quantité de l’ouvrage sont les deux choses qu'on demande d’un ouvrier.
Pour produire de l'ouvrage d'une qualité supérieure, il faut que l’ouvrier ait des aptitudes et une connaissance parfaite de son métier ou de :on art. Pour acquérir ces connaissances, il faut au jeune apprenti beaucoup d'application et d'attention suivie.
Pour produire beaucoup, l'ardeur au travail est nécessaire.
Il ne faut pas rester à flâner quand on n'est pas surveillé, mais travailler sans désemparer.
Il y a certains individus qui ne font que peu d'ouvrage dans une journée, bien qu'ils s'occupent sans cesse ; cela provient de ce qu'ils sont lents.
Ajoutons à ces qualités indispensables, les conditions morales requises chez tout employé et nous verrons que :
L’ardeur au travail, tes connaissances, l’habileté, la probité, l'exactitude et la sobriété sont des qualités nécessaires pour faire de très bons ouvriers.
Si nous passons à un autre ordre d'idées, nous voyons que le travail intellectuel n’est pas moins pénible que le travail nanuel. On croit souvent que l'homme de profession ne travaille pas aussi rudement que l’ouvrier ; c'est une erreur, messieurs.
Voyez passer cet avocat dans son carrosse, accompagné de sa jeune femme, parée de riches toilettes ; il est heureux, dira l’ouvrier ;—pendant que la sueur m'inonde, cet homme prend aisément la vie. Ouvrier, tu te trompes, approche et regarde la figure de cr", ue tu crois heureux ; regarde ce front et lis dan: « « lis le germe des douleurs morales, et vois dans ce paupières abattues les signes de l'insomnie proll zgée ; vois ces fils d'argent dans sa chevelure, et tu t’étonneras de voir un homme si jeune être vieux si tôt.
Pendant que tu goûteras dans ta famille le repos mérité; pendant que tu t'égayeras au coin du feu avec ton épouse et tes petits enfants ; pendant quetu te reposeras sur ta couche, travailleur, cet homme sera en proie à l'inquiétude ; il sera penché sur ses livres ou ses dossiers, le sommeil le fuira, son repos ne sera qu'une courte trève à ses soucis, et encore cette trève ne sera pas sans combats avec la douleur physique qui mine son existence.
Si je parle ainsi, messieurs, c'est que j'en sais quelque chose par expérience. Depuis bientôt six ans que je suis au service du public, j'ai eu à lutter contre beaucoup d'obstacles, et bien des fois, j'aurais désiré être à l’établi de mon père, plutôt qu’à mon fauteuil. Combien souvent, lorsque j'agissais avec les meilleures intentions, ne m'a-t-on pas calomnié, ne m'a-t-on pas prêté des motifs sordides, ne m'a-t-on pas fait dire des choses que jamais ma bouche n'àvait prononcées ? Pour un homme qui, comme moi,
est tout cœur pour ceux qu'il aime et pour la cause qu’il défend, ces calomnies, ces commérages m'ont profondément affecté.
L’ouvrier est exempt de toutes ces petites
misères.
Et pour le travail même, il ne faut pas oublier,
que si, pendant le jour, nous avons quelques distractions, nous travaillons fort avant dans la nuit. Nos journées de travail sont de quatorze heures bien comptées.
Oui, messieurs, les travailleurs de la plume sont assujettis à plus de troubles que les travailleurs ordinaires.
Il y a une autre classe de travailleurs, qui comprend les ouvriers de tous les états de la société, je veux parler du #ravai/ des patriotismes. Messieurs, ce travail produit des héros. Travailler pour son pays, travailler pour sa nationalité, pour la conservation de la langue et de la foi que nous ont léguées nos pères, tel est le but des patriotes.
Aux Etats-Unis, où ce noble héritage de nos aïeux est sans cesse exposé à se perdre, il faut travailler ardûment à sa conservation. C’est ce que vous avez compris, messieurs les membres de la société St.- J.-Bte de Lowel! Les premiers, vous avez travaillé dans ce sens et vous avez noblement fait. Voire exemple a eu des adeptes, et la belle société St.-Joseph est votre émule dans cette coopération à une grande œuvre. Ah ! Canadiens de Lowell, que ne marchezvous pas tous à la suite de $es drapeaux? Pourquoi
ne vous pressez-vous pas tous en rangs serrés autour des signes glorieux de ralliement si noblement portés par vos sociétés ? C’est en vain qu'on voudra combattre les nobles principes de nos sociétés de secours mutuel, leurs états de services se comptent par les croix et les clochers qui depuis quelques années s’élèvent au milieu‘des populations canadiennes des Etats- Unis.
Outre les avantages de trouver des frères dans la maladie, des amis dans la mort, nos sociétés de secours mutuel offrent à leurs membres l’occasion de prouver leur patriotisme en maintes circonstances. C’est ainsi que le 24 juin prochain sera le jour de triomphe de nos sociétés nationales ; elles iront revendiquer au Canada le mérite qu'on leur niaïit, elles seront couronnées avec éclat par les acclamations de la nation tout entière.
Dans ce travail patriotique, les Canadiens de Lowell se sont distingués, bravo pour eux ; qu'ils continuent comme par le passé, et ils feront notre gloire.
Je termine ici ces quelques observations.
Je dois vous dire qu’en les proposant, je n'ai eu à ma disposition qu'une seule des qualités du bon ouvrier : l’ardeur au travail.
J'aurais désiré avoir des connaissances plus étendues pour traiter, comme il le méritait, un sujet aussi vaste. Quelles qu'elles soient, veuillez accepter mes remarques comme venant d’un cœur profondément dévoué à ses compatriotes et à la classe ouvrière.
Travailleur de la pensée, je m'unis à vous, ouvriers, et ie bénis avec vous cette loi du travail émanée de Dieu. L
Ne nous plaignons pas sous les sueurs qui coulent de nos fronts, carelles sont la rosée du dévouement, elles sont les perles brillantes de notre amour pour nos familles. N'oublions pas qu’en travaillant, les hommes font trois choses bonnes, ils gagnent leur vie, ils exercent leur intelligence, et ils se conservent en état de vigueur et de santé. Par cela même qu'il nous procure ces avantages, le travail est donc une bonne chose. Dieu a donc fait une bien bonne chose en rendant agréables et sulutaires pour nous les choses qui nous sont nécessaires.eten les combinant de manière à ce que le devoir fût en même temps un avantage et un agrément pour nous.
Notre journal, le Foyer Canadien, publiait, il y a quelques semaines, une petite pièce de poésie que je voudrais entendre chanter par toutes les bouches de
nos ouvriers et que je me permettrai de réciter ici comme résumé de cet entretien :
Par le travail la misère s’efface,
Par le travail la gaîté naît au cœur.
Quand les ennuis viennent planer sur l’âme, Des lendemains le ciel est orageux.
Vite ! au travail, tout se brûle à sa flamme, O mes amis! le travail rend heureux.
Sous les lambris, sous l’or de sa tenture, Le riche à tous paraît toujours heureux, Il peut cacher la douleur qu’il endure,
Ïl peut sourire en restant soucieux.
Pour nous, amis, pas d’une gaîté feinte.
Quand nous souffrons, pleurons de nos deux yeux. Prions après, car la prière est sainte,
Puis au travail, nous serons plus joyeux.
Avec le soir le repos nous arrive;
On nous attend, rentrons vite au logis. Voici là-bas notre femme attentive,
De nos enfants ce sont les joyeux cris.
Nous apportons à toute la famille, L'argent gagné par nos deux bras nerveux, La femme rit, l’enfant saute et babille,
O mes amis!le travail rend heureux.