‹ Ferdinand Gagnon, sa vie et ses œuvres [microforme]Chapitre 21 sur 32 · LE 6 MAI · texte numérisé non relu

LE 6 MAI

M. le Curé, MM. du Clergé, Paroissiens de St.-Joseph.

s:] À CÉRÉMONIE qui nous rassemble n'a

| rien d'attristant qui puisse porter la douleur à nos âmes. Les rites solennels des funérailles ont eu lieu il y a déjà quelques mois. Les sanglots, l'hommage public de la sympathie, le concours de la paroisse éplorée autour du catafalque,les paroles émues et éloquentes du prédicateur, la bénédiction du Pontife ; en un mot, tout ce que la mort d'un prêtre aimé, estimé, vénéré, apporte avec elle de douleur, a trouvé une expression solennelle, imposante, digne de respect, en ce même endroit, il y a près de six mois. Et la cérémonie de ce jour n’a pas

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pour objet de renouveler ces douleurs. Non ! c'est le souvenir des vertus de M. l'abbé Martial qui vous rassemble ; c'est la reconnaissance de vos cœurs, qui, aujourd’hui, se manifeste autour de ce mausolée.

En m'invitant, M. le curé, à venir apporter sur la tombe de ce prêtre distingué l’humble et ardent tribut de mon admiration, vous m'avez fait un grand honneur, dont je vous remercie, tout en regrettant que des occupations multiples et incessantes ne m'aient pas permis de préparer avec plus de soin l'éloge de votre prédécesseur.

Oui, cher et distingué collaborateur, vous qui, pendant votre vie, m'avez tant de fois instruit et charmé ; vous qui possédiez à un si haut degré, le secret de la véritable éloquence, de celle qui persuade, qui émeut, qui produit le bien, pardonnez-moi, si je ne puis rendre justice à vos mérites ; pardonnez-moi, si mon cœur, trop plein de votre souvenir, ne peut communiquer à mes lèvres l'expression convenable de son admiration pour vos qualités et vos œuvres si utiles.

Mgr. Gaume, dans un de ses livres remarquables sur la religion, dit que la grande erreur de notre siècle, c'est de croire que /a vie, c'est la vie. La vie, ajoute-til, #'est pas la vie. Un Saint Père disait, il y a plus de quinze siècles : via mortalis mors vitalis, la vie mortelle est une mort vivante. Elle est donc bien vraie, cette parole de nos cantiques :

Nous passons comme une ombre vaine.

Nous ne naissons que pour mourir.

La vie d'un homme n’est qu’un fragment d’atome dans l’incommensurable voie de l'éternité.

Celui dont nous honorons aujourd’hui la mémoire était plein de vigueur, d'espérance et de dévouement ; sa vie semblait être nécessaire à cette paroisse, et dans un instant, la mort est venue moissonner son existence.

Telle est la rapidité de la vie.

Mais à côté de la parole de mort, il y a la promesse de vie; et, si /a vie n'est pas la vie, la mort n'est pas la mort.

Le livre de la Sagesse ne dit-il pas : ‘“‘Bienheureux ceux qui dorment dans le Seigneur, car leurs bonnes œuvres les suivent, et dans le sein de Dieu ils se reposent de tous travaux ? ”

Le prêtre dévoué, le missionnaire désintéressé, qui repose à l’ombre des toits bénis qu’il a érigés à la gloire de son Dieu, n'est pas mort ; il vit dans nos cœurs, il vit dans ses œuvres ; et ce monument, que la reconnaissance, la piété filiale et l'admiration lui ont élevé, fera revivre son souvenir dans nos générations futures.

Le prince des orateurs latins, l'éloquent Cicéron, a dit quelque part : Vita mortuorum in memoriam vivorum posita est: La vie de ceux qui ne sont plus est gravée dans la mémoire de ceux qui leur survivent. Ce qui veut dire: un peuple vertueux n'oublie jamais de perpétuer le souvenir de ses mortsillustres.

Dans ce siècle de la vapeur, de l'électricité, du positivisme et de l'égoïsme, la reconnaissance est con.

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sidérée, par les matérialistes et les gens du commerce, comme une plante centenaire que le cœur ne fait fleurir qu'à de longs et rares intervalles ; mais les cœurs formés avec soin, les esprits fortement imprégnés des principes chrétiens, cultivent avec joie cette vertu de la reconnaissance.

Et la société St.-Jean-Baptiste, et la paroisse St.- Joseph, de Grosvenordale, formées à l’école du grand cœur et des grands principes du cher abbé Martial, prouvent, par leur acte solennel de ce jour, que la semence du bon pasteur est tombée en une bonne terre. Et les œuvres de l’apostolat civique autant que religieux de ce prêtre survivront dans l’expression des sentiments généreux de la paroisse qu’il a fondée.

Honneur et gloire à la société St.-Jean-Baptiste, de Grosvenordale, dont l'esprit public est un exemple pour toutes les sociétés sœurs. Honneur et gloire à la société St.-Jean-Baptiste, de Grosvenordale, dont le généreux sentiment de reconnaissance envers son premier chapelain se manifeste par l'érection de ce marbre imposant.

Ah! qu’il redise bien haut, ce monument, aux enfants et aux petits-enfants des sociétaires, comment leurs pères savaient honorer la vertu, récompenser le dévouement et gloriñer le désintéressement.

Honneur aux autres associations nationales et religieuses et à la paroisse de Grosvenordale, qui ont contribué à l’ornementation de ce tertre funéraire. En secondant la généreuse société St.-Jean-Baptiste, elles donnent l'exemple du respect et de la vénération

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avec lesquels la mémoire du prêtre doit être conservée.

Il y a cinq ou six ans, paroissiens de St.-Joseph, les premiers vous guidiez l'opinion publique, en répu- : diant des insultes qui avaient été lancées contre un prêtre,et aujourd'hui, la première d’entre les paroisses, la première d’entre les sociétés, vous prouvez votre reconnaissance envers un bienfaiteur. Honneur à vous!

Mais aussi, il le méritait bien, ce témoignage de votre reconnaissance, le prêtre qui vous a formés à la vertu.

Vous avez entendu, lors de ses funérailles, la voix de deux de ses amis, les abbés Ariens et De Brüycker, qui, avec une éloquence émue, vous ont fait admirer leur compatriote dans les différentes phases de son existence.

Je ne saurais vous redire leurs paroles si édifiantes, leur douleur si intime,leurs appréciations si justes : elles ont fait couler vos larmes, elles ont soulevé des sanglots de tous les cœurs émus.

Pour moi, qui ai connu M. l’abbé Martial dans la dernière décade de sa vie, j'évoquerai le souvenir de mon amitié, et j’essayerai de vous le faire connaître comme prêtre et comme citoyen.

Il fut un prêtre de dévouement ; il fut un citoyen de mérite, un écrivain distingué, un défenseur des grands principes catholiques.

Fils de soldat, ayant suivi son père dans les garnisons, M. l’abbé Martial avait conservé quelque cho-

se de la régularité du militaire, de sa rondeur d’allures et de son franc-parler.

Au collége de St.-Roch, Belgique, où il fut pendant longtemps professeur d’humanités ses élèves ont conservé pour lui une grande affection et une haute estime. Lors de son départ pour les missions d'Amérique, quelques-uns d’entre eux lui adressèrent des adieux touchants.

J'ai lu quelques-unes de ces jolies poésies, après sa mort,et je voudrais pouvoir en ce moment en lire des extraits. Ils vous prouveraient que notre ami savait former le cœur aussi bien que l'intelligence de la jeunesse, et que sa mission était d'enseigner, car les travaux littéraires de ses élèves sont vraiment remarquables.

M. l'abbé Martial, fils de militaire, aimait le mot caustique, l'ironie mordante, la pointe acérée de l’esprit. Et quand il rencontrait un adversaire digne de lui, c'était une belle lutte, à la fine répartie, au raisonnement serré, aux traits accélérés, tombant drus et forts et emportant la pièce du coup.

Son dernier écrit dans la Xevue Canadienne, de Montréal, est remarquable d’érudition et de logique. Il demandait une réponse à ses opinions, la réponse est encore à venir. On sait qu'il n’est plus là; mais son écrit est resté, lui, irréfutable, et personne n’a relevé le gant de notre cher mort.

M. l'abbé Martial était Belge, membre de ce courageux clergé de la Belgique, qui, suivant les traces de l'illustre prélat de Malines, combat avec énergie les

empiètements des libres-penseurs. Clergé persécuté par une presse impie, outragé souvent par la populace en délire, il ne se laisse pas abattre par les obstacles, il lutte pour la foi et il groupe autour de lui et des autels de Dieu les grands cœurs et les grands courages.

M. l'abbé Martial passa en Amérique vers 1870. Il trouva, dès son arrivée, en M. l'abbé E.-J.Vygen, le vénérable et distingué curé de Ste.-Marie, de Putnam, un frère, un ami, un père.

Aussi avec quels accents émus 1l parlait de son vénérable ami; combien il aimait à raconter ses triomphes de missionnaire : et elles sont nombreuses, elles sont grandes et admirables ies œuvres apostoliques de M. le curé de Putnam.

Plus tard, il se lia d'amitié avec M l'abbé Ariens, missionnaire à Dayville, Conn., et il aimait à présenter à ses amis ce vieillard qui, il y a quelques instants, vous a prouvé par son éloquence émue en quelle estime il garde le souvenir de son ami.

Belge d'origine, M. l'abbé Martial, devenu curé d'une paroisse franco-canadienne, comprit ce qu’il devait faire pour que son apostolat devint fructueux.

Le prêtre n’a pas de nationalité; il est catholique dans son sacerdoce, il appartient à ses ouailles, quelle que soit leur origine. Mais l'Eglise de Jésus-Christ, suivant l'humanité pas à pas, veut que chaque peuple ait un clergé national qui vive des aspirations de ce peuple, qui sorte de ce peuple, qui aime ce peuple com. me son frère.

C'est pourquoi elle consacre des Nègres, des Indous, des Chinois, des Sauvages des îles, des Slaves, pour exercer l’apostolat au milieu de leurs compatriotes.

Or, il arrive que la demande de la moisson devient trop pressante chez un peuple pour le nombre des ouvriers disponibles, et alors les évêques cher- ‘chent, dans les clergés étrangers, les pasteurs dont ils ont besoin. C’est ainsi que s'applique le principe catholique que le prêtre n’a pas de nationalité.

Une congrégation irlandaise a besoin d'un pasteur ; il n’y a pas de pasteur irlandais en disponibilité : l’'Evêque lui envoie un prêtre canadien. Ce prétre doit chercher à comprendre le caractère de son peuple : il doit vivre de ses aspirations et s’incorporer avec lui.

C'est ce que M. l'abbé Martial a bien compris. Appelé à desservir des Canadiens, il étudia notre histoire, il étudia nos habitudes, notre caractère : il se fit Canadien. C'était un bel exemple à suivre ; il a porté ses fruits.

Depuis mon arrivée au milieu de mes compatriotes de Grosvenordale, on ne cesse de combler d’éloges le successeur de M. Martial et son assistant.

On aime à me dire combien M. l'abbé Thomas Cooney, curé de Grosvenordale, fait d’efforts, couronnés de succès, pour satisfaire ses paroissiens ; combien lui et son assistant, M. l’abbé Fitzmaurice, sont zélés pour les Canadiens.

Irlandais tous deux, ils se font Canadiens avec les Canadiens. Puissent-ils avoir de nombreux imitateurs dans d’autres paroisses.

M. l'abbé Martial était un prêtre désintéressé, Peut-être l’était-il trop. La grande inquiétude de sa vie, c'était la dette, bien minime pourtant, de sa paroisse.

Je voudrais ici vous exprimer une opinion commune au défunt abbé et à moi sur le système de contributions volontaires suivi en ce pays, comparé avec l’ancien système français des fabriques paroissiales ; mais je ne veux pas lasser votre bienveillante attention.

M. l'abbé Martial prenait un vif intérêt au progrès matériel de ses paroissiens ; il cherchait à les instruire, à leur inculquer le goût du beau, du bon et de l’agréable. Ses leçons là-dessus portent d’heu- . reux fruits.

La grande œuvre de M. l'abbé Martial, comme écrivain, a été de convaincre les nombreux lecteurs du Zravailleur de la nécessité des écoles catholiques.

M. l'abbé Martial voulut joindre l'exemple à l’enseignement, Il avait vu à l’œuvre son ami de cœur, M. l'abbé E.-J. Vygen, fonder des écoles et l’un des plus beaux couvents de la Nouvelle-Angleterre, alors qu'on n’osait encore soulever la question ; il alla le consulter. La société St.-Jean-Baptiste et les principaux citoyens de sa paroisse l’encouragèrent, ci il fonda le couvent et les écoles de St.-Joseph.

Aujourd'hui la jeunesse de cette paroisse reçoit, grâce à son dévouement, une éducation chrétienne et en rapport avec sa condition.

Dévoué à l'Eglise, M. l'abbé Martial le fut à un degré supérieur. Il avait mis toute sa foi dans l’autorité infaillible de l'Eglise.

Comme écrivain, M. l'abbé Martial avait un genre original, à lui seul. Possédant à fond les vieux auteurs classiques grecs, latins et français, aimant l'étude des langues, il avait un tour de phrase particulier, une période incisive, française et d’un archaïsme charmant et de bon aloi.

Ses écrits ont eu les honneurs de la reproduction à maintes reprises, en Europe et au Canada.

Sa renommée rejaillit sur vous, paroissiens de Grosvenordale.

En s’illustrant par son talent et par son zèle, il a fait connaître au loin votre belle paroisse.

Il vous aimait; il aimait son église, son presbytère, ce coin de terre où il repose maintenant. Ila chanté ses beautés. Imitant une bluette délicieuse du poète provençal, Jasmin, il a chanté dans le 77avatlleur les charmes de sa solitude, so fertre et son bosquet.

Il y repose à jamais, le poète délicat, à l’ombre de ses érables, sous son tertre aimé, sur les rives du Grosvenor. Et les oiseaux et les parfums des fleurs continueront à réjouir ces lieux, tout en bénissant la mémoire de celui qui a chanté avec admiration la beauté de leurs concerts. Ces lointaines campagnes

de sa patrie, de ses amours, il ne les verra plus, mais l'affection de ceux qu'il a tant édifiés par sa piété sur la terre étrangère n'est-elle pas une seconde patrie pour le missionnaire mort au champ d'honneur ?

M. l'abbé Martial, esprit sérieux, aimant l'étude des grands problèmes, était à la fois auteur et compagnon charmant. A ses heures de gaieté il composait de très riantes poésies.

Cette intelligence si bien douée est montée vers le principe de la vie; elle ne brillera plus sur cette terre, pour guider ses paroissiens, ses amis, ses lecteurs dans les sentiers de la justice et des progrès chrétiens.

Mort ! à la fleur de l’âge!! M. l'abbé Martial avait été le serviteur fidèle et il avait fait fructifier les talents du Grand Maître ; il laisse après lui des œuvres de vie.

Il repose à l’ombre que projettent les monuments de son apostolat, à côté du sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes, cet ex-voto de sa piété et de son amour fraternel, rendant gloire à Dieu du miracle opéré en la personne d’une sœur chérie, à la grotte de Lourdes. Il repose près de son église qu'il a ornée avec tant de goût, près des écoles et du couvent qu’il a fondés.

Et quand plus tard ceux qu'il a édifiés par ses vertus reposeront à leur tour dans la mort, le passant

ii contemplera ces édifices et leurs entours admire- :n droit, le prêtre et les fidèles qui ont créé ces «.uvres religieuses et d'éducation.

Filles de Ste. Croix, religieuses dévouées, que M. l'abbé Martial a données comme mères spirituelles aux enfants de cette paroisse ; prêtres amis qui le regrettez ; mères de famille qu'il a consolées ; société St.-Jean-Baptiste, Cadets de la tempérance, musiciens, membres du Cercle Martial, Société de l’Autel, Enfants de Marie, élèves des écoles, paroissiens de St.-Joseph, ne pleurez-pas, réjouissez-vous.

Celui qui n’est plus vit immortellement, et il prie pour le succès des œuvres dont sa mort vous a légué la continuation.

Courte fut son existence; mais il fut consumé pendant ce cour“ espace de temps de la charité qui édifie, de sorte que vous pouvez dire de lui : Exiguum illr vitæ curriculum Deus circumscripsit, immensum glorte : Dieu a circonscrit dans un cercle étroit la course de sa vie, mais dans un cercle immense la course de sa gloire.

Dors en paix, prêtre de Dieu, au sein de cette population que tu as formé à la vertu. Dors en paix, soldat du Christ, qui as combattu le bon combat. Dors en paix, écrivain inspiré, dont la plume n'a écrit qu’à la plus grande gloire de ton Créateur. Dors en paix, ami du Zravailleur, dont les lecteurs t'expriment en ce moment, par ma voix, leur grande reconnaissance. Dors en paix, enfant de la Belgique, au champ de ta mission lointaine, sous ce mausolée que des enfants de la France américaine offrent à ton repos. Dors en paix dans le Seigneur.

O noble prêtre, en ce jour d’allégresse, Du sein de Dieu bénis tous tes enfants.

Vois près de toi, la foule qui se presse, Pour t’exalter, ils sont reconnaissants.

En ce grand jour, ton passé nous rappelle Ta charité sublime, tes vertus

Qui t'ont donné la couronne immortelle Que le Seigneur accorde à ses élus.

Souventes fois au milieu de la route,

Tu relevas le pauvre pèlerin.

Les yeux tournés vers la céleste voûte,

Tu lui disais : “Marche, va ton chemin.” Combien de fois, au fond de la chaumière, Tu fus béni du pauvre qui souffrait,

Et que de fois, consolant une mère,

Tu fus chéri de son fils qui pleurait.

Lorsque la nuit vient ombrager la plaine,

Que tout bruit cesse, et qu’aux rayons du jour A succédé la clarté souveraine

D'un soir d’été tout parfumé d'amour :

Du fond des cœurs qu’une ardente prière Monte vers Dieu pour le pasteur aimé,

Qui consacra son existence entière

A travailler à leur prospérité,

RÉPONSE À L'ADRESSE QUI ACCOMPAGNAIT UNE PRESSE À IMPRIMER, DONNÉE PAR LES CANA- DIENS DES ETATS-UNIS ET DU CANADA.

wawl\ REMERCIEMENT, le plus sincère, le

1 plus intime, serait au-dessous de ma vive gratitude pour cette brillante manifestation, que votre bienveilla nceet votre générosité ont préparée à mon journal, et je crois être plus convenable en vous disant avec toute l’ardeur de mon âme :

Messieurs, pour vous remercier, je m'engage solennellement à ce que ce cadeau magnifique de votre sympathie serve toujours, entre mes mains, à la diffusion des idées généreuses dont il est l'expression.

Cette démonstration préparée avec tant d'éclat ; les adresses si belles, mais trop élogieuses, que vous venez de me présenter; le riche cadeau qui les accompagne: tant d’honneurs si peu ménagés sont bien propres à enorgueillir celui qui en est l’objet,

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