ST LEE EE
A l'étranger, nous avons compris ce que le poète national a dit de la langue française ; nous avors senti le vide dans nos cœurs, et à la voix de la bonne presse, du clergé et des sociétés, nous nous sommes groupés autour du drapeau de la France et du pasteur catholique en répétant: Avant tout, restons F rançais et croyants.
Et on nous a présenté des blancs d’apostasie na: tionale. Quelques Canadiens, voulant faire leur petit négoce, veulent encore nous dénationaliser ; nous répondons à leurs écrits par le mépris. D'autres gens ont voulu nous reprocher certaines qualités et nous donner des défauts que nous n'avons pas : on nous a traités de Chinois ; nous avons répondu à ces attaques, et nos protestations ont été entendues, et nos insulteurs ont dû avouer qu'ils étaient coupables de manque de respect.
Le nom canadien-français, nous le voulons sans alliage et sans tache.
Mais, le voulons-nous tous ?
Hélas ! non. Nous comptons malheureusement trop de compatriotes qui, par leur conduite, attirent sur le nom canadien le mépris et l’injure.
Nos divisions mesquines, nos contentions, nos jalousies, font plus de mal à notre réputation qu'on se l’imagine.
Ce qui nous fait défaut, ce qui nous manque, c’est un esprit public éclairé.
Je l’ai dit dans mon journal; je le répète ici.
que,
Quand nous aurons mis en pratique de telles résolutions, alors notre force sera puissante, notre bonne foi sera à l’abri des surprises, et nous ne serons plus une agglomération de grands enfants, maïs une population virile, jalouse de son honneur, de sa probité et de sa réputation.
Le passé, messieurs, est le grand instituteur de l'avenir. Quelquefois le passé d’un peuple doit être un puissant correctif pour l’avenir de ce peuple. Quelquefois encore, ce passé doit servir de modèle pour les générations à venir.
Nous sommes dans ce dernier cas, mes compatriotes.
Nos ancêtres nous ont légué un passé sans tache et admirable. ;
Prêtre, soldat, coureur des bois, laboureur, ils ont pénétré partout sur ce continent.
Ils ont gravé le nom de la France et de Québec sur les Montagnes Rocheuses, au fond des bois, au bord des grands lacs, dans le sable des fleuves majestueux.
Ils ont fait incliner les Sauvages devant la croix du Rédempteur, C’est ce qui faisait dire au père Imet, l’apôtre belge : En quel endroit du désert les Canadiens n’ont-ils pas pénétré ?
Il est même arrivé à ce grand missionnaire, de rencontrer des tribus sauvages qui savaient la plus grande partie du catéchisme, sans avoir vu de prétre. C'était un vieux chasseur canadien qui leur avait communiqué sa foi ardente,
C'est ainsi que nos pères ont ouvert à la civilisation chrétienne les trois quarts de l'Amérique du Nord,
Et plus tard, quand il fut nécessaire de lutter pour défendre le drapeau français, nos pères combattirent un contre dix, et ne furent vaincus qu'après avoir épuisé tou: ‘-s moyens de résistance.
Sous la c ition anglaise, les Canadiens furent toujours atiachés à leur langue, à leur foi, à leurs coutumes; ils combattirent en 1837, avec les armes et l'éloquence; et jusqu'en 1841, ils ne cessèrent de lutter jusqu'à ce que leurs droits fussent reconnus. Ce ne sont pas eux qui auraie: t voulu s’assimiler aux Anglais ; ils connaissaient et accomplissaient leurs devoirs.
Dieu a voulu qu'il existât des nationalités distinctes dès la confusion des langues, à la tour de Babel.
Sur la surface du globe, a dit le grand Louis Veuillot, Dieu a formé des demeures pour les peuples et circonscrit des apañages pour les diverses branches de la postérité d'Adam. Les frontières qu'il leur a données sont les chaînes de montagnes, les grands fleuves, les mers. [Là-dedans il a mis des hommes qui parlent la même langue ou du moins des dialectes dérivés de la même langue. Ila donné à ces hommes les mêmes penchants, les mêmes. passions, les mêmes aptitudes, les traits de famille enfin, de telle sorte que la vie et l’œuvre commune leur devinssent plus faciles et que chaque peuple de-
aux urs
disde
puis bles anjuil les des Dins né basenne
de-
meurant ##, pût accomplir avec plus d'énergie sa mission particulière, et en même temps conservât dans sa nationalité, comme dans une forteresse, ou une partie ou la somme des doctrines qui constituent le patrimoine divin de l'humanité.
C’est avec ce respect pour leur dignité et avec cette prévoyance paternelle pour leur liberté, que Dieu a voulu traiter les nations. Dans ce plan visible, réunies intellectuellement par la vérité que leur distribue d’une même voix et d'une même langue le Verbe Divin, comme du même ciel elles reçoivent l’air et la lumière, réunies en haut, elles demeurent libres de s'allier, sans être obligées de se confondre.
Elles restent distinctes pour s’évertuer dans le travail de la civilisation auquel doit concourir la diversité des génies, pour se secourir dans leurs besoins, pour se défendre contre leurs défaillances, pour rompre, par la diversité des mœurs et l'obstacle des frontières, ces courants de mort que l'erreur et le despotisme font passer sur le genre humain.
Cette mission des peuples, nos pères l’ont comprise; ils n’ont pas voulu se confondre avec les autres peuples. Ils n'étaient qu’une poignée, 60,000 âmes, il y a 125 ans, et les Anglais comptaient plus de trois millions d’âmes, en Amérique. Ils étaient isolés, abandonnés ; ils trouve nt de la force dans leur foi religieuse. Et aujourd’hui, en ce jour de fête, plus de deux millions de cœurs canadiens-français battent à l’unisson pour célébrer leur gloire, leur héroïsme et leurs vertus.
RE
EE EE HR orme sous SE
TD D É me+ m m mnt tn re" mb nie na rem ni
Mes chers amis, nous devons continuer cette œuvre religieuse et française; ne reculons pas devant la tâche; fondons des écoles; rendons fortes nos associations nationales, afin que nos fils et nos petits-fils puissent à leur tour bénir notre mémoire, en disant à leur postérité : Sicut fuit Abraham, et Jacob, et Joseph, estate ita.
Comme le furent nos ancêtres, nos pères, comme nous le fûmes, soyez-le ainsi. Avant tout, restez Canadiens-français.
Devenez citoyens américains, c'est votre devoir. Protégez vos intérêts en devenant électeurs ; soyez loyaux aux constitutions ; jouissez en paix des libertés qu’elles accordent ; mais n'allez pas vous courber devant les préjugés ; n’allez pas vous confondre dans un mélange hybride de croyances, d'erreurs et de liaisons hétérogènes. Restez Français par la langue, Canadiens-français par la foi, et que vos enfants suivent votre exemple.
Mes amis, je termine en quelques mots ces quelques remarques.
Cette belle fête devra nous profiter à tous ; elle a eu son inspiration dans le patriotisme et devra servir par ses lecuns à rendre ferme ce patriotisme.
Le bouquet, le corollaire de cette fête, je le trouve écrit en lettres brillantes sur les bannières de nos associations nationales.
Honneur et nationalité, Liberté, Egalité, Fraternité, Aime Dieu et va ton chemin. Altius tendimus.
Messieurs, ces nobles devises valent les plus
longs discours. Gravez-les en traits de feu dans vos
cœurs; enseignez-les à vos fils Soyez-y à jamais
fidèles, et vous aurez accompli de grandes choses our Dieu et la nationalité.
Honneur ! Oui, soyons honorables ! ne faisons rien qui puisse faire rougir nos frères.
Liberté, Egalité, Fraternité.
Oui, maïs la liberté dans le bien, dans le bon, dans le vrai.
La liberté comprise autrement, c'est la licence, c'est la révolte contre l'autorité.
Egalité ! oui, dans la foi, vis-à-vis de la loi.
Egalité ; mais respect à nos supérieurs, à notre clergé ; membres des sociétés, respect à vos officiers ; Canadiens, respect à vos hommes de professions. Si vous voulez qu'ils vous soient utiles, n'allez pas les décourager par une mesquine envie, une basse jaloulousie, ou des propos injurieux. Homme de profession, respect à l’ouvrier, à l'artisan, à ton frère, à ton compatriote, s’il a besoin de toi, la société repose sur lui, et son travail quotidien est le grand moteur de la prospérité publique.
Compatriotes, respect pour vous-mêmes, voiià ce que veut dire l'égalité bien comprise, l'égalité dans le respect et dans l’ordre.
Fraternité. Au moyen de l'égalité bien comprise, nous arriverons à la véritable fraternité, à cette entente fraternelle qui nous fait défaut, avouons-le. Altius tendimus.
Tendons plus haut, sursum corda, haut les cœurs et les intelligences. Ne nous contentons pas de cette condition présente que nous a faite l’émigration. Sortons des fabriques où nos filles s’étiolent, où les forces de nos fils se consument vainement.
Altius tendimus, tendons plus haut.
Faisons instruire nos enfants ; donnons-leur une éducation chrétienne qui les rendra forts dans la lutte de la vie.
Cultivateurs, ne perdez pas votre temps et la santé de vcs enfants dans les fabriques ; redevenez agriculteurs. L'ouest des Etats-Unis, l'ouest du Canada vous oïtrent des terrains fertiles.
Artisans, devenez propriétaires; ayez des ateliers à vous.
Altius tendimus, améliorons notre position et celle de nos familles, par l'instruction, l'économie et la tempérance.
Et c’est ainsi que nous prendrons un rang social plus en harmonie avec nos aspirations nationales, au sein de cette république. |
Sociétaires de Woonsocket, de Lowell, de Southbridge, de Webster, de Millbury, de Gardner, qui êtes accourus prendre part à ette fête nationale, vous l'avez bien comprise, cette devise: A/tius tendimus.
Les sacrifices que vous faites pour honorer le nom canadien vous font honneur. Et vous, messieurs de la société St. Jean-Baptiste, de Worcester, qui avez préparé avec éclat cette belle fête, vous avez ajouté
urs ceton.
les
une lutt la nez
du
iers
un fleuron de plus à la belle renommée de votre association.
Ne l’oubliez pas, membres des sociétés St.-Jear- Baptiste, l’histoire a encore des couronnes pour ceux qui auront travaillé à la conservation de la nationalité de leurs pères, et nul doute que les plus belles seront pour les défenseurs dela nationalité canadienne-française, aux Etats-Unis.
Compatriotes, en nous séparant, ce soir, emportons avec nous de nouveaux trésors d'espoir et de confiance dans l'avenir ; que cette belle fête n'ait pas été sans leécons pour nous. Que la paix, la fraternité, l’union et le patriotisme dominent dans tous les groupes.
Soyons fidèles aux devises que nous avons prises pour guidons. Faisons notre devoir; marchons toujours dans le chemin de l'honneur. Aimons notre foi et notre langue ; et tous ensemble, Canadiens de ce pays, protégés par la constitution de la République, dans l’exercice de nos droits ; la poitrine décorée de la feuille d'érable; portant haut et ferme l’étendaïd français, en aimant Dieu, nous ferons vaillamment notre chemin.
Es
e - RER SRE — = e-- RES An re re
te
maps:
Cu
DIscOURS PRONONCÉ À LA RÉUNION DES ANCIENS ÉLÈ- VES DU SÉMINAIRE DE ST.-HYACINTHE, EN 1884.
MYMES FÊTES de Montréal sont à peine ter-
minées, que la grande famille de St.-Hyacinthe est invitée à une réunion qui n’est pas moins attrayante que celle de la nation. L'amour de la patrie, l'amour de la famille, Dieu les a placés tout près l’un de l’autre dans le cœur de l'homme, comme pour indiquer leur étroite union etle mutuel secours qu'ils devaient se donner à jamais. La mère-patrie bénissant ses enfants réunis auprès d'elle, nous offre un spectacle digne d'admiration ; et les grandes fêtes de Montréal laisseront, je l’espère, dans tous les cœurs, des germes d'union, propres à nous consoler des longs déchirements et des luttes sans fin qui nous amoindrissent aux yeux des nationalités étrangères. Si l’idée de réunir les Canadiens dispersés par toute l'Amérique est une pensée géné-
reuse, celle de réunir toute la famille de St.-Hyacinthe autour de son A/ma Mater nous paraît non moins généreuse, plus sympathique et aussi féconde en bons résultats. |
La voix de notre mère a rempli nos cœurs de suaves émotions ; elle a évoqué des souvenirs touchants ; elle nous a rappelé notre enfance, le dévouement de nos pères, de nos professeurs, l'amitié de nos condisciples, le bonheur dans le devoir, à l'ombre des autels.
Et pour nous, qui vivons sur une terre étrangère, quand nous avons reçu l'invitation, nous nous sommes dit: Æcce vox matris nostræ de terrà longinqua. Voici la voix de notre mère qui se fait entendre dans une terre lointaine ; nos cœurs l’ont entendue, et nous sommes venus, chers confrères du pays natal, nous joindre à vous, pour glorifier et remercier notre A/ma Mater au jour de sa joie et de son triomphe. Et lorsque, en descendant en cette ville, nous avons aperçu le toit béni de notre vieux collége, nous avons murmuré avec le Faust de Gounod : Sa/ve dimora + casla € pura.
Salut, asile chaste et pur, qui a donné l'abri aux jours de notre jeunesse; sous ton toit, nous avons trouvé le bonheur, la science et la paix ; nous avons vu le dévouement se mettre à notre service ; nous avons vu l’homme de science se faire enfant pour nous ; nous avons vu le penseur prendre part à nos ébats, pour nous inspirer la confiance et encourager nos efforts, et nous t'avons quittée, maison bénie, empor-
jp | L61 Be!
‘1 Ft Th: À ai
tant dans notre cœur le germe des vertus chrétiennes et des vertus sociales. De loin, ton souvenir nous a été une consolation, un encouragement, et quelquefois une sauvegarde. Sa/ve dimora e casta e pura ; enfants prodigues, nous revenons vers toi retremper notre foi, relever notre courage, rendre hommage à ton dévouement et te remercier de tes bienfaits.
L'hiver dernier, j'avais l'honneur de faire des conférences illustrées à nos congrégations canadiennes de la Nouvelle-Angleterre.
Dans ces réunions, j'ai constaté avec plaisir combien les élèves de St.-Hyacinthe, vivant à l'étranger, sont sensibles au souvenir de leur chère A/ma Mater. Au nombre des tableaux exhibés à la conférence, se trouvait le portrait d’un homme de science, de vertus, de talents hors ligne, qui a laissé l'empreinte de son Âme ardente dans le cœur de ses élèves, de ses confrères et de tous ceux qu'il a édifiés et qui l'ont admiré : j'ai nommé le regretté Monsieur Desaulniers.
Eh ! bien, messieurs, quand ce portrait apparaissait sur la toile, je pouvais constater de suite sil y avait dans mon auditoire des élèves de St.-Hyacinthe ; car ceux-ci applaudissaient avec un enthousiasme remarqué par leurs voisins,et souvent ils se levaient et disaient à leurs amis : “ Je l'ai connu au collége ;” et ils avaient des larmes dans les yeux et dans la voix.
Oui, il y a des élèves de St.-Hyacinthe,et en grand nombre, aux Etats-Unis.
Invité à porter la parole en leur nom, je suis heureux, en même temps, de me prévaloir de ma position de journaliste pour rendre témoignage à leurs mérites sans qu'on puisse m'accuser de camaraderie.
Messieurs du Séminaire, vos élèves vivant aux États-Unis font honneur à leur A/w”a Mater. Dans le sacerdoce, dans les professions, dans le commerce, dans l’industrie, ils honorent la religion, leur pays et la maison qui les a formés aux vertus du citoyen.
Des rives de la Californie jusqu’à l'extrémité de la Floride, le prêtre, élève de St.-Hyacinthe, a porté le fardeau du dévouement et le flambeau de l’apostolat. Et quelques-uns sont morts au champ de leur labeur. C'est ainsi qu’en ce jour de fête nous devons bénir la mémoire du grand missionnaire, J.-Baptiste Brouillet, grand-vicaire de Mgr Blanchet, évêque de l’Orégon ; des abbés J.-B. Couillard, J.-Bte Allard, Elzéar Mc- Donald et F.-X. Bouvier, morts victimes de leur dévouement dans les missions des États-Unis. Le nombre des prêtres, élèves de St.-Hyacinthe, est considérable, et nous y comptons trois des bienfaiteurs de la maison : M. l'abbé P. Hévey, curé des Canadiens de Ste.-Marie, de Manchester; M. l'abbé Isaïe Soly, prêtre assistant à l’église Notre-Dame des Canadiens, à Worcester ; M. le curé Strain, ce dévoué missionnaire de la Nouvelle-Angleterre. Nous comptons plus de 40 médecins, élèves de St.-Hyacinthe, dans les six Etats de la Nouvelle-Angleterre, et déjà l’un d’entre eux a refusé l’honneur d’être le premier magistrat d’une des principales villes de l'État du Maine,
" $ “| je FR Î ni:
ni : FR [à . +184 | NOR À |
Dans le commerce et l’industrie, nos compatriotes sont en nombre considérable.
Dans la force de leurs études religieuses, ces élèves trouvent une planche de salut et une consolation.
Au spectacle du système des écoles sans Dieu, ils opposent le souvenir de leur instruction ; et s'ils sont reconnaissants envers la religion qui les a formés à bien penser, ils donnent leur appui aux écoles françaises et catholiques.
Messieurs, vos confrères des Etats-Unis ont adhéré de grand cœur à la pensée généreuse de Mgr. l’Archevêque de St.-Boniface. Ils ont offert leur obole comme un humble tribut de leur reconnaissance envers Mgr Raymond, envers vous, M. le Supérieur, et tous vos distingués et vénérables collègues. Ils ont contribué à l’érection de la chapelle, en souvenir des vertus de ceux qui y dorment dans la paix, des regrettés messieurs Desaulniers, Dufresne, Gendron, Lecomte et Chabot.
Jeunes élèves, qui n’avez pas connu les morts que nous honorons, faites acte de fraternité envers nous, qui avons été l’objet de leur dévouement. Soyez nos représentants, #antbus date lilia plenis, décorez leurs tombes des fleurs de nos parterres. Entourez aussi de votre respect les professeurs dévoués de cette maison, et dans ces tributs de votre reconnaissance, qui seront les nôtres, existera l’union fraternelle des enfants de St.-Hyacinthe.
Au nom de mes confrères des Etats-Unis, je vous offre, M. le Supérieur, à vous et à vos collègues,
m pa-
s élètion.
Dieu,
s'ils rméÉs fran-
it ad- Mgr.
r obosance rieur,
Ils ivenir es reidron,
s que ous, èz nOS leurs aussi cette ance, e des
is, je grues,
l'expression de notre reconnaissance pour tous les bienfaits que nous avons reçus de cette maison; à nos confrères du pays natal nous présentons l’hommage de notre fraternité et de nos sympathies, leur donnant l'assurance que, loin de la patrie, nous en gardons religieusement les saintes traditions.
M. le Supérieur, merci de nous avoir invités à cette grande fête des souvenirs. Nous sommes accourus de tous les points cardinaux. Comme autrefois le géant Antée dans sa grande lutte avec Hercule retrouvait des forces nouvelles chaque fois qu'il touchait la terre, les enfants de l’illustre Antoine Girouard retrouvent un courage nouveau et des vigueurs surnaturelles en se pressant sur le cœur de leur Alma Mater, en lui rendant hommage.
Chers confrères, plus heureux que l’antique Antée. nous ne serons pas vaincus par l'Hercule moder- ., matérialisme et du positivisme ; mais nous consolerons notre mère en combattant victorieusement sous les drapeaux du bon et du beau, drapeaux qu’elle nous a appris à suivre dans le chemin de l'honneur.
Vivez heureux, vivez en paix, vénérés professeurs, dans cette maison où vous formez les intelligences à combattre les combats du devoir sous le labarum de la foi. Vivez en paix, avec l'assurance de la gratitude des anciens élèves de cette maison, entourés du respect de nos jeunes confrères.
Et croyez bien, messieurs du Séminaire de Saint- Hyacinthe, que, dans cette expression de la reconnaissance, vos élèves vivant aux Etats-Unis ne sont
182 À L'ALMA MATÉR.
pas des derniers. Se rappelant avec émotion leur enfance passée sous ce toit hospitalier, vos soins empressés, votre sollicitude dévouée, et confondant dans un même et agréable souvenir, professeurs, condisciples, élèves d'aujourd'hui, ils redisent souvent, en pensant à leur A/ma Mater :
Procul fato, juxtà corde.