SE
spas
ne no ER gra tp rarement
Or, le Zravaïlleur offre à tous nos écrivains ses colonnes entières et son drapeau, qui est celui du travail,"de la foi et du devoir.
J'associe encore à ces hommages tous les fidèles employés du journal, qui, par leur régularité, leur dévouement, leur activité, ont contribué au maintien de cette publication.
A ce triomphe il faut associer des premiers ceux qui l'ont préparé avec tant de désintéressement, tant de bonne volonté, et ceux qui en font les frais somptueux, messieurs les souscripteurs, messieurs les organisateurs et messieurs les orateurs.
Oui, le Zravailleur ne triomphe que par vous, membres des différents comités de cette fête; que par vous, souscripteurs et collaborateurs. Son couronnement, c’est le vôtre, car son œuvre n’a été fructueuse que parce que vous avez voulu lui prêter mainforte.
Mon bon sens, mes chers amis, me dit toutes ces choses et me fait comprendre, en même temps, combien est grande votre bienveillance d'attribuer à moi seul un mérite commun à nous tous.
Qu'il soit aussi compris que ce témoignage que vous rendez aujourd'hui au 77avarlleur et à son rédacteur, vous ne le rendez que parce qu'ils représentent, depuis longtemps, les principes si bien propagés par mes confrères des Etats-Unis. C'est à la presse canadienne-française de ce pays, que vous rendez hommage en ce moment.
Mes excellents confrères trouveront peut-être que la part de sympathie est faite trop large au 77avatlleur, ils auront raison ; mais en mêmetemps, qu'ils soient honorés avec le 7Y7avatlleur, car ils sont les soldats du même drapeau. Si les circonstances ont placé le Z7availleur à l'avant-garde dans plus l’un combat, je dois dire qu'il fut valeureux à raison du renfort qu’il savait fidèle au poste du devoir et de l’hon-
“neur, car ses confrères étaient là, se préparant à com-
battre et combattant même avec courage et succès.
En ce moment où vous m'entourez, messieurs, des plus généreuses sympathies, il est juste que je rende à chacun sa part qui lui revient dans ce tribut d'éloges que j'accepte en f4#éi-commission seulement.
Et certes, c'est un honneur pour moi de rendre un témoignage public de ma reconnaissance à tous ceux qui ont contribué si efficacement au succés du Travailleur.
En entrant dans la carrière du journalisme, je n’avais que dix-neuf ans. Sans expérience, sans science, sans appui, je ne savais trop si ma plume serait utile ou inutile à mes compatriotes.
Messieurs, j'eus alors l'avantage d’être honoré de l'amitié d’un homme d'une intelligence remarquable, qui, dans toutes les grandes circonstances de notre jeune histoire de l'émigration canadienne, a prouvé par ses sages conseils et sa parole convaincue, qu’il a un cœur d’apôtre et de patriote.
M'inspirant de son expérience, de ses connaissances historiques et philosophiques, et de son grand dé-
vouement, je lui dois une partie des principes qui m'ont dirigé dans le chemin du devoir. Il m’apprit à connaître l'Eglise, à l'aimer et à respecter son autorité divine et infaillible.
Ce guide bienveillant est un membre de ce clergé canadien si nécessaire au maintien de notre nationalité, en ce pays.
Le nom de cet ami est répété avec reconnaissance par les Canadiens de Worcester; car c'est celui du fondateur de leur belle paroisse, M. l'abbé J.-B. Primeau, qui, aujourd’hui, évangélise les Canadiens et les Français, dans l'Ohio.
Cet ami éloigné, je l’associe des premiers et pour une des plus larges parts à ce couronnement.
On m'a dit quelquefois : Vous vous faites le trop enthousiaste panégyriste du c' “zé canadien. Voyez, quelques prêtres vous sont hosiiles et vous font la guerre.
J'ai répondu : personnellement, je dois au clergé de mon pays d’être le peu que je suis, et les Canadiens doivent à leur clergé d'être restés Français. Pour queïiques honorables prêtres qui ne me connaissent pas et qui se méprennent sur mes intentions, je ne changerai en rien ma ligne de conduite, et je continuerai à dire à mes compatriotes : Respectons notre clergé ; il est la colonne la plus forte de notre nationalité à l'étranger. Groupons-nous autour de lui ; soyons tous, clergé et laïques, unis comme un seul homme, car voici que les bourrasques précédant la tempête se font sentir. C’est le temps de l’action, de l'union,
et pasteurs et fidèles ne doivent former qu'un cœur pour la sauvegarde de notre nationalité.
A tous les organisateurs de cette manifestation, j'offre mes plus sincères remerciements et ceux de ma famille. Ils sont la fine fleur du patriotisme, aux Etats- Unis, et leurs noms suffisaient pour garantir le succès de leur téméraire entreprise.
A la jeune Association Montcalm, mes plus sincères remerciements pour son initiative et son énergie à vouloir honorer celui que déjà elle avait plus que récompensé pour ses légers services. (C'est bien de cette association que l’on peut dire, comme autrefois de Montcalm, son glorieux parrain : #on sibi sed patriæ vixit.
A messieurs les membres du clergé qui ont bien voulu honorer le 7Z7availleur de leurs sympathies, merci de tout mon cœur.
J'ai appris avec une joie bien profonde que quatre évêques et un archevêque avaient daigné encourager cette manifestation. L’archevêque est un missionnaire qui a fait et qui est appelé à faire dans le Nord-Ouest la même œuvre que la nôtre, repousser l'assimilation. J'ai nommé Monseigneur Taché. Un des évêques est celui de ma ville natale, Mgr Moreau. Un autre est Mgr. de Goësbriand, le vieux pontife de Burlington, qui représente l'épiscopat français dans la Nouvelle-Angleterre, et qui a été le promoteur principal des missions canadiennes, en ce pays. Mgr. Racine, de Chicoutimi, siège d’un vaste pays de colonisation, a bien voulu s’adjoindre à cette manifestation,
et le plus jeune des évêques du Canada, Mgr Lorrain, a daigné, dans sa bonté, accorder ses sympathies à cette démonstration. Mgr Lorrain est un ancien abonné au 7ravailleur ; ila connu, pendant qu'il était missionnaire, aux Etats-Unis, les difficultés de la presse canadienne, en ce pays ; et certes, sa bienveillance envers elle, en cette circonstance, est une leçon qui portera bonheur à tous nos journaux.
Merci donc à Leurs Grandeurs de S$t.-Boniface, de St.-Hyacinthe, de Burlington, de Chicoutimi et de Cythère, pour avoir daigné prendre part à cette démonstration. Merci à tous les messieurs du clergé, à tous les souscripteurs, à tous mes amis des différents centres. À tous ceux qui ont contribué de quelque manière à cette belle fête, merci de tout mon cœur, en mon nom et au nom de ma femme et de mes enfants.
Messieurs, vous avez voulu faire de cette démonstration un ralliement de patriotes des deux pays ; car je vois autour de moi des amisde la Province de Qué.bec. C’est peut-être la seule œuvre utile que j'aie accombplie, d’avoir fait connaître à nos frères du Canada leurs compatriotes des Etats-Unis. J'ai toujours voulu que par-delà la frontière nos mains entrelaçassent des mains amies. Et la présence de nos frères du Canada est une des plus”douces récompenses à mes humbles travaux.
Oui, Canadiens des deux pays, unissons-nous et pratiquons les antiques vertus de nos pères, si nous voulons que leur souvenir ne précède pas le nôtre
dans le gouffre de l'oubli. Sachons être fidèles à nousmêmes, et notre nationalité survivra. Comme les dames ont bien voulu participer à cette fête, je termine mes réponses aux adresses par ces mots d’une femme canadienne : “ Dieu veuille nous donner comme à nos pères, avec le sentiment si français de l’honneur, l’exaltation du dévouement et la folie du sacrifice, afin que Ja nationalité canadienne-française vive à jamais respectée par les peuples et glorifiée par ses enfants.