SCÈNE
Du côté opposé arrivent Amalie et Lisette. La première, vêtue d’une robe d'été bleu clair légère, un chapeau de paille sur la tête, court joyeusement devant.
AMALIE. — Ah, voilà ce que j'appelle courir, Pamour vous rend plus rapide qu’une flèche. {Se retournant :) Voici mon cher vallon. Quelle merveille, cette floraison ! Le soleil, aujourd’hui, brille deux fois plus, comme si c'était jour de fête au ciel et lui, le roi de la fête. Ah, je te remercie encore et encore, mon cher soleil, de me ramener mon Auguste chéri. Lisette, Lisette ! (Æélant en direction des coulisses :) Pourquoi tu traînes ? Voilà qu’elle regarde derrière elle, tout apeurée. Qu'est-ce que tu as ?
LisETTE, entrant, troublée et bavarde. — Mademoiselle, comment osezvous vous aventurer aujourd’hui dans cette contrée mal famée, ensorcelée ? N’avez-vous pas entendu la chasse sauvage ? Aujourd’hui, le Roi des Cimes s’est déchaîné. Si je l’avais su, vingt chevaux ne m'auraient pas fait quitter la maison. Mais vous, vous me réveillez, vous me dites de m’habiller en un éclair, pressée comme vous êtes de courir au-devant de votre Auguste, qui aujourd’hui même rentre de son séjour en Italie.