SCÈNE 3 Astragal seul
ASTRAGAL. — Bien sûr, les actions des Esprits Par l'amour doivent être régies, Leur être, par essence élvé, Où s'unissent force et liberté, Détaché de tout lien terrestre, S’élance vers les bordures célestes.
Mais, tout comme chez les humains Il est des bons et des vilains, Les uns haïssent, les autres aiment :
Chez les Esprits, c’en est de même, Tous ne tournent pas vers les cieux Leur tête d'ombre désincarnée, Privé de toute noblesse de cœur Le malin scrute les profondeurs, Lié aux forces du malheur.
C’est là ce qui provoque la guerre, Qui, de souffrances, étouffe la Terre, Qui, dans les airs, chasse les nuages, Laisse des caveaux en héritage, Qui entr’ Esprits crée la distance, Qui donne au requin la puissance De s’déchaïner dans les courants, Qui donne des fleurs de givre au vent, Qui tempête contre les esquifs Pour qu'ils se brisent sur les récifs, Qui dispose les hommes en armées Pour que la haine soit glorifiée, Sur les corps des frères suppliciés Ils se couronnent de lauriers.
Mais moi, j'aime la paix des Esprits Je veux du bien aux gens d'ici, Je n’habite pas une grotte cachée, À l'air libre on peut me trouver.
Sur les hauteurs immaculées,
Sur la glace pure d’un glacier,
Se dress’ mon château de cristal, Qui est tourné vers les étoiles.
Souvent, dans ces espaces limpides, Je contemple les rêves trop vides De l'Homme — et ressens du chagrin.
Et lorsque je vois un pèlerin S’avancer, perdu et errant,
De mes nuages je descendks,
Gagne son monde effroyable,
Lui tends une main charitable
Et le mène vite sceller Palliance
Au ‘Temple de la Connaissance.
Îl sort.