‹ Ferdinand Rapédius de Berg. Mémoires et documents pour servir à l'histoire de la révolution brabançonneChapitre 31 sur 102 · EàFtora · texte numérisé non relu

EàFtora

on le suit dMSr toas^ sea mooiiettieiitB^ ob le Yoiii atioc fmm m totaser bientôt détourner de celte voie par des préocc«|^ti^ns diUB ordre moins éleyé, porter eKclosivement son attention sur te forme du gouvernement intérieur, et ne rechercher qne les moyens d'accroître Tinfluence dn pouvoir. Cette tendance du gour vernement impérial eut pour résultat de donner à ractivilé des esprits une impulsion ess^itiellement fimeste anpays et au pouvoir luinnéme. Les.dJaeussîons politi<|tte8 devinrent l'oGtfupalîon de toutes les classes de la sQciété> et tandis que ks idées r^ gieuses élairali peut-ôtre le seul frein capable d'af réter le débor^ dmnent des passions;» tandis que le g^uvei^aement paraissait cem^ prendre tout le parti qu'il étaîit possible d'^i tirer, ce même gouvernement eui la maladresse de soulever contre Ini tout le clergé séculier , c'eslhà-dire les direatmirs^ nés des^ idé^ religien» ses caâioliqnesi. Car nous verrons* bientôt avec quelle opiniâtreté il poursuivit la suppression de» sénânaims épisoopaux,. eteomn wfifA cette qpierelle , incessawmeat envenimée » fia^ pi^ dcnwnir celle de toute la nation.

On peut e» dire h peu i»ès aatant an sujet de fédit de tolé-

différenU : cdai de la eultiire et oelni de la miiiMFoHivns. Il< io^oiir nÊÊfdontêrêèmÊÊtmm cette dernière branche d'industrie dans le pays ; mais pour y parrenir, fSiut-il anéantir Tautre?

K Voilà pourUnt ce qui arrivera immanquablement, si la nemratte loi^, danula proliiité et les peines sont également extraordinaires, doit être exécutée : la culture du lin, si précieuse pour plusieurs cantons de nos provinces-, sera d*abord négligée et pois totalemeat abandonnée. Quelle perte pow le pays en général, et pour un g^and noMkede cnkifalevi, dm là se«l« ressouice consiste dans cette production! Que defiendmi alors la proÉt^de^la mai^^^asatm» qu'on s'attache tant à retenir, mais qukm détruit virtuellement, enprosprKaBtf la culture do la matière première par dea génea inoaMs dans son déUt, par des amandes rateanaer pour la moindre contravention au texte i<gonreax de la loi, et par des prénntions nreHIpVées, doM li' plus grande partie est impratleable, et dont l'autre n'est pas méaae à la portée de l'inteffigenoe commune des gens de la campagne, qo^Blle regarde partieuttèreaMn».

« Telles sont les ebaer? étions qne new avona cm devoir mettre sous les yeux de Voa Altesses Royales, et qui nous ont déterminésà ne pas donnor à la loi dont il s'agit la sanction requise pour notre ressert.

c Nous laisions à- leur sagesse de peser' et de décider l'attention qu'elles peuvent mériter; mais nous osons, en même temps, les assurer à ravance qu'^es paraissent justMIées par le vont onanime de toutes les classas de dtoyens, el si l'on peut ajouter foi au brait pubMc, i edui des conseils du gouvernement , dont les représentatiens ont précédé les aétras.

€ Nous sommas» etc.

• apuaUas, le 19 jan^ar 4787. >

»Wce, à Téle^titioiï éd^uel Josè]^h II pattif tenir srvec faut Û'dth sthisKiôA. On Aé coniprerid pas trop ^el à pn être, dans Tordre des raisons politi^ties, le motif ou le bnt de cette mesiire. Elle i^ëuit certain^iteïit pas rëclatnëe par la population , qpi professait gâfeéralement la rel^on catholique, et doàt la foi avait élë fort pen ëbtanlée par les doctrines du philosophisme. Elle n'arraj* pas noft plus été sollicitée par les retigionnaires d'autres ookes, qtri devaient se trouver eïi bien petit nombre dans nos provinces, et qui, d'ailleurs, n'avaient à se plaindre d'antfeime persécQtkm. Enfin, rien n'indiquait qu'il fftt nécessaire à la prospérité du pays, &j attirer des étrangers professant la religion juive ou protestante. On est donc tenté de croire que c'est b seale envie de satîsftiire à un principe généreux, libéral, qui détermina la résolution de Joseph II à cet égard, et l'on est étonné ée voir un prince aussi sage, aussi éclairé, faire de la politique" sentfanentale on pbilosoplnque.

Notts^ voki arrivés' à xm point oèf il ik>às est permis de nous reposer. Tout en esquissant la vie de M. De Berg, novts venons de fetre, en quelque sorte, la préface de l'hSstoire de la révolu-* tion brabançonne. Quand les premières feuilles de ce livre furent livrées à limpression, nous étions loin de nous attendre à €Xi venr le cadre s'éhirgir dans les proportion» qvr'il a acquises. Cœt en étudknt les faits, en cherchant à les apprécier à leur jnale valeur , que nous nous sommes laissé entraffusr au delà des limites que nous nous étions tracées d^abord. Peut-être les jugements que nous «n avont porter œnt-ils erronés : nous n^avons pas la prétention de prononcer sans appela et c'est pour cela même qu'il nous a semblé utile de mettre sons les ^reux du public toutes les pièces qui ont swvi à former nos convictions. Mous sauvons bien d^aillenrs que cette manière d'écrire l'bistoire n'ariai de brillant, rien même de fi^rt littéraire; nous savons bien qu'en examinant ainsi à la loupe tontes les circonstances qui ont amené une commotion politique, les évàiements, au lieu de grandir, se trouvent rédttits à la hauteur de leurs causes. Les^ hommes eux-" mêmeft, vus au microscope d'une froide aéalyse, au lieu d'appa-

540 RA^ÊDIUS

raitre sous des formes herculéennes, deviennent i^ioairement despygmées. Mais l'histoire ne doit pas être un éternel mensonge. Il y a assez longtemps que toutes les révolutions sont représentées comme des œuvres héroïques. Si Ton faisait, pour chacune d'elles, la part des intérêts privés, la part des ambitions individuelles, puis la part de la sottise et de la mauvaise foi, de la lâcheté et de la trahison, il y aurait beaucoup moins de gloire à y participer ; il y en aurait davantage à les faire échouer ou à les réprimer.

Le siècle où nous vivons est fécond en héros révolutionnaires. Il n'est pas de si vil aventurier qui ne se croie un grand homme, s'il est parvenu à se faire traduire en cour d'assises, pour un de ces méfaits que, dans le langage du jour, on appelle déliu poSti* ques; il n'est pas de si misérable écrivassier qui ne se croie appelé à de hautes destinées, si, à force d'impostures, d'outrages, de calomnies, il est parvenu à mettre Tordre public en danger, <m à plonger un poignard dans le cœur de quelque homme de bien, placé dans les régions du pouvoir. Encore, si le mépris public en faisait justice! Mais ils trouvent plus d'admirateurs que déjuges sévères. Quand les révolutions réussissent, ceux qui les ont Élites sont couverts de gloire; quand elles ne réussissent pas, ils ont ponr eux toutes les sympathies. On s'indigne de les voir condamnés à des peines in£unantes; on voudrait qu'il fût créé à leur usage des peines honorantes. Un malheureux qui vole une pièce de cinq francs, on le voue à l'infamie, c'est dans nos mœurs; mais celui qui a voulu procéder par l'incendie et le pillage, ou vendre son pays à l'étranger , est , suivant nos mœurs, digne d'un sort plus noble : c'est un ennemi qui a échoué dans une tentative glorieuse et auquel on aurait tort de teùir compte de sa félonie, de sa trahison. Enfin, les hommes de notre temps ont été élevés à l'école des révolutions. Ils ont appris que de rien on peut devenir quelque chose, par le seul effet d'un bouleversement qui fait £adre la bascule à la société. De là cet esprit frondeur , sceptique , ce défaut de foi dans la supériorité intellectuelle ou morale de ceux qui dirigent la machine dite le gouvernement. Cette propension est

si forte, si puissante , qu'à moins d'être personnellement intéressé à ce que la bascule sociale cesse d'agir , il faut de mûres et profondes réflexions, et surtout un sincère amour de la patrie , pour pouvoir s'y soustraire. Et parmi ceux qui y sont parvenus, combien encore en est-il qui aient le courage d'avouer leur conversion? Il semble que les sentiments honnêtes soient devenus un sujet de honte et d'opprobre. La société est dominée par de mauvaises passions, qui exercent sur elle un pouvoir tyrannique. Malheur à qui ose en secouer le joug! Il sera honni, vilipendé, voué aux gémonies de la presse (i). Aussi, voyons-nous des gens très-sages, très-sensés, très-moraux même, sacrifier à la popularité tout ce qu'il peut y avoir en eux de raison et de moralité. Cet état de choses est le fruit des révolutions passées , comme il sera la cause des révolutions futures. S'il est donc vrai que nous devions léguer à la postérité une société pourrie, qu'elle sache au moins que nous ne nous sommes pas fait illusion sur les causes et sur les auteurs de cette décomposition. Qu'ils sachent aussi , ceux qui se font un jeu des destinées humaines, que le temps n'est pas éloigné où l'histoire les jugera sévèrement. Elle les fera comparaître devant un jury d'autant moins disposé à l'indulgence, que lui-même se sentira victime de leurs mé£ûts.

(i) Feu le général B.... avait l'habitude de dire, en {«riant du journalisme diffamateur : < Qu'est-ce <iue la presse? ^ C'est une yîs qu'un polisson foit tourner. > Ce polisson , qu'il méprisait, l'a tué.

Page 1