SOS
galions 4e \e faim partir w^^aH^tonp fomf Brux^es^ nvea cs4iice de dira es ^m wm \ < qv'aynwt rogardé Verxwci ôb» è6i 4 §ifté^ et la fooililé avec laquelle t'ëtaU faite là conoentràl^
< ^Qfi das troupes ceni«ie «ne man|<iè <1^ isoumisëkiii et de odbî c finnce. Sa Mafealé Toiilaît téiâoigiker une égale €onfiaai€6 aia f oaUoi»; qua le plaa qu'elle n'4t^î proposé^ pionr les iPajrs-Baflr;
< a'avaît d'autre but qiie te him 4b^ eea proYinœs; qu'on méoûm c naîss^U $es bonneâ inteRtioM à cet ëgand, en Jë^ croyant t io€ompatibles ayeo h ûomtkwtimi qu'il y renonçait donc c entièrement et demandait «^ ea 6is6ent les états eux-méniesi « <:o«iKie reppéaeotantA de le na^ÎK^n» qui lui fii^à*afiseht les c moyçtnfi dVibtenir c^ imU Mnb léscir les droits et .privi^i[88 f qn'e^ie ét^it bien éloignée die^TOiiloir ehffëîhdi^e; >
S^ M. de TraUttmaMdopff avait bÂett étudié ie&ràroartes^ il n'aBraîf « certfâs, pas foit une semblabite proposition. Il aurait vu» par les r^ré$entation$ des étals et par les réponses qui y aTaient été faite»» depuis le 14.mai , qn'une demaiide acoordéejetn avait toujours eotminé une autre; il aurait ira qnVw avait aoo(H*dé sncce^vemont tout cie qui av^it été demandé» et il .aurait; dû condor de î^etM ^aduti^o d'âxigenoe^s qos o'est ptovoquen nhi pe«p}e>que di? toj aiecoider ee qu'il demande lûs^arneftàla nudni Quçâ qu'Ai w aoil, sa'proposilîciii fut r^etée; mais cela nei'^em pteba: point d'arriver, à SiHiii^les avises idées ooncîliatrioes,; ce.qpi n'eût pas ^té U& mal» s'ilavait ^uy joindre un esaaétëre ferme et surtout le talent de l'opportiulité. Son début ne fut pas bewreiii. i; Jl eut la maladif esaéi d'entrer k Bruxelles aouB i'escortp d^ w^pntairea:de U)u^in» de sorte que; tout en arrivant, il parut étro débmdé par llnsurrectiûÉi. Ob verra bientôt i qu^ii ne lut gnèt^e fdua prudent dans la d>ndnite d'sÉfie afibire pins gravei ùelle du séminaire générai. « /: >
L'ouverture des cours de; cet établissetnent araitiété stjoufBéov par lis^ conMft deiMumay.» au l'^^ novenboa. Une cimulgine .dp goirvernenr n^ ^mldrim, ladi^essée aux^«éques^ abus la date 4« 47 octobre^ lettr pi«ncnvaitd'«nvoytP^qpûureette^^poq«ey:leiî#s SttimMœisles à i^^n;anaistelio:dollkÉait1e^ nénj^ lan
304 EAFtDIDS
reoleurs des séminaires épiscopaux la facnltë •d'âccon^gner leurs élèves, d'être employés au séminaire général comme sons-» directem*8, d'y surveiller l'enseignement, et même de concourir à la présentation de candidats pour la place de directeur principal. Rien de tout cela n'avait été accepté. L'archevêque de Malines, revenu récemment de Vienne, avait été le premier à protester; les autres évéqnes avaient imité son exemfJe; tes états avaient agi, comme de coutume, par voie de représentations, et enfin, lorsque M. de Trauttmansdorff arriva à Bruxelles, il trouva Taffaire dans un état parfait de statu qm.
Fallait-il rq[>rendre une entreprise si mal commencée et pour^ suivre Texécution des ordres donnés sous le précédent gouverneur général? Cétait là une grave question, que M. de Trauttmansdorff n'était pas le mattre de résoudre, mais sur laquelle il était de son devoir d'éclairer le chef de l'Ëtat. Certes, si le cabinet de Vienne avait été bien inspiré, il aurait renoncé à cette entreprise, aussi inutile qu'elle était périlleuse. Tous les préalables de quelque importance avaient été exécutés, à Fexception de la dause concernant la supprefôion des séminaires épiscopaux. En abandonnant cette clause, on ne laissait donc plus de prétexte à l'opposition , et tout rentrait dans Tordre. Quel danger le gouvernement avait-il d'ailleurs à craindre de l'enseignement donné dans les séminaires ^scopaux? En exécutant ce qu'il avait pro* mis lors de l'institution de ta caisse de religion , le clergé séculier lui aurait certainement été favorable, et ce n'est pas ce clergé qui aurait prêché la révolte pour rétablir les moines dans la possession de biens dont il aurait été en partie l'héritier. Oar, pour le dire en passant, ce que les. états de Brabant avaient avancé, dans leur représentation 4hi 22 juin 1787, au sujet des é&mes opéentes perçues par le clergé séculier, était bxci inexact. Il est très-vrai que partout on payait la dtme; mais ce n'étaient pas les curés qui en jouissaient. Dans certaines commîmes, elles appartenaient aux abbayes; dans d'autres, aux seigneurs; dans quelques-unes, eUesise partageaient enlp^e le curé et l'abbaye, ou bien entre le euré et le seigaeur y let enfin les communes oà elles appartenaient
tODt entières au curé étaient en bien petit nombre. Il n'y a donc point de doute que le clergé séculier ne pût se considérer comme sacrifié au clergé régulier, et dès lors il devait regarder aussi comme une mesure réparatrice Tamélioration de son sort au moyen des fonds déposés dans la caisse de religion (i). Pourquoi donc craindre cette partie du clergé, dont l'influence sur la population ne pouvait être qu'utile au maintien de Tordre? Pour^ quoi supposer que les doctrines enseignées dans les séminaires épiscopaux lui donneraient une impulsion aussi contraire à ses intérêts temporels qu'au but de sa mission évangélique? Cest ce que M. de Trauttmansdorff aurait dû se demander avant de prendre aucune résolution.
II est certain que, quelle qu'eût été la réponse qu'il se serait faite à lui-«même, M. de Trauttmansdorff n'aurait pas été le maître de contrevenir aux ordres de l'Empereur, mais ^n ministre plénipotentaire, chargé d'une mission aussi importante (2), ne doit pas être un instrument aveugle ; Il doit savoir apprécier les mesures qu'il est chargé de faire exécuter, et s'il résulte pour lui de l'étude approfondie des hommes et des choses, la conviction que quelqu'une de ces mesures est impolitique ou daingereuse, il ne doit pas craindre d'élever la voix pour en demander la révocation. M. de Trauttmansdorff sut bien le faire quand il était trop tard; il sut bien, de son autorité privée. Élire surseoir à l'exécution des ordres donnés, et ce fut là une de ses plus grandes iautes , parce qu elle donna , dès le principe , la mesure de sa légèreté.
En effet, à peine arrivé aux Pays-Bas, il avait, par dépêche du 5 novembre, communiquée aux évêques pour information et
( 1 ) La situation et les opérations de cette caisse sont restées jusqu'à ce jour au nombre des ehoees obscures. Nous possédons cependant un document qui jette quelque lumière sur ce sujet : è'cai un rapport du sieur Fébus aîné, chargé par les états , en 1790, de Tadministraiion de la caisse de religion. On le trouyera, à la fin de ce yolume, sous le titre de : Note pour fneaeigneurs les était de Brabant, concernant la caUee de religion. ( Document n* 4. )
(t) Les letties patentes du comte de Trauttmansdorff lui donnaient tout les pooyoirs d'un goaremeur général, k l'exception de l'autorité militaire. U avait la direction suprême de toutes les administrations, la nomination aux emplois, la signature des ordonnances et des lettres dûMs» ao n^m de TEmpiereur.
ÎO
306 RAPÉDIDS
direction, fait connaître à la faculté de théologie de l'univemté de Lonyain que la volonté formelle de l'Empereur était de fiiire ^Lécuter les dispositions de Tédit du 16 octobre 1786^ et, en conséquence, il avait défendu aux évéques de continua à foire enseigner la théologie dans leurs séminaires et d'admettre dans les ordres ceux qui n'auraient pas achevé leurs études à Loovain. €e ne fut qu'après que cette défense eut été intimée, que M. de Traottmansdorff s'aperçut que l'établissement du séminaire général pouvait donner lieu à de graves difficultés. Il prit alors sur lui d'accorder un sursis de trois mois, et se chargea de transmettre à l'Empereur les doléances des états de Brabant. Une fois les ordres donnés, rien n'était plus impolitique que d'en suspendre l'exécution, sans être assuré de l'approbation du cabinet de Vienne» C'était faire un pas en airière, et se créer de nouveaux obstacles pour le cas où il fendrait rei^rendrer le terrain perd». Et c'est en effet ce qui arriva : car l'Empereur n'approuva pobft le sursis et ordonna d'aller en avant, quoi qu'il pût arriver.
Vers le même temps, à peu près, on vit l'opposition du conseil de Brabant se r^eiller. Il semblait que ce corps , ayant été réhabilité dans toutes ses prérc^atives, n'eût plus aucun sujet de plainte, et que dès lors il dût se retirer de l'espèce de coalition qu'il avait formée avec les états. Mais il n'en fut point ainsi : l'esprit d'opposition, fondé en grande partie sur Fintérét privé, y avait jeté des racines trop profondes , pour qu'il fftl possible de l'extirper aussi aisément. Il restait d^ailleurs une question à résoudre 9 question intéressante pour plus d^n membre de ce corps : le chancelier de Crnmpipen, qui avait accepté les fonctions de président du nouveau conseil souverain de justice , les conseillers Yan Yelde , de Robiano et de Bartenstein, qui avaient accepté des emplois de conseiller à la même cour , reprendraientils leur place au conseil de Brabant, par suite de la suppression des nouveaux tribunaux? Depuis longtemps le conseil s^étaît préoccupé de cette question; il y avait été convié pw les états, qui ne manquaient aucune occasion de Fentraîner dans leur opposition. Déjà, au mois de juillet 1787, des lettres avaient été
Bl BSIU^ 307
éclia&eées à ce sujet entre les ëtats et le conseil de Brabant , et voici à quel propos :
M. Frasneau de Gomegnie$ , chevalier de la cour au conseil souverain du H^aut (i) , ayant donné volontairement sa démission , les états de cet(ç province avaient adressé nne représentation au gouvernement, pour demander son iremplacement inmiédiat. Cette pièce avait été comnutfuquée aux iétats de Bl*ahant, et ce Ait à cette occasion que ceux-ci résolurent de se pourvoir , aussi par voie éfi ri^pré«çntaAion, non-seulement ponr demander que les places vacantes de coosetller fussent remplies, mais encore pour réclamer la nomination, dans le plus braf délai possible, d'un chancelier. Toutefois, avant de faire cette démarche, les états voulurent consulter }e conseil de Brabant sur son opportunité* 11$ le firent par nne dépêche du 50 juillet 1187, à laquelle le conseil répondit, le lendemain, dans les termes de la plus vive recon« naisssmce {%), ep insif^nt particuUèremeot sur lé mode de nomination qmi pouvait yâitre le yjyns lstTond[)te au Ubre concours des aspirants.
Cependant cette affaire resta sans suite jusque vers la fin du
( 1 ) Ce conseil se con^posait d'un président , de deux conseiUeis ecclésiastAquei > 46 deux o1m« yaliers de la cour et de treize conseillers de robe longue, y compris le ÇscaL
( s) u Wy en konnen niet genoegbsaem Jbethoonen onse daockbaerheyt ^er de aepdachi endé de sorghe die UU. EE. gelieven toe te brenghen aen betgene b'etreft den in^çdslapdt van desea raede; denweiken inderdaedt tegenwoordiglyck deeligb is ontledigbt , ter oorsaeeke van de voor^ melde Yacerende plaetsen niet alleenelyck van canceliier , maer daer en bov<yi van twee raedei^ X ende van dry, indien voor effectivelyck vacerende moet vorden aensien degeoe dewelke op
sekere wyse nocb is bekleedt door den beere raedt Cornet , niet tegensta^nde desaolfs jubilarisatie; betwelk n^y» volgens den ouden staet ende geplogenthey t , niçt en vern^eynen noodsaeckelyck, dan wel eer in de tegenwoordigbe gelegentb^t , ondien&tigb te weseo, ter oorsacke fan de onderbandelingben ende van de scbickingben dier in siilken gevi^ moeCen vordeo genomen, ende dewelcke niet aïs naedeeligben konnen syn aen het concours der aspirantan toi de nominatie , aen welckcrs vorigen standt ende uy twerckingbe wy UU. EE. seer ^rostelyck versoecken de bandt te willen bouden ; welcke nominatie wy vermeynen t^ moeten gebeuren , gdjck voor desen in sulcker voegen dat de tweede maer en geschiede naer dien de plaetse waer Toren de eerste sal syn gedaen, door bet gouvernement sal vervult wesen» ton waere die beyda wierdeo vervult uyt de eerste te doene nominatie. OndertusKben aenklevende aen UU. KE. Yoofgemelt besluyt ende onder andermaelige danckse^ingbe over UU. EE. altydt aenboodende voorsorgbe.
« V^^yU^en,
GtpmÊ^&rd : « A3., V*. n
Geteekend : • F. Lknni, 9 1,51 jttly 1787. >
3Û8 RÀPÉDIUS
mois suivant, et dans Tintervalle on apprit que le gouvernement avait l'intention formelle de réintégrer M. de Crumpipen dans ses anciennes fonctions de chancelier de Brabant. Ce ne fut quen leur séance du 28 août que les états, considérttnt fùpportunité pour le pays de s'apposer à ce dessein, résolurent d'en conférer avec des commissaires du conseil souverain de Brabant. Il fut écrit, à cet effet , à M. Van Assche, le plus ancien des conseillers, sous la date du 29 août, et la conférence eut lieu le même jour, à onze heures et demie du matin, dans une des salles de rhôtel de ville , à Bruxelles. Les commissaires du conseil étaient MM. Charlier, Van den Cruyce, d'Overschies et de Jonghe; ceux des états étaient, outre les députés ordinaires de chacun des trois ordres, les prélats de Parc (i) et de Heylissem (2) , pour le premier ordre, et les comtes de Duras (s) et de Cioloma (4), pour le deuxième ordre.
Le procès^verbal de cette conférence porte : c qu'il y fut résolu, de commun accord , que le ci-devant chancelier serait inhabile
(1) SImoD Wouten , né au village de Werchter, 39«* abbé de Parc, i»rèf de Loofain » monastère de Tordre des Prémontrés , fondé en 1129 , par Godefroid Le Barbu , duc de Brabant. Ce prélat avait été insUllé dans la dignité abbatiale, le 14 mai 1779, et avait reçu solennellement la mitre des mains de Tarcbevéque de M alines , le 38 mars suivant. Il avait été auparavant directeur de l'abbaye des Dames nobles de Grand-Bygard , près de Bruxelles. Il mourut le tt novembre 1792 et fût remplacé par Melchlor Nysman , dernier abbé de Parc, décédé le 17 décembre 1810.
(a) Pierre Dare, né à Tirlemont , 54** abbé de Heylissem , monastère de Tordre des Prémontrés , fondé en 1752. Il fût installé dans la dignité abbatiale , le 16 avril 1774 , et reçu aux états de Brabant , le 19 du même mois. Il mourut en 1790, et fut remplacé par François Desmanets, 55"* et dernier abbé de Heylissem.
( s) Jean Joseph Philippe comte Van der Noot et de Duras, baron de Carloo, Meldert et Thyne, maréchal héréditaire du pays de Liège et du comté de Looz , seigneur de Graesen , Gorsem, Wilderen , Runckelen, Scheltefheyde , Tieckelrye, Saint-Hubermont, Duyst et autres lieux , haut avoué de Counen, chambellan actuel de Sa Majesté impériale et royale apostoll<iue, né le 17 janvier 1746, reçu aux états de Brabant , en 1766. Il avait été créé comte et avait obtenu la faculté de sommer ses armoiries d'une couronne à cinq fleurons , par lettres patentes du 28 février 1769. 11 fut choisi comme député des états, le 50 avril 1782 , en remplacement du comte de Spangen, dont le mandat venait d'expirer. H avait ftJt preuve des quatre quartiers suivants:
Van »Ea NooT, OornfiioGot n Doias, Van HiniâB, Pimas air Stoueloi.
(4) Jean Ernest Ghislain Xavier comte de Coloma, baron de Saiot-Pierre-Leeuw , né le 4 décembre 1747, reçu aux éUU de Brabant, en 1760, après avoir Adt preuve des quatre quartiers draprès :
CoLOMA, Li PoiviB, Di Rooii, Van Ma GaAcn.
DE BBEG. 309
à realrer dans sa {Jaoe de chaocelier , à moins qn'il ne fût pourvu d'une nouTelle patente , et que notamment il eût [»*été un nouveau serment aux états; et qu'en outre les états ne seraient pas tenus d'admettre ledit chancelier à un nouveau serment, fût-il même pourvu d'une nouvelle patente, attendu qu'il avait accepté et réellement exercé un autre office, celui de président d'an nouveau conseil souverain de justice, entièrement destructif des constitutions et privilèges du pays de Brabant, et que, par suite il ne pouvait plus jamais être considéré comme ayant les qualip tés requises par l'article 9 de la joyeuse entrée. >
Divers autres griefs furent ensuite articulés dans la même conférence contre l'ancien chancelier; nommément on lui imputa d'avoir augmenté les droits de récognition relatifs à l'élection des prélats de Brabant. Sur quoi les commissaires du conseil firent observer que l'on trouverait peut-être encore des exemples de griefs semblables dans la chancellerie de Brabant. Il fut, en conséquence, résolu que le conseil serait invité à mppéditer tous les griefs qu'il pourrait ainsi découvrir à la charge de l'ancien chancelier, et la conférence fut ajournée au surlendemain vers midi.
A la suite de la conférence du 31 août, il se passa un fait d'une haute gravité, et d'une importance telle pour l'histoire de ce temps, que nous croyons devoir donner ici la traduction littérale du procès-verbal de la séance des. états, afin de lui conserver toute son authenticité^L
c 31 augnst, 1787. Coram, etc.
c L'huissier Thys est venu annoncer que les quatre conunissaires ordinaires du conseil de Brabant se trouvaient dans la salle accoutumée de MM. les députés à la conférence, et se sont rendus auprès d'eux les prélats de Vlierbeck (t), de Parc et de
( I ) Hildefonse Van den Brael, né à Vont , dans la Campine , la 2 août 1757 , inatallé le 23 Dorembre 1772 , comme 38"* abbé de Vlierbeck , monastère de Tordre de Saint-Benott , près de Lonvain. Il reçut solennellemeDt la mitre k Bnuelles , -dans Téglise de l'abbaye noble des Bénédictines anglaises, des mains de Tarcbevèque de Bfalines , le 30 du même mois. Il mourut en 1793, et fut remplacé par Hildefonse Meugens, 39^ et dernier abbé de Vlierbeck , décédé en 1806.
SiO RAttDlUg;
Hejliœeiii, leg àmi députés ordhiaitres de TëUt noble, arec les comtes de Gcdoma et de Dora», ainsi que le* députés présents du tiers état et le greffier. Messièirs du èomeil t>nt déclai'é h hi conférence qu'ils araient £siit tappOK à lentk princ^u^ de la oonférence d'aYantr4rier, et que, comme le cbtiseSl poùrràft ie trouver dans le cas d'être juge de la catase concernant le ci-devant chancelier, par ce motif, les membres du conseil en général et en particulier pensent ne pouvoir aucunement s'expliquer sur ce point. Si est-il cependant que Ton pourrait foire, de la part de messeigneurs les états, des recherches dans la chancellerie de Brabant, et prendre copie des prebVes ou pièces relatives à la question dudit ci-devant chancelier.
€ Rapport en ayant été fait à l'assemblée génét^le, il a été résolu , après une longue délibération, que M. le ci-devant chancelier de Brabant n'est pas admissible fnc et nunc à reprendre sa place, et qu'en supposant même qu'il Mt pourvu d'une nouvelle patente, il ne serait pas encore admissible à cette place, ni à prêter, dans cette supposition, le serment préalable aux états, pour avoir accepté et réellement exercé un emploi tendant directement à la destruction totale de la joyeuse entrée, ne pouvaûft, dès lors, être considéré comme ayant les qualité requises par l'article 9 de la joyeuse entrée; en outre , que les états opposeront au susdit ci-devant chancelier , s'il voulait rentrer dans ses fonctions , aussi bien les griefe déjà articulés dans la précédente réunion, que ceux qui pourraient ertco^te être découver|s dans la chancellerie ou le conseil de Brabant ; à quelle fin messeigneurs ont commis le sieur avocat Van der Noot, à l'effet de s'occuper dès à présent de cette cause et de se préparer à produire, en temps utile, tous les moyens de défense contre le sindit chancelier. >
Voilà donc Van der Noot qui apparaît comme agent officiel des états de Brabant, et cela à dater du 31 août i787. Cette date n'est pas indifférente : c'est précisément l'époque où ce tribun présidait le comité àes volontaires, où il organisait des troupes armées, où il puisait à pleines mains dans le trésor de là pro-
DE mSBC. 511
viace. Que Ton jette nm coup d'odil sur les proeès-Terhamx des séances de ce cômké, re|N^aits à la fin de ce Tolame, on y yerra» en efiet» que c'est yws cette môme époque que Yan der Noot s'occupait avec le plus d'activité de Fannement de ses suppôts; on y verra qu'à la date du 13 septembre, la caisse de la souscription politique étant ^i déficit, Yan der Noôt ordonnait de prendre quatre mille cinq cents fk>rins à la banque de la veuve Nettine et fils , où étaient déposés les fonds de la province et de rËtat Cette circonstance donne la clef d'une note, qui se trouve en notre possession, écrite de la main de M. De Jonghe , pensionnaire des états, et de laquelle il résulte qu'une somme de 5â,724 flor. avait été payée au comité patriotique sur les subsides de Louvain; que les subsides de Bruxelles offraient depuis 1787 un déficit de 85,771 £k)rins, et qu'aifin on avait disposé sur ceux d'Anvers d'une somme de 40,561 £k>rins, 12 sols, 8 deniers (i), 11 nous parait évident, d'après cela, que les états se servaient
(i ) Void téxtuenement cette note :
<t Subsld. L. i784 mali 45,S99— 7—6 getrtnsfereerl.
1781^ maU 23,0t8— 18— 3 id.
1786 mali 17,556— 9—1 id.
1787 boni 8,689—17—1 id.
17S8 maU 79,414—10—3
N. B. la dexe rckcnlofV !• In uytgesf gcbr^M A. 53,724 hêUdi Mn di« vaa <l«i ooMiuf patrloUek. Etamime^
Brus0fi. 1784 boni 16^758 — 0—1 getransfereert.
1785 mali 57,791— 0—5 . id.
1786 maU 36,098— 0—5 id.
1787 maU 85,771- 8—4 id.
1788 maU 85,630— 9—1 yide de aehterstellen.
Antwerpen. 1784 mali 67,605— 1*5 getransfereert.
1785 mali 13,411— 9—0 id.
1786 maU 36,090—17-1 id.
1787 boni 444^ 3—8 id.
N. B. U In oyt^ gtbr»gh« , 40,561 -ift-S lot ^er%AtMa%m. 4er m«mi van chu ToorgMode rcaliuwslcK. Ex^mihm,
1788 boni 63,910- 7—9
Loveo. mafi 79,414—10—3
Bnusel. mali 85,630— 9—1
Antwerpen. boni 63,910— 7—9
ftest. mali 103,134—11—6
H. B. yOê <d «enige voocdcre «obaklicD aca 8. N. syn uxgmaen gnrtcM .
312 RÀ^tDIOS
du produit des impôts pour organiser la révolution ; que Yan der Noot était leur agent , non-seulement lorsqu'il s'agissait de recueillir des documents à la charge du chaïK^lier de Brabant» mais encore lorsqu'il s'agissait de réunir en un comité, sous sa présidence , tous les syndics des Nations et tous les doyens des Serments, lorsqu'il s'agissait, enfin, d'organiser des corps de volontaires, de les armer et d'en diriger l'esprit dans un sens opposé au gouvernement.
Ce fait est considérable , ainsi que nous l'avons déjà fait pressentir. Il jette sur la conduite ultérieure des états, sur les causes de rélévation de Yan der Noot et sur Timpuissance des efforts du gouvernement 9 un jour inattendu. Évidemment, les états voulaient rester maîtres du pouvoir; Yan der Noot était l'homme choisi par eux pour diriger l'esprit et la force publics ; Yan der Noot, placé à la tête des Nations , à la tête des volontaires, s'appuyant sur les états et sur le conseil de Brabant, Yan der Noot, tribun populaire, hardi , entreprenant , eût été pour toute espèce de gouvernement un ennemi dangereux : pour un gouvernement aussi débile que celui de cette époque , c*était un géant presque invincible; géant dans son espèce, bien entendu, géant par le piédestal que les états voulurent bien lui faire, géant sans gloire, sans génie, fort par la faiblesse de ses adversaires, grand par l'exiguïté de ses adhérents.
Cependant , Yan der Noot n'eut pas le temps de s'occuper immédiatement du nouveau sujet de conflit qu'on venait de confier à ses mains brouillonnes. Pendant tout le mois de septembre , il eut à soutenir la guerre des préalables et à défendre les uniformes et les cocardes de ses volontaires. Les états eux-mêmes furent trop préoccupés du soin d'obtenir la ratification des édits de surséance, sans avoir accompli les conditions préalables; ils furent trop inquiétés ensuite par le projet de rétablissement du séminaire général , pour pouvoir suivre activement l'affaire du chancelier. Aussi voyons-nous, dans la correspondance du conseil de Brabant, qu'à la date du 3 octobre ce corps ayant rappelé aux états les négociations antérieures relatives à cet objet,
DE BBlIfi. 313
ceiix*ci r^ndir^t, le 8 du même mois, qu'il n'y arait ni urgence, ni opportunité à s'en occuper. Enfin, le 17 octobre, rien encore n'arait été fait , lorsque le gouverneur général comte de Murray annonça officiellement au conseil de Brabant les intentions de l'Empereur dans les termes suivants :
c Messieurs,
c Les charges de chef et président, de conseillers auliques, de secrétaire et de protocolis te du conseil souverain de justice des Pays-Bas, ainsi que celle de secrétaire du conseil d'appel, que Sa Majesté avait respectivement conférées à son conseiller d'État et chancelier de Brabant de Crumpipen , aux conseillers de Robiano, Van Velde et baron de Bartenstein, et aux secrétaires De La Haye et Mosselman , étant éteintes et supprimées avec lesdits conseils , par une suite de la déclaration que nous avons portée, au nom de Sa Majesté, par notre dépêche aux états de Brabant du 21 du mois dernier, c'est l'intention de Sa Majesté, en tenant copime non avenu le serment que lesdits chancelier, conseillers et secrétaires ont prêté pour lesdites charges, maintenant éteintes, qu'ils rentrent respectivement dans celles de chancelier, conseillers et secrétaires de Brabant, dont ils étaient pourvus auparavant , et qu'ils en reprennent les fonctions sur le pied du serment qu'ils ont prêté , tant à Sa Majesté qu'aux étals de Brabant , à leur avènement respectif auxdites charges de chancelier, de conseiller et de secrétaire de Brabant, et que lesdits conseillers et secrétaires reprennent le même rang qu'ils avaient; vous prévenant, au surplus, qu'il doit en être de même à l'égard des offîciaux, huissiers et autres suppôts du conseil, qui peuvent avoir été pourvus de quelque place subalterne dans les tribunaux supprimés ; de quoi nous donnons part aux états de Brabant, par dépêche de ce jour, pour leur information, c A tant, messieurs» Dieu vous ait en sa sainte garde. « De Bruxelles, le 17 octobre 1787. Paraphé : c Cr., V*.
Signé : c Murray.
t Par ordonnance de Son Excellence, Contresigné : c De Bcul. h
314 RAfÉDTOS
Cette déjpéche ne pumnt <iue le 19 au omseil de Brabaiit, qm, dès le lendemain» en envoya coiHe aux états, em les pliant de lui faire c(Muiaître» le plds tôt pûssible, sou ayis à oe snjet. Les états de foa]>ant s'assemblèr^t, le 32 octobre 1787, et écrivirent aua^tèt au ccmseil , pour l'inviter à £aire reprendre, par ses commissaires , les conférences qui avaient été momentanément interrompues. Ces conférences furent, en effet, reprises le lendemain 9 25 octobre , après que les députés ordinaires des états eurent reçu les deux boetmeesters ordinaires des INations de Bruxelles, avec quelques députés des Nations de Louvain et d'Anvers. Ces membres du tiers ordre étaient venus protester, au nom de leurs principaux, contre la réadmission du ci-devant chancelier et des trois ci-devant conseillers, anonçant qu'ils présenteraient, le lendemain, aux états un mémoire écrit. II fut immédiatement rendu compte de cette protestation à l'assemblée générale, qui, dit le procès-verbal de la séance, en fut quelque peu surprise. {Is dezelve daer over eenigsintz verwondert geweesU) Quant aux résultats de la conférence du 25 octobre, voici ce que nous lisons dans ce même procès-verbal :
c .... Il en a été fait rapport à l'assemblée générale, en ce sens que l'on pouvait bien se tenir pour assuré que le gouvernement ne laisserait pas traiter en justice la cause de la réintégration des susdits sieurs , suivant la lettre de feu Son Altesse Royale, enregistrée le 15 février 1765, et que partant il ne pouvait rester que la voie des représentations. En conséquence , il fut résolu que Ton se pourvoirait, par représentation directe, auprès de Sa Majesté et qu'on lui exposerait que MM. les ci-devant chancelier et conseillers ne pouvaient plus être admis dans leurs fonctions, comme ayant accepté et réellement exercé d'autres offices, destructifs de la joyeuse entrée : dans quelle représentation on rapportera aussi les principaux grieis que Von croira avoir à charge du ci-devant chancelier. >
Le moment était donc arrivé où Yan der Noot devait exécuter
• la mission qu'il avait reçue , bien qu'il n y eût pas lieu d'agir en
justice réglée. En effet, il avait été chargé de recueîUir ces griefs
M iMlG« 515
que les étals ise prdknéttaiont toujonra de fidre tadott à la charge Ad €F4etaiit chancelier, et il éfàit t^Aps de&'^ occuper; Ausi^ TC^ons-Bouâ, dabs une revête <|ilé nous avons sbus les yeut, qu'il s'adressa an conseil de Brabant , soub la date dû 99 octobre, et qu^l demancb , en vertu de la dëcbion des états prérappelée, Fautorisàtion de se faire délivrer copie authentique : c 1* de certain mémoire ou ordonnance autographe du ci^vant chancelier, en date du 30 mars 1770, reposant au greffe de M. le l^reffier Lanné; ^ des anciens et nouveaux tarî£s on annotations concernant ce que les avocats , les procureurs de ce consdl et ks notaires avaient payé, lors de leur entrée en fonctions, pour leur prestation de serment devant le chancelier. > La cour , par résolution du même jour , 29 oelobre , permit à son greffier de dépécher au requérant les copies authentiques demandées.
Cependant, le lendemain, 50 octobre , les états s'étant assemblés, reçurent de nouveau, dans la chambre des conférences, divers députés des Nations de Louvain, de Bruxelles et d'Anvers , et résolurent ensuite d'écrire au conseil de Brabant , pour lui demander de vouloir donner son avis écrit sur les trois points suivants :
€ l"" S'il était vrai que le chancelier eût prévariqué dans ses fonctions, ^i menaçant le conseil de ne point parajAer ses résolutions, daîis des cas où son opinion n'était pas confcMrme k celle delà majorité?
€ 2® S'il était vrai qu'il eût menacé des membres du conseil de les priver de leur emploi, s'ils avaient insisté pour qu'il fôt fait des représentations, au lieu de voter pour l'ànanation de lois envoyées à l'avis du conseil?
€ 3^ S'il était vrai que, lorsqu'il ne pouvait pas obtenir ta majorité des voix dans une délibération, il y faisait surseoir, et la Élisait ensuite reprendre jusqu'à trois fois dans un jour; que méilie il en eût agi ainsi lorsque déjà les voix avaient été recueillies? >
Cette dépêche n'eût pas les résultats que l'on pouvait ea attendre : le conseil de Brabant, mu sans doute par un sentiment de
516 RArtBros
crainte, qu'expliquent l'arrivée récente à Bruxelles du comte de Trauttmansdorff, et le bruit déjà répandu de Tarrivée prochaine du général comte d'Alton, n'osa pas répondre aux questions qui y étaient posées. Il se borna à faire connaître aux états, par lettre du 34 octobre, que le conseil , après en avoir délibéré, avait résolu qu'il ne pouvait pas s'expliquer sur ce point. Cette lettre fit, pour ainsi dire, tomber l'échafaudage d'obstacles que les états s'étaient efforcés d'élever contre la réintégration du chancelier. Séance tenante, ils résolurent d'écrire au gouver^ neur général que, pour ce qui les concernait, ils étaient prêts à réadmettre le ci-devant chancelier et les trois ci-devant conseillers, pourvu qu'ils prétassent un nouveau serment entre les mains de messeigneurs, conformément à la joyeuse entrée. Cette information devait cependant être faite sous la forme de représentation et contenir un exposé des griefs à la charge du chancelier.
Peut-être, en faisant cette concession, les états voulurent-ils donner au nouveau ministre plénipotentiaire un gage de leur bon vouloir , en vue d'obtenir de lui des conditions plus favorables sur d'autres points. Il paraît même que M. de Trauttmansdorff se laissa prendre à cette espèce de piège : car dans ses notes remises au cabinet de Vienne, dont nous avons déjà parlé, il explique le sursis de trois mois, qu'il accorda pour l'établissement du séminaire général, par son désir de voir augmenter la confiance dont il était, dit-il , déjà l'objet. Les états, comme nous le verrons tout à l'heure, marchèrent dans cette même voie, jusqu'au moment où ils connurent la résolution de TEmpereur. M. de Trauttmansdorff, aveuglé par son. amour-propre , put se faire illusion et attribuer à son influence personnelle ce qui n'était que le résultat d'une tactique habile; mais ceux qui connaissaient le pays étaient bien loin de partager sa manière de voir. Nous avons sous les yeux une lettre qui lui fut adressée par le chancelier de Crumpipen, et qui respire plutôt le découragement qu'un sentiment quelconque de confiance. Voici cette pièce, qui nous paraît digne d'occuper une place dans ces mémoires :
DE BEEG. 517
€ Monsieur le comte ,
€ M'étant retiré depuis trois mois à la campagne, pour y recouvrer cette tranquillité d'esprit si nécessaire à un magistrat qui a été ballotté, aussi méchamment que mal à propos, depuis la fatale époque du 1^' mai dernier, c'est avec un regret infini que je ne me suis pas trouvé en ville au moment de l'arrivée de Votre Excellence, pour avoir l'honneur de la saluer et de lui présenter mes hommages, au sujet de sa nomination au poste éminent de ministre plénipotentiaire de l'Empereur au Pays-Bas.
€ Vous avez appris, monsieur le comte, par mon frère, qui réunit à la plu» belle àme tous les sentiments d'une vive tendresse pour moi , le récit et les principale circonstances de ma tragique histoire , et Votre Excellence aura reconnu sans peine que l'orage menaçant, qui a grondé sur ma tète depuis six mois, n'a été que le produit d'une trame ourdie par une envieuse jalousie , fomentée par l'intérêt personnel et conduite , jusqu'au dernier période , par les intrigues et les manœuvres les plus basses et en même temps les plus insidieuses. Je m'étais flatté que l'auguste maître qui nous gouverne m'eût accordé, sur mes instances pressées, ma démission, que j'avais demandée comme une grâce unique, après vingt-cinq années de service dans la magistrature; mais l'Empereur ayant jugé à propos dé se refuser à toutes mes sollicitations, et voulu positivement que je reprisse, sans délai, les fonctions de mon ancienne charge de chancelier de Brabant, que je n'avais quittées, au commencement de cette année, que sur un ordre contraire, et tout aussi exprès et absolu de Sa Majesté, je n'ai pas hésité de déférer à la volonté du mons^rque , pour autant que cela dépendait de moi, et de lui donner , par une prompte obéissance , une nouvelle preuve de ma parfaite soumission.
« Je n'attends que la résolution conforme des états de la province, pour rentrer avec le même zèle, à la vérité, mais avec beaucoup moins de force d'esprit et de courage qu'autrefois, dans la pénible et périlleuse carrière que j'ai déjà remplie pen-
5fS RàrtBIUB
dant le long espace de dix-huit anç, et doBt jp tàpheimi de m'acquitter encore à la satisfaction de Sa Majesté et de la nation, autant et aussi longtemps que ma santé me le permettra*
€ Vos bontés, monsieur le comte, que je m'efforcerai de mériter, et que j'ose sup^dier Votre Excellence de vouloir bien m'aceorder à l'avance, contribueront beaucoup à me faire surmonter toutes les difficultés que j'appréhende dans l'exercice de ce poste épineux , et à vaincre la sorte de répugnance que j'ai, et que je dois avoir , d'occuper de nouveau une charge dont l'abandon forcé m'a causé tant de peines, da chagrins et de per-* sécutions.
« Quel que soit, au reste, le résultat de la dél&ération des états de Brabant, sur ce qui me regarde, je retournerai décidément en ville dans les premiers jours de la semaine, pour y rendre personn^lement mes devoirs à Votre Excellence , et fassurev du respect infini avec lequel fai Ffaonneur d'être,
« Monsieur le çonUe,
€ De Votre ExcèHence,
€ Le très-humble et très-obéissant serviteur,
c J. Crumph^er.
€ Taonise, le 51 octobre 1787. 9
Cette lettre est une des quatre pièces qui furent remises aux états, dans la séance du 24 juillet 1790, par l'avocat Dnigman, et dont copie fut envoyée, par cette assemblée, au conseiller et procureur général, le chargeant de faire, à cet égard, les dewArs de son office. Elle est intéressante sous plus d'un rapport : son style, sans être irréprochable, contraste cependant avec celui des faiseurs de la révolution. En le rapprochant de celui de M. De Berg, on ne peut nier que les hommes employés par le gouvernement fossent réellement les hommes supérieurs du pays. Cèst là un fait qui n'est pas indifférent, quand il s'agit de juger une révolution. On voit, en outre, par cette lettre, que le dëigoût des onctions publiques était général» et que M. De Berg nlélâii pas
le seul qui prëf&^t la tetraite à Thomieur de participw au pour Yoir. Ce profond découragement de tous les hommes capables n'était pas fait pour arrêter les progrès de la décomposition, dont le corps social paraissait affecté. Si des hommes aussi haut placés dans la confiance du gouvernement que MM. de Crumr pipen et De Berg hésitaient , s'arrêtaient au milieu de la cartrière, on peut juger de ce qui se passait dans les autres fonctioKh nairesde TËtat. En thèse générale, quand, parmi les agents du pouvoir, les plus honnêtes se laissent gagner par la peur, il en est d'autres dont la démoralisation se traduit par des actes biea autVMaent repréhensiUes.
Le jour même où cette lettre fiit écrite , les états avaient, comme nous l'avons déjà dit, résolu de cons^itir à la rântégrar tion du chancelier, sauf à articuler tous leurs griefs à sa chargç dans une représentation. Cette {ûèce fut rédigée et expédiée dans la séance du 5 novembre suivant. Outre les lieux communs sur toutes les infractions déjà connues à la joyeuse entrée, on y rappelait quelques actes personnels du ci-^devant chancelier : c Nous ne pouvons cacher à Votre Excellence , disait-on j que les bourgeoisies des chef-villes nous ont porté les plus fortes réclamations contre la réintégration dont il s'agit, en allégeant, entre autres, que l'ex-chancelier a dottné un exemple bien firaj^nt de sûo peu d'adhésion à la constitution^ dans une coBunission exécutée par lui à fabbaye d'Aywieres, où il déclara à laiComowinauAéiasBemr Mée Kue Fabbesse» dénommée déjà, ne serait pas déclarée, à moins que Tabbaye ne se chargeât d'une somme de o^it dix nliU^ floTMB , destinée à construire deux maisons au Parc, à défaut de quoi l'ahbayB serait supprimée..... Les mêmes bourgeoisies, dans les jreprésentatioAS jqju'elles nous ont faites , inculpent l'^earchancelier d'avoir haussé, de sen ch€|f et dès le prenûev temps qu'il éta&t cfaaneelier, ses honoraires dans l'admission des avocats, procureurs et notaires, etc. > Quant aux trois conseillers, de Bartenstein. Van Yelde et de Robiano, les états ajoutaient , en parlant d^eux en même temps que du chancelier : t II sont devenus odieux à la Nation , et par là , ils ne pourront jamais remplir fructueuse-
330 RAPimus
ment le service de Sa Majesté, totalement privés de la confiance du public. >
Malgré tous ces griefs, les états finissaient par dire qu'ils avaient résolu d'admettre Tex-chancelier et les conseillers à un nouveau serment, dans la forme ordinaire, afin 'qu'après cela ils pussent rentrer en fonctions. Cette représentation fut remise le même jour, à quatre heures après-midi, par une députation des états, à Son Excellence le ministre plénipotentiaire. M. le comte de Trauttmansdorff promit d'examiner mûrement les faits qui y étaient mentionnés. Le surlendemain, 7 novembre, il fit demander une nouvelle députation, et lui déclara qu'il consentait à ce que les ci-devant chancelier et conseillers de Brabant prétassent un nouveau serment de fidélité au pays, sur le jned de la joyeuse entrée. En conséquence, le 8 novembre 1787, MM. de Crumpipen, Van Yelde et de Bartenstein se présentèrent à l'assemblée des états, où ils furent admis à la prestation du ser* ment, dans les formes indiquées aux procès-verbaux que Ton trouvera à la fin de ce volume. ( Document n** 5. ) M. le conseiller de Robiano fut le seul qui ne voulut pas se soumettre à cette espèce d'humiliation, et les autres ne tardèrent pas à en sentir tout le poids. Le jour même de leur prestation de serment, ils eurent connaissance de la représentation des états, qui avait été communiquée au conseil de Brabant, et aussitôt ils annoncèrent et au gouvernement et aux états, que les termes dont on s'était servi à leur égard, dans cet acte, ne leur permettaient pas de prendre séance au conseil.
Cette nouvelle difficulté ne tarda point à être levée. Le ministre plénipotentiaire exigea et obtint que les états retirassent leur représentation du 5 novembre, ainsi que la lettre par laquelle ils avaient communiqué cette représentation au conseil. Il en informa aussitôt le conseil de Brabant, par la dépêche suivante :
€ Messieurs,
c Comme les états de Brabant ont retiré de nos mains la réponse qu'ils nous avaient adressée, le 5 de ce mois, sur la d<^-
DB BBR6. 3X1
cbe relative à la réilit^ration, ordonnée par Sa Majesté, da chancelier , ainsi que des conseillers de Robiano , Van Yelde et de Kortenstein, dans leurs anciens postes an conseil de Bi'abaiit, et que, d'après cela, et d'après la lettre qu'ils you6 ont adressée le 12, nous tenons, comme rétractées par les états, toutes les observations, restrictions et demandes y contenues, ainsi que dans la lettre par laquelle ils vous en ont donné connaissance; nous TOUS faisons la présente pour vous dire que nous entendons que Tune et Tautre soient regardées comme non avenues, et qu'en conséquence elles soient supprimées dans vos actes. Nous vous prévenons d'ailleurs que nous avons enjoint auxdits chancelier et conseillers de reprendre incessamment, et à tous égards, les fonctions de leurs places, conformément aux instructions expresses et absolues de Sa Majesté, et pour le rang entre les conseillers, conformément à la dépêche du gouvernement du 17 octobre.
c A tant, messieurs. Dieu vous ait en sa sainte garde.
€ De Bruxelles, le 14 novembre 1787. >
Le contenu de cette dépêche fat confirmé, le 21 novembre suivant, par les états eux-mêmes, à qui le conseil de Brabant en avait référé. Le chancelier et les trois conseillers ( excepté M. de Robiano ) farent donc d^nitivement réintégrés dans leurs fonctions. Il s'éleva encore quelques difficultés, à raison de leur rang dans le conseil; mais elles forent bientôt aplanies. Tout enfin parut marcher au gré des désirs du ministre; les subsides, refusés depuis le mois de mai, furent même votés par acclamation, le 3 décembre.
Ces belles dispositions des états étaient le prix de la condescendance de M. de Trauttmansdorff , à l'égard du séminaire général. L'Empereur n'avait pas encore répondu aux dernières représentations que son ministre plénipotentiaire lui avait transmises , et l'on attendait de l'influence de celui-ci soit une solution favorable , soit au moins un nouveau sursis, pendant lequel on saurait faire naître de nouveaux embarras. Mais tout changea de
1532 RAPËpiUS DK BERG.
hc6f lorsqn'cH} viqt à flonnattre h rëpoim de l'Ei^pe^eiyr, et lorsque H* de TrautUnaiisdorff n^eiit plps d'^^itr^miFU; k prendre que de réitérer aux évé^ues Tordre d>Qvqyer« $ao9 délai» leurs séminaristes h liOu^aîo*
CHAPITKE la.
wicffriow wmxstm' P» ngUMBwa —. ^m mtnfmn. D'jxvofi.
La conduite de H« de Trauttmaosdorff avait été désapprou^ëe à Vienne^ et taxée de faiblesse. Il reçut, avec Texpression d'un blâme sévère, Tordre formel d'exiger Texécution^pure et simple des préalables; et, de crainte qu'il ne vint encore à céder, on fit partir sur-le-champ le général d'Alton (i), avec des pouvoirs
(0 Richard comte ^AlUm » coomiaiMiear de hMdre-miiUiir* de Mtrie^Théite, ^wdibellan •ctofll de rEmpmur , coiteilitr d'État ibUom e( aotodi, générift d*iDft»lerie, o^loacl propria^ Uife d'ail f^imeiK dlnfanlerie, etc. , t'élail disUtt§tté dam let goenef qui saiviraot le partage JWhPokigtte^U'BtnpareM'IeaoaMaa^leii aciehae 1787 , wMaaodal gÉiéral dat années am Fays-Btf.
ttnaomti Trèrei, la ifi lente 1790. 8ùm ttèn, le aoaie d>Alto», lieqtawml géaéral an. imke d'Autriche, An liiéà la hataiUedeHonkerqiie, le 94 aeàt 1795. U ehefi^ier Richard d^lll8»raloai MhMditnBifter génécal, aifait ebtefln le tilna ée eemie, en 1777, ta méaMi teoipt que aei ^'èree Gfariitophe et Jacqoei d'ARen, se mmat RUiaèelh d'Alto», épavse dv camladelfagen^ ai im den» ceenias germaiee Édcoard ei Cfariitopha d'Alton. (X ^. Megtrle
524 RÀPËDins
tout à fait indépendants, pour prendre le commandement des troupes, confié provisoirement au général d'Arberg.
Ce partage de Fautorité fut une des plus grandes fautes du gouvernement autrichien : car il fit naître , entre le ministre et le général , une funeste mésintelligence , à laquelle se mêla beaucoup de jalousie de part et d'autre. Chacun d'eux prétendit exclusivement à l'honneur et à la gloire de rétablir l'autorité méconnue du souverain, et ils concoururent l'un et l'autre à son anéantissement. Cette rivalité se développa par degrés ; Tintrigoe en suivit tous les mouvements, et tâcha d'en faire son profit; bientôt le ministre témoigna . le désir de voir éloigner d'Alton; d'Alton manifesta le peu de cas qu'il faisait du ministre; une belle femme se jeta entre deux; alors l'aigreur devint de la passion, et ce fut à qui ferait échouer les mesures prises par son rival. Mais n'anticipons pas sur les événements, et revenons à l'exécution des préalables.
Le comte de Trauttmansdorff changea tout à coup et nécessairement de manière d'agir. Il fit connaître aux états des diverses provinces que la volonté absolue de l'Empereur était de faire exécuter Tédit du 16 novembre 1786, tel qu'il avait été modifié, en ce qui concernait le séminaire général , par la déclaration du 17 octobre 1787; il signifia de nouveau aux évéques Tordre d'envoyer leurs séminaristes à Louvain, l'établissement du séminaire général étant une partie essentielle des préalables; il fit intenter un procès à l'archevêque de Malines, devant le grand conseil de cette ville, afin de lui interdire renseignement de la théologie dans son séminaire épiscopal (i); il défendit au conseil de Bra-
WH MHhifeld OeêterreieMêche adOt LêcHem. Viome, iSSS, in-S»). Son aida de eamp, M. Jaobart, pubUa dei mteoiraf pour aenrir k la jottiatatioii de feu Sm EiceHence le général oomte d'Alton ei à l'Uttoire lecrète de la réfoloUon belgi^pe , 1790 , te-4*, réiapriméa en 1791, deux yolomef hi-8*. On trouTe des noUees, mail fort inexaetei, sur le général d'Akoo» dans la Biographie éirangère, par une société de gens de lettres, Paris, 1819,in-S',t. t, p. 19; dans la Biographie nouvdU dei Omlemporaim , par Aroanlt, Hj , Jony , ete. Pwis , iSiO,t. i,p. 155; Iti Biographie uniwritlU élastique, on UkUùmuÊh\à par une société de gens de lettres, Paris, iêÊQ^Im-B^^i. t,p, M; U Soierie kieÉmîque de$ Contemporaim, ou Nourdle Biographie , Bruxelles, A. Walhen, 1817, 1. 1 , p. 8S. (i) Lectfdinal fût condamné par décret du 9S janyier 1788, qui lui défendit, tous peine de
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bant d'avoir dësormais avec les étatô la moindre rektion concernant les affiftires pobtiqaes, sans la connaissance et Faveu de FEmpereor; enfin, pour ne laisser aucun doute sur les intentions du gouvernement et pour couper court à toutes contestations sur le sens de Tédit du 21 septembre, il fit paraître, le 47 d^mbre, une déclaration portant que TËmpereur entendait que les édits, ordonnances, règlements et autres dispositions souveraines, qui étaient émanés à Tépoque du i^ avril 1787» conservassent leur force obligataire, et que, par conséquent, ils eussent leur plein et entier efiet. Mais» pour dcmner à cette décla- . ration elle-même une force légale, il fallait la faire promulguer par le conseil souverain de Brabant, et ce fut là le premier écueiL
La: rentrée, au conseil souverain de Brabant , du chancelier et des deux conseillers Van Yelde et de Barteiistein n'avait pas changé l'esprit de ce corps, qui , depuis les troubles , s'était identifié avec les états. M. de Oumpipen, lui-même» fut obligé de s'y plier en apparence, afin de conserver qui^que autorité dans sa compagnie, et ce fut à tel point qu'il craignit d'être accusé de trahison auprès de l'ËGopereur. La note suivante donne la juste mesure de là disposition des esprits à «on ^^gard. Cest encore une des quatre pièces produites par l'avocat Drugman , en 1790, et dont il a déjà été Mt mention :
€ Note pour Son Excellence te ministre plénipotentiaire.
« M« 1^ rapporteur de l'édit concernant le» libelles aura eu
1000 écus d'amende, de ftiire eiiMiCgner la théologie au séminaire épiscopal. Il se pourvut contra celte tentenoe, et le graoé coneM de Hiiines rtndH alors rarrèt.snfTant :
« Vu au grand conseil de l'Empereur et Bol , le différend entre Jean Henri cardinal de Frankenberg et Scbellendorff, archevêque de MaMnes, primat des Pays-Bas, grand'croix de roi4w de S^âtienne, eoMtOler aeiwel intime d'État de Sa Bl^ijarté lIBnperev et Boi» mpp^êBâ^ par requête du 26 janvier 1788, d'une part, le conseiller fiscal de Sadite Mijestéen <^«onpeil , rescribant d'autre,
<i LaooOr,ûdsaot droit, déclare le svpplianl, en ses iof et eondosioni, tendantes à ;eeqv^ soit déclaré que le décret du 32 dudit mois de janvier, comme sub et obreptivement obtenu , M peut sortir ses effets , et est, en conséquence, nal et de nulle valeur , non recevable ni fondé, le conâuBoe aux dépens da différend, au taux de k eoor » et sera t son ,4(^, intHiiM supprimé.
« Prononcé extitordlnalremeni à MaUnes, le 25 lévrier 1788. »
5^ RâttËBHis
rhomew dé donner fttit à Voti^ BxceUêMe, par Mttmisikm du oonseil de Brabant, qoe cet ëdit atait été Banctiontté oe matÎQ dans la forme ordinaire* J'ajouterai à cette ii^miatîon, mais très-oonfidentiellemeot, qall ne e'est feitu que d^eipoîx qu'il ne Teût pas été.
« Cette circoMtance, presque incroys^le, peat prôter à bîm des inductions : la [dus certaine, sans contredit, c'est que je n'ai plus dans ma compagnie ni l'iiiflhiènce, ni la oonfianee que j*y avais autrefois. Depuis ma rentrée, mon plan de conduite a été de tâcher de le% récupérer » et cela dam la seule T«e de promou- Toir le service du souverain et le bieft-étre pnUie, deux objets inséparables. C'a môme été pour cette raison q«e, quoique d'une opinion diflerente, j'ai bien voulu, hier, aller à la tête de la dépotation du oomeil k Votre Excellence^ Malgré cela , je prévois que j'y réussirai difficilement
€ Il ne serait même pas impossible qm » au contraire, quelquesuns de mes collègues, qui resteront longtemps, peut4tre toujours, mes ennemis secrets, poussassent la méchanceté a« point de ch^cher à me nuire dans l'esprit de l'Ëmpereiir, en me dépeignant à Sa Majesté comme un magistrat qm change de principe et de siystème à tous, vents. Rien n'est plus aisé que de capter les opinions, les discours, les propos d\in homme Iranc et loyal, qui n'a jamais connu l'intrigue , moins mcore b rose. Ce serait, je l'avoue, pousser fort loin la scélératesse; mais de quoi la malignité, la jalousie, l'envie, ne sont-elles pas capables?
c Quoique j'ose espérer que la justice reconnue du monarque rejetterait ces délations calomnieuses, d'autant plus que je n'ai pas cessée depuis vingt-cinq ans, de donner les preuves les plus convaincantes et de ma fidélité à Sa Majesté , et de mon obéissance à toute épreuve à ses volontés, cependant, comme des inculpations secrètes, et tournées avec cet art qui est propre à la duplicité, pourraient fiiire sur ikotre auguste mattre une impression quelconque, ce qui me serait d'autant plus douloureux que, par mon zèle et ma soumission sans bornes, j^ai feilli d'être la victime de l'enthousiasme piq^mlaire et l'opprobre de la
nation, fc«6 supjpliei' Vbti^ EtceUencé de vouloir faire parvenir à TEmpereur mes appréhensions, et de proposer à Sa Majesté, en cas qne cela arrive, de daigner tn'entendrei II ne me sera pas pins difficile de me justifier sur de pareilles imputations , que sur tous les griefs qu'une cabale àrtiâcieuse, qui ne m'a Voulu du mal que jparce <jue j'ai ét^, dans totts les tempti, ce que je devais être, a répandus contré moi,. dans lé ptablic, dans f Europe entière, et cela, comme Votre Excellence , le sait, de la manière la plus injbsté, la plus indécente, la plus illoyale qu^on puisse imaginer. Je <lois même, sur ce dernier point, renoiiveler mes vives instances auprès de Votre Excellence, pour qu'elle ait la bonté dé me donner, le plus tôt pc^ible, les moyens, que sa sagesse lui indiquera, d'apporter au pied du trône ma défense et ma justifia cation.
< Je la supplie encore d'accueillir l'hommage constant de mon parfait respect. . .
t L GBxmHkOii chanceliers Brabant, € Bruxelles, ÏS décembre 1787. >
Ce fytf denx jop^ ^près avoir reçu cette lettre, que M. de Trauttmansdorff adressa an conseil de Brabant, pour être par hii éthtihéé^t pûVdèé, là dét^ldràtioti dûM S & été pàtlé tMeSahs. Malgré la défense qui lui avait ^ftlte t6uï îîéëëiilttiëÀt, le'c^-^ ^eil de Brabant envoya cette déclaration à l'avis des députés de& ^tats (car l'assemblée générale était dissoute) , et le 21 ,, c'est-à-* dira cpÉrtrfi jours apvis sa k-éoèptioÉy l'édit m'airait pas eàcere ééë ynUîé. iie mfaiîstk^é ptéikipbtënliaire s'en [d^îgnit, d'idx)iii wéxééBàài <|it'ià:nlénaQade;la révrcaiiçadei^it ûnU sé^tqw bm, et.'onspiteab cmmail^ à t]ui 9 osAonpa impiértetnràient'Aè proôédflrj h IfémUnatiiHb idémhndés:, dans tè délai de> vii<(iti|»mé beures» •■,...';. v >> ■•;
CSefteDduitv rien ne fut^neoré déiidé par le «ènseil^ ébuii Ib oouraM de cette joaméev^t, le lendémaBn matinv à fawt haum
328 AiPiDios
trois quarte, H. de Tf auttmaiisdarff lui adressa la dépèche soivante : , .
€ Fbrduuixd» etc.
< Messieurs, comme nous voulons absolument que, conformément à nos ordres précédents, Tédit du 17 décembre soit émané dans le terme de vingt-quatre heures, et que ce terme est au moment d'être écoulé, nous vous faisons la présente pour vous ordonner itérativement dy satisfaire, vous défendant, à peine de désobéissance, de vous séparer, ou de quitter le conseil, avant d'avoir procédé à cette émanation, et de nous avoir rendu compte de la résolution d'y pourvoir. Nous vous prévenons, d'ailleurs, que nous avons aussi fait connaître de nouveau nos intentions absolues aux députés des états, dans des termes qui leur annoncent les suites immédiates du moindre délai à cet égard.
€ A tant, messieurs. Dieu vous ait en sa sainte garde.
€ De Bruxelles, le 22 janvier 1788.
Cr. V*. € TRAUTTMAIfSDORFr.
c Par ordonnance de Son Excellence :
€ L.C.Vah de Yblmb. >
Le ministre pl^potentiaire écrivit en même lemps an chancelier de Brabant la lettre sniv^te : . ;
€ Monsieur,
c Je vous envoie, monsienr le chancelier, nne dépâdie pour le conseil, que je vous prie de Êdre lire d'abord , et le cont^oi de laquelle vous annoncera qtie je suis irrévocablement décidé de faire exécuter ce que j'y dis, dans la matinée, dnssé-je en venir à tontes les extrémités que j'ai en le bonheur d'éviter jusqu'ici, mais dont l'explosion serait infiuUible aujourd'hui, et pour le total et pour beaucoup d'individus; Sa Majesté voulant absolument, ainsi que sa dignité l'exige, que tout ce qui tient aux
préalaMta n6 aoit plvs sujet à ancon doute et ne puisse éCre 9îtété par la moindre représentation. Vous trouverez donc, dans Mite dépêche, la défense la plus expresse de vous séparer avant que rànanation ne soit décidée et qu'on ne soit venu me faire rapport de la résolution y retatiye. Je charge le conseiller fiscal de veiller à tout ce qui se fera et de m'en rendre compte.
c Je TOUS avertis, en même temps, que je n'accepterai plus aucune représentation; et si on m'en envoyait, le conseil s'exposerait à lliumiliatioh de se la voir renvoyer sans l'avoir seulement ouverte.
€ Tout conuDue je vous ai donné vingt<[uatre heures, hier, je ne puis plus vous en accorder que quatre, aujourd'hui. Si l'émanation ne se fait pas dlci à deux heures, je la ferai faire de force, dussé-je faire investir le conseil et employer les tristes moyens des canons et baïonnettes, que Sa Majesté m'a trèsexpressément prescrits, pour les cas d*une r&istance aqssi complète que serait celle du conseil, produite par celle des états, qui, en diffîcultant l'émanation en question, s'opposent par le &it aux préalables , et renoncent volontairement à la déclaration du a septembre, dont la révocation se ferait encore ce matin, si la difficulté n'est pas levée à deux heures.
c J'ai l'honneur d'être, monsieur le chancelier,
c Votre très-humble et obéissant,
€ TRAUTTMATfSDORFF. >
Ces menaces firent peu d'efiet sur le conseil jusqu'à ce qu'on e*t oomnmlcé à les mettre à exécution. Mais, bvant cela. Van der Noot et ses g^is. avaient soulevé toute la pc^latiôn. L'mi* cien oûinîté des volontaires n'existait plus en apparence; nuâs en dit, ses él^ents se trouvaient toujours réunis dans les mémc9 maiM. Les syndics des Nations, Van der Stricht, Sager- Hun^, De Puyt, Beedunan, Van Lack et Vanden Sande, avaient encore protMté, le 20 novembre, contre la réintégration du chancelier et des trois conseillers, et surtout contre l'espèce de
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ràMiotetioii q«'atvaittit fidte In ëtàti, en oDBlieilMlt à irtftii^-léttr rtprésentatKm du 5 BOT«mbra On pmt croîM qu'ils me neMd* rcttt pas oisife^ lorsque Teseaipie de la rtfbéUion leur AiC donkié par le oonaeil de Brabant et par les députa des ëtatt eoMbduMS^ Des rassemblements qui s'étaient fotaiés à^aÏMtd^ ne tardèrent p» à se changer en émeutes ^ et bientôt le théâtre de lli lirtte entre les étatts et le gouYernement se transporta du seîh du conseil sur la place publique. Les troupes dé. kt garnison: se mirent en mouT8«ment» la populace les poursuivit de ses iuéea; elles rëpondivent par des coups de fusils, et le conseil souverain de Brabantatto»* dait» les bras croisés» Tissiie de oes désordres, lorsqu'à neur heures du toir, il reçut communication de la dépéd^ suivante, adressée au chanœlier : .
€ Monsieur,
€ L^opiniàtreté du conseil est incroyable, et la mort de quelques malheureux, qui vient d'en être la suite, devrait les en ^ire repentir à jamais. Je i^atiraj y suppléer incessamment En attendant, il est nécessaire que vous restiez assemblés encore, et attendiez une dépèche des états, qui va vous être remise tout à rheure, afin que vous puissiez prendre la relation de Témànâtion et m'en donner part encore ce soir.
f J'ai rhonneur d'être, monsieur,
c Votre très-humble et très-obéissant, t Trauttmansdorff. »
1 En efifet, lesdéptttés des. états finirent par dénioier leur oonseit^ tenant à Féannation, sous la canditicm.qn'ielle se :fit: avec la fénrve, ipie.le cottseil de Bridiant n'entendbnt p«r là poéîndiimr en anontae manière à ta constitution durpaya. Lëttonseilsi ion« forma à cette rétohilâon, ar lé giluverMibnt , ^ à loetie forme restrictive, féiguit dé n'y: attacher aucune inpor* tanoew Ainft se termina la deuxième période d'émeute : la pm^ mière s'était terminée à la gloire et à Ja satisfaction des iMmtes
M BÉfc«. 551
MHB le giiflëfât Mumjr, là seconde ht têpAniêb âss62 duremetit p» lé& trdupe» du gëtôfàl d'Alton. À compter de ce moment , r«itorité militaire parut pi^ndre nne attitude plus ferme. On en trovi^ un eiemple fort significatif dans une lettre qui fht ^idresAée par un colonel autrichien à un journaliste, au sujet des événements du tt jsAiTiér. Linguet , dans ses Annales, avait représenté les &its de manière à faire croire qu'il y avait eu au moins rigueur inutile; voici les termes dont' il s'était servi :
< ..... On entoura de troupes le lieu de la séance du conseil; des détachements, des patrouilles de la garnison se répandirent dans les rues; la cavalerie manoeuvra avec firacas dans les places; enfin, on fit marcher du canon avec les mèches allumées sur la GrandTlace, lieu le plus habité de la ville et Tentrepôt du ptns grand passage. Ces mouvements extraordinaires produisirent, comme il était naturel, un concours de spectateurs oisifs; mais rien n'était moins redoutable. La bonne bourgeoisie, instruite Hb l'objet réel de ces démarches, n'en avait point conçu d'alarmes. Le p^ple même n'y portait qu'un regard curieni, et là tranquillité continua d'être si grande , que les relations d'aiSaires, la communication des quartiers ne furent point interrompues un instant, surtout par la Grand'Place, centre, comme je viens de le faire ob^rver, de toutes les divisions de la ville.
c Par un autre malheur, le bas peuple ici, ses enfants en particulier, ont lliabitude, plus choquante que criminelle, dé marquer leurs sentiments, surtout quand ils sont défavorables > par ce qu'on appelle des huées. Les manœuvres des troupes sur la GrandTlaoe, la vue du canon et des mèches fumantes qtii s'y n»>ntraiaM œatre fusage^ y avaient attiré certain nombre de spectateurs de cette classe, ec retenaient phis ou moins lon^ telmfé les honnêtes gëfis même qui ne voulaient que la traverser.
4 Mais Toflicier /(^tme, qui eominan^it le détachement, ayant Mt faire un mouvement à sa troufye, ir s'éleva quelques dris, ^uelques^nés de ces httéeâ doitt j'ai parlé. Le jeune homme, s6it méprise, soit précipitation, donna le signal luneste, les soldats tirèrent au hasard, mais à bout portaBtet en plongeant sur les
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quatre côtes de la place tout à la fois. Plusieurs persounes (mmt tuées roide ; plusieurs, blessées , sont mortes depuis, et, certaiiiemeut, ce n'étaient point des hueurs. La mort de oeux^ méflde aurait encore été un désastre yraiment déplorable; loais toutes les victimes, par une fatalité bien a£9igeante» n'oyaient eu d'autre part à cet éclat indiscret, que d'en être malheureusement les témoins; et sans une bonté particulière de la ProTidcpce, le nombre devait en être bien plus considérable, dans; une eaeeÎQte de maisons très-peuplées, dont les balles ont criblé les vitres et les portes, dans une foule qui, sans être ni turbulente, ni excessivement nombreuse , ne présentait qu'ui^e surface trop étendue aux globes meurtriers ainsi lancés au hasard... 1(1).
Cest ce récit, habilement arrangé pour conserver sa po|mlar rité^ sans trop froisser le gouvernement, qui valut à M. linguet répitre suivante, dont nous avons supprimé quelques longueurs inutiles : ,
€ Je viens, monsieur, de lire, dans le dernier n* de vos Ann^ les, un récit entièrement faux de la journée du 22 janvier dernier. Il est improbable qu'étant sur les lieux, vous ayez pu ignorer que le 19 janvier avait offert, sur la place de la maison de ville, une de ces scènes indécentes ^ malheureusement répétées si souvent depuis quelque temps. La populace avait , par des rumeurs odieuses, insulté de nouveau à la clémence d'un monarque qui se sacrifie au bonheur de son pevple; îl était de notoriété publique que S. E. le comte d'Alton , notre général commandant, avait fait prévenir le magistrat de vouloir <^vier à de pareils excès pour l'avenir , et que, le 22 du même mois ^ il avait averti, à plusieurs reprises, le peuple ameuté de se diisperser, tant par son aide de camp , que par un ecdésiasUque qu'il avait lui-même choisi dans la foule, pour lui faire entepdre raison. Ce ne fut qu'après que les patrouilles eurent éprouvé la résistance la plus opiniâtre et que la multitude se fut augmentée considérablement, que la réserve ordinaire de la garnison eut ordre de sentir en
( 1 ) Répùfue de M. Lingue^ à un souscriptmr, ooncemani taccideiU arrivé à Bruxelles le Stt /Olivier i78S. N* CI des Auraù».
armes de ses casernes. L'objet de cette troupe, en paraissant devant le conseil j n'était aucunement d'accélérer les résolutions qu'il agitait, mais bien de dissiper l'assemblée tumultueuse qui s'y était formée. La cavalerie ne manœuvra qu'avec fort peu de fracas, puisque le peu qu'il y en avait fut subdivisé en patrouilles de quatre à cinq dragons. Les petits détachements d'infanterie , commandés pour visiter les différents quartiers de la ville , ne montraient pas plus d*appareil. Ce ne fut , monsieur , qu'après avoir été hué et lapidé par deux ou trois mille mutins audacieux , , qui n'étaient point des enfants, que mon ofiScier , qui commandait
\ une des faibles sections, et que vous avez l'impertinence de nom-
i mer ironiquement f officier Jeune , fit donner feu sur ses agres-
seurs » qui, méprisant son nombre, menaçaient déjà hautement de le désarmer. La garnison n'avait fait aucun mouvement avant cet événement. Sur les coups de canon, comme signaux, qu'il occasionna, les différents corps marchèrent aux postes qui leur sont toujours. assignés en cas d'alarme, et ce fut alors, et point antérieurement à la décharge du détachement, qu'une division d'infanterie, avec deux canons, se transporta sur le grand marché et y prit poste , sans fmcas et sans manoeuvre. La tranquillité ayant paru rétablie, les troupes rentrèrent aussi paisiblanent qu'elles étaient sorties.
c Voilà , monsieur , le récit authentique dé l'événement que que vous avez voulu dénaturer .Je vous laisse à juger si le salaire que le grand Frédéric fil payer, sur quittance, à un gazetier menteur, ne pourrait point vous convenir, pour prix des infamies que vous avez forgées. Rendez grâce à ma modération, et tant soit peu à mon mépris, si vous en êtes quitte pour, une rétractation formelle : corrigez vos Annales, et devenez véridique. c Bruxelles, le 4 mars 1788.
< Le colonel De Moitbixb , c Commandant le régiment de Ligne. »
Linguet s'exécuta d'assez bonne grâce, et publia la lettre du colonel, mais, en la faisant précéder et suivre de considérations propres à en atténuer l'effet. Il se plaignit surtout d'être ainsi
maltraité par un officier au serviqe 4e FEiii|Aro«r, loi quia^Mt tovijpurs pris le parti de ce prince, particqUèreod^pt àsm Taf* (aire de rJElscaut , où il avait qu Mirabeau pour a4veifj^ire« Çeat par cette cou9idératiûo, 9aDS doute, que les Awb^ q» fovevt pas comprime» au nombre deg journaux probibés^ par suite do redit sur les libelles. Cette prohibition n'atteignit que le Jfornnâi historique^ du père Feller, {mblië à Luxombowg, ot XS^^ été Qaiettes, publié à Liège.
Quoi qu'il çn so)t , )e ton de la lettre que noua venons de citer, autant que les faits qui en avaient fourni roocasion, annongait une ère nouvelle, un système nouveau : c'étaient Fère de la force, le système du général d'Alton. Dès son arrivée à Bnixelr* Içp, cet officier général avait manifesté une ferme résolution de 4Qettre un terme ^ la politique des rues. Malgré la dissoluticA lypparente du comité des volontaires, les Sermwta et les W$okm çxistaiefit enco^, Qt ils pntretenaiept la fera^antation dans le pçuple par des démonstrations militaires de chaque jour. Cjeux di^ leurs suppôts agréés qui avaient été lic^diés, avaieM rew UP brevet de civisme, qui devait lep ençopTager à rçprendre le^ arvpi^s à la première occasion, et dont la formule mérite ïnm iipe place dans ces mémoires, puisqu'elle fiif destinée, par ses ant^irs m^es, à la postérité :
« Monsieur 1
c Nous ne nous forcerons pas de fkire un étalage des con^ plim^its ^ remerdments que nous vous devons; il suffira que
nous reconnaissons, que vous, M , avez été agrégé en
quaKté volontaire au Serment de en cette
ville, pendant les damiers embarras, et que vous vous êtes acquitté hoawabtement de cetle qualité, qui, seule est un titre suffisant pour convaincre un chacun et la postérité même, que vous vous êtes rendu à jamais recommandable et digne d'éloges.
^ Nous sommes avec reconnaissance,
€ Monsieur! Vos très-dévoués serviteurs,
€ Bru xelles , 1 •■■ octobre 1 737. Par ordqnnmce du çomi^i^. •
(M qw f^t Yftfootit vM éœ Wycken et ûm Sermeiits,: au mûi9 4e déwwbre 1787» un àtê praviara acteâdu oomte d'Alton fîlt de requérir la gouyernemant «énéral de dâ!mdre les promaii^id^y de ee$ garde» bourg^îset, et par dépêche du 5 jaiir ifîaF 17S8, le ministre plénipotentiaire fît cbnnattre an magistrat 4li6 (tofx intention était que la milice municipale s'abstînt .à dater d« Ç du m4me mois , de patrouiller dans la ville pendant le jour. Ifi op)4gi8U^t se soiimit à cette injonction, et il s'en prévalut mâme) le 2% janvîtr, lorsque l'àneute se montra dans les mes, ffme resti^r complétaient inactif, malgré les avis réitérés de d'ÂJtcm» et mal^ la menaee d'u«^ de violence, qu'il lui it transmattre ptr la major baron de I^jmegcHin. Ce fut alors que le général, ^qpirès «voir jbit bahyer la ÇrandTlaca à aoup£» de fml^ s'i^npar^ du corps ^e garde de rh6t^ de ville, qui appartenait de temps immémorial anx Semants» Deppis ce jour, il rasta en posse3si<m de ce poste, et y fit placer denx pièces de canoifi an parmao^pce. Cette usurpation donna lien à de vives reformations, t^nt de )a part du vftagifUrat que de la part des jj^f^ions et daa Serments; mai^ rien ne put le faira çéâw : seulomap$, i} o£(rit ^e partager le çorpp de gardai avae le^ soldat^ citoyans, ce qui ne fut pas 9<x^pté.
I^ fomte d'Alton profita enfin àe^ circonstances pc^r exigei* la désarmement des anciens volontaires agrégés aux Sermenla^ a^?tquels il paraît que leurs i^^ils avaient été randus au moment ^ rémente diA ^, dans un tout antre b«t que celui de réprir mer cette é^fxmxte^ Di) rasta, \om cas aorps armés, Sermmis, WyçkeUf, volontaire^, efip, , étaient moins dangereux qu'on ne poqrrait la croira. Ils aii^aiant k foire dea parades, dea patronilles, à fignrer dans les processions; ils étaient heureux quand leur atr martial excitait les applaudisi^meAt^ de la multitude, i^us heiiP ranx encore quand le peppla » dans spn exaltation patriotique, jetait de la boue aux trçoipas imparialas; mais pour agir euxr mém^ d'une manière pffenaiye, pour sa servir de leurs araies et attaquer militairemant les fiorces nntrichiennaa, îJs an étaî^t incapables.
356 RAPiDius
La bourgeoisie belge de ce temps-là, comme celle d'aujourd'hui, n'était rien moins que belliqueuse, et ce n'était pas elle qui eût jamais fait une révolotion. Mais, plus tard et depuis 1789, le pays fut inondé de révolutionnaires cosmopolites , de ces gens qui parcourent le monde pour r^)aDdre les bienfaits de la civilisation et de la liberté, et pour cueillir les fruits de l'intrigue et de la rapine. Bruxelles particulièrement devint, par leur influence, une ville bâtarde, où fermentèrent depuis lors des passions tout à fait étrangères au caractère natif des habitants. Cest peutrétre parce que Gand resta plus fidèle aux mœurs nationales, que, même dans ces damiers temps, il fut impossible aux partis d'y organiser une âneute un peu imposante.
Cependant, l'émanation de l'édit du 17 décembre paraissait avoir rassuré le gouvernement sur l'avenir. Il était dormais reconnu que les clauses dites préalables seraient exécutées. De cette reconnaissance à l'exécution elle-même il y avait encore loin; mais d'Alton avait inspiré tant de confiance , que l'on ne paraissait pas se douter des difficultés qui pouvaient encore surgir. Le ^ janvier 1788, on vit les archiducs rentrer à Bruxelles, non pour reprendre les rênes du gouvernement, mais pour jouû*, dans un petit cercle, de la paix domestique. Ce sont les termes dont ils s'étaient servis dans une lettre adressée au comte de Trauttmansdorff. En général, il régnait, à cette époque, et surtout avant les troubles, un esprit d'oisiveté, de quiétisme très-remar^ quable. Tout ceux qui étaient en position de jouir de la paix dcHsaestique, se retiraient dans leurs domaines et laissaient aux autres le soin des affaires. C'est, sans doute, ce même esprit paresseux, qui jetait tant d'individus mâles et femelles dans les couvents. Et c'est ici, peut-être, le lieu de reproduire, sous une forme nouvelle, Tobservation que nous avons déjà faite, relativement aux institutions religieuses : l'existence des couvents n'était pas la cause, mais l'effet de l'oisiveté publique ; et celle-ci n'avait elle-même d'autre cause que la position qui avait été faite au pays par la politique. On exagère donc l'influence des monastères, quand on les représente comme ayant eux seuls produit l'espèce
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de dëgradatioD intellectuelle , dans laquelle étaient tombes les habitants de nos provinces. Ce f&cheux état des esprits était le résultat de ravîlissement politique du pays, et Ton pourrait dire plutôt que c'est celui-ci qui, donnant une fausse direction aux idées religieuses , avait couvert le pays de couvents parasites , que d'attribuer aux monastères un effet préexistant.
Le gouvernement de Joseph II ne paraît pas avoir eu des idées biai mûries sur toutes les questions de cette nature, ou du moins ses actes ne les indiquent point de manière à pouvoir les saisir. En rendant à la vie active un grand nombre d'individus qui , jusque-là, s'étaient abandonnés à la vie monastique, il ne semble pas s'être occupé suffisamment du soin de détruire les causes qui les avaient portés à cette vocation. H est vrai que , dans les premiers temps de son règne, Joseph II fit de louables efforts pour rendre la vie au commerce maritime , pour briser les chaînes de l'Escaut , et pour donner un corps à quelques fantômes d'industries qui semblaient errer dans nos provinces ( i); mais quand
( 1 ) Pinid e«s iadastfiet éUlt celte que » de Mf joon, oli a iMqpi^ trie Unière. U est assez curieux de Toir comment , k cette époque, oo appréciait la proteelion que Pou réclame aujourd'hui pour cette industrie. La pièce 8ui?ante, émanée du conseil souyeitîB de fintant , sniBt pour en donner «ne idée exacte :
t Madame et Monseigneur ,
< Vos Altesses Royales nous ont transmis , par leurs lettres du 29 novembre et du il décembre iise, les exemplaires de deux différents édits, l'un portant défense de l'expartatlon du lin , des étoopes, du chauTre et du fil cru non tors; Feutre concernant les grains, en nous chargeant de les Aire émaner et publier sur le pied accoutumé , dans tous ks lieux de notre ressort.
• JHom n'arOBS pas trouvé de djflfenlté à exécuter leurs ordres par rapport au dernier de ces édita : carr* quoique la question, s'il convient d'accorder , par une législation fixe et permanente, une liberté indéfinie au commerce des grains, ou s'il est préférable de mesurer l'étendue de liberté ou de gène, à donner à ce commerce, sur les circonstances des Ueux et des temps, soit fort controTcrsée et soutenue de part et d*autre par des raisons et des arguments Irèâ-plausibles, il nous a paru toutefois qu'on pouvait, avec d'autant moins d'inconvénient consacrer, par une loi expresse , le premier de ces systèmes , que le besoin urgent du peuple , la considération Impé* rieuse du bien de l'Etat suflBraient, dans tous les temps, pour la modifier, et que d'ailleurs , malgré les termes généraux et illimités dans lesquels l'ordonnance est conçue , elle doit être subordonnée à la nature des choses, qui, dans une matière de police, comme oelleM:!, est néces* sairement assi^ettie à des variations infinies.
c II n'en est pas de même de l'édlt interdisant l^ekportatioo du lin. H porte sur une base inverse, et les principes qui en ont dicté les dispositions, ne semblent pas condllables avec ceux de la loi qui regarde le commerce des grains«
• n est vrai que le lin et ses accessoires peuvent être considérés sous deux points dé vue