SITUATION DU 60UVBRNBMENT APEÈS LES TROUBLES DE
Dans les dernières pages du volume qui précède, nous avons vu le gouvernement de Joseph II triomphant : il avait pose les conditions de la paix, dans Tédit du 21 septembre (1787); il avait tranché toutes les questions relatives à l'interprétation de cet édit, dans la déclaration du 17 décembre. Décidément , c'était l'exécution des préalables qu'il voulait, et il la voulait irrévocablement : l'Empereur n'entendait renoncer à aucune des mesures qui, à la date du 1^"* avril, avaient reçu un commencement d'exécution. Son ministre plénipotentiaire l'avait déclaré d'une u. 1
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manière solennelle , et le général d'Alton avait forcé le conseil de Brabant à donner à cette déclaration la forme de l'authenticité, il semblait donc que l'opposition eût été vaincue; l'attitude toute militaire du gouvernement paraissait annoncer un régime fort, une administration régénérée, enhardie par le succès et décidée plutôt à étendre ses conquêtes qu'à abandonner le moindre des avantages acquis.
Telle était en effet la position apparente du gouvernement; mais si l'on fait attention que cet air triomphant, il ne l'avait pris qu'après avoir renoncé à ses principaux projets de réforme; si l'on se rappelle que les mesures déjà exécutées , à la date du 1'' avril, étaient les moins importantes et surtout les moins urgentes dans l'ordre politique; qu'à cette époque, ni les nouveaux tribunaux , ni les intendances de cercle n'avaient encore été institués; si l'on remarque enûn que les préalables se réduisaient à deux ou trois points, sans rapport direct et immédiat avec les destinées du pouvoir, on est tenté de comparer le gouvernement impérial à ces faux braves qui , après avoir éludé le combat, reprennent le ton altier, menaçant, qu'ils affectaient avant que l'affaire devînt sérieuse. Que restait-il en effet à exécuter de tous ces préalables, à l'endroit desquels on faisait montre d'un caractère si ferme, de résolutions si énergiques? Il ne restait que l'établissement du séminaire général et la suppression des séminaires épiscopaux. Nous l'avons déjà fait remarquer, aucun intérêt gouvernemental n'était directement et immédiatement attaché à cette double mesure. Et cependant le gouvernement s'en engoua, à tel point que, pour en accélérer l'exécution, il entretint dans le pays une fermentation qui n'avait plus d'autre aliment. Les séminaires épiscopaux et par suite l'université de Louvain devinrent les foyers de la révolte, parce que seuls ils restèrent en butte aux entreprises joséphistes. De réforme dans l'organisation administrative et judiciaire, il n'en était plus question. Le conseil de Brabant avait été maintenu dans toutes ses prérogatives : le gouvernement se trouvait trop heureux d'avoir pu y faire rentrer le chancelier. Tout le cahos
des juridictions seigneuriales, municipales, ecclésiastiques, les cours féodales, les chambres de tonlieux, la juridiction de la foresterie, la juridiction de la chasse et de la pêche, Toffice du prévôt général, Tofifice du drossart, etc., tout était définitivement conservé. Les états restaient en possession de l'administration des finances de la province. Les magistrats des villes continuaient à user et à abuser du fruit de leurs empiétements sur l'autorité des officiers royaux : ceux-ci avaient même complètement disparu de la scène, pour y laisser plus de place à leurs antagonistes (i). En un mot, de tout l'édifice des réformes, naguère si gigantesque, Finstitution du séminaire général était la seule pierre qui fût restée debout. Cétait donc sur elle et pour la soutenir que se concentrait toute la force, toute Fénergie déployée par les délégués du pouvoir.
Cest là un fait historique qu'il importe de bien constater : les troubles étaient finis; les causes qui les avaient occasionnés avaient disparu. Le gouvernement, en reconnaissant qu'il s'était fourvoyé, pouvait se ménager des voies nouvelles, et reprendre en sous-œuvre une entreprise qui n'avait échoué que par le mauvais choix des moyens mis en usage. Mais il fallait pour cela le rétablissement complet de l'ordre, et puis un temps moral d'inaction, de repos; il fallait, en un mot, reconquérir la confiance du pays.
Ce n'est pas ainsi qu'il fiit procédé : une fierté mal placée, une espèce de fausse honte entraîna le gouvernement à prendre une attitude de vainqueur, après avoir été réellement vaincu sur presque tous les points. Il voulut opiniâtrement l'exécution des préalables; rien ne put ébranler sa résolution, et bien que ces précdables ne présentassent plus qu'un but éloigné, sans importance politique actuelle, il compromit, pour poursuivre cette sorte de chimère, son autorité, sa force et jusqu'à son existence.
( 1 ) H. De Berg oe fut remplacé dans ses Tonctfons d'amman de la Yîlle de Bruxelles qu^en 1788. Il eut pour successeur M. Blichel Ange François de Paule De Deelen , précédemment conseiller pensionnaire de la Yille de Matines » qui prêta le serment de ses nouvelles fonctions , le 5 février 1788.
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Nous verrons bientôt par quel enchaînement, des faits, qui semblaient d'abord ne devoir intéresser qu'une partie du clergé et quelques professeurs de l'université de Louvain, donnèrent lieu à une opposition violente, et par contre à des mesures réactives, qui amenèrent une conflagration générale.
Hàtons-nous de dire cependant que le gouvernement ne fut pas le seul agent de cette péripétie politique. S'il est vrai que partout où passa Forage des révolutions, la société ait été conduite au bord du précipice, et qu'il n'y ait que la reconstitution d'un pouvoir durable qui puisse désormais l'arrêter et la sauver, les erreurs et les fautes du clergé de cette époque contiennent une immense leçon pour le clergé moderne. Alors, comme aujourd'hui, il prétendait à une indépendance absolue du pouvoir temporel; il croyait que le concours de deux pouvoirs, qui n'ont entre eux aucun lien obligé, pouvait tirailler la société en sens divers, sans l'exposer et à perdre l'équilibre et à les entraîner l'un et l'autre dans sa chute.
On a beaucoup disserté, on a beaucoup écrit sur les prétendues doctrines que Joseph II tenta d'introduire dans l'enseignement religieux; on les a taxées de jansénisme, de protestantisme : la vérité est qu'elles tendaient à soumettre le clergé à l'influence gouvernementale. C'était peut-être le seul moyen de le faire marcher d'accord avec le gouvernement, à moins que celui-ci n'eût consenti à subir lui-même l'influence du clergé. Si, hormis cette alternative, il existe un autre moyen de concilier deux pouvoirs rivaux, l'histoire, jusqu'à ce jour, ne nous en a point fourni d'exemple, et c'est à lavenir, sans doute, qu'il est réservé de nous l'apprendre. Quant à l'époque dont nous nous occupons, il sufiit d'en bien étudier les faits, pour être convaincu des funestes résultats de l'indépendance absolue du clergé.
Pour que cette indépendance fût sans danger pour ceux-là même qui en jouissaient, il aurait fallu qu'ils fussent assez sages pour prêter leur appui moral aux actes de la puissance temporelle, et que, de son côté, celle-ci pût s'exercer sans rencontrer jamais les intérêts du clergé. Si, venant à les rencontrer,
elle consentait à s'effacer, à s'anéantir devant eux, c'était un premier pas qui, suivi de quelques autres dans le même sens, devait la conduire bientôt à céder le terrain à la théocratie. Par suite d'une imprévoyance réciproque , les deux pouvoirs se trouvèrent en concurrence flagrante : le pouvoir légal de l'Empereur ne voulut point s'arrêter devant les prétentions de l'Église; le pouvoir moral de celle-ci refusa son appui à des actes qui paraissaient lui être hostiles; c'est ainsi qu'il y eut lutte à mort entre eux , et que le pays, qui en fut le théâtre, les vit s'entre-détruire mutuellement , et vit ensuite venir l'anarchie et Tinvasion étrangère. L'histoire de cette lutte est donc un cours d'études, qui contient des enseignements pour tout le monde : il ne s'agit que de savoir les y puiser avec discernement.
Joseph II avait adopté un vaste système d'éducation religieuse, et c'est peut-être à cause de cela même, à cause de l'étendue de ses desseins , que leur exécution rencontra tant de difficultés. Au lieu de les approprier aux besoins, aux mœurs des diverses localités, il voulait que, dans tous ses états, non-seulement les prêtres, mais encore ceux qui se destinaient aux ordres religieux, fussent élevés d'une manière uniforme, et imbus des mêmes principes, des mêmes doctrines, des mêmes opinions. Pour arriver à ce résultat, il avait supprimé les séminaires épiscopaux, ainsi que les écoles de théologie et de philosophie établies dans les couvents , et y avait substitué un petit nombre de séminaires généraux. On en comptait sept pour les états héréditaires allemands : un à Vienne, pour la haute Autriche; un à Prague, pour la Bohême; un à Olmutz, pour la Moravie et la Silésie; un à Lemberg, pour la Galicie et la Lodomérie; un à Gratz, pour la Stirie, la Carinthie, le Camiole, Gorice et Trieste; un à Inspruck, pour le Tirol; un à Fribourg, pour la basse Autriche. Il y en avait, en outre, un à Pavîe, pour la Lombardie autrichienne. Les provinces des Pays-Bas eurent, comme on sait, un séminaire général à Louvain et un séminaire filial à Luxembourg. Le régime de ces établissements et le système d'instruction à y suivre furent indiqués par l'édit impérial du 16 octo-
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bre i 786 et par le plan de tinstitut des séminaires généraux , dans les états de t Empereur ^ espèce de factum traduit de Tallemand, dans lequel les vues gouvernementales ne furent aucunement dissimulées , et qui pouvait se résumer par ces mots : « Faire des prêtres utiles à FËtat (i). » Était-il impossible qu'on les rendit en même temps utiles à l'Église? Cest une question sur laquelle on nous permettra de décliner notre compétence : nous n'avons à nous prononcer ici que sur des résultats exclusivement politiques.
Nous avons déjà dit ailleurs à combien de réclamations cette partie des réformes joséphistes donna lieu. Nous avons déjà parlé des émeutes qui éclatèrent au sein même du séminaire général de Louvain : il nous reste à donner quelques détails qui, en caractérisant la nature de ces émeutes , jettent un nouveau jour sur la conduite de l'opposition. Une lettre , qui a été trouvée à la bibliothèque des manuscrits de Bourgogne, et qui y est annotée comme ayant été écrite de Louvain, le 9 décembre 1286, contient un tableau de ce drame burlesque, tracé avec tant de bonne foi, qu'il est impossible d'en révoquer en doute l'exactitude. Cette lettre se trouve parmi quelques autres ( n^ 8712 et 8715 de l'inventaire général ), qui toutes sont adressées à M. De Neuf, chanoine de S^-Gommare, à Lierre (2), et dont aucune ne porte de signature, bien qu'elles soient évidemment originales. En voici la partie la plus intéressante :
€ Monsieur et cher ami ,
c Les excès auxquels se sont portés quelques jeunes théologiens du séminaire général sont à leur comble. Il y a quatre à
(1) C«t ouTrage fut pubUé en allemand , à Vienne , chez Sounleilhner et Nœrling, en 1784. Traduit en français , il fût imprimé k Braxelles , chez Lefrancq» en 1787. Plus tard le gouyernement adopta, pour le séminaire général de Louvain, le plan de Tinstitut de Pavie ( séminaire général de la Lombardie autrichienne ).
( 3 ) Jean François De Neuf, prêtre , né à Anvers, 61s de Balthazar De Neuf, échevin de cette ville ( mort le 27 décembre 1780) , et de Hélène Marie Françoise Van den Crayce , était issu d'une famille patricienne d'Anvers. Son aïeul Simon De Neuf, seigneur de Hooghelande , conseiller et auditeur du château, avait été anobli par lettres patentes du roi Charles II, en date du 20 mars 1695. — Il fut nommé, au mois de juin 1781, par le prince de Stahremberg, exerçant alors les fonctions de gouverneur généra! de la Belgique, chanoine de l'église collégiale de S^-Gommare, à Lierre, en remplacement de Gaspard Marie Ghislain Van der Hemmen de Niederstein, décédé à Lierre, le 20 novembre 1780. — Le chanoine De Neuf conserva son canonicat jusqu'à l'époque de l'invasion française , en 1794.
cinq jours qu*uD6 bande roulait les ambutacres, en tapageant jusqu'à bien tard dans la nuit, sans moyen de les pouvoir tranquilliser. La dernière ordonnance les a rendus indomptables. Us ont couru au cabaret encore plus qu'auparavant. Les soirs ils se faisaient porter de la bière par les fenêtres. Le mot qu'ils emploient pour demander de la bière de la cantine est astronomie, ils entendent par là une cruche de bière. Le grand opéra a commencé jeudi le soir : pendant la journée ils avaient eu exite et point de leçons. Ils n'ont pas oublié de boire. Ce jour-là, Messieurs Stoeger (i) et Lajoie étaient partis pour Bruxelles. Le soir , vers les huit heures, ils ont commencé à tapager , à vouloir avoir de la bière , et de forcer les portes de la cave. On leur a donc donné à boire. D'autres avaient de la peeterman à leur chambre, et Vounck voulant emporter leur cruche, ils l'on menacé de lui jeter une bûche ardente. Ensuite ils ont commencé à
crier sur la cour hé hé hé Sur cela on a été appeler M. De
Mazière (2), qui étant arrivé croyait de les apaiser. Mais alors ils redoublèrent leurs cris, et ils lui ont répété tous les péchés capitaux, disant qu'il était un idolâtre de la cour, un traître de
(1) Ferdinand Stoeger, né en 1757, arait été professeur d'histoire ecclésiastique k Vienne, où il avait publié un ouvrage intitulé : InirodiACtio in hUioriam ecdetiasticam novi lestamenU, ad usum suorum attditorum. Vindobonm TraUner, 1776, tn-8*. Le cardinal Migazzi, archevêque de Vienne, avait adressé à Timpératrice Marie-Thérèse, contre l'histoire ecclésiastique de Stoeger, un mémoire qui fut publié en Belgique pendant les troubles, sous le titre de Apologie du gouvernement général des Pays-Bas, relativement au renvoi du sieur Ferdinand Stoeger, ci-devant directeur du séminaire général à Louvain. (Louvain, de rimpdmerie de l'université, 1787 , pp. 54, in-S*"). — M. Stoeger fut nommé, en 1786 , directeur de la faculté de théologie à l'université de Louvain , aux appointements de 2000 florins d'Allemagne. Au mois d'octobre de la même année, les gouverneurs généraux le nommèrent président du séminaire général. Quoique prêtre, il affectait, aux Pays-Bas comme à Vienne, de ne pas célébrer la messe , d'où vient qu'on disait de lui : non hreviat nec missat» ( Hoverlandt de Bauwelaere, Essai chronologique pour servir à ^histoire de Toumay. Toumay, 1829, in-18 , t. 05 , part. 2 , p. 719 ). — U abandonna clandestinement le séminaire général , où il ne restait plus que cinq élèves , le 2 juin 1787 , et retourna en Allemagne , où il mourut en 1815.
(i) Jean Benoit De Mazière, né à Leysel, près de Fumes, dans la Flandre occidentale; deuxième au concours général de philosophie à l'université de Louvain , en 1770; licencié en théologie le 15 avril 1777 ; recteur au collège du pape Adrien VI ; docteur en théologie , 1c 20 février 1781 ; président au collège de Divœus, au mois de mai 1782; nommé en 1786 pro fiesseur de théologie dogmatique à l'université de Louvain et chargé de l'enseignement de la théologie dogmatique au séminaire général. L'université de Louvain prononça , par contumace, contre lui , le 12 juillet 1790, une sentence qui le déclara déchu de toutes ses fonctions académiques.
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la religion ; qu'il avait commencé les troubles par sa thèse de matrimonio; qu'il fréquentait continuellement avec Leplat (i),
( 1 ) Josse Leplat , Dé à Malines en 1753 , fisc et doyen des étudiants de la faculté de droit k Tunivenité de Louvain, licencié dans cette fiiculté, le 26 juillet 1756, docteur dans la même science et professeur de droit civil ( institutes et Code de Justinien ) , en 1767. Nommé par les magistrats de Louyaln , le 29 mai 1776, professeur ordinaire de droit canonique» et chargé de l'enseignement des décrétales , il fut installé, le 9 juin de la même année. U se retira en Allemagne en 1788 , et passa ensuite en Hollande, n ne fût pas replacé lors de la restauration de runiveTBité de Louvain, après les troubles de 1789. Une accusation formelle fut portée ofMitre lui devant le tribunal académique, et cette cause resta pendante jusqu'en 1794, époque où le gouvernement força le docteur Leplat k se démettre de ses dignités et fonctions académiques. U fut nommé, en 1805 , professeur de droit romain k l'école spéciale de Coblence , et directeur de cette école en 1807. Lors de l'organisation de l'université impériale , il fut nommé directeur de la faculté de droit k l'académie de Coblence , et resta chargé de l'enseignement du droit romain. Il mourut en cette ville , le 6 août 1810. On trouve de courtes notices biographiques du docteur Leplat dans h Biographie nouvelle des Contemporains, par Amaut, Jay, Jouy, etc. (Paris, 1823, t. XI, p. 582), dans la Biographie universelle classique (Paris, 1829, in-8*, t. II, p. 1698), et dans Quérart, France UUéraire (Paris, t. Y, p. 191 ). Ces notices, dans lesquelles son nom est écrit Leplaet, sont du reste fort incomplètes et ne sont pas exemptes d'erreurs.
Le docteur Leplat a beaucoup écrit. Voici un aperçu de ses principales publications :
1* Z. B. Van Espen, commentarius in decrelum Gratiani cum prœfatione J, Leplat, Lovanii 1777. Deux volumes in-8*. La préface de Leplat a 238 pages. II y rapporte la plupart des textes felsifiés qui ont été insérés dans le Recueil de Gratien , et donne en même temps la preuve de ces différentes fabifications. Leplat dédia cette édition au comte de Nény , chef-président du conseil privé et commissaire royal de l'université de Louvain.
2" P, /. A. Riegger InslUutiones jurisprudentiœ ecclesiasHcœ cum compendio, Lovanii 1779. Six volumes in-8».
3* CoUectio variarum dissertationum casum apostoH lad Corinthios, cap. VU, v. 12 et sq. illustrantium, Leodii. (Louvain), 1779, in 8*. ^Leplat avait é^k publié la plupart des pièces contenues dans ce volume, sous le titre de :
4» Jos. Maugis , jud, Leplat et Paulini Nervii dissertaliones très in casu aposioli I ad Cor. cap.TIL Lovanii et Gallipoli 1770-1772. Trois parties en un volume in-8*. -~ Il s'agit, dans CCS dissertations , de l'indissolubilité du mariage d'un juif converti. Leplat attribue l'origine de Topinion commune aux idées répandues par les fausses décrétales.
5* Claudii Fleurii in hisloriam ecclesieuticam dissertaliones odo latine tradudœ. Accesserunl dissertaliones duœ cum prœfatione Judod Leplat. Lovanii lypis academicis, 1780. Deux volumes in-8*.
6* Canones et décréta SS. concilii Ttidenlini juœla exemplar authenticum Bomœ 1564 editum. Prœler nomina et suscriptUmes patrum, variantes etiam lectiones et notas Chiffletii continet Accesserunl varia ad disciplinam ecclesiœ Belgicœ perHnenHa. AntwerpicBj 1779, tn-4*.
7* yindiciœ assertorum in prœfatione codid conciUi TridenHni anni 1779, prcemissa quihus ibi dicta de indice et regulis aucloritale Pii IV evtilgalis, ad quœdam reeens objecta respondetur. Lovanii, 1780, tn-4*.
8* Blonumentorum ad hisloriam concilii Tridenlini polissimum illuslrandam amplissima collectio. Lovanii, 1781-1787, ex typographia academica. Sept volumes in-4*.
9* Dissertatio canonica de spons(Uibus et malrimoniorum impedimenlis, 1784 , in-8*.
10» Réponse aux lettres d'un chanoine pénitencier sur les édils impériaux. Lille (Ulrecht) 1786, in-12. Cette réponse, quoique publiée sous le voile de l'anonyme, est généralement attribuée au docteur Leplat ou à l'abbé De Bellegarde. (Qnérard, France littéraire y i. V. p. 192. Barbier, Diclionnaire des ouvrages anonymes, t. III, n* 16431 ).
qui est un hérétique manifeste. Puis ils criaient : vivat Van de Velde, vivat Ghenne, vivat seminarium Mechliniense , Gandense, Antwerpiense, etc. Pereant Germani et reliqui omnes ! Puis De Mazière leur fit de belles promesses, disant qu'ils auraient tout ce qu'ils demandaient, et que, quant à Leplat, il en avait déjà écrit à Bruxelles et qu'on aurait soin de le corriger. Alors ils ont crié qu'ils voulaient avoir quatre points : 1® qu'on n'enseignerait plus des hérésies; 2° qu'ils voulaient avoir le potus; 5» qu'ils ne voulaient pas être conduits par des Allemands et qu'on devait faire sortir ces
Allemands du séminaire; 4** que le portier devait partir
Celui-ci avait fait une liste de ceux qui étaient entrés dans la cantine après la défense faite. Après cela, ils ont encore crié et hurlé jusqu'à dix ou onze heures et on les entendait jusque bien loin : ce qui attira beaucoup de bourgeois autour du grand collège. Je les ai entendus crier bien tard. € Ceci n'est pas encore le tout. Hier le soir, MM. Leclerc (i) et
1 1* ObiirvcUiani sur la déclaration de S. E. le cardinal archevêque de MàUnee , touchant Renseignement du sAninaire général de Louvain, 1789, in-8*. L'archevêque de Malines avait demandé, dans sa déclaration, la destitution du docteur Leplat, qu'il désignait comme le principal fauteur des noayelleB doctrines. Ces observations sont aussi anonymes. (Quérard, t. V, p. 192. Barbier, t H, n» 12960).
12* Lettres (ftin théologien canoniste à N* S, P. le pape Pie VI, au sujet de la buUe, auctorem fidei, etc., du 28 août 1794, portant condamnation dun grand nombre de propositions tirées du Synode de Pistoye, de Van 1786. Sans date ( 1795) , in-12. L'auteur, dit Quérard, s'y montre théologien profond, habile dialecticien, mais surtout ennemi des prétentions de la cour de Rome.
15* Supplément au cathéchisme de Malines, Saint-Trond , imprimerie archiépiscopale. Sans date, in-S*. Anonyme. ( Quérard, t. V, p. 192. Barbier, t. lO , n» 1754! ).
14* Dissertation contre Vauloritédes règles de Vindex, in-4*, de 62 pp. Pour défendre ce qu'il avait dit à ce sujet dans sa préface des canons du concile de Trente. Quérard, l, c, cite cet ouvrage, qui est probablement le même que celui indiqué plus haut , n* 7 , Yindidm,
15» Depuis 1795 , Leplat , habitant alors la Hollande, seconda l'abbé Mouton , chef du parti janséniste, dans la rédaction des Nouvelles ecclésiastiques, qui s'imprimaient à Utrecht.
(i) Jacques Antoine Leclerc, né à Schleyden, dans le duché de Luxembourg, en 1751, licencié en droit à l'université de Louvain , le 11 octobre 1757 , était beau-frère , par alliance , de M. De Berg. U avait épousé , en 1787 , Isabelle Françoise Joséphine Orts de Bulloy , née en 1755 , décédée à Bruxelles, le 29 mai 1788, soeur de Madame De Berg. Elle fut inhumée au grand cimetière de la ville de Bruxelles, à S^osse-ten-Noode, où se trouve encore sa pierre sépulcrale. M. Leclerc exerça d'abord la profession d'avocat au conseil de Luxembourg ; il fut nommé auditeur è la chambre des comptes, à Bruxelles, en 1762, membre de la jointe des administrations , en 1764 , conseiller au conseil privé , en 1769 , membre de la chambre suprême pour les provinces de Luxembourg , de Gueidre, de Flandre, de Hainaut, de Namur et de Malines, en 1776. Il présida longtemps cette junte , qui se réunissait chez lui. Conseiller d'état, en 1786,
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Reuss (i) sont venas pour leur demander ce qu'ils voulaient. Ils sont entrés avec le recteur magnifique , le promoteur et ses sergents. A cet aspect , ils ont été comme des furieux et redoublaient leurs hurlements et ne voulurent pas entendre parler Leclerc ni le recteur. De sorte que ceux-ci ont dû sortir sans rien effectuer.
c Ce matin nous apprenons qu'il est arrivé quelques dragons, qui tiennent la garde au grand collège, dans la cour. En revenant du chœur, on me dit d'abord qu'il était arrivé un escadron de dragons; un pas plus avant, on me dit qu'il y avait bien deux cents dragons; enfin fama cresdt eundo. Etant arrivé au grand collège, j'entendis les trots des chevaux dans la cour, et de retour , j'appris du domestique de M. Yan de Yelde (2) que, venant
conseiller au conseil royal du gouTemement général des Pays-Bas et directeur de la commission des fondations, en 1787 , il fut nommé président du grand conseil de Malines, et prêta serment, en cette qualité, le f juillet 1793, en remplacement de Goswin de Fierlant, chevalier de l'ordre de S^-Étienne et conseiller d*état, qui venait d*étre nommé chef-président du conseil privé.
(i) Pierre Reuss, né à Bruielles, licencié en droit à l'université de Bologne, en Italie^ le 0 juin 1759. U y avait obtenu, en 1755, une des bourses créées en 1650, par Jean Jaoobs, ancien orfèvre de Bruxelles , fondateur du collège qui y porte son nom. Reuss exerça ensuite la profession d'avocat au conseil souverain de Brabant. Au mois de décembre 1786 , l'état ecclésiastique du Brabant le choisit pour remplir les fonctions de second pensionnaire des états de cette province; mais son compétiteur , Emmanuel Marie Decock, second pensionnaire de la yiUe de Bruxelles , qui avait réuni les suffrages de l'état noble et du tiers-état , fut pourvu de cette charge. M. De Reuss Ait nonuné conseiller procureur général de Brabant , par lettres patentes du 3 s^ tembre 1777 , et conseiller au conseil privé , par lettres patentes du mois de novembre 1781. D quitta la Belgique en 1794 , à la suite des armées autrichiennes, et Ait porté sur la liste des émigrés. Il rentra cependant peu de temps après dans sa patrie, et mourut k Bruxelles, le 1«' juin 1795.
(i) Jean François Van de Vdde, né k Beveren , au pays de Waes, le 5 février 1745 , fila de Mathjas Van de Velde, mort le 7 août 1748, et de Blarie Catherine Van Royenadcer, morte le 5 avril 1788 ; deuxième de la première Ugne dans la pédagogie du porc , au concourt général de philosophie de l'année 1763; nommé provisoirement d'abord, le 50 janvier 1772, et ensuite définitivement bibliothécaire de l'université de Louvain ( en remplacement du . savant Noâ Paquot, que de sourdes intrigues avaient forcé de (ùir de Louvain ); vice-président du collège de Savoye, en 1773; président du collège du Saint-Esprit, le 14 octobre 1773 ; chargé provisoirement de l'enseignement de la sainte écriture, dont il ouvrit le cours, le 14 novembre 1774; docteur en théologie, le 8 août 1775; président du collège de Hollande, au mois de mai 1776 ( en remplacement de Jacques Thomas Joseph De Wellens , nommé évèque d'Anvers ) ; docteur régent de la fiiculté de théologie en 1777 ; recteur magnifique de l'université de Louvain , depuis le 28 février jusqu'au 50 août 1778 ; nommé définitivement professeur des saintes écritures et pourvu du canonicat de la première fondation, annexé à cette chaire, dans la collégiale de Saint-Pierre , le 27 novembre 1778 ; président du grand collège, le 13 mai 1783 (ce collège tai presqu'entièrement reconstruit par ses soins); suspendu de toutes ses fonctions académiqaes par décret du gouvernement du 7 juillet 1784, k cause d'une thèse sur le mariage, défendue sous sa présidence, le 18 juin précédent , par un Bmgeois, nommé Charles Josq>h Le Grand.
de servir la messe de son maître , il avait vu entrer une bande de dragons de vingt ou trente. Le premier que je Gs à ma chambre, c'était de commencer à écrire, de peur que le jour ne fût trop court.
€ Yoici des excès de part et d'autre, qui seront connus de toute l'Europe, et comme le bruit s'augmente infiniment, cela fera un grand article dans les gazettes, et en même temps une grande tache, ou à l'Empereur, à cause de ce nouvel établissement mal arrangé et surtout pour la nouvelle doctrine, ou au clergé, dont
les élèves se sont portés à tels excès La force n'est pas le
moyen d'apaiser les Belges outragés en matière de religion
Je viens d'apprendre que tout ce qu'ils ^t répondu à Leclerc est : qu'ils veulent avoir une bonne religion et une bonne doctrine (i). On dit que c'est un séminariste de Tournay qui porte la
C'est k l'occasion de cette thèse que M. Marant publia la Relation fidèle de la dispute entre les doreurs en théologie de Louvain, à Voceanon d^tme thèse de Impediinentis matrimonii , avec le mémoire justificatif de M. le docteur Yan de Velde, présenté au gouvernement, et les autres pièces que cette affaire a occasionnées , ainsi que quelques lettres écrites aux différentes époques de la dispute par deux amis , dont l^un demeure à B, et Vautre à G, Lille , 1786 , deux IMirtles ÎQ-S*.— Rétabli dans tous ses droits au mois de no?. 1784, M. Van de Velde fit partie de ruDi?ersité de Louvain, jusqu'à sa suppression. En 1794, à l'entrée des Français, il quitta LouTain; mais il y revint bientôt après et y rq>rit l'exercice de ses fonctions. Emprisonné en mai 1797 et condamné à la déportation , il parvint k s'y soustraire par la fuite , et se réfugia en Allemagne. Rentré en Belgique en 180S, il vint habiter Beveren, son village natal. U accompagna, en 1809, comme théologien, le prince Blaurice de Broglie, évéque de Gand, au concile de Paris, et fut emprisonné k Vincennes, puis exilé k Rhetel , en Champagne, jusqu'en 1814. U mourut k Beveren , le 9 janvier 1833. Sa bibliothèque, l'une des plus vastes qui ayent jamais été fonnées en Belgique, comprenait, selon son catalogue rédigé par le libraire Pierre François De Goesin-Verhaeghe, en deux vohimes in-S*", 14,455 numéros, dont 376 manuscrits. La vente eut lieu à Gand, depuis le 6 août jusqu'au 16 septembre 1833 , et rapporta environ 60,000 francs. Il a publié :
Synopsis monumentorum coUectionis proxime edendœ conciUorum omnium archiepiscopatus Meehliniensis, Qua, prœter horum coneUiorum historiam, cum promneiœ tum maxime archidiœceseos Meddiniensis hierarchicus status, ab anno 1559 ad annum 1803. Née non pro renataetiam poUtieus, summatim exhibetur. Inseruntur per occasionem observationes eirca ecdesiasticam disciplinam et historiam litterariam, Cum indicibus et notis. CoUegit ae edidit Joannes Franciscus Yan de Yelde, Bevemensis in academiâ qwmdam Lovaniensi S. T. D. regens, ac professer Cœsareo Regius. Gandavi B. Poelman , 1833 , cum approbations Trois volumes in-8».
M. l'abbé De Ram , recteur de l'université catholique, a entrepris la publication de l'histoire des Condks des Pays-Bas de Van de Velde , sous le titre de : Synodicon Belgicum sive acta omnium eeelesiarumBelgii a eelebratoconciUo Tridentino usque ad eoncordatum anni 1801 . MeiMiniœ, 1838-1839, in-4<». Trois volumes jusqu'ici ont paru , savoir : tomes I, n, arcMepiscopatus Mechliniensis ; IV , Episcopatus Gandavensis. Le tome ni est sous presse.
( 1 ) M. Borgnet affirme que les Wallons demanderai : bonum potum et bonum cibum. (Lettres sur la révolution brabançonne, 1. 1, p. 33.;
i2 RAPÉDIUS
parole et qui parle bien. Voici l'histoire que j'ai apprise ce matin; à présent suit ce qui s'est passé dans la journée :
« J'apprends que le substitut-procureur général est occupé à prendre des informations au grand collège. Un théologien , sollicité par un de ses amis à lui écrire les événements de l'intérieur du collège, raisonne ainsi : € Le recteur est entré ici à quatre € heures après-midi. On a commencé à l'entourer , et comme il € était défendu de crier, on a commencé à siffler autour de lui. « Après avoir dit quelques paroles, on l'a sifflé jusqu'à la porte, « et il s'est en allé. Plus tard, il est arrivé avec M. Leclerc et un € autre conseiller, que je ne connais pas (c'était Van Volxem) (i). € On les a dû introduire par le petit collège. On leur a crié qu'on « ne voulait plus entendre les leçons de Marant (2), De Mazière,
( 1 ) Pierre FraDçois Van Volxem , né à Bruxelles , quatrième de la seconde ligne dans la pédagogie do porc, au concours général de Tannée 1767, licencié en théologie à runi?ersité de Louvain, le 23 août 1777 , avait été proposé , au mois de mars 1779 , comme troisième candidat, pour la place de conseiller ecclésiastique au grand conseil de Malines, en remplacement du conseiller Félix Guillaume Antoine Brenart, devenu évéque de Bruges. Le gouvernement conféra cette place à Jean Baptiste Robert Van Velde» qui devint plus tard évéque de Ruremonde. M. Van Volxem fut nonuné par les bourgmestres de Louvain , le 27 décembre 1780, professeur de droit canonique à Tuniversité de cette ville , et fut en même temps pourvu d'un canonicat de la seconde fondation, annexé à cette chaire, au chapitre de Téglise collégiale de S'-Pierre, en remplacement de Charles Joseph Lambrechts , qui avait été chargé de renseignement du Code de Justinien. U t\ii nommé, par lettres patentes du 23 juin 1783 ,conseiller ecclésiastique an grand conseil de Malines, en remplacement du conseiller Hyacinthe Jacques Jean De Partz, décédé le 24 décembre 1781. Sa chaire de droit canonique fut alors conférée à Guillaume Van Cutsem, né au village de S*-Pierre-Leeuw, qui avait été premier de Louvain , en 1770. Le chevalier Van Volxem siégea au grand conseil jusqu'à l'époque de l'invasion française , en 1794. Il était aossi chanoine de l'église cathédrale de Notre-Dame à Toumay.
(i) Pierre Jacques Marant, né au village de Bavinchove, près de Cassel , dans la Flandre française ( département du Nord ) , second de la première ligne dans la pédagogie du lys , au concours général de philosophie, en 1765 ; lecteur en théologie au collège de Driutius , en 1770; curé du village de W^ytschate, au diocèse d'Ypres, la même année; licencié en théologie le 30 avril 1770 ; président du collège de Viglius , à Louvain , au mois de février 1773 ; docteur eo théologie le 22 octobre 1776; chanoine de la seconde fondation dans l'église collégiale de Saint- Pierre, à Louvain , le 29 octobre 1776 (ce canonicat était annexé à une chaire de théologie à l'université ) ; chanoine de la première fondation dans la même collégiale , en février 1779. Il fut élu recteur magnifique de l'université, au mois d'août 1780, et exerça ces fonctions temporaires pendant deux trimestres consécutifs. Pendant son rectorat, il prononça, dans l'église de Saint- Pierre , une oraison funèbre , en latin , de l'impératrice Marie-Thérèse. ( Oratio in funere Maria Thereiiœ Romanorum imperatrids. Lovanii, 1781, inS* ). Au mois d'avril suivant, il Alt nommé chanoine de l'église cathédrale de Notre-Dame , k Biôiges. Au mois d'octobre 1786 , il fut chargé d'enseigner l'histoire ecclésiastique au séminaire général. Il fût en outre chargé , au mois de mars 1788, de l'enseignement de la théologie pastorale, en remplacement du P. Fruyt , qui était au nombre des professeurs démissionnes par la dépédie du 2K février 1788. Marant était aussi doyen de la faculté de théologie. Au mois d'août 1788, il fut nommé
« ni Leplal. ( 11 était passé un billet à table, que quiconque fré- « quenterait une de ces leçons serait lapidé). Ce matin, dit-il, € nous nous trouvons barricadés par des dragons^ Nous leur avons demandé, si nous nous soulèverions, ce qu'ils feraient? Et ils ont répondu qu'ils nous assisteraient. M. Lajoie (viceprésident du séminaire général), nous a voulu faire choisir, à c chaque diocèse, un qui proposerait nos demandes : on ne sait € encore ce qui en est résulté. Les dragons ont quitté le grand € collège raprès-midi. Je crois qu'ils logeront en ville. MM. Stoe- « ger et Lajoie ont dîné à la ville de Cologne : ils n'osent retourner. € La bière qu'on donne aux séminaristes est abominable. On en c a fait goûter à M. Leclerc, et il a fait la mine. Les dragons c en ont goûté ce matin, et ils ont dit qu'elle ne valait rien du € tout. On a d'abord fait venir quelques tonnes de bonne bière. € Leclerc était parti hier soir à huit heures, en poste, pour € Bruxelles, pour commander des dragons. »
présideol da collège d'Ams. Il publia uo Tolome iotitulé : p. J. Maranl in univ. Lnv, S, Th, D. R. et hiit, eed. prof, régit diseustio histariea ande/ideHt aut saUem ita cerlum, et de ecclesiœ mente, beatam virginem malrem et corpore in eœlum assumptam esse, ut hœreticum sit , atU saltem temerarium de eo coram historim ecclesiasticœ studiosis modeste inquirere, seu vindiciœ assertorum in pralectionibus suis. Lavanii, 1786, pp, XXXII, et 284, tn-8*. Cet oayrage, contre lequel on a beaucoup écrit, a été Tobjet d'une polémique très-acerbe. Sa production a fait naître entre autres les ouvrages critiques suivants :
Reflexianes in Ubrum cui titulus P. J. l^arant Discussio historiea de assumpHane Beatœ virginis, etc., auctare G. J. Van den Bavière. Brugis sine anno. Un volume in-8«.
Epistola pastorii Leodiensis eonlra P. /. Marant, Leodii, 1786, tn<8«.
Assumptio Beatœ JUariœ Virginis in eœlum cum corpore et animd contra P. J. Marant. Ipris, 1787, in 8«.
Discussio discussionis historiœ P. /. Marant, de assumptione B. Mariœ, per Ignatium Van den Driessche. Gandavi, 1787, tn-8«.
Joannis Alberti Salmon,univ. Lov. S. Th. Bacc. Form. pastoris in Mooreghem, apologeUcum tentamen, pro communi ecclesiœ persuasione, qua pie credilur Beatissimœ virginis dei genitricis Mariœ immaculatum corpus in cœlis existere; sive synopsis eorum qua ejusdem assumptioni objeclavit P. J. Marant in univ. Lov. S. T. D. B. et hist. ecd. prof' regius.
Marant est aussi auteur de Touvrage intitulé : Relation fidèle de la dispute élevée entre les docteurs de Louvain, à Voccasion d'une thèse de impedimentis matrimonii, avec le mémoire du docteur Van de Velde, ctc- Lille, 1786, deux parties en un volume in-8«, publiées sous le voile de Tanonyme. ( Quérard, France littéraire, t. V, p. 501 ). Il a en outre pubb'é : Réponse du docteur en théologie Marant à la brochure ayant pour titre : Avis au public, et à une autre plus hardie, sous le titre : Cri de la justice. De riroprimerie de l'université, 1*788, in-8*. L'archevêque de Bfalines condamna publiquement les doctrines de Marant , par un jugement doctrinal du 26 juin 1789, inséré dans P. F. X. De Ram, synodicon Belgicum, MeehUniœ, 1829, pp. 75 sq. L'université de Louvain prononça contre Marant, le 12 juillet 1790, une sentence par contumace , qui le prin de toutes ses places et fonctions académiques.
14 RAPÉDIUS
Il y a une si grande différence entre les étudiants en théologie dont il est fait mention dans cette lettre , et les séminaristes de nos jours, qu'il faut absolument avoir lu ces relations contemporaines pour comprendre les choses de cette époque. Le rôle que joue la bière de peeterman dans l'insurrection du séminaire général n'est certes pas la chose la moins curieuse, et il est vraiment digne de remarque que l'objet principal des réclamations des élèves semblait n'être autre que le potus. La lettre que nous venons de citer, et qui évidemment, fut écrite par un chanoine à un autre chanoine, contient des naïvetés précieuses, malgré les efforts qui y sont faits pour substituer , autant que possible, la sanam doctrinam au bonum potum. Il est piquant surtout d'y voir les dragons constitués juges du conflit, et d'entendre sérieusement invoquer leur autorité sur la qualité du peeterman. I^a question, du reste, paraît être restée assez longtemps sur ce terrain : car nous trouvons, dans une autre lettre d'une date postérieure, cette phrase qui s'y applique d'une manière fort directe : c On leur a ôté le potus pour l'après-midi; ils auront de la meilleure bière et peut-être du coignac; ils auront deux pots par
jour La table coûtera 210 florins, etc. > Pour bien saisir,
après cela, le caractère de cette insurrection et ses véritables motifs, il ne reste qu'à se rappeler le régime qui avait été imposé aux élèves du séminaire général. Ce régime était d'une sévérité à laquelle on ne les avait point accoutumés, si l'on en juge par le mécontentement qu'il leur inspira. Il fallait se lever à cinq heures du matin, les jours de leçons, puis se livrer à la prière et à des lectures pieuses; à six heures, on disait la messe; immédiatement après venait le déjeuner; de sept à huit heures, il y avait étude; de huit à dix , leçons publiques (i); de dix et demie à douze , étude.
( 1) Voici le programme des études , tel qu'il fût publié yers le 15 norembre 1786 :
it ORDO LCCriOlVra TBEOLOGICARIJH m imiTEMITATB LOVAHIBlfSl.
« Primi anni theologis hUtoriam ecclesiasticam explanabit CL D, Marant, horis S* el ^; HngwB hebrœœ ekmenta, et hermeneuticam veteris testamenti Cl D. Wauters, horis 9* el 3« in inferiori mqjori aula,
« Secundi anni theologis primam partetn theologias dogmalicœ tradet Cl. D. De Mazière,
Ensuite venait le dîner, puis la récréation , puis encore les leçons publiques, de deux heures à quatre. Il y avait après cela encore une heure de récréation, une heure d'étude, une heure de répétition, le souper, une heure et demie de récréation et enfln la prière du soir. La journée était close à huit heures et demie. Les dimanches et les jours de fête et de récréation, on ne se levait qu'à six heures, et il y avait seulement quatre heures d'étude, dont deux le matin et deux l'après-midi. On ne pouvait jamais sortir de l'établissement sans la permission du supérieur. Il était formellement défendu d'introduire qui que ce fût dans sa chambre, de passer la nuit hors de l'école, de jouer aux cartes ou à d'autres jeux de hazard , de se servir de tabac à fumer (uti tabaco fumatorio), de prendre ou de se procurer, dans le courant de la journée, de la bière, du vin ou d'autres liqueurs.
Après la prohibition de la bière , ce qui paraissait le plus affecter les élèves du séminaire général , c'était la manière dont on les avait logés. Ceci mérite bien les honneurs d'une description, à cause de l'originalité du sujet. Qu'on se figure une vaste salle oblongue , éclairée des deux côtés par quarante fenêtres, et divisée en deux parties égales, au moyen d'une cloison en toile, qui la traverse dans toute sa longueur. D'autres cloisons de même matière forment ensuite de chaque côté autant d'alcoves ou de stalles qu'il y a de croisées, ^n laissant un espace vide le long de
horis 9* e( 3« ; elemenia linguœ grœcœ et hermeneuticam novi teikmenU CL D. Leemput , horis 8* et 2« in inferiori tninori aula,
i Tertii anni theologis partem tecundam theoïogiœ dogmaUeœ prcBleget CL D, SenUkt , horis 8* et 2» ; theologiam fnoralem CL D. Ghenne, horis 9* c( 3« in aula juridica,
« Quarti anni theologos principiis juris ecclesiastici imbuet CL LepUUt horis 9* et 3* ; theologiam pastoralem expUcabit CL D. Fruyl , hora 8* gaUiee , 2> flandrice. LoUine theologiam pastoralem tradet CL D. Wuyts, horis 10* et 4* in aula theologica.
« Theoïogiœ auditores cuncti, quiadBelgium Austriacum pertinent, et extra générale senUnarium versantur, adsuos futuros respective CL DD», professores aceedere, iisque ewhiberê dêbent soripimn nomen, cognomen, pairiam, cdibatiam vel monasterium, et testimonium precedentium studiorum. Nemo igitur istorum admittetur ad primi aumi cursum theologicum, niH monstratum fuerit CL DD. professoribus historim eedesiastieœ et linguœ hebrœœ testimonium philosophiœ absolutœ, PfulH iUorum paMii aceessus ad lêctiones seeundi anni, nisi aniea ostendatur testimonium quodjam unus annus fuerit impensus theoïogiœ, Quodvero iUos eoncemU qui non sunt ex diêionibusEelgHAustriaci, hi theologicas quas plaeet lêctiones frequentare possunt,
« Ferd. Stoegea, D. F. Th. »
la grande cloison , pour servir d'ambulacre. Chacune de ces stalles constitue le logement d'un séminariste, logement qui n'est fermé, du côté de Tambulacre , que par un rideau mobile. Une double corde , qui s'attache à tous les rideaux , les fait s'ouvrir et se fermer, comme par enchantement, au gré du préfet chargé de la surveillance du dortoir.
On conçoit que cette manière d'être parqués , à peu près comme des étalons dans un haras (i) , ne devait pas plaire infiniment aux élèves du séminaire, non pas à cause de l'impudicité qui en avait fourni le prétexte, et qui y était rendue impossible, mais à cause de leur goût pour la bière depeeterman et pour le tabacum fumatorium, goût qui était également contrarié par rétablissement de vastes salles d'étude, auxquelles on donnait le nom de musceum. Ils s'en exprimèrent assez clairement dans une requête qu'ils adressèrent au gouvernement général, sous la date du 9 décembre : « Unùmique praprium assignetur cubiculum tam ad studendum
quant ad dormiendum Insuper petimus ut liceat nobis tempère
pomeridiano sUim semel refocillare, etiam ut possimus nobis ea corn" parare quœ honestœ anUcorum receptiani sunt necessaria. > Ils voulaient donc qu'il leur fût donné à chacun une chambre particulière, tant pour y coucher que pour y étudier, qu'il leur fût permis d'étancher leur soif dans l'après-midi et de se procurer ce qui est nécessaire à la réception honnête de ses amis. Outre cela , il leur manquait encore l'autorisation de sortir; ils la demandèrent en ces termes : c Diebus quibus non datur lectio, liber et antplior pateat exitus. Et comme l'obligation d'être toujours en tenue les gênait pour aller au cabaret, ils exprimèrent aussi le vœu d'en être dispensés : c Circa vestes tUhil immutetur. >
Ce ne sont pas les seuls griefs qui furent articulés dans cette
( I ) On lit dans une lettre de Louyain , le 16 novembre 1786 , poiiée k la même source qut cdle qui précède:
« Le gouverneur Saxen-Teischen a été voir le nouveau séminaire , et il Ta trouvé si bion qu'il a dit hautement , que les écuries de ses chevaux étaient de la même structure » mais miew arrangées, et que les fils des nobles et des conseillers y seraient mal logés. Vous savez qu'ent^re diaque cheval il y a un pilier de haut en bas , et puis un travers ( j*appelle les écuries des grandis seigneurs ) : ici c*est un montant de bois entre chaque loge , et puis des travers minces, pour y clouer delà toile, comme je vous ai déjà donné à connaître >
étrange requête, (i ). On s'y plaignait de l'heure trop matinale du déjeûner y jenlaoti/um nimis matutinum, ce qui obligeait à se lever de grand matin; on s'y élevait contre la durée des leçons, qui n'était pas de moins de deux heures successives , lectionem duarum horarum continuam; on voulait , enfin , que les cours de langues grecque et hébraïque cessassent d'être obligatoires, libéra sit frequentatio lectiontim linguœ hebraicœ et grœcœ. A tous ces griefs , qui accusaient suffisamment les tendances de ceux qui les avaient articulés , se joignaient quelques vœux concernant les doctrines à enseigner. On demandait que le choix des professeurs fût approuvé par les évêques , et qu'il ne fût fait usage que de livres vus et également approuvés par les évêques; mais, immédiatement après , on demandait aussi que les évêques réglassent la discipline de la maison : ce qui, rapproché de tout ce qui précède, permet de supposer que ce grand désir d'être soumis en toute chose à l'autorité de Téptscopat n'était pas absolument désintéressé, et que sa source était ailleurs que dans la soif des bonnes doctrines. Ces témoignages de subordination envers les évêques étaient d'au-
( 1 ) Voici le texte de ce document :
8UPPL1C1 THEOLOGORDM SEIUVAEII GBl«m4LI8 OIAIIIMITER PETENTIVI SEQDERTIA.
• Cœsareœ majesUUi in omnibus quœ conscientia patUur obsequentissinU , quœ desideremué rogati, enixè qua par est reverenlia ei submissione petimus :
m iUuslrissimi nosiri episcopi tam disciplina quàm doctrinœ sinl moderatores, ad quod pertinent :
1» Ut nuUus prof essor Iradat lectionem, nisi ab episeopis nostris débité approbahtr;
2» Ut nuUi in prœleclionibus publicis prœlegantur auclores , nisi ab episeopis visi et expresse approbali;
3« Vt ea in domo theologica prescribatur disciplina quœ episeopis nostris convenien- Uor visa fuerit.
At intérim dum hœc executUmi mandantur ( quod quàm citissimè fulurum speramus) , petimus ut sequentia quoad discipUnam provisoriè statuantur; ut nempè vel concedalur facuUas redeundi ad nosirum respective seminarium, vel ut Lovanii alio modo regamur: quem in ftnem sequentia eoncedi rogamus :
i« Unicuique proprium assignalur cubiculum, tam ad studendum quàm ad dormiendum, quod si fieri nequeat , parali sumus adhuc demigrare ad olta nobis assignanda;
2« In ordine diumo ea digneatur immutare quœ maxime dispUcent; scilicet lectionem duarum horarum continuam; jentaculum nimis matutinum; insuper petimus ut liceat nobis tempore pomeridiano sitim semel refociUare , etiam ut possimus nobis ea comparare quœ honestœ amicortmi rcceptioni sunt necessaria.
Finaliter diebus quibus non dalur Uetio, liber et amplior pateat exitus. Circa mensam et sumptus uUeriores digneatur quid certi statuer e^ ad salisfactionem parentium. Libéra sit frequentatio lectionum linguœ hebraicœ et grœcœ ^ et circa vestes nihil immutetur. •