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520 RAPÊDIUS
ses. 11 se célébrait jusqu'à trois grand'mesees par jour dans Féglise paroissiale d'Aiost. Il en était de même à S^-Micoias, où les pères récollets confessaient les émigrants, leur donnaient l'absolution , et parcouraient les poldres , pour fanatiser les paysans. M. Beyts (i), substitut procureur général, fut envoyé
( I ) François Joseph Beyts, né k Bruges, baptisé dans l*église paroissiale de Notre-Dame , en celte ville, le 17 mai 1765, 6k de Frunçois Beyts, maître diirurglen, et de Jeanne Thérèse La Point, étudia les humanités au collège des pères augustins, à Bruges, et ensuite la philosophie dans la pédagogie du chAteau , à l'université de Louvain ; il y fut proclamé premier du concours général de philosophie de Tannée 1782. U Ait pourvu, Tannée suivante, d'une des bourses fondées, pour Tétude de ta jurisprudence dans le collège de Bay, par le célèbre professeur Noël Chamart, et fut promu au grade de licencié en droit, le 22 août 1785. U fut ensuite reçu avocat au conseil provincial de Flandre et devint bientôt après substitut procureur général pies de ce corps. Nommé conseiller pensionnaire du franc de Bruges , il occupa ces fonctions jusqu*au moment de la conquête de la Belgique par les armées françaises, en 1794. En germinal an Y (avril 1797 ), U fut élu, par le département de la Lys, député au cons^ des ^nq cents. Loraque, le 18 brumaire an YIII, Bonaparte se fut mis, par un coup d'État, à la tête du gouvernement, Beyts, accusé d'avoir voulu s'opposer au succès de cette journée, Ait contraint à s'éloigner de Paris; mais il obtint, au bout de quelque temps, la levée de la mise en surveillance à Uupielle il avait été assujetti ; il se rallia au gouvernement consulaire et fut nommé préfet du département de Loire et Cher, par arrêté du 11 ventôse de la même année. Bientôt après, il quitta la carrière administrative , où il venait de débuter, pour rentrer dans Tordre judiciaire; il fut nommé commissaire du gouvernement ( procureur général), près du tribunal d'appel du département de la Dyle, par arrêté du premier consul du 17 messidor an VIII, qui organisa ceeorps de magistrature. Lors de l'établissement des écoles de droit , il fut appelé à remplir en outre les fonctions d'inspecteur général des écoles de droit de Bruxelles, de Coblence et de Strasbourg, par décret impérial du 10 brumaire an XU ( 1804 ). L'Empereur lexlécora , la même année, de la croix de la légion d'honneur, Téleva ensuite au grade d'officier , et , en 1815 , à celui de commandant de cet ordre. Il lui avait conféré aussi la dignité de chancelier de la troisième cohorte , formée de la plupart des départements de la Belgique et de la Hollande. Lors de la réunion de la HolUode à Tenpire français, M. Beyts fut nommé procureur général impérial près de la cour d'appel à La Haye, laquelle fût installée , le 1**^ mar? 1811 ; mais il ne conserva que fort peu de temps ces fonctions. Antoine Joseph baron Latteur, premier président de la cour impériale de Bruxelles, étant mort le 22 novembre 1810, M. Beyts fut appelé à le remplacer au mois de juillet de Tannée suivante. L'Empereur le nomma baron d'empire et créa, en sa faveur , un majorat héréditaire, par lettres patentes du V octobre I8t2. ( Bulletin d€$hi$,u* CCCCYI, n* 7440. Recueil des lois, fM Huygh, série III , t. XI Y, p. 79. ) La dotation de ce majorat portant un revenu net de 5,524 francs, était affectée sur des propriétés foncières, situées dans les communes de YV^enduynen et de Nieuwmunster , dans l'arrondissement de Bruges. Les armoiries qui lui furent alora octroyées étaient d'azur, à trois taux ou béquilles de S^-Antoine d'or, posées deux en chef et une en pointe: armoiries de l'ancienne et illustre famille flamande, aujourdliui éteinte, des Bette, marquis de Lede , dont le baron Beyts avait peut-être la prétention d'être issu. On y avait ijouté le franc quartier des barons présidents des cours d'appel, qui est à senestre de gueule, chaîné d'une toque de sable retroussée d'hermine. Elles se trouvent représentées dans VArtMrial gMrai de ï empire français , de H. Simon , t. II , pi. L , p. 62. Au mois d'avril 1815, M. Be) ts fut temporairement distrait de ses fonctions et délégué pour présider, sous le maréchal prince d'EckmuU , la cour spéciale extraordinaire , nommée pour l'administration de la justice dans la 51« D»" militaire, à Hambourg. La plupart des autres magistrats, qui furent appelés à faire partie de cette commission , furent également détachés de la cour impériale de Bruxelles. M. Beyts j resta jusqu'à la reddition de Hambourg , après la chute du gouvernement impérial , au mois d'avril
dans cette dernière ville, pour y faire une enquête. Il déploya beaucoup d'énergie; mais là, comme partout ailleurs, les moyens de force manquaient. On y envoya d'abord un brigadier et huit maréchaussées de la prévôté de la cour. Ils furent obligés de retourner le lendemain à Bruxelles. Un détachement de Vierset les remplaça quelques jours après. Mais, pour maintenir l'ordre, il aurait fallu des détachements partout, à Audenaerde, à Âlost, à Grammont, à Ninove, etc.
Plus on observe les faits dans leurs détails, plus on voit que la position du gouvernement était impossible à tenir. Pour arrêter le mouvement révolutionnaire, par les moyens que le gouver-
1814. Rentré dans sa patrie, il ne fàt pas réintégré dans ses fonctions de premier président à la cour de Bruxelles; le gouyemement hollandais ne roulut pas remployer. Rentré dans la classe des simples citoyens , il s*occapa de Pétude des sciences et surtout de Tastronomie et des hautes nMthématiques; il inyenta un nouveau globe céleste destiné à yérifler les dates et à constater ou à combattre la haute antiquité des monuments sur lesquels Fhistoire écrite des nations manque de renseignements suffisants. Cette machine ingénieuse , montée sur cuivre et soigneusement exécutée par RIcher, à Paris, fut vendue à l'encan , en 1839, avec le mémmre de M. Beyts, qui en expliquait Tusage. Voyez Catalogue des livres et manuscrits composant la bibliothèque de feu M» le baron Beyts, etc. , dont la vente se fera le lundi 21 mai 1832 , etc. , sous la direction de Berthof. Bruxelles , Berthot, 1832, n<> 1288. Plusieurs mémoires intéressants, écrits à cette époque par M. Beyts , mais restés manuscrits , sont déposés aujourd'hui à la bibliothèque royale, à qui ils ont été donnés par sa famille , après la mort de ce savant. On trouve llndication de quelques-uns d'entre eux dans le Catalogue des manuscrits de la bibliothèque royale des dues de Bourgogne, pubHé par ordre du ministère de Pintérieur, par Jf. MaréduU, (Bruxelles, Rayez, 1842,in-4«), 1. 1, Résumé historique, n« 11648-11670, p. 233^ et dans VBistoire des bibliothèques pubUques de la Belgique, par P. Namur, docteur en philosophie et conservateur adjoint de la bibliothèque royale de Bruxelles. ( Bruxelles , F. Parent , 1840 , in-8* ) , 1. 1, partie 1^, $ XI , n* 168. Plusieurs autres mémoires de ce savant magistrat , sur la philosophie , les langues anciennes, la musique, la physique, hi chimie et la botanique ^ . fàreot vendus après son décès, avec sa bibliothèque , et sont disséminés aujonrd'hui. Voyez le Catalogue , d^à cité , n* 1286<1295.
Après la révolution de 1850 , M. Beyts reparut un instant sur la scène politique. Lors de la convocation d'un congrès national , au mois d'octobre 1830, il y fut nommé suppléant par le district de Bruxelles, et le refus d'acceptation de plusieurs titulaires le fit appeler k siéger dans ce corps, depuis le 16 novembre de la même année. Il en fit partie jusqu'à l'époque de sa dissolution. Lors de l'organisation des pouvoirs constitutionnels du nouveau royaume de Belgique, au mois d'août 1831 , il fut élu sénateur , par le district de Bruxelles, et remplit ces fonctions jusqu'à l'époque de son décès. Nommé ensuite vice-président de ce premier corps du royaume, il mourut subitement à Bruxelles , le 18 février 1832.
M. Beyts avait épousé Marie Anne Van de Vyvere, née à Gand , le 17 juillet 1766 , décédée à Bruxelles , le 30 novembre 1826, dont il n'eut point de postérité. On trouve des notices biographiques de M. BeyU dans la Biographie nouvelle des contemporains , par A. V. Arnault, A. Jay , B. Jouy , etc. Paris , 1820, t. II , p. 472; Biographie étrangère. Paris , 1819 , 1. 1, p. 43? Galerie historique des contemporains. Bruxelles, 1818, t. II, p. UT ; Supplément à la galerie historique êtes contemporains, etc. Mens, Leroux , 1826 , t. I , p. 63, etc.
322 RAPÉDICS
nement employait, et qui seuls étaient à sa disposition, il aurait fallu une armée de cinquante mille hommes et un corps immense de gendarmerie. En effet, son système consistait à empêcher de faire le mal , à mettre des entraves à chaque individu qu'il supposait capable de troubler Tordre public. C'est ainsi que, non content d'avoir multif^ié les arrestations, il fit enlever , sans forme de procès, un assez grand nombre d'individus dans différentes provinces, entre autres, M. Raepsaet (i), greffier de la châtellenie d'Audenaerde. Ceux qu'il ne pouvait pas faire enlever (car enfin il eût été impossible de mettre tout le monde sous clef), il les fit surveiller par des plantons. Les plantons furent singulièrement prodigués, à dater du 23 octobre, surtout dans les villes de Gand et de Namur. Comme moyen d'intimidation, le gouvernement avait encore la ressource de quelques simulacres de poursuites judiciaires. Il envoyait la justice faire visite aux personnes qui lui étaient dénoncées comme suspectes. Outre les visites de cette espèce, dont nous avons déjà parlé, nous citerons encore, dans la Flandre, celle que reçut madame la comtesse
(i) JefeD Jbseph Raepsaet, né k Audenaerde , le 29 décembre 1750 , flis de Jean Raepeaet , greffier de la châtellenie de cette ville et avocat au conseil provincial de Flandre, et de Mark Jeanne Vispoel ; licencié ^en droit à runiversité de Louvain, le 17 décembre 1773 ; greffier de la haute et basse chAtelleDie d'Andenaerde, ensuite membre du corps législatif français pour le département de l'Escaut, depuis 1S02 jusqu'en 18 tS; Tun des commissaires pour la rédaction de la loi fondamentale du royamne des Pays-Bai, en 1815 ; conseiller d'EUt en service extraordinaire , chevalier de l'ordre du lien belgique, membre de l'académie royale des sciences et belleslettres de Bruxelles et de l'institut royal des Pays-Bas, mort à Audenaerde, le 19 février 1853. On trouve, dans le Supplément à la Galerie historique de$ eonîemipùraine ^ imprimée à Bruxelles, de 1817 à 1820, ei Complément de toutes les autres biographies (Mons» Leroux, 1826 , in-8**, t. I, p. 359-367 }, une notice biographique de ce savant assez étendue , et qui a été rédigée sur les notes et les renseignements fournis par M. Raepsaet lui-même. M. Norbert Comelissen, membre de l'académie de Bruxelles, en a donné une autre , qui a été insérée dans V Annuaire de r académie royale des sciences et belles -lettres de Bruxdies, Troisième année. Bruxelles, Hayez, 1837, pp. 104-133. Elle a aussi paru en flamand, sous le titre de : Levens schets van Heer en Meester J, J, Raepsaet, vertaelt uyt het fransch van den Heer Norbert Comelissen, gevolgd door de levens schets van den Heer J. /. Gérard, vertaeU ufft het fransch van den Heer A, Voisin, Gand, Van der Baeghe, 1837, in-8«. Une troisième notice, plus complète que les précédentes et ornée de son portrait, a été donnée par M. Jules Ketele, en tète du Recueil de ses oeuvres. M. Raepsaet a publié plusieurs ouvrages recherchés et dont la plupart étaient devenus extrêmement rares. Son petit-fils, M. Jules Ketele, auteur lui-même de plusieurs publioations estimées , en a donné une nouvelle édition , intitulée : (ouvres complètes de J, J, iaepsaet, revues et corrigées et considérablement augmentéu par t auteur, suivies de ses cBUvres posthumes. Chez Leroux, libraire, àMons, Gand, Bruxelles et Liège, 1838-1840. Six volumes in-8*, avec planches.
d'Hane de Steenhuyse. Cette dame était soupçonnée d'avoir, en se promenant dans son parc » laissé tomber de dessous ses vêtements des papiers imprimés, et entre autres une chanson commençant par ces mots : Lieve boerejongens (i). M. Maroux, procureur général de Flandre, prit la chose au grand sérieux , et comme Steenhuyse était une terre franche» du ressort du grand conseil , il demanda au gouvernement une autorisation spéciale, pour y faire prendre des informations , et rechercher le dépôt des chansons suspectes. Ce fut encore M. Beyts qui (ut chargé de cette délicate commission. Il était trop poli , trop bien élevé, pour qe pas s*en acquitter avec toute la décence convenable.
( 1 ) n s'aginait probablement de la cbanson suiraiite, que nous ayons trouyée dans VenarM' Unge van vencheyde stukken, ens., door Sincerus Becht-uyl, suite du KeuremenM, Bruielles, 1790, 9 yolumes in-8* :
Boere jongens patriotten , Hebt courage , schept maer moed , Oeene yeygen , geen paiotten Geen yan al ons yrees aendoet.
Siet de yeygen nu eens swygen , Den paiot word patriot.
Boere jongens patriotten , Hebt courage, scbept maer moed , Nog een welm'g 't sal wel hottes Ailes maer in order doet.
Josephus den meester ketter Beeft U BU soo lang gddrelt, Geen gebruyken, geene wetten , Geen yan al hy heeft getelt.
Maer jandoren 't sal hem rouwea, Hy sal haest syn ooren krouwen.
Boere jongens, enz.
Bid den God der b^yrkragten , Dat hy zegeot uw beleyd , Tegen d'Oostenryksche magten, 'T ii yoor hem nu dat gy strydt , Hy sal met syn Engelschaeren , Ons yersterken 't allen ty().
Boere jongens , eni.
Sonder U de eonstitutia
Was te niet, jae heel het land ;
Maer door U wat reyolutie !
'T yrydoms yaen dat word berplant.
Nieaweo ieyer , nieuwe leden ,
Geene yeyg meer in ons land.
Boerejongens, enz.
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524 RAPÉDIUS DE AERG.
Tierlie ty ty , lie tieilie ty , Eerst geyogten en dan vry , Tierlie ty ty , tie tîeriie ty , Eerst voor religie dan voor my .
Tierlie ty ty , tie tierlie ty , Jaegt den Duyts en veyg daer by , Tierlie ty ty , tie tierlie ty , Schyt in al 't hofs gevley Tierlie ty ty , tie tierlie ty , 'T eenig woord is dood oft vry.