OE B£AG
pour 8e fier à des promesses , el qu'ils désiraient que les Pays-Bas formass^Qt dësonuais une république indépendante (i ).
Il paraît cependant cpie messieurs les abbés se d^istèrent quelque peu de cette rigueur. Ils en vinrent à demander : < l"" la médiation et la garantie de LL. HH. PP. les ét^ts-généraux et , s'il était possible , de l'Angleterre ; S"" une anmisUe générale ; 5"" le rétablissement â/à la constitution. > Le premier point <^trait ass^ bien dans les ^wes de la Hollsmde : car son acceptation aurait donné aux états^généraux une prépondérance marquée sur les affaires de la Belgique, sans mettre leur pays en contact immédiat avec la France; mais les beaux projets du stattiouder .dissent été renv^nsés, et, d'une autre f>art, on ne pouvait guère espérer, malgré les avances de M. de Trauttmansdorff , que l'£mpere«r demanderait à être réconcilié avec des sujets rebelles^ Le deuxième point et le troisième étaient susceptibles d'obtenir une solution favorable.
Ces propositions furent présentées au barcm Van der Borcb, le i8 novembre, par Yan der Merscb et Yan Eupen, qui avaient été députés, à cet effet, par le comité de Bréda. M. Yan der Borcb leur demanda formellement si, lorsqu'il aurait des pouvoirs pour Iraiter avec eux , ils consentiraient à contracter sur ces trcâs points, comme base préliminaire. Yan Eupen répcmdit quç cela iSKoédait son mandat, qu'il .en parlerail; au comité^ et qu'il viendrait faire rapport de la résolution qui y serait prise. Il partit et revint, en effet , au bout d'une beure , avec la réponse suivante : c Nous ne sommes que quelques membres réfugiés ici ; ( né complétant pas les représentants du peuple, nous ne pou- < vons accepter aiACune proposition^ sans le consentement des « autres membres , qui se treiivent dispersés çà et là. Entre temps , « AL le baron aurai(<^il la bonté de se procurer la vérification de € la part du gouvernement^ sur les trois points ci-dessus propo- « ses? »
M. Yap der Borch accepta cette réponse, ne pouvant en obte-
(i) Résumé dt» négodalions , déjÀ cité, p. 101.
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nir (l'autre; mais il demanda en même temps qu'on Rt cesser immédiatement, de part et d'autre, toutes les hostilités et Teffusion du sang. Les députés du comité répondirent que cela n'était pas en leur pouvoir , que les choses devaient aller leur train et qu'ils n'osaient prendre sur eux de répondre d'un armistice conclu de leur autorité privée.
Quelques jours après, arrivèrent les déclarations impériales du 20 et du 21 novembre, que nous avons citées plus haut, et puis la déclaration du 25 novembre, portant amnistie générale, telle qu'elle avait été demandée par le comité. M. Yan der Borch essaya alors de reprendre les négociations , en faisant valoir ces actes comme preuves des dispositions toutes bienveillantes de Sa Majesté; mais Van Eupen était parti. Le futur secrétaire d'Ëtat était allé en Flandre, où il assistait à une assemblée des états de cette province, qui dut se tenir les 22, 25, 24 et 25 novembre. Ce fut sous son influence qu'on y décida la déchéance de Joseph II, le renouvellement de l'ancienne union avec les états de Brabant , l'offre d'une union semblable avec toutes les provinces belgiques , la levée d'une armée de 20,000 hommes de troupes réglées (i), l'envoi de commissaires pour l'achat de munitions de guerre , l'attribution au conseil de Flandre du titre et des prérogatives de conseil souverain, l'admission à l'assemblée des états de deux députés permanents du comité patriotique, et la nomination par les états de deux députés chargés d'aller prendre séance audit comité. 11 parait qu'il y fut aussi délibéré sur les propositions d'ac-
( i) La yille de Gand seule devait fourair un régiment de 5,000 homme» , dont le lecrutement devait s'opérer par vole d'enrôlements volontaires. Le magistrat de cette ville publia, le 29 novembre, la proclamation suivante : « Le magistrat de Gand, avec consentement de la cookmune, fait savoir k tous et chacun, qu'on invite tous les habitants de cette ville et autres personnes de bonne conduite, à s'engager et à s'enrôler dans un corps, qui sera levé sous les ordres du comité des troupes des états de Brabant, qui ont pris actuellement possession tfe la ville, afin d'empêcher et de faire cesser les massacres et l'incendie qui ont déjà commencé et qui menacent actuellement toute la ville. Les personnes qui s'engageront à cette fin , et qui serviront sous la direction dudit comité, jouiront, &ï récompense de leurs services, d'une paie de dix sols par jour. Le magistrat invite pareillement tous ceux qui n'exigent point de récompense , à se joindre audit corps, promettant de décerner une récompense particulière à ceux qui se distingueront dans ce service, sur le bon rapport qui en sera fait.
« Signé r. J. Van «sa Beleiv. »
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ccmimodement faites par M. Yan der Borch, ou que, du moins , Yan Eupen sonda, sur ce point, Topinion des principaux chefe du parti. Le grand pénitencier ne rentra au comité que le 5 décembre, et quand M. Van der Borch renouvela ses ouvertures, il lui déclara c qu'on venait d'enlever des dépêches destinées pour Yienne et dont le contenu ne cadrait guère avec les déclarations du comte de Trauttmansdorff; que ces dépédies n'étant pas de Son Excellence , on ne doutait pas de sa bonne foi ; mais qu'on craignait que l'Empereur étant informé difiéremment, ne s'abstînt de tout approuver et ne révoquât en partie les concessions annoncées; que , dans ce cas, les membres du comité de Bréda eux-mêmes seraient mis en pièces par le peuple, et que, par conséquent, ils ne pouvaient entrer en matière sur des déclarations si vagues; que c'était là le sentiment des états assemblés à Gand , aussi bien que le leur. >
Le baron Yan der Borch ayant insisté de nouveau, en développant tous les arguments qui lui avaient été envoyés de Bruxelles, on finit par lui dire c qu'on désirait que S. M. l. et R. envoyât , sous sa signature , directement de Yienne , tous les articles et toutes les conditions proposées, très-distincts et très-clairs , pour qu'on fût assuré de sa volonté et de son bon plaisir ; que dès qu'on verrait cela, et que Sa Majesté aurait consenti à rappeler ceux qui, par leurs conseils violents , avaient fait le malheur du pays 9 il serait nommé des conunissaires pour aplanir les difficultés qui pourraient rester, et l'on tâcherait de calmer le peuple et de le faire rentrer dans l'ordre. >
Aussitôt que cette communication fut parvenue à M. le comte de Trauttmansdorfi*, il y vit le signe d'un arrangement prochain , et, sans perdre de temps, il envoya un courrier a l'Empereur, pour solliciter de lui une déclaration conforme au désir exprimé par le comité de Bréda. Mais il ne tarda guère à se convaincre de l'inutilité de cette démarche : M. De Muller, son secrétaire particulier, qu'il envoya à Bréda, pour suivre ces négociations, et surtout pour engager le comité à faire quelque démonstration propre à ramener le calme dans les esprits, trouva les directeurs
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de rinsurrecUoB absolument intraitables. Dans ane longue leUre que Yan der Noot écrivît, à cette occasion, à M. Van der Borch , sous la date du 11 dëcembre, on voit surtout peroer à trarers tou^ 1^ ruses de mm style, la crainte de perdre sa popnlanté : c Je fus, dit*il, exilé sans être criminel; si je m'arisais de prétendre à fermer les yeux de ce pmiple« sur Tidée qu'il a con^e de son yéritable intérêt, je m'exilerais moi<i99éme. »
D'antres négociations se poursuivaient d'aiUenrs trop activement avec les puissances maritimes et avec la Prusse, pour que le comité de Bréda pût renoncer aux avantages qu'il ^i attendait. De nouveaux émissaires avaient été envoyés à Londres et à Berlin. Pitt était resté ferme dans la résolution de reiuser sa porte à ces diplomates de nouvelle espèce (i); mai» les disposîtîoiis de Sa Majesté prussienne s'étaient manifestées plus ouvertement que jamais. Le comte de Hoen, membre des états de Limbourg, et M« O'Harn, professeur de l'université de Lonvain, avaient été introduits chez M. De Hertzberg , par le baron Yan Reede, et lui avaient remis un mémoire tendant à prouver l'utilité, pour les puissances maritimes, d'une intervention dans les affaires des Pays-Bas (s)^^ Ce mémoire avait fait l'objet d'un rapport adressé
(i ) Cela résulte de l'eitrait suivant (Tune lettre du baron De I^agell, au grand pensionnaire, daiéede Londres, 17 Borembre 1789 :
« Le chevalier De Rooda a fycnt h M. Pitt, pour solliciter une audience et la permission de lui présenter un manifeste de la part du peuple brabançon , afin d*implorer sa protection en leur £iTeur.Ila reçu pour réponse, ^'après avoir demandé lesoidcesdaSaUajesCé,!!. Pittoew trouvait point le maître de le voir ou de le reconnaître dans aucune capacité politise...-. •
(i ) Ce mémoire se résumait dans les termes suivants :
« Ou les insurgents atteignent leur but et obtîenoeat leur iadépcndince, ou ils manquent et sont soumis par la force.
• Dans le premier cas , il semble hors de doute que les intérêts du roi et de ses alliés demandéni que, si une révolution complète établit cette indépendance, eHe doit éire reconout Immédiatement par les trois alliés, et qu'il doit être arrêté alors, de concert avec les Brabançons , une forme de gouvernement pour ces provinces, convenable k tons les intérêts, et garantie par les hauits alliés dans la forme qu'ils jugeront ultérieurement convenable d'arrêter.
« Dans le second, si, comme on a lieu de le craindre, le parti des insurgents brabançons est dispersé et perdu sans ressource , les deux puissances maritimes et Sa Majesté le roi de Prusse devraient foire faire immédiatement et le même jour, le plus amicalement possible, les représentations les plus sérieuses, à Vienne, pour réclamer Teiécution du traité des Barrières, pour autant qu'il est reU(tîf aui droits eC privilèges des Brabançons, en demandant que la constitution spit rétabUe daiu tous ses points, et telle <pi'e)le est énoncée dans le traité des Barrières. Elles olTrif ont leur médiation , en demandant qu'on fixe un lieu et un temps pour discuter les intérêts pvéaems et terminer , par leur entremise , les différends , et se dédarcroot gavantes de la con-
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au roi de Prusse par son ministère, et suivant lequel il était eonvenu avec les ministres d'Ân^^rre et de Hollande c que, dans le cas où les Grabançons pourraiait soutenir leur indépendance hautement, ou iMme seulement en balançant la fortune , les trois puissances alliées devaient recomi^ittre cette indépendance et la prot^er comme une suite des usurpations de l'Empereur; et que» dans la cas conUraire H si TEaiipereur venait à renverser et à subjuguer les Brabançons , les trois puisssmces alliées devaient lui faire, ^a leur qualité de garantes de la constitution belgique, les représentations les plu$ fortes pour qu'il fût obligé de rétablir rançienne constitution en entier. >
Ce rapport était trop confpriEhe aux vues du roi , pour qu'il n'en adoptât point la conclusion. A dater de ce moment, les né^ gociations deyinreiU officielles ; une note, datée du 15 novembre, fut remise aux ministres de Prusse et de Hollande, pour être adressée à leurs cours respectives. Si MM. du comité de Bréda avaient pu soupçonner le contenu de cette note, ils auraient acquis la conviction qu'il y était fort pm question d'eux et des intérêts de leur caiiuse. On y parlait, à la vérité, du ^système constitutionnel des Pays-Bas; mais ce n'était que pour en vanter r^excellence , comme obstacle à tout développanent de force nationale (f ) : seul point de vue sous lequel les puissances maritimes
duîteftiture des insurgents, dont elles ont dû écouter les plaintes^ le peuple brabançon réclamant les eagageoKBts sfteréi que les puissances naritiiBes avaient contractés Tis4-Yls de cette nation, dans le commencement de ce siècle. Les alliés, en fondant leur démarche, tant. sur le droit que leur donne leur garantie, que sur les engagements que la maison d'Autriche a pris ▼is-à'Vls d^ux, en reoeT«nt ces provinoes de leur main, allégueront enOn encore que leur propre intérêt ne leur permet pas de voir enfreindre les privilèges des Brabançons, et encore moins changer la constitution de ces provinces en un gouvernement arbitraire. »
( i ) Voici le païaage le plus explicite de u document :
« Il peut arriver, par les efforts qu'on fait, de part et d'autre, et par les suites des événements, ou que les insuigents brabançons et flamands, qui prennent d^jà le titre d'Etat» de Brabant, se soutiennent par leurs propres forces et s'érigent en £tat indépendant, ou que le gouvernement autrichien parvienne k les réduire par la force des armes , et Hes soumettre à l'obéissance ou plutôt h la discrétion de l'Empereur. Si le premier cas arrive, il semble que Vintérét des trois puissances exige de reconnaître l'indépendance des états du Brabant et de la Flandre , et de prendre les mesures les plus efficaces et les mieux combinées pour que ce nouvel état indépendant se forme une constitution qui eu fasse un )£tat véritablement libre et indépendant, et surtout pour empêcher que le nouvel Etat belgique ne puisse pas s'allier avec la nation française*
* Si, au contraire, les insurgcnts venaient à être écrasés par les for/ces supérieures de TEm-
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fussent habituées à envisager tes affaires de ce pays, depuis le commencement du siècle précédent.
Déjà les événements avaient marché, quand TAngleterre et la Hollande répondirent à la note de Sa Majesté prussienne. Par dépêche, datée de Whitehall, 14 décasibre, M. le duc de Leeds fit connaître à M. Ewart les intentions de sa cour , et ce ne fut que le 31 du même mois , que les états-généraux des Provinces- Unies prirent une résolution. Les trois puissances alliées se trouvèrent être d'accord sur la nécessité d'intervenir conjointement dans la crise des Pays-Bas autrichiens, pour la diriger (tune manière conforme à leurs intérêts communs. Le grand pensi(Minaire dressa uji projet de convention préliminaire, pour servir de base générale au premier concert à établir entre les puissances alliées. Ce fut ainsi que ces puissances furent amenées à conclure le traité de Reichenbach. Mais ceci nous éloigne un peu dé Tépoque dont nous avons entrepris d'esquisser les événements : hàtons-nous d'y revenir, afin d'en compléter, autant que possible» le tableau.
L'affaire de Gand avait ranimé l'ardeur des patriotes de Bréda. Van der Mersch aurait bien voulu se jeter dans la Flandre, pour réunir à sa petite armée les troupes que l'on commençait à y organiser ; mais le comité , sous les ordres suprêmes duquel il était placé, arrêta un nouveau plan de campagne et le lui imposa. 11 reçut l'ordre de rentrer dans la Campine, en même temps qu'une colonne commandée par le lieutenant-colonel Arnoldi, passerait par le pays de Liège dans le Hainaut, en laissant Namur sur sa droite , afin d'y soulever les populations et de les associer au mouvement insurrectionnel des Flamands. Ce partage de forces ne plaisait pas à Van der Mersch, qui avait déjà
perear, il est à prévoir que ce prince traitera les Pays-Bas en pays conquis et leur Ôtera tous leurs privilèges, et que n* étant plus gêné par leur constitution, il pourra former dans les Pays-Bas mêmes une puissance très-formidable aux voisins par le» grandes ressources que ce pays a , en population et en richesses internes de sol et de fabrications. Dans ce second cas , les trots puissances alliées auraient un intérêt encore pltu grand k s'opposer, par tous les moyens convenables , au renversement de la constitution primordiale et légale de toutes les provinces belgiques, k commencer par des représentations énergiques, k adresser conjointement k la cour de Vienne , et à prendre , si ces représentations ne sont pas écoutées , les mesures les plus efficaces que les circonstances pourront suggérer, pour maintenir ou pour fUre rétablir rancieone et véritable constitution belgique. >
perdu une pariîe de ses soldats » depuis sa retraite; mais il fut obligé de se soumettre à la décision du comité. Ce fut avec deux mille hommes qu'il entreprit cette nouvelle campagne. Il entra à Hoogstraeten le 21 novembre, et poursuivant sa marche par Turnhout, il arriva, le troisième jour, à Gheel. Amoldi, de son côté, partit de Hasselt avec quatre cents hommes, pour Liège, où il recruta encore une centaine d'hommes; il se dirigea ensuite vers Dinant, par Ciney.
Le général d'Alton était informé, depuis le 17 novembre, des desseins des patriotes ; mais il croyait que la colonne qui devait passer par le pays de Liège , avait mission d'aller prendre les places de Namur et Mons. Il avait donc averti le colonel De Bleckem; lui avait ordonné de mettre le château de Namur en état de défense, et lui avait, selon son usage, promis du secours, quand il en aurait besoin. Namur n'avait, dans ce moment, qu'une division du régiment de Wurtemberg , tirée de la garnison de Luxembourg. D'Alton avait écrit aussi au général d'Hap|)oncourt, à Mons, et lui avait ordonné de se préparer à quitter cette ville, dans le cas où il croirait ne pouvoir s'y maintenir , et de se rendre alors à Binche, d'où il enverrait son artillerie à Namur, et se porterait lui-même, avec sa troupe, à Nivelles.
De Bleckem n'eut rien de plus pressé que d'établir des relations avec Liège et avec Mons , d'un côté pour se tenir an courant des mouvements des patriotes , de l'autre pour se procurer du secours , en cas de besoin. 11 réclama vivement aussi les troupes que le général d'Alton lui avait promises; mais celui-ci avait peu l'habitude de tenir compte du temps. Ce fut seulement le 20 novembre qu'il donna ordre à une division de Wurtemberg, qui était à Louvain, d'aller remplacer celle de Namur, qui devait retourner à Luxembourg : encore devait-elle laisser un capitaine et soixante hommes à Perwez, pour entretenir les communications. Il fit suivre cette division d'un escadron de cavalerie, et enfin le 21, il fit partir d'Assche pour Namur un bataillon de Clairfayt. Avant que ces troupes fussent arrivées à leur destination, le colonel De Bleckem avait reçu des avis de Liège , qui lui annon-
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çaient la marche des insurgés, et justement allarmë de sa position, il ayait écrit à d'Happoncourt pour lui demander son assistance (i). Celui-ci, qui avait ordre de se tenir prêt à parlir, et d'envoyer son artillerie de Binche à Namor , se mit en route sans hésiter, avec toute sa garnison, composée d'un bataillon d'infan^ terie et d'un détachement de cavalerie* Sa sortie de Mous fut le signal d'une suite de désordres et de pillages; les bourgeois s'armèrent, pour défendre leurs propriétés d'abord , et plus tard pour s'opposer à la rentrée des Autrichiens. Le magistrat, qui paraissait désirer le rétablissement de l'cwrdre, fut débordé par les passions de la multitude, et Mons fut définitivement perdu pour le gouvernement, comme l'était la Flandre, comme Tétaient égale* ment Tournay et toute la ligne des villes qui joignent la Flandre au Hainaut.
Cependant, l'avis donné de Liège au colonel De Bleckem était prématuré. Arnoldi et un autre aventurier , qui s'intitulait comte de Dolomieu , avaient perdu, dans cette ville, beaucoup de temps en rodomontades et en orgies. Toutes les troupes envoyées par d'Alton étaient arrivées à Namur, avant que le colonel De Bleckem eut occasion de s'en servir. Aussitôt qu'il fut positivement informé du mouvement des insurgés, il prit les dispositions nécessaires pour les envelopper. Ayant appris qu'ils se dirigeaient sur Dinant par Ciney, il fit sortir d^x divisions, commandées l'une par le major Yogelsang, l'autre par le major Tancrède. Le premier de ces officiers eut ordre de se rendre directement à Dinant par la nouvelle route, le second, de marcher sur Gney et de n'y entrer qu'après que les patriotes en seraient sortis pour se porter vers Dinant* Ce double mouvem^it s'exécuta avec une précision
( 1 ) Voici le texte de la lettre du colonel De Bleckem au général d'Happoncourt :
« Namur, 20 novembre 1789.
< J'ai rhonneor de vous envoyer ci-joint copie -d'une lettre de M. Bastîn , notre chargé d'afTaires à Liège, par laquelle vous verrez que la ville de Namur est fort menacer. Comme ceci est un poste essentiel pour assurer la retraite du gouvernement et du trésor, lesquels doivent passer ici dans deux jours Je vous prie de vouloir m'envoycr du secours le plus tôt possible, surtout de la cavalerie et de l'artillerie. Je crois que vous ne devez pas attendre des ordres oHérieun è ce sujet, Son Excellence le commandant général m'ayant mandé, passé quelque temps, que vous aviez l'ordre de m'envc»yer des troupes à ma réquisition. •
parfiEiite : lorsque les patriotes arrÎTèrent à Dinant^ils forent étonna d'y rencontrer des Autrichiens, et lorsqu'après un combat de quelques minutes, ils se retirèrent sur Ciney, ils furent encore plus étonnés d'y trouver également des Autrichiens. En un mot, ils furent battus et mis complètement en déroute.
La campagne ne fut guère aussi brillante du c6té de Louvain. Le lieutenant^énéral comte de Baillet-Latour , sur le nom duquel le régiment dont il fut propriétaire jeta un certain lustre, était un digne successeur du lieutenant-gâaëral comte d'Arberg. II ne fit pas un mouYement, sans avoir été poussé par les ordres de d'Alton; sa retraite sur Louvain, en présence d'un ennemi qui lui-même fuyait, fut le seul fait militaire dont on le vit prendre la responsabilité. Encore ce fait était-il conforme aux vues exprimées par le ^néral d'Alton : car celui-ci, dans ses premières instructions qui sont du 20 octobre , avait dit qu'il fallait considérer Tirlemont comme un poste avancé, dont les troupes devaient se replier sur Louvain à la première attaque. Il en était de même, suivant lui, de Diest à l'égard d'Aerschot. Aussi , donna*t-il l'ordre , le 22, de no laisser à Aerschot qu'une division d'infenterie avec 55 chevaux , et d'en détacher à Diest quatre-vingts hommes et douze chevaux seulement. Mais Latour n'avait pas encore eu le temps d'exécuter ces ordres, lorsque Yan der Mersch, qui cette fois avait accéléré sa marche, arriva devant Diest, le 24 novembre, à 4 heures après-midi. 11 y trouva le major Broëta , avec une division de Bender, quarante cavaliers et ui^ pièce de canon. La pièce avait été placée au haut de la montagne, du côté de la porte de tous les Saints, d'où elle semblait destinée à faire retentir l'air du bruit de ses détonations. Les troupes se trouvaient réunies sur le rempart, à gauche de la porte d'Anvers. Van der Mersch, qui avait toujours les trois pièces d'artillerie prises à Turnhout, en fit diriger le feu sur cette dernière porte, et s'étant frayé un passage, il ne tarda point à entrer dans la ville. Les Autrichiens se retirèrent vers la Grand'Place, et de là, après un échange de coups de fusils, ils sortirent par la porte de Sichem , abandonnant deux caissons chargés de munitions de guerre et
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rayant-train de leur canon. Ils perdirent dix hommes à cette affaire, dont un tué, et sept ou huit blessés. Il y eut aussi quel* ques hommes blessés et tués parmi les patriotes.
Cependant le général d'Alton s'était décidé, le 25 novembre, à envoyer le général de Baillet-Latour à la rencontre de l'ennemi, avec quatre divisions d'infanterie et six pelotons de dragons : il devait chercher l'armée patriotique et tâcher de la battre en rase campagne. Le lendemain , 24 , d'Alton lui avait donné avis de la marche des insurgés sur Diest et Westerloo. Nous ne savons pas au juste quel jour et à quel moment Latour se mit en marche, par suite des ordres précités; mais ce qui est certain, c'est que le 26, c'est-à-dire deux jours après la prise de Diest, il se trouvait à Aerschot, et que ce même jour il battit en retraite sur Louvain , et écrivit au général d'Alton qu'il croyait les insurgés trop nombreux à Diest et à Montaigu et qu'il craignait que Louvain ne fût attaqué. Ce qui rend cette retraite d'autant plus extraordinaire, c'est que, dans le même moment, Yan der Mersch qui ne se croyait pas en force pour résister aux troupes impériales, évacuait la ville de Diest et se jetait sur sa gauche. En rentrant à Louvain, le général de Baillet-Latour entendit le bruit du canon dans la direction de Tirlemont. C'était Yan der Mersch quî chassait de cette ville le commando placé sous les ordres du capitaine D'Harnoncourt. Latour envoya une division pour le soutenir contre un ennemi devant lequel il venait de se retirer avec tout son corps d'armée.
Ici se présente un spectacle nouveau et certainement inattendu. Trauttmansdorff et Yan der Mersch semblent tout à coup se prêter la main, pour clore les troubles par un arrangement, l'un à l'insu du général d'Alton, l'autre en dépit du comité de Bréda. Le tableau que nous allons esquisser , de cette double manœuvre, nous conduira jusqu'à l'armistice d'Orsmael.
D'Alton fit, pour la troisième fois, un vaste plan de campagne, à triple colonne, sans compter les commando-volants. Il voulait, comme toujours, exterminer les insurgés, brûler leurs lieux de retraite, détruire à jamais, par un exemple terrible, toute
Yellëitë de révolte. Déjà des ordres avaient été donnes pour concentrer l'armée, à laquelle d'Happoncourt, qui définitivement avait perdu Mons, devait venir se joindre, en marchant par Nivelles et Wavre» sur Hamme et Mille. Mais, d'un autre côté, le gouvernement de Bruxelles , loin de vouloir exterminer et détruire, était en train de faire des concessions aux patriotes. Les décrets d'amnistie générale du 25 et du 26 novembre venaient de paraître. En présence de ce £sdt , la responsabilité de d'Alton devenait immense : car, si les moyens de force qu'il voulait mettre en œuvre venaient à échouer, les moyens de douceur du ministre plénipotentiaire sauvaient celui-ci de toute solidarité, et d'Alton portait lui seul tout le poids de la dé&ite. Or, il ne s'agissait pas seulement du gain ou de la perte d'une bataille; il s'agissait du maintien ou de l'anéantissement de la domination autrichienne dans les Pays-Bas. D'Alton recula devant l'étendue de cette responsabilité. Il voulut la faire partager par le ministre plénipotentiaire et par le conseil général du gouvernement. Ce fut dans cette vue qu'il adressa à M. de Trauttmansdorff des notes trèspressantes, pour le forcer à s'expliquer sur l'emploi des moyens violents, et particulièrement sur la destruction de la ville de Diest, qu'il proposait de brûler.
Le ministre plénipotentiaire n'osa pas lui dire de renoncer à ces inutiles rigueurs; il n'osa pas surtout le détourner d'une entreprise décisive contre Van der Mersch ; mais il fit tout ce qu'il put pour laisser à d'Alton la responsabilité exclusive de ses œuvres. 11 eut soin aussi de lui communiquer une lettre du princ;ie de Kaunitz, qui défendait toute démarche, civile ou militaire, propre à aigrir les esprits; par ce moyen, il laissa le général dans l'irrésolution, tandis qu'il faisait de nouvelles tentatives auprès des insurgés pour leur faire goûter son amnistie. Afin de leur prouver ses intentions toutes bienveillantes, il fit mettre en liberté un grand nombre de détenus politiques , entre autres, l'échevin et ci-devant bourgmestre d'Anvers, M. Dellafaille, et le greffier de la châtellenie d'Audenaerde, M. Raepsaet. 11 chargea même ce dernier d'une mission dans la Flandre, espé-