SITUATION DO GOUVERNEMENT ATHÈS LES TROUBLES DE
Dans les dernières pages du volume qui précède, nous avons vu le gouvernement de Joseph II triomphant : il avait posé les conditions de la paix, dans l'édit du 21 septembre ( 1787); il avait tranché toutes les questions relatives à l'interprétation de cet édit , dans la déclaration du 17 décembre. Décidément , c'était l'exécution des préalables qu'il voulait, et il la voulait irrévocablement : l'Empereur n'entendait renoncer à aucune des mesures qui, à la date du 1er avril, avaient reçu un commencement d'exécution. Son ministre plénipotentiaire l'avait déclaré d'une il. i
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manière solennelle, et le général d'Alton avait forcé le conseil de Brabant à donner à cette déclaration la forme de l'authenticité. 11 semblait donc que l'opposition eût été vaincue; l'attitude toute militaire du gouvernement paraissait annoncer un régime fort, une administration régénérée, enhardie par le succès et décidée plutôt à étendre ses conquêtes qu'à abandonner le moindre des avantages acquis.
Telle était en effet la position apparente du gouvernement; mais si l'on fait attention que cet air triomphant, il ne l'avait pris qu'après avoir renoncé à ses principaux projets de réforme; si l'on se rappelle que les mesures déjà exécutées, à la date du l" avril, étaient les moins importantes et surtout les moins urgentes dans l'ordre politique; qu'à cette époque, ni les nouveaux tribunaux, ni les intendances de cercle n'avaient encore été institués; si l'on remarque enfin que les préalables se réduisaient à deux ou trois points, sans rapport direct et immédiat avec les destinées du pouvoir, on est tenté de comparer le gouvernement impérial à ces faux braves qui, après avoir éludé le combat, reprennent le ton alticr, menaçant, qu'ils affectaient avant que l'affaire devint sérieuse. Que restait-il en cITet à exécuter de tous ces préalables , à l'endroit desquels on faisait montre d'un caractère si ferme, de résolutions si énergiques? Il ne restait que l'établissement du séminaire général et la suppression des séminaires épiscopaux. Nous l'avons déjà fait remarquer, aucun intérêt gouvernemental n'était directement et immédiatement attaché à cette double mesure. Et cependant le gouvernement s'en engoua , à tel point que , pour en accélérer l'exécution, il entretint dans le pays une fermentation qui n'avait plus d'autre aliment. Les séminaires épiscopaux et par suite l'université de Louvain devinrent les foyers de la révolte, parce que seuls ils restèrent en butte aux entreprises joséphistes. De réforme dans l'organisation administrative et judiciaire, il n'en était plus question. Ix» conseil de llrabant avait été maintenu dans toutes ses prérogatives : le gouvernement se trouvait trop heureux d'avoir pu y faire rentrer le chancelier. Tout le cahos