‹ Ferdinand Rapédius de BergChapitre 72 sur 119 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

VAINES TKNTATIVL9 POLR PAItVEMIl V L'ÉTABLISSEMENT DU

L'année 4788 s'ouvrit sous de singuliers auspices; voici ce qu'en dit un auteur contemporain : c Le premier jour de Tan il y eut gala au palais de Son Excellence le comte de Trauttmansdorff-Weynsberg , ministre plénipotentaire de Sa Majesté impériale au gouvernement général des Pays-Bas autrichiens. Son Excellence reçut les félicitations des ministres étrangers et de la première noblesse. A onze heures, elle se rendit à la chapelle de la cour, où , après la grand'messe, un Te Deum fut chanté par

RAI'ÉDllS

l'abbé de Caudenberg, Grégoire Joseph Vanderheyden, premier chapelain de la chapelle royale et curé de la cour. Les canonniers de la ville, qui faisaient partie du Serment de S'-Christophe et Sl,-Barbe, avaient reçu ordre, de la part de MM. les échevins de cette résidence princière, suivant l'usage de tous les ans, de tirer le canon pendant le Te Deum et d'annoncer la nouvelle année, du haut des batteries de la ville. Mais aussitôt que la poudre à canon leur eut été distribuée, elle fut saisie et enlevée par des soldats de la ligne, en exécution des ordres de Son Excellence le comte Richard d'Alton, général commandant les troupes dans les Pays-Bas. I>e sorte que les canonniers de la ville durent s'en retourner chez eux, et ne purent exécuter les ordres du magistrat. >

Celte page, que nous avons traduite presque littéralement de la chronique de Goetval (i), vaut tout un commentaire sur la situation des choses. L'auteur ajoute cette simple réflexion, qui est également significative : « Wat daer al van ml komen moet « ons den tyd uytwtjzen. Ce que de tout cela il adviendra, le temps « nous l'apprendra, i

C'est trois jours après cette équipée, que commença l'exécution des grandes mesures ordonnées par l'Empereur. Le 4 janvier 1 788, M. de Trauttmansdorff fit connaître aux états des diverses provinces et à tous les évêques quelles étaient les intentions de Sa Majesté relativement au séminaire général. S'il n'y avait pas eu irritation de part et d'autre, et par cela même mauvaise volonté, on n'eût pas été si éloigné de s'entendre. Pendant son séjour à Vienne, l'archevêque de Malines avait adressé au gouvernement impérial un mémoire, dans lequel il désapprouvait hautement les désordres qui avaient eu lieu à Louvain, et il proposait, comme moyen d'en prévenir le retour : 4° d'assurer aux évêques l'inspection et la surveillance de l'enseignement des sciences théologiques; 2° de défendre l'usage des auteurs prolestants ou suspects d'hétérodoxie ; 3° de remplacer le professeur de droit canon Leplat par

(t) Manuscrit de la bibliothèque Van Hultbem , actuellement de la bibliothèque de Bourgo g ne, n» 1JWS3 de l'inventaire général.

DE BERC.

le professeur Nelis, alors docteur en droit civil à la même université ; 4° de renvoyer du séminaire les abbés Stoeger, La joie et Coppine, et d'y faire entrer M. Manderlier (t), doyen de l'église collégiale de S'-Pierre, à I^ouvain, et président du collège de Savoie ; 5° de diviser les élèves (qu'il supposait devoir être portés au nombre de 1500) par diocèses, dans divers collèges et sous l'administration de leurs évéques respectifs, avec obligation pour tous de suivre les cours publics de l'université. Ces exigences furent en partie satisfaites par la dépêche que M. de Trauttmansdorlf adressa aux évéques, le 4 janvier, et dont il donna communication aux états le môme jour. Le ministre plénipotentiaire y exprimait le désir que les évéques lui proposassent un candidat pour être investi des fonctions de directeur du séminaire général, s'en rapportant d'ailleurs à eux quant au choix des sous-directeurs, dont la nomination leur était dévolue. Cest dans cette même dépêche qu'il leur annonçait la substitution du plan de l'institut du séminaire général de Pavie (d'après celui de saint Charles Borromé) , au plan de 1 institut de Vienne, qui avait été adopté d'abord. Enfin, il les invitait à faire connaître aux supérieurs des maisons religieuses et des ordres mendiants de leur diocèse, que les religieux, actuellement étudiants, étaient exemptés d'entrer au séminaire général, mais qu'ils auraient à se rendre sans délai à Louvain, pour y suivre les cours de théologie, sauf à se loger dans les couvents de leur ordre, ou dans tels collèges qui leur seraient désignés par leurs supérieurs.

11 semblerait, d'après cela , que les vœux du clergé eussent dû être accomplis, ou que du moins il n'eût dû lui rester que peu de chose à désirer encore. Mais ce qu'avait demandé l'archevêque de Malines, lorsqu'il se trouvait à Vienne, à l'abri de l'influence du clergé brabançon et assez éloigné du théâtre où se jouaient

(t) Léopold Pierre Joseph Manderlier, Dé à Bruxelles, licencié en droit, le 80 juillet 1770; vice président du collège de Savoie, en 1771 ; chanoine de la première fondation de l'église collégiale de Saint-Pierre, a Louvain, mu mois d'août 1775 ; président du collège de Savoie, en 1777; élu , le 13 octobre 1788 , doyen du chapitre susdit de Saint-Pierre, et installé en celte qualité , le 33 du même mois ; conservateur des privilèges de l'université , et juge synodal de l'archevêché de Maline*. Il conserva ces fonctions jusqu'à l'époque de l'invasion française , en 179*.

RAPÊD1LS

les scènes du séminaire général, pour les juger sainement, n était pas ce que lui-même et ce clergé voulurent, lorsque, dominés par l'esprit séditieux qui régnait despotiquement en Belgique, ils ne virent dans les concessions du gouvernement que le signe d'une défaite. En présence de cette manière de voir , qui était généralement partagée dans le pays, on sent qu'il n'y avait pas de transaction possible : il fallait ou vaincre ou s'avouer vaincu. M. De Trauttmansdorff eut beau doubler la dose des concessions, en annonçant encore aux évéques, dès le lendemain, 5 janvier , que la volonté de l'Empereur était qu'ils exerçassent une surveillance active sur l'enseignement qui se donnerait à Louvain et sur les livres dont il y serait fait usage; que S. M. voulait qu'en sortant du séminaire général, leurs élèves leur fussent rendus, pour subir, dans les séminaires épiscopaux, transformés en maisons de prêtres, les dernières épreuves scientifiques et morales; il eut beau adresser aux états copie des mémoires présentés à l'Empereur par l'archevêque de Malines, pendant son séjour à Vienne : rien ne put empêcher l'épiscopat de se lever en masse contre les ordres du gouvernement. Dès le 7 janvier, l'évêque d'Anvers écrivait au ministre plénipotentiaire qu'il considérait comme impossible de donner les mains à l'exécution de ces ordres : t Mon chapitre , disait-il , dont j'ai cru devoir demander l'avis dans une affaire aussi délicate, s'y oppose le plus formellement et me rappelle le serment que j'ai prêté, dès ma prise de possession. > Il en fut à peu près de même de tout le clergé. Le chapitre métropolitain de Malines écrivit au cardinal-archevêque, dans son avis doctrinal du 4 janvier : c Nous sommes fermement persuadés qu'il n'est pas dans le pouvoir de Votre Eminence d'aliéner le droit , qu'elle a reçu de Jésus-Christ, d'enseigner les fidèles confiés à ses soins, et d'avoir sous sa dépendance complète ceux qu'elle commet pour la suppléer dans cette importante fonction. »

Voici ce qu'écrivait de Louvain, à cette occasion, le correspondant du chanoine De Neuf, sous la date du 7 janvier : « Les chapitres métropolitains et cathédraux de Malines, Anvers el

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Namur se sont conjoints aux évéques pour combattre le séminaire général , et je suppose que les autres feront ou auront déjà fait de même. Je crois que cette semaine nous apportera de grandes nouvelles pour le séminaire général, qui, j'espère, sera dissipé par l'assistance du Ciel , que l'on implore ici avec ferveur : car il y a tous les jours des grand'messes à cette fin dans Tune ou l'autre église. >

Qu'on ne s'étonne pas, au reste , de ce qu'à Louvain même, où le séminaire général devait être établi, dans la ville qui semblait devoir profiter de cette institution, on adressât des vœux au Ciel pour obtenir sa destruction : l'université aussi n'avait-elle pas été attaquée dans ses privilèges? N'était-elle pas dès lors entrée dans l'opposition? On se rappelle sans doute les cris lamentables, les évanouissements, les spasmes de cette tant bénigne et propice mère (i). Depuis lors, elle avait persisté dans ses réclamations avec toute l'insistance que peut inspirer l'esprit de parti. Elle était, disait-elle incessamment, un corps brabançon ; ses statuts et ses privilèges faisaient partie de la consti- • tution du duché ; elle était donc placée sous l'égide de la joyeuse entrée; comme telle, on ne pouvait la traiter que par droit et sentence. A l'aide de ce raisonnement , elle arrivait à cette singulière conclusion , que, pour lui imposer des règles nouvelles, il fallait l'attraire en justice réglée et obtenir contre elle un arrêt du conseil de Brabaut. Vouloir la traiter autrement , vouloir, par voie d'autorité, modifier ou réformer un corps brabançon, c'était porter atteinte aux institutions du pays , c'était manquer à la foi jurée, c'était par conséquent provoquer le pays à l'insurrection. C'est ainsi que la question de l'université avait été transformée en question d'ordre social, et que cette bonne mère (aima mater) avait trouvé, elle aussi, son moyen de trouble et d'émeute.

Le gouvernement, qui était en train de faire de la force, fit entendre sa grosse voix à l'université de Louvain. Dans sa dépêche du 21 janvier, M. de Trauttmansdorff lui fit connaître toute son indignation , et la menaça de toute sa colère , en cas de

( « ) Voir H tome i" , pag« «56.

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récidive. « Vous osez encore, dit-il , insister à vouloir confondre les statuts et les privilèges de l'université avec la constitution du pays , et réclamer , sous le prétexte de la prétendue qualité de corps brabançon , que vous vous arrogez , la voie de la justice réglée contre les dispositions souveraines sur le régime de l'université. JNe voulant pas qu'il reste dans les actes du gouvernement aucun vestige de pareille réclamation , nous vous renvoyons ci-jointe cette réponse (de l'université à la dépêche du 19 janvier) et vous réitérons, pour la dernière fois, que Sa Majesté n'entend absolument pas d'admettre une prétention aussi contraire à la nature même et à la constitution de l'université, qu'au droit incontestable et à la possession constante, dans laquelle les souverains des Pays-Basse sont maintenus depuis l'existence de l'université , d'en être les seuls juges , comme les modérateurs et administrateurs suprêmes, et, en conséquence, les maîtres absolus d'y changer, modifier et réformer tout ce que, dans leur justice et dans leur sagesse, ils peuvent trouver convenir pour le bien

général des études Nous vous ordonnons de nouveau , à tous

en général et à chacun de vous en particulier, de vous soumettre et de vous conformer à la décision souveraine portée par notre dépêche du 29 décembre dernier, conGrmée par celle du 19 de ce mois, et vous interdisons d'articuler encore, soit de vive voix , soit par écrit, cette prétention, qui vous est pleinement et irrévocablement abjugée par Sa Majesté, à peine que ceux qui oseraient se permettre encore la moindre démarche à cet égard , seront traités comme désobéissants et réfractaires aux ordres de l'Empereur : vous prévenant que, non-seulement nous ne recevrons ni admettrons plus aucune représentation, députation ni protestation quelconque à ce sujet; mais que, si vous osiez en faire, nous les tiendrons pour des actes formels de désobéissance et y disposerons en conséquence, d'après les ordres que nous avons de Sa Majesté. >

D'après cette dépêche, l'université pouvait se tenir pour avertie : il était impossible qu'un nouvel acte d'opposition ne donnât pas lieu à quelque effort violent de la part du ministre plénipo-

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tentiaire. Et cependant, même après l'affaire du 22 janvier, le coup de force du général d'Alton, telle était la faiblesse reconnue du gouvernement, tel était le contraste entre sa force affectée et son impuissance réelle, que les menaces de M. de Trauttmansdorff furent considérées comme vaines. L'université n'en continua pas moins à protester contre toutes les mesures du gouvernement. Elle alla jusqu'à refuser d'enregistrer les décrets qui lui étaient adressés. Le 6 février 1788, elle reçut à ce sujet la visite du sieur Cuylen, fiscal de Brabant, accompagné de M. Stocquart de Courtaubois (i), lieutenant du prévôt général de l'hôtel de Sa Majesté, et du sieur Van Trier (s), lieutenant m ayeur do la ville de Louvain. Les membres de l'université se réunirent à huit heures du matin , et après avoir délibéré jusqu'à près de deux heures, ils refusèrent formellement d'enregistrer les décrets du gouvernement général. Il leur fut alors infligé des arrêts civils , jusqu'à ce qu'ils eussent obéi. Ils reprirent leur délibération, et, à la majorité des voix, ils refusèrent de nouveau. Enfin , les trois commissaires du gouvernement exhibèrent leur commission, qui les chargeait de procéder eux-mêmes à l'enregistrement refusé, et ils se mirent en devoir d'opérer en effet cet enregistrement dans le livre des résolutions de l'université. La

( i ) François Xavier Slocquart de Courtaubois , officier dans l'armée impériale , pub lieutenant prévôt général des Pays Bas et de l'hôtel de Sa Majesté, a Bruxelles , fut nommé prévôt général au mois de janvier 1780, en remplacement de Charles François Albert De Vcrlegms, seigneur de Mirsurooot. Il fut le dernier prévôt général et exerça ses fonctions jusqu'à l'époque de la conquête de la Belgique par les armées françaises, en 1704. Il émigra alors à la suite des armées autrichiennes. Crumpipen en fait un pompeux éloge; il l'appelle l'homme le plus zélé, le plus actif, le plus intelligent et le plus utile que l'on puisse désirer. Il a rendu , dit-il, de grands services pour Taire cesser les désordres les plus menaçants a Anvers , à Lierre, au pays de Waes.ct on peut dire qu'on lui a l'obligation d'avoir prévenu les désordres particuliers à Bruxelles. C'est par lui, dans l'inaction des officiers publics , que l'on a eu les meilleures notions.

(a) Jacques Joseph Antoine Van Trier, né à Anvers, (ils de Pierre Van Trier , seigneur de Meulenberg et de Braudt, mort le 6 février 1767 , et de Jeanne Pétronillc Van Vlimtneren. 11 avait épousé, le 29 mai 1781, Catherine Louise d'Awans, fille de Philippe Jos?ph d'Awans, seigneur de Sluys, lieutenant majeur de la ville de Louvain, depuis le 33 mars 1752 , et de Marie Barbe Artois. II fut nommé adjoint lieutenant-mayeur de la ville de Louvain , avec droit éventuel de succession au majeur titulaire , qui était sou beau-père, et prit possession de cette place, le 21 mai 1784. Philippe Joseph d'Awans étant mort le 8 novembre de la même anrife. Van Trier lui succéda immédiatement dans ses fonctions de lieutenant mayeur de la ville de Louvain.

RAPÊDIUS

plupart des membres de ce corps protestèrent, immédiatement après, contre cet acte.

Celait là ce que le gouvernement appelait faire preuve d'énergie. Pour appuyer cette grave opération , il avait fait suivre ses commissaires par quelques prévôts à pied et à cheval de la prévôté de l'hôtel , dits de la verge rouge , et du drossart de Brabant. Ces troupes firent des patrouilles le loug du marché et des rues voisines de la Halle, sous prétexte d'y maintenir Tordre; mais tout était parfaitement tranquille, et ces démonstrations furent aussi vaines, quant à leur effet sur le public, que les arrêts civils infligés aux. membres de l'université le furent, quant à la conduite ultérieure de ce corps.

Le 15 février, une autre expédition fut dirigée contre l'université et son livre des résolutions. M. De le Vielleuze, conseiller au conseil royal du gouvernement général (i), et M. De Launay,

(») Martial Joseph Louis De le Vielleuze , seigneur de l'Uove, Dé 4 Lessines, le 12 mars 1739 , fib de Georges Louis De le Vielleuze, seigneur de l'Hore, grand biiily de Lessines, anobli par lettres patentes de l'impératrice reine Marie-Thérèse , en date du 29 décembre 1743, et de Marie-Thérèse De Brabant. Apres avoir obtenu le grade de licencié en droit à l'université de Louvain , il embrasa la carrière d'avocat , devant le grand conseil de Maliors, auquel rassortissait en dernière instance la province du Haioaut. Il devint grand bailly de Lessines , et fut nommé conseiller maître des requêtes au graud conseil , par lettres patentes du 16 février 1777, en remplacement du conseiller Daniel Servies , que des ioGrmités rendaient incapable de remplir ses fonctions ; ce dernier mourut à Malines , le 25 avril de la même anuée. Comme M. De le Vielleuze avait épousé la 61 le du conseiller Pierre Deudon, mort le 21 octobre 1781 , il obtint du gouvernement les dispenses spéciales pour pouvoir siéger dans ce conseil en mémo temps que «on beau père; il y fut admis et prêta serment, le 24 février 1777. L'empereur Joseph II le nomma conseiller privé, par lettres patentes du 21 novembre 1782, et il occupa cette place jusqu'à l'époque de la conquête de la Belgique par les armées françaises, en 1794. Dans son rapport sur les membres du gouvernement, M. De Crumpipcn dit de lui qu'il était un galant homme , instruit, zélé, ayant la considération publique : « il est éclairé, dit-il , ferme , et ses observations sont toujours faites k propos; son style n'est pas brillant , mais il est au moins clair. ■ En 1814, M. De le Vielleuze reparut dans la carrière des emplois, et sortit de la vie privée où il s'était concentré pendant toute l'époque de la domination française; le 15 février 1814, il fut appelé 4 faire partie du gouvernement provisoire de la Belgique , en qualité de membre du conseil administratif général. Lorsque le prince souverain des Provinces- Unis, depuis roi des Pays- Bas , organisa , en qualité de gouverneur général , le gouvernement de la Belgique et créa le conseil privé par son arrêté du 14 août 1814, n* 251 , il appclla M. De le Vielleuze à y siéger, et lorsque , l'année suivante , il organisa le gouvernement royal , dont il venait de prendre les rênes , il le nomma , au mois d'octobre 1815 , conseiller d'état en f ervice ordinaire et membre de la commission spéciale de ce conseil , chargée des affaires du culte catholique. Il fut nommé , le 24 novembre 1816 , chevalier de l'ordre royal du lion Belgique. Il mourut à Bruielles 4 Pàge de près de 82 ans, le 7 février 1831. Il avait épousé, le 30 novembre 1769, Anne Joséphine Deudon, née a Malines, en 1748, morte 4 Bruielles, le 2 février 1781, inhumée dans l'église collégiale des Saints Michel et Gudule en cette ville.

DE BEHG.

secrétaire du même conseil (1), arrivèrent à Louvain, en qualité de commissaires royaux, sous l'escorte de M. Stocquart de Courtaubois, lieutenant du prévôt général , et de sa compagnie. Ils étaient chargés, cette fois, de faire biffer du livre des résolutions la protestation qu'on s'était permis d'y inscrire, le 6, à la suite de l'enregistrement opéré par les premiers commissaires. Ils convoquèrent, pour assister à cette opération, tous les membres de l'université, à l'exception de quatre d'entre eux, qui, après qu'elle fut faite, protestèrent encore.

(0 Jean Louis Wenceslas De Launay, né * Vienne, licencié en droit a l'université dè Lou vain, le 20 mars 1709, avocat au conseil souverain de Brabant, et ensuite secrétaire de Sa Majesté et greffier du conseil des domaines et finances des Pays-Bas, membre de l'académie impériale et royale des sciences et belles lettres de Bruxelles, le 14 septembre 1776, confirmé flans cette qualité , le 29 mars 1817. Ce corps savant lui avait décerné un accessit au concours de l'année 1774, pour son Mémoire sur la culture de* terres nouvellement défrichées, (inséré dans le Recueil des mémoires couronnés par l'académie de Bruxelles). M. De Launay fut également nommé membre de la société zélandaise des sciences de Flessingue, le 7 octobre 1786. Il mourut a Vienne, le 14 avril 1817. H était fils de Charles Louis Tlieur de Launay , ministre de l'Empereur à la cour de France cl de Marie Thérèse Nell de Mellenberg. II avait épousé à Bruxelles , le 6 août 1781 , Anne Christine De Tiege , née à Hervé, dans le pays de Limbourg, fille d'Adolphe Alexis De Tiege. conseiller maître à la chambre des comptes de Bruxelles, et d'Antoinette Françoise Liebaut de la Louvière.

M. De Launay était un savant distingué. Quérard, dans sa France littéraire, t. IV, p. 610, cite quelques-uns de se* ouvrages et de ses mémoires académiques; mais il en fait erronnément deux personnages distincts, l'un, selon lui, avocat et membre de l'académie de Bruxelles et l'autre médecin et minéralogiste. Outre plusieurs mémoires qui ont été insérés dans les Recueils de 1'ancicune académie de Bruxelles, nous avons encore de M. De Launay :

!• Essai sur [histoire naturelle des roches, précédé d'un exposé systématique des terres «I des pierres, ouvrage auquel l'académie impériale de Saint-Pétersbourg adjugea le premier accessit , ensuite de la question qu'elle avait proposée en 1783. Bruxelles, Lemaire, 1786 in-8*.

2- Traités sur thistoire naturelle et la minéralogie. Londres, 1786, in-lî. '

S* Les genres sexuels des plantes, établis par Linnée et mis à la portée de tout le monde, ou Manuel de botanique , destiné à servir de guide pour étudier dans un ordre systématique les descriptions des végétaux données par Miller, dans son Dictionnaire des jardiniers et des cultivateurs, avec deux tables alphabétiques , l'une des noms français et l'autre des noms latins. Bruxelles, 1791, in-8». Imprimé sous le privilège de l'académie de Bruxelles. Il est devenu très- rare.

4* Minéralogie des anciens , ou exposé des substances minérales connues demi l'antiquité, suivie d'un Tableau de comparaison de la minéralogie des anciens avec celle des modernes. Paris, 1805, deux volumes in-8*. M. De Launay avait lu ce travail à l'académie de Bruxelles , en 1793. Une traduction allemande, par M. d'Occhi, a paru avant le texte même. Elle est iutituléé J. Von Launay 's Minéralogie der aliénants der fransosischer handschrifl. Prague, 1802 trois volumes in-8*.

5* J>l(re à M. le chevalier De Boni , sur la tourmaline du Tyrol , par M. Muller, conseiller du département des mines et des monnaies en Transylvanie. Traduction de l'allemand , augmentée de plusieurs notes de l'éditeur, avec figures. Bruxelles, 1779, in-4». M. De Launay n'a pas mis sou nom k cette publication , mais il a signé la lettre de l'éditeur a M. De Boni, qui se trouve en tête de cet opuscule.

ÎUPÊDIIS

Mais bientôt les mesures adoptées par le gouvernement prirent un caractère plus sérieux. Le 19 février , le recteur magnifique de l'université (1) fut mandé au gouvernement général, où le ministre plénipotentiaire lui signifia qu'il était mis aux arrêts civils, par ordre de Sa Majesté, et que la ville de Bruxelles lui était assignée pour lieu de détention. M. Clavers, le recteur, protesta contre cette mesure, disant que personne, en Brabant, ne pouvait être mis aux arrêts, avant que sa culpabilité eût été prouvée par une procédure en règle. En conséquence, il adressa requête au conseil souverain de Brabant, à l'effet d'être maintenu dans ses fonctions, en se fondant sur la qualité de corps brabançon, attribuée par lui à l'université dont il était membre.

Le 20, les commissaires du gouvernement général, MM. De le Vielleuze et De Launay se rendirent de nouveau à Louvain, et ayant convoqué les membres de l'université au local des Halles, ils installèrent, au nom de l'Empereur, M. le docteur Van Leeoipoel (2) dans les fonctions de recteur magnifique. Le 22, l'avocat De Burleus (3) fut nommé adjoint promoteur, et, le 25, l'universi té ayant été convoquée de nouveau, on installa le sieur Ray ma ekers (*) régent de la pédagogie du faucon, comme vice-recteur, adjoint à M. Van Leempoel.

(1) Henri Clavers, lié à Louvain , SI-* en philosophie, sur 120 élèves , dans la pédagogie du faucon , au concours général de l'année 1"85 , régent de la pédagogie du porc , bachelier formé en théologie , recteur magnifique de l'université , depuis le 28 février 1780 jusqu'au 31 août de la même année , avait été de nouveau élu recteur magnifique , le 1" septembre 1787.

(s) Jean Guillaume Van Leempoel, né à Rotterdam, licencié en médecine à l'université de Le) de, puis à l'uuiversité de Louvain, le 7 novembre 1773; nommé, le 13 novembre de la même année, professeur de cette dernière université. Il prononça, a cette occasion , un discours inaugural qui fut imprimé. Il obtint en mémo temps un canonicat de la seconde fondation , annexé a sa chaire , dans l'église collégiale de S'-Pierre. Il devint docteur en médecine , le M octobre 1783 , cl fut le dernier docteur promu a l'ancienne université de Louvain. Il fut élu recteur magnilique de l'université, le 30 août 1784, réélu le 30 novembre suivant, continué le 6 mars et le 31 mai 1785. Ayant été nommé recteur magnifique par le gouvernement , en 1788 , il fût réélu dans cette (onction , le 8 juin 1789 , quoiqu'il demandât à en être déchargé. Le corps universitaire envoya une dépulation au gouvernement, pour le prier de conserver ce professeur à Is tétc de l'université. 11 perdit sa chaire en 1791 , lorsque l'université fut rétablie dans ses droits par l'empereur Léopold II. 11 était frère de Guillaume Van Leempoel, président du collège de Hollande .

(s) Françoi* Ernest De Burleus, né au village d'Overal, licencié eu droit à l'université de Louvain, le 3 février 177».

(4) Joseph Ite Raymaeckers, né à Louvain, bachelier formé en théologie; professeur de langue latine au nouveau collège; nommé régent dans la pédagogie du faucon , le 30 août 1779.

DE BEHC.

Ce ne fut que le 23, que le gouvernement parut s'occuper de la requête de M. Clavers. Les archiducs adressèrent, sous cette date, une dépêche au conseil souverain de Brabant , lui interdisant de prendre connaissance de tout objet qui regarde l'enseignement, la police, la discipline, les employés et autres affaires de l'université, lui défendant, en conséquence, de donner aucune suite quelconque ni à la requête de Qavers ni à celle des ci-devant professeurs ai théologie qui se sont plaints de leur exclusion des assemblées de cette université, ni à toute autre affaire tenant à cette université. Cette dépêche se terminait par la menace accoutumée, de considérer toute infraction à son contenu comme un empiétement sur l'autorité souveraine et tfagir tfaprès ce que demanderait une désobéissance aussi

Cependant , depuis l'installation de M. Van Leempoel , comme recteur magnifique , une trentaine de membres et fonctionnaires de l'université, qui ne voulaient pas reconnaître ce nouveau recteur , avaient cessé de se rendre aux réunions qui se tenaient aux Halles. Le gouvernement en fut informé, et, dans une dépêche qu'il adressa à M. Van Leempoel, sous la date du 25 février, il l'invita à convoquer immédiatement une assemblée générale de l'université, et à faire connaître à chacun de ses membres, qu'il avait résolu de déclarer déchus de tous offices et fonctions académiques, ceux qui, ayant été appelés de la manière accoutumée, s'abstiendraient d'assister aux assemblées, sans qu'ils fissent conster d'un empêchement légitime. Une copie authentique de ce décret devait être signifiée à chacun des membres de l'université, qui n'auraient pas répondu à la convocation du recteur, et M. Van Leempoel était invité à adresser au gouvernement la liste de tous ceux qui n'assisteraient pas à la première des assemblées suivantes, en indiquant leurs fonctions, et en proposant d'autres personnes, pour les remplacer provisoirement.

L'assemblée générale fut convoquée pour le 28 février; mais aucun des membres opposants ne s'y présenta. M. Van Leempoel envoya la liste des absents, en se conformant aux ordres qu'il avait reçus. Le lendemain, 29 février, était le jour où, suivaut

KAPÉDIUS

l'usage, devait avoir lieu l'élection du recteur magnifique de l'université. Le gouvernement défendit l'assemblée, sous les peines les plus sévères. Néanmoins , les membres opposants se réunirent dans un autre local que celui des Halles; mais ils s'abstinrent de procéder à l'élection : ils se contentèrent de protester contre la défense qui leur en avait été faite , déclarant qu'ils la considéraient comme trouble. Dans la soirée du même jour , tous ces membres reçurent avis du gouvernement général qu'ils étaient déclarés déchus de leurs emplois et fonctions, et ordre formel fut donné au recteur et aux autres fonctionnaires restés fidèles , de proposer des personnes capables de remplir les fonctions vacantes.

Le 15 janvier avait été fixé pour l'ouverture des cours publics de théologie à l'université. Aucun des théologiens ne s'y présenta, pas môme ceux qui jouissaient, dans divers collèges, des bourses fondées pour l'étude de cette science. Le 2 mars , décret des gouverneurs généraux , par lequel, « voulant mettre un terme à l'abus que l'on fait des bourses et fondations, qui ne sont établies que pour ceux qui suivent les leçons publiques de théologie, LL. AA. RR. chargent le recteur et les autres fonctionnaires de l'université de publier et faire afficher une ordonnance enjoignant à tous les théologiens de fréquenter exactement les cours publics de théologie, à compter du lundi suivant, 10 de ce mois, sous peine, contre ceux qui n'y comparaîtront pas et qui ne continueront pas à les fréquenter assidûment, d'être rayés du tableau de l'université et expulsés des collèges, et en outre sous peine, pour ceux qui seraient pourvus de bourses ou fondations, d'en être privés; peines que le recteur aura à décréter et à faire exécuter. »

Ce décret fut publié le lendemain, 3 mars, avec un avis du recteur, annonçant qu'à défaut de soumission de la part des théologiens, il appliquerait les peines énoncées dans le décret. Le même jour, après-midi , tous les philosophes des quatre pédagogies firent leur bagage et abandonnèrent l'université , à l'exception de quatre ou cinq d'entre eux, à qui Ton imputa de

DE BERG

n'avoir pas d'autres moyens d'existence. Autant en tirent la plupart des étudiants du nouveau collège de la Su-Trinité : de sorte que les quatre pédagogies et le nouveau collège se trouvèrent à peu près vides.

Cependant les cours devant être repris le 10, on se hâta de faire les mutations et nominations nécessaires dans le personnel des professeurs. Le 7 mars, assez tard dans la soirée, arriva au sieur Marant, doyen delà faculté de théologie, une dépêche du gouvernement général, par laquelle la provision accordée au sieur Dillen (î), pour donner les leçons du sieur Leemput (2), doyen du chapitre de Renaix , venait à cesser, par la raison qu'il n'avait pas encore le grade de licencié; et attendu que MM. Wuyts (3),

(1) Vincent Henri DUlen, né au village de Moll, ciiième de la seconde ligne au concours général do philosophie à l'université de LouTain , en 1778 , nommé lecteur au collège de Viglius , avait été chargé, au mois de février 1788, de renseignement de la langue grecque et de l'herméneutique sacrée , au séminaire général , en remplacement du docteur Leemput. Cette nomination fut révoquée, parce que le nouveau professeur ne possédait pas le grade de licencié en théologie. Il fut ensuite admis à ce grade , le 50 juin 1788 , et fut chargé, au mois de septembre suivant, de l'enseignement des éléments de la théologie. Au mois d'octobre de la même année, il fut nommé régent du nouveau collège de la Sainte- Trinité. Il cessa de dire partie de l'université de Louvain , depuis sa restauration par l'empereur Léopold II , en 1791.

(s) Jean Joseph Hubert Leemput , natif de Rotterdam , second en philosophie dans la pédagogie du faucon, au concours général de l'université de Louvain , en 1768; prêtre , lecteur du collège de Hollande , en janvier 1774; licencié en théologie , le 6 décembre de la même année ; nommé président du petit collège, le 9 juiUel 1776 ; docteur en théologie, le 3* août 1780 ; président du collège de la Haute-Colline , au mois d'août 1783 ; recteur magnifique de l'université de Louvain , le 30 février 1783 (il fut réélu quatre fois de suite et exerça, pendant un an, ces fonctions trimestrielles), fut chargé, au mois d'octobre 1786, de l'enseignement du Nouveau Testament, au séminaire général , ainsi que des éléments de la langue grecque et de l'herméneutique sacrée. Au mois d'octobre 1787 , il fut nommé doven do la collégiale de Renais. Au commencement de 1788, il quitta Louvain , et fut déclaré déchu de ses fonctions par la dépêche du 25 février 1788. Leemput conserva la dignité de doyen du chapitre de S1- Hermès , à Renaix, jusqu'à la suppression des corporations religieuses en Belgique. Il a publié des Inslituliones Ungnœ gracœ, Lovanii, 1782, in-8*. ouvrage très- estimé et dont quelques collèges font encore usage aujourd'hui.

(s) Pierre Wujts, né au village de Tongerloo, dans la Campine , premier de Louvain dans la pédagogie du porc, au concours général de philosophie, en 1756; professeur de philosophie dans la même pédagogie du porc, puis président du collège de Halderus, depuis l'année 1771; prêtre , chanoine de la collégiale de S'-Hermès, à Renaix ; licencié en théologie; docteur dans la même faculté, le 8 août 1775 ; recteur magnifique, depuis le 31 août 1775 jusqu'au 31 août 1776 ; docteur régent en théologie , le 30 septembre 1780 ; président du collège de Bay , le 16 octobre de la même année ; président du collège de Standonck , au mois de juillet 1782. Le 11 octobre 1783 , il fut nommé, par les bourgmestres de Louvain, professeur ordinaire de théologie et fut en même temps pourvu d'un canonicat de la première fondation , annexé à cette chaire , dans l'église collégiale de S*-Pierre. Le 31 août 1785 , il fut élu de nouveau recteur magnifique de l'université de Louvain et exerça ces fonctions temporaires jusqu'au 28 février 1786. Au mois d'octobre da

HAPÊDIUS

Herfls (i) et Fruyt (2) étaient déchus par la dépêche du 25 février, le gouvernement déclara que M. Marant enseignerait provisoirement l'histoire ecclésiastique et la théologie pastorale; M. De Mazicrc la théologie dogmatique; M. Wouters (3) l'Ancien et le Nouveau Testament, et M. Sentelet (*) la morale.

la même année, il fut nommé professeur royal de théologie morale au séminaire généra) qui venait d'être érigé. 11 était en outre secrétaire du chapitre de la collégiale de S'-Pierre, a Louvain. Il mourut dans le collège de Standonck , dont il était président , le 16 mars 1788. Il avait été déclaré déchu de ses fonctions au séminaire général, eu vertu de la dépêche du 25 février 1788.

(i) Le père Vincent lleriïs, religieux dominicain, docteur régent de la faculté de théologie à l'université de Loutain , fut nommé , le 15 novembre 1786, pour enseigner la théologie morale au séminaire général. Ayant ahandonué son poste , il fut au nombre de ceux qui furent déclarés déchus de leurs mildious, par la dépêche du 25 février 1788. Rentré plus tard dans ses droits , il continua à faire partie de l'université de Louvain, jusqu'au moment de sa suppression.

( ») Le père Pie Fruyt , religieux de l'ordre des dominicains, né a Cavre, au pays d'Alost ; profesau couvent de Garni; licencié en théologie, le 11 octobre 1774; régent des études, au collège de son ordre a Louvain ; docteur en théologie, le 22 août 1780; nommé, au mois d'octobre 1786 , professeur de théologie pastorale au séminaire géoéraL Au commencement de l'année 1788 , il quitta son poste et fut déclaré déchu de ses fonctions , par la dépêche du 25 février 1788. Réintégré postérieurement, il conserva sa chaire, à l'université de Louvain , jusqu'à l'époque de la suppression de cet établissement.

(3) Henri Wouters , né à Louvain , sixième de la deuxième ligne dans la pédagogie du château , au concours général de l'année 1770 ; licencié en théologie , le 30 avril 1776; nommé lecteur au petit collège, dans la même année, et , le 13 novembre 1783, président du collège des trois langues , à l'uni versitéde Louvain. Au mois d'octobre 1786 , il fut chargé de l'enseignement de l'Ancien Testament et de la langue hébraïque, au séminaire général. Au mois de septembre 1788, il fut nommé président du collège de Viglitu , en remplacement du docteur Pierre Jacques Marant, nommé prés ident du collège d'Arras. A la restauration de l'université de Louvain , après les troubles de 1787 , il ne fut pas replacé.

(*) Jean Ferdinand Sentelet, né au village d'Ovcrv» inden , province de Liège, près de Tirlemont, le 17 juillet 1754, fils de Henri Ferdinand Sentelet et d'Anne Colette Lowet ; quatrième de la première ligne daus la pédagogie du lys au concours général de philosophie , en 1774 , sur 145 concurrents; lecteur dans la pédagogie du lys, depuis le 26 février 1781 ; licencié en théologie , le 13 février de la même année ; président du collège de Craenendonck , eo 1 786 ; nommé , au mois d'octobre de la même année , professeur de théologie , et chargé de l'enseignement de la théologie dogmatique , au séminaire général.

11 s'adonna plus tard à l'étude des sciences et fut nommé professeur de physique et de chimie, a l'académie de Bruxelles, dont il devint aussi membre du conseil académique. Il fut nommé, en 1808 , professeur de physique et de chimie , au lycée de Bruxelles , qui venait d'être organisé. En 1814, il devint doyen de la faculté des sciences de l'académie de Bruxelles. L'année suivante, il fut nommé de la commission d'instruction publique chargée de présenter un plan d'organisation de l'enseignement supérieur dans les provinces méridionales du royaume des Pays- Bas. Lors de l'érection de l'université de Louvain, en 1817, il y fut nommé professeur dans la faculté des sciences physiques et mathématiques cl fut chargé de l'enseignement de la physique expérimentale et mathématique, de l'astronomie physique et de l'économie rurale. 11 fut recteur magnifique de cette université pendant l'année 1819-1820. Lors de la réorganisation de l'académie royale des sciences ci belles lettres de Bruxelles, il en fut nommé membre par arrêté royal du 3 juillet 1816. De même, à la réorganisation de l'Institut royal des Pays-Bas, il fut nommé membre ordinaire de la première classe de ce corps savant, par arrêté du 28 mai 1816. Il obtint le litre de professeur émérite, tant de l'université que du collège philosophique , eo 1826.

DE BEl\C.

Le lundi, 10 mars, jour fixé par la dépêche du gouvernement et par mandatum de l'université , pour la fréquentation des leçons de théologie, sous les peines y statuées, pas un théologien ne parut dans le lieu où se donnaient les leçons ; la plupart avaient d'ailleurs précédemment quitté la ville de Louvain. Malgré ce nouvel échec, le gouvernement n'en persista pas moins à poursuivre son but avec une admirable constance. 11 fit commencer , pour la seconde fois , les cours de théologie, le 51 mars; le rédacteur du Journal de Louvain, Lecharlier, et l'éditeur de Y Esprit des Gazettes, Urban (î), furent chargés de répandre le bruit que les

11 moorut a Louvain le 37 novembre 1839. On ne trouve rar ce professeur aucune notice bio graphique, dans les publications de l'académie de Bruxelles; la date de sa mort est indiquée d'une manière erronée ( 1830 pour 1829), dans le tableau officiel des membres de ce corps, erreur que l'Annuaire de l'académie reproduit tous les ans. A voir sur Senteltt le manuscrit n* 868 du fonds Van Hullhcm, à la bibliothèque de Bourgogne; il est intitulé : Renseignements tenant de matériaux pour les faites de f académie de Bruxelles.

(i) Louis Joseph Urban, né à Dînant, dans la province de Namur, en 1743, décédé a Saint- Josse ten Noode, le 18 mai 1833. Après avoir Tait ses études humanitaires à Liège, il s'occupa de l'élude des sciences politiques, et vint ensuite s'établir à Bruxelles, où il créa et rédigea Y Esprit des Gazettes , pendant un quart de siècle. Ce recueil est presque le seul qui réunisse les principaux documents relatifs à l'histoire de la Belgique, pendant la période qui précéda immédiatement l'invasion. La collection complète de ce journal , qui est devenue aujourd'hui extrêmemeitt rare, se compose des parties suivantes :

1° Esprit des Gazettes, ou Recueil des événements politiques extraordinaires qui ont pu fixer l attention du public; avec une table alphabétique raisonnée au moyen de laquelle on peut retrouver tous les articles principaux contenus dans chaque volume. De l'imprimerie de Y Esprit des Gazettes. (Brux. , 1780.) 36 vol. in-8*, depuis le 1" avril 1780 jusqu'au 3 juin 1796. Il changea alors son titre primitif et reparut immédiatement après sous le titre de :

2» VÉcho des feuilles politiques et littéraires, ci-devant Esprit des Gazettes ;Z volumes, depuis le 2 juillet 1796 jusqu'au 12 vendémiaire an VI.

Les propriétaires, entrepreneurs, auteurs et directeurs de ce journal furent condamnés à la déportation par la loi du 32 messidor an V, qui prononçait la même peine contre quarante deux autres journaux. Urban se cacha, et son journal , publié sous le nom de sa femme, la citoyenne M. C. 11. Urban , continua de paraître, mais il prit le titre de :

3« Le Rapporteur, 4 volumes, depuis le 3 octobre 1797 jusqu'au 10 germinal an VIL Puis enfin :

4* Le Compilateur des nouvelles nationales politiques et littéraires , depuis le 13 germinal an VII jusqu'au 30 septembre 1810 , 24 volumes in-8*. 11 dut cesser de paraître, en eiécution du décret impérial du 3 août 1810, n* 6240 {Bulletin des Lois, n* 333). 11 était alors le plus ancien journal politique de tout l'empire français. Il fut remplacé par l'Oracle, rédigé par H. Fiocardo et G. Picard , et qui fut depuis , jusqu'à la chûle de l'empire français , le seul journal politique autorisé à paraître dans le département de la Dylc.

Urban a publié aussi :

Indicateur général des journaux politiques et littéraires de la capitale de t empire français : le Moniteur, la Gazette de France, le Journal de l'Empire , le Journal de Paris , etc., depuis le 1" janvier jusqu'au 4" juillet 1812. Bruxelles, 1812, in-folio.

RAPÉDIUS

théologiens arrivaient en foule au séminaire général et qu'on y attendait les séminaristes des autres diocèses. La vérité était , selon Keuremenne, qu'il n'y avait que dix élèves, dont il donna les noms, les prénoms et l'origine.

Il paraît que, vers cette époque, le gouvernement voulut essayer d'un autre moyen pour arriver à l'accomplissement de ses vues. Il ouvrit des négociations avec les évéques , pour les engager à nommer des sous-directeurs au séminaire général, conformément à la dépêche du i janvier, et à s'entendre avec lui pour la nomination d'un directeur, en remplacement de Stoeger, qui avait quitté le pays. 11 réussit en partie dans cette entreprise : d'accord avec l'évéque d'Ypres, Charles Alexandre comte d'Arberg de Valengin, il nomma directeur du séminaire général et de la faculté de théologie, Jacques Houcke, chanoine de l'église cathédrale de S^Martin, à Ypres, et président du séminaire épiscopal de cette ville. Ce choix fut assez généralement goûté, et il paraît qu'il obtint l'approbation, non-seulement de l'évéque d'Ypres, mais encore des évéques de Gand et de Tournay , ainsi que des archevêques de Cologne et de Trêves et du prince-evêquede Liège. Quant à l'archevêque de Malines, le gouvernement général lui fit savoir qu'ayant négligé d'user de la faculté qui lui avait été laissée, de présenter un candidat pour les fonctions de directeur du séminaire général, il en était déchu, et qu'il ne lui restait qu'à nommer un sous-directeur pour surveiller l'éducation des élèves de son diocèse, comme l'avaient fait les évêques de Gand et de Tournay. Cette dépêche , étant parvenue à la connaissance de M. Houcke, faillit le faire renoncer à l'entreprise; mais il fut appelé à Bruxelles et on parvint à vaincre ses scrupules. Après quelques moments d'hésitation , il résolut de se rendre à Louvain, où il fut installé le U avril.

L'espèce d'intrigue ourdie par le gouvernement ne tarda point à être déjouée par une contre-intrigue, et les dvêques, qui avaient prêté la main à la première , furent trop faibles pour résister à celle-ci. On fit courir le bruit que l'évéque d'Ypres n'avait jamais consenti à la nomination de M. Houcke. Celui-ci fut représenté

DE BEIVG.

comme un misérable. On alla jusqu'à nier la nomination d'un sous-directeur, faite par l'évêque de Gand. Ces faits ne pourraient être mieux exposés qu'ils ne résultent de la lettre suivante, extraite de la correspondance du chanoine De Neuf, et datée de Gand, 22 avril 1788:

t Une nouvelle favorable, qu'il est nécessaire de divulguer, est que , bien loin que l 'évêque d'Ypres aurait, selon la Gazette de Gand, coopéré à l'établissement du malheureux M. Houcke, ce digne prélat vient d'écrire deux lettres de suite à ses chanoines, dans lesquelles il répète à plusieurs reprises, qu'il ne veut absolument pas envoyer ses théologiens à Louvain. Ce sont là les termes dont il s'est servi. Une personne de ma connaissance, à Ypres, grand ami des Messieurs à qui leur évêque avait écrit de sa propre main une telle lettre, vient de me l'écrire. Il est informé par ces chanoines mômes. Les théologiens d'Ypres sont unanimement dans la résolution inébranlable de ne pas aller se jeter au centre des abominations. Croyez et divulguez celte nouvelle, comme d'une parfaite certitude.

€ Notre évêque, contre toute attente, reste de même très-ferme contre le séminaire général. Nos jeunes théologiens viennent de lui envoyer une députa tion* Leur demande était qu'ils suppliaient Son Altesse de ne pas les envoyer hors de son diocèse. La réponse du prélat était conçue en ces termes : < Mes chers enfants, je ne « vous envoie pas, je ne vous enverrai jamais; je vois bien que t cette affaire du séminaire général ne réussira pas , et je n'en ai c aucune confiance. Vermeul en (le sous- directeur pour le diocèse « de Gand) y est allé sans ma permission et sans mon consente- « ment. Pour vous autres , soyez assurés que je ne vous enverrai < jamais. > M. Vcrmeulen peut bien être informé que Monseigneur notre évêque a pris de très-mauvaise part qu'il est parti pour Louvain. Notre prélat a dit à M. Vinck qu'il ne le connaissait plus pour son sujet. »

Quelque respectable que puisse être la source de ce document, le but de sa fabrication n'en est pas moins évident, et quelquesunes des assertions qu'il contient n'en sont pas moins menson-

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