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RAPÊDIUS
jugerons compatible avec notre sûreté, notre liberté et nos justes droits. > Faut^il ajouter que cette prétendue souveraineté, fondée sur le caprice mouvant d'une assemblée délibérante , n'avait aucune action sur l'armée? Il ne devait y avoir désormais dans nos provinces d'autre force militaire que celle qu'il plairait aux états d'établir. Les troupes ne devaient prêter serment et s'engager qu'à la nation ; elles ne devaient être employées qu'à sa défense ; leurs commandants et officiers ne devaient être choisis et nommés que par elle , et ne recevoir d'autre solde que la sienne. Provisoirement, les habitants de chaque district étaient invités à s'armer et à se choisir des chefs. On les engageait à se former une discipline militaire pareille à celle des troupes réglées, à s'exercer au maniement des armes le plus qu'ils pourraient, et surtout les jours de fête et les dimanches.
Il était évident qu'avec cette constitution, la souveraineté des archiducs n'aurait pas vécu six mois , et cependant ses auteurs étaient de bonne foi : ils redoutaient Van der Noot et son parti , presque autant qu'ils haïssaient le ministère autrichien- Mais ils n'avaient pas l'expérience des révolutions. Ils s'imaginaient qu'une société démolie pouvait se rebâtir solidement sur un plan nouveau; qu'il ne s'agissait que de mettre ce plan au concours, et de promettre une médaille à l'auteur dont l'œuvre obtiendrait les suffrages de la majorité. C'est cette inexpérience des phénomènes sociaux qui explique la participation de beaucoup d'honnêtes gens, et même d'une partie de la noblesse, à la révolution brabançonne. La duchesse d'Ursel, entre autres, fut compromise par les poursuites dirigées contre Secrétan et par les interrogatoires de cet accusé. Elle fut arrêtée, le 21 octobre, à Boitsfort, et ramenée, sous escorte, à Bruxelles. Elle fut ensuite gardée à vue dans son hôtel ; on l'interrogea et on la confronta plusieurs fois avec Secrétan. Il parait que celui-ci finit par rétracter les déclarations qu'il avait faites d'abord à la charge de la duchesse. On sait que M. le duc d'Ursel était alors à l'armée de Hongrie, où il avait été envoyé pour faire place au général Schrœder.
Avec des tribunaux et une force militaire capable de soutenir
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leurs décisions , la découverte de ce complot eût été une excellente occasion de couper court à toute tentative de troubles. Mais le pouvoir n'avait à sa disposition que tout juste les armes qu'il fallait pour aiguillonner ses adversaires, les provoquer , les irriter par des vexations impuissantes. De ces armes dangereuses, ordinairement funestes à qui les emploie, il lit l'usage le plus immodéré, le plus irréfléchi. Une révolution est une maladie sociale. Quand on ne sait pas la guérir radicalement par un remède héroïque , rien n'est plus chanceux que de la combattre par des moyens irritants. Il semble que le gouvernement autrichien ail voulu nous laisser un exemple des résultats de ce traitement. Aussitôt qu'il put connaître l'état du malade, il ût tout ce qui était en son pouvoir pour l'aggraver. Il commença par publier, sous la date du 19 octobre, une déclaration-ordonnance, espèce de document mixte ayant le double caractère de la défense et de l'attaque. La première partie se composait de longues considérations sur la conduite du gouvernement, depuis 1787 ; la deuxième prescrivait à tous les habitants des villes et du plat-pays, de donner, endéans les vingt-quatre heures, aux magistrats et gens de loi de leur domicile, une déclaration, par écrit, du nombre et de la quatité des armes à feu quelconques, ainsi que des munitions en poudre, balles, cartouches, etc., qui pourraient être en leur possession , et de s'en dessaisir entre les mains des officiers , soit civils ou militaires, qui leur en demanderaient la délivrance, à peine d'être réputés et poursuivis comme complices et fauteurs de sédition. La même ordonnance contenait la disposition suivante :
« La plupart des abbés et des nobles, ainsi que différents membres du tiers-état, ayant affecté de se retirer du pays, depuis que les factieux ont osé comploter, avec un certain éclat, contre notre autorité, nous ordonnons à tous abbés , nobles et membres du tiers-état , qui se sont absentés pour quelque cause que ce puisse être , de rentrer dans le pays endéans la huitaine de la publication des présentes, à peine, contre les abbés, de bannissement perpétuel de toutes les terres de notre domination, et contre les nobles et les membres du tiers-état , de pareil bannisse-
lUI'ÉDUS
ment, avec confiscation de biens, et d'être, de plus, à jamais inhabiles à toutes successions, soit par testament ou ab intestat, qui pourraient leur échoir dans nos provinces des Pays-Bas. »
On exécuta de ces dispositions précisément tout ce qui pouvait exciter la haine, sans inspirer assez de terreur pour en paralyser les effets. L'opération du désarmement commença le 21 octobre. Ce jour-là , le lendemain et le surlendemain , on fit des visites domiciliaires dans toute la ville, et non-seulement on visita les maisons des habitants , mais les militaires chargés de ces expéditions s'introduisirent dans toutes les maisons religieuses , aussi bien de femmes que d'hommes. On les fouilla de fond en comble, au grand scandale des fidèles , qui en augurèrent d'affreux malheurs pour l'avenir. Justement , le 22, il fil un temps épouvantable; un orage effrayant vint fondre sur Bruxelles; l'atmosphère, dit un écrivain de l'époque (Goelval), paraissait tout à la fois embrasée et teinte de sang ; de sorte qu'on put y voir le signe d'une prochaine destruction , d'une révolution , de tout ce qui préoccupe des esprits inquiets. Que l'on juge de l'effet que durent produire, sous l'influence de pareilles idées, les visites domiciliaires et surtout les arrestations assez nombreuses, presque toutes de personnes ecclésiastiques, qui se firent en même temps. Ce fut dans ce moment qu'on arrêta l'avocat Gheude; le prêtre Nys, de l'oratoire, chapelain de Su-Gudule; le prêtre Kossi, chapelain de la même église; le prêtre D'Hooge, curé de l'hôpital S'-Jean; le bibliothécaire du duc d'Arenberg, François Lenssens, de la compagnie de Jésus, et une multitude d'autres personnes, parmi lesquelles nous ne pouvons omettre de citer pachter Declerck, de Woluwe» S'-Lambert , devenu célèbre pour avoir représenté la Belgique au conseil des anciens, à Paris, et dont tant de contemporains ont conservé un amusant souvenir.
La brutalité des agents du pouvoir fut telle, dans cette circonstance , qu'elle ne s'arrêta pas même devant des considérations de haute convenance et de sage politique. Un officier et dixsept hommes, de la garnison de Bruxelles, se présentèrent, le 25 octobre , à la porte du ministre plénipotentiaire des états-
généraux, qui fut obligé de délivrer une déclaration portant qu'il n'avait chez lui ni armes ni munitions. Le baron De Hop se plaignit de celte violation du droit des gens , et ce qu'il y a de piquant dans sa plainte , c'est qu'il y exalte les bonnes dispositions de son gouvernement à l'égard du gouvernement impérial. « C'est, dit-il, un procédé d'autant plus inattendu, qu'on se l'est permis dans un temps que mes maîtres ne négligent rien de ce qui peut contribuer à cultiver la bienveillance et l'amitié de S. M. I. et R. » M. De Trauttmansdorff , qui savait fort bien tout ce que cette assertion contenait de mensonger, n'en donna pas moins au ministre de LL. HH. PP. la satisfaction qu'il demandait. Il lui adressa une déclaration du général d'Alton , contenant des excuses, et rejetant sur un malentendu, qu'il imputait à des officiers subalternes, l'espèce d'insulte faite au caractère de M. le baron De Hop.
Nous avons déjà fait remarquer qu'en renouvelant ses tentatives en faveur de l'établissement du séminaire général, le gouvernement avait étendu les limites de l'esprit révolutionnaire, qui d'abord se trouvait concentré dans les villes d'une ou de deux provinces. A l'époque dont nous nous occupons maintenant, le pays tout entier s'en trouvait infecté. La Flandre, qui d'abord avait paru conserver assez de raison , était devenue la proie d'un fanatisme délirant. Des moines parcouraient les campagnes , pour y répandre les nouvelles du keuremenne et celles qu'ils inventaient. A Grammont, deux carmes firent courir le bruit que des théologiens du séminaire général avaient fait leurs pâques après avoir déjeûné et s'être gorgés de carbonates. Ils dirent aussi que d'autres théologiens avaient, le mercredi des cendres, pris du thé au lait. La divulgation de ces prétendues nouvelles eut assez d'éclat, et l'imputation parut assez grave, pour attirer l'attention du gouvernement, qui en Ht rechercher les auteurs. Alost et Audenaerde surtout paraissaient être les foyers du soi-disant patriotisme. Les personnes qui passaient pour dévouées à l'Empereur y étaient journellement insultées, maltraitées et exclues de tous les lieux de réunion. On y faisait des prières publiques dans toutes les égliii. ai
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ses. 11 se célébrait jusqu'à trois grand'messes par jour dans
I église paroissiale d'Alost. Il en était de même à S'-Nicolas, où les pères récollets confessaient les émigranls, leur donnaient l'absolution, et parcouraient les poldres, pour fanatiser les paysans. M. Beyts (1), substitut procureur général, fut envoyé
( i ) François Joseph Beyts , né à Bruges, baptisé dans l'église paroissiale de Notre Dame , en celle ville, le 17 mai 1765, fils de François Beyts, maître chirurgien, el de Jeanne Thérèse La Point, étudia les humanités au collège des pères augustins, à Bruges, et ensuite la philosophie dans la pédagogie du château , à l'université de Louvain ; il y fut proclamé premier du concours général de philosophie de l'année 1782. Il fut pourvu, l'année suivante, d'une des bourses fondées, pour l'élude de la jurisprudence dans le collège de Bay, par le célèbre professeur Noël Chatuart, et fut promu au grade de licencié en droit, le 22 août 1785. Il fut ensuite reçu avocat au conseil provincial de Flandre et devint bientôt après substitut procureur général près de ce corps. Nommé conseiller pensionnaire du franc de Bruges , il occupa ces fonctions jusqu'au moment de la conquête de la Belgique par les armées françaises, en 1794. En germinal an V (avril 1797), il fut élu, par le département de la Lys, député au conseil des cinq cents. Lorsque, le 18 brumaire an VIII , Bonaparte se fut mis, par un coup d'État, à la tête du gouvernement, Beyts, accusé d'avoir voulu s'opposer au succès de cette journée, fut contraint a s'éloigner de Paris; mais il obtint, au bout de quelque temps, la levée de la mise en surveillance à laquelle il avait été assujetti ; il se rallia au gouvernement consulaire et fut nommé préfet du département de Loire et Cher, par arrêté du 1 1 ventôse de la même année. Bientôt après, il quitta la carrière administrative , où il venait de débuter , pour rentrer dans l'ordre judiciaire; il fut nommé commissaire du gouvernement ( procureur général }, près du tribunal d'appel du département de la Dyle , par arrêté du premier consul du 17 messidor an VIII, qui organisa ce corps de magistrature. Lors de l'établissement des écoles de droit, il fut appelé à remplir eu outre les fonctions d'inspecteur général des écoles de droit de Bruxelles, de Coblence et de Strasbourg, par décret impérial du 10 brumaire an XU ( 1804 ). L'Empereur le décora , la même année, de la croix de la légion d'honneur, l'élcva ensuite au grade d'officier , et , en 1813 , a celui de commandant de cet ordre.
II lui avait conféré aussi la dignité de chancelier de la troisième cohorte , formée de la plupart des départements de la Belgique et de la Hollande. Lors de la réunion de la Hollande k l'empire français, M. Beyts fut nommé procureur général impérial près de la cour d'appel à La Uaje, laquelle fut installée , le 1" mars 1811 ; mais il ne conserva que fort peu de temps ces fonctions. Antoine Joseph baron Latteur , premier président de la cour impériale de Bruxelles, étant mort le 22 novembre 1810 , M. Beyts fut appelé à le remplacer au mois de juillet de l'année suivante. L'Empereur le nomma baron d'empire cl créa, en sa faveur , un majorât héréditaire, par lettres patentes du 1" octobre 1812. ( Bulletin des lois , n* CCCCVI, n* 7440. Recueil des lois, par Iluygb, série III , t. XIV, p. 79. ) La dotation de ce majorai portant un revenu net de 5,524 francs, était affectée sur des propriétés foncières, situées dans les communes de Wenduynen et de Nieuwmunster , dans l'arrondissement de Bruges. Les armoiries qui lui furent alors octrovées étaient d'azur, à trois taux ou béquilles de S'-Anloinc d'or, posées deux en chef et une en pointe: armoiries de l'ancienne et illustre famille flamande, aujourd'hui éteinte, des Bette, marquis de Lcdc , dont le baron Bcjts avait peut-élrc la prétention d'être issu. On y avait ajouté le franc quartier des barons présidents des cours d'appel, qui est a senestre de gueule, chargé d'une loque de sable retroussée d'hermine. Elles se trouvent représentées dans V Armoriai général de l'empire français, de H. Simon , t. Il , pl. L, p. 02. Au mois d'avril 1815, M. Bej ts fut temporairement distrait de ses fonctions el délégué pour présider, sous le maréchal prince d'Rckmull , la cour spéciale extraordinaire , nommée pour l'administration de la justice dans la 31» D" militaire, a Hambourg. La plupart des autres magistrats , qui furent appelés à faire partie de celle commission , Turent également détachés de la cour impériale de Bruxelles. M. Beyts y resta jusqu'à la reddition de Hambourg , après la chute du gouvernement impérial, au mois d'avril
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dans cette dernière ville, pour y faire une enquête. Il déploya beaucoup d'énergie; mais là, comme partout ailleurs, les moyens de force manquaient. On y envoya d'abord un brigadier et huit maréchaussées de la prévôté de la cour. Ils furent obligés de retourner le lendemain à Bruxelles. Un détachement de Vierset les remplaça quelques jours après. Mais, pour maintenir l'ordre, il aurait fallu des détachements partout, à Audenaerde, à Àlost, à Grammont, à Ninove, etc.
Plus on observe les faits dans leurs détails, plus on voit que la position du gouvernement était impossible à tenir. Pour arrêter le mouvement révolutionnaire, par les moyens que le gouver-
1814. Rentré dans M patrie, il ne fat pas réintégré dans ses fonctions de premier préaident à la cour de Bruxelles; le gouvernement hollandais ne voulut pas l'employer. Rentré dans la classe des simples citoyens , il s'occupa de l'étude des sciences et surtout de l'astronomie et des hautes mathématiques; il inventa on nouveau globe céleste destiné à vérifier les dates et à constater ou à combattre la haute antiquité des monuments sur lesquels l'histoire écrite des nations manque de renseignements suffisants. Cette machine ingénieuse , montée sur cuivre et soigneusement exécutée par Rfcher, a Paris, fut vendue à l'encan , en 1832, avec le mémoire de M. Beyts, qui en expliquait l'usage. Voyex Catalogue des livres et manuscrits composant la bibliothèque de feu M. le baron Beyts, etc. , dont la vente se fera le lundi 31 mat 1832, etc., sous la direction de Berthof. Bruxelles , Bertnot, 1832, n« 1288. Plusieurs mémoires intéressants, écrits à celte époque par M. Beyts, mais restés manuscrits, sont déposés aujourd'hui a la bibliothèque royale, a qui ils ont été donnes par sa famille , après la mort de ce savant. Ou trouve l'indication de quelques-uns d'entre eux dans le Catalogue des manuscrits de la bibliothèque royale des dues de Bourgogne, publié par ordre du ministère de [intérieur, par M. Maréchal, ( Bruxelles , Hayex , 1842, in-4»), 1. 1, Résumé historique, n* 11648-11670, p. 233, et dans l'histoire des bibliothèques publiques de la Belgique, par P. JVomur, docteur en philosophie et conservateur adjoint de la bibliothèque royale de Bruxelles. ( Bruxelles , F. Parent , 1840 ,in-8« ), 1. 1, partie 1", § XI , n» 168. Plusieurs autres mémoires de ce savant magistrat , sur la philosophie, les langues anciennes, la musique, la physique, la chimie et la botanique, furent vendus après son décès , avec sa bibliothèque , et sont disséminés aujourd'hui. Voyez le Catalogue , déjà cité , n' 1286-1293.
Après la révolution de 1830, M. Beyts reparut un instant sur la scène politique. Lors de la convocation d'un congrès national, au mois d'octobre 1830, il y fut nommé suppléant par le district de Bruxelles, et le refus d'acceptation de plusieurs titulaires le fit appeler a siéger dans ce corps, depuis le 16 novembre de la même année. Il en fit partie jusqu'à l'époque de sa dissolution. Lors de l'organisation des pouvoirs constitutionnels du nouveau royaume de IMjcique, au mois d'août 1831 , il fut élu sénateur , par le district de Bruxelles, et remplit ces fonctions jusqu'à l'époque de son décès. Nommé ensuite vice- président de ce premier corps du royaume, il mourut subitement k Bruxelles , le 18 février 1832.
M. Beyts avait épousé Marie Anne Van de Vyvere, née à Gand , le 17 juillet 1766, décédée à Bruxelles , le 30 novembre 1826, dont il n'eut point de postérité. On trouve des notice» biographique» de M. Beyts dans la Biograpltie nouvelle des contemporains , par A. V. Amault, A. Jay , E. Jouy , etc. Paris , 1820, t. Il , p. 472; Biographie étrangère. Paris , 1810 , 1. 1, p. 43; Galerie historique des contemporains. Bruxelles, 1818, t. II , p. 117 ; Supplément à la galerie historique des contemporains, rte. Mons, Leroux , 1826, t. I , p. 63, de
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neraent employait, et qui seuls étaient à sa disposition, il aurait fallu une armée de cinquante mille hommes et un corps immense de gendarmerie. En effet, son système consistait à empêcher de faire le mal , à mettre des entraves à chaque individu qu'il supposait capable de troubler l'ordre public. C'est ainsi que, non content d'avoir multiplié les arrestations, il fit enlever , sans forme de procès, un assez grand nombre d'individus dans différentes provinces, entre autres, M. Raepsaet (i), greffier delà chàtellenie d'Audenaerde. Ceux qu'il ne jiouvait pas faire enlever (car enfin il eût été impossible de mettre tout le monde sous clef), il les fit surveiller par des plantons. Les planions furent singulièrement prodigués, à dater du 23 octobre, surtout dans les villes de Gand et de Namur. Comme moyen d'intimidation, le gouvernement avait encore la ressource de quelques simulacres de poursuites judiciaires. Il envoyait la justice faire visite aux personnes qui lui étaient dénoncées comme suspectes. Outre les visites de cette espèce, dont nous avons déjà parlé, nous citerons encore, dans la Flandre, celle que reçut madame la comtesse
(4) Jean Joseph Raepsaet, né a Audenaerde , le 29 décembre 1750 , 0b de Jean Raepsaet , greffier de la châicllcnrc de cette ville et avocat au conseil provincial de Flandre, et de Marie Jeanne Vispoel ; licencié en droit à l'université de Lourain , le 17 décembre 1773 ; greffier de la haute et bosse chàtellenie d'Audenaerde, ensuite membre du corps législatif français pour le département de l'Escaut, depuis 1803 jusqu'en 18 IS; l'un des commissaires pour la rédaction de la loi fondamentale du royaume des Pays-Bas, en 1815 ; conseiller d'État en service titra or dinaire, chevalier de l'ordre du lion belgique, membre de l'académie royale d« science* et belles lettres de Bruxelles et de l'institut royal des Pays-Bas, mort à Audenaerde, le 19 février 1832. On trouve, dans le Supplément à la Galerie historique des contemporains, imprimée à Bruxelles, de 1817 à 1830, et Complément de toutes les autres biographies (Mons, Leroux, 182C, in-8", t. I, p. 359-367), une notice biographique de ce savant asse* étendue , et qui a été rédigée sur les notes et les renseignements fournis par M. Raepsaet lui-même. H. Norbert Cornelissen, membre de l'académie de Bruiclles, en o donné une autre p tjui a été insérée dans l'annuaire de t académie royale des sciences et belles -lettres de Bruxelles. Troisième année. Bruxelles, Uajcz, 1857, pp. 104-133. Elle a aussi paru en flamand, sous le titre de : Lèvent schets van fleer en M tester J. J. Raepsaet, vertaett uyt hei fransch van den Beer Aorbert Cornelissen, gevolgd door de levens schets van den Heer J. J. Gérard, vertaell uyt het fransch van den Heer A. Voisin. Gand, Van der Haeghe, 1837, in-8*. Une troisième notice, plus complète que les précédentes et ornée de son portrait, a été donnée par M. Jules Ketele, en léte du Recueil de ses oeuvres. M. Raepsaet a publié plusieurs ouvrages recherchés et dont la plupart étaient devenus extrêmement rares. Son petit-fils, M. Jules Ketele, auteur lui-même de plusieurs publications estimées , en a donné une nouvelle édition , intitulée : œuvres complètes de J. J. Raepsaet, revues et corrigées et considérablement augmentées par routeur, suivies de ses ouvres posthumes. Ches Leroux, libraire, à Mons, Gand, Bruxelles et Liège, 1838-1840. Six volumes in-8% avec planche»
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d'Hane de Steenhuyse. Cette dame était soupçonnée d'avoir, en se promenant dans son parc , laissé tomber de dessous ses vêtements des papiers imprimés, et entre autres une chanson commençant par ces mots : Lieve boere jongens (i). M. Maroux, procureur général de Flandre, prit la chose au grand sérieux , et comme Steenhuyse était une terre franche, du ressort du grand conseil , il demanda au gouvernement une autorisation spéciale, pour y faire prendre des informations, et rechercher le dépôt des chansons suspectes. Ce fut encore M. Beyts qui fut chargé de cette délicate commission. Il était trop poli, trop bien élevé, pour ne pas s'en acquitter avec toute la décence convenable.
( i ) Il s'agissait probablement de la chanson suivante, que nous avons trouvée dans Vertame Hnge van verscheyde slukken, enx., door Sincertu Recht-uyt, suite du Keuremennt. Bruxelles, 1790, 2 volumes in-8« :
Borre jongens patriotten , Hebt courage, scbept maer moed, lïeene Teygen , geeu paie it en Geen van al ons vrecs aendoct.
Siet de veygen nu eens swygen , Den paiot word patrioU Boere jongens patriotten , Hebt courage, schept maer moed , Nog een weinig 'l sal wel botlen Ailes maer in order doet.
Joseph us den meesler ketter Beeft U nu soo lang gekwelt, Geen gebruyken, geene wetten , Geen van al h y heell gelelt.
Maer jandoren 't sal bem rouwen.
H y sal haest syn ooreo krouwen.
Boere jongens , enz.
Bid den God der bayrkragten , Dat hy zegent uw beleyd , Tegen (TOostenryksehe magten, 'T îs voor hem nu dat gy strydt , Hy sal met syn Engelscbaeren , Ons venlerken 't allen tyd.
Boere jongens , enx.
Sonder U de coostilutte
Was te niet , jte heel het land ;
Maer door U wat revolutie !
T vrydoms vaen dat word berplant.
Nieuwen lever, nieuwe ledeo.
Geene f eyg meer in ons land.
Boere jongens, eut.
HAPÊDILS DE BEBC.
Tierlie ty ty , tic ticrlic ty , Ecrsl gevogten en dan vry , Tierlie t y ly , lie tierlie ty , Ecrit voor rcligie dan voor mv .
Ticrlic ty ty , lie tierlie ty, Jaegt den Duyts en vcyg daer In , Tierlie ly ty , tic tierlîc ty , Schyt in al H hof» gcvley Tierlie ty ty , lie tierlie ty , 'T eenig woord m dooii oft m.