COMBUSTION DES COMPOSÉS ORGANI9UES
liquide de Raulin sur lequel on développait une couche florissante de moisissure ; on remplaçait ensuite le liquide par la solution aqueuse du corps à étudier.
Le sucre de cannes est d'abord hydraté et transformé en glucose par une diastase sécrétée par Tas. pergillus; puis il se forme de l'acide oxalique, d'où une augmentation progressive de l'acidité du liquide ; quand le sucfe a presque disparu, l'acide oxalique est brûlé à son tour, et l'on obtient finalement un liquide neutre. Cette combustion de l'acide oxalique est du même ordre que celle de l'acide tartrique contenu dans le liquide de Raulin, lequel finit également par devenir neutre, quand on y fait fructifier une mucédinée.
Uempois d'amidon se liquéfie d'abord, puis est saccharifié par une nouvelle diastase ; le sucre produit, maltose et glucose, subit ensuite les transfortions que nous venons de décrire.
La glycérine, la mannite, le lactose sont également brûlées complètement, avec production intermédiaire d'acîde oxalique.
Ualcool est oxydé sans formation d'acide acétique, mais toujours avec arrêt momentané à l'état d'acide oxalique ; V acide acétique est brûlé, mais donne tout d'abord beaucoup d'acide oxalique.
La cellulose pure résiste à l'action de l'aspergillus ; elle est complètement détruite si elle est mélangée ou imprégnée d'une substance nutritive.
En résumé, l'aspergillus détruit complètement toutes les substances ternaires sur lesquelles il se développe ; il puise son énergie dans l'oxygène de l'air et provoque des phénomènes d'oxydation d'une activité telle, qu'ils aboutissent à la résolution de la matière organique en éléments minéraux, eau et acide carbonique ; c'est à ce mode vital qu'est due la différence essentielle entre les moisissures et les ferments alcooliques qui, obligés d'emprunter leur
oxygène aux matières fermentescibles, y trouvent une quantité d'énergie suffisante pour les dédoubler en alcool et acide carbonique, mais ne peuvent aller au delà.
Des phénomènes du même genre sont provoqués par le pénicillium glaucum qui apparaît dans les cultures même les plus florissantes d'aspergillus, quand elles sont au contact d'éléments nutritifs de digestion difficile.
Sous son influence, V acide racémique est complètement comburé ; mais en prenant, comme Ta fait M. Pasteur, un liquide nutritif composé d'ammoniaque et de phosphate en solution dans l'eau, la végétation devient languissante, et au lieu que l'acide racémique disparaisse simplement, il se dédouble en acide tartrique gauche qui résiste et en acide droit qui est consommé d'abord par le pénicillium ; plus tard l'acide tartrique gauche est à son tour attaqué et finalement le liquide devient neutre et inactif.
M. Le Bel a mis à profit l'observation de M. Pasteur, relative à la résistance différente des modifications droite et gauche d'un même corps à l'action des moisissures, pour séparer les deux variétés d'alcool qui existent dans Valcool amylique de fermentation rendu inactif par des distillations répétées sur la soude caustique ; cet alcool est un mélange, en proportions égales, d'alcool éthylméthyléthylique droit et gauche ; soumis en solution étendue à l'action du pénicillium glaucum, il perd son alcool gauche et laisse l'alcool droit.
Par un procédé analogue, le même auteur a obtenu le dédoublement de l'alcool isopropyléthylique en alcool droit, qui est consommé, et en alcool gauche qui reste.
Les noix de galle concassées et abandonnées à l'air au contact de l'eau, donnent naissance à de Vacide galliqiie (Scheele) qui ne préexiste pas dans la plante (Pelouze), mais provient de l'action des