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INFECTION PURULENTE

Les eaux qui approvisionnent Paris contiennent d’une façon assez régulière des germes d’un petit vibrion court

FERMENTS ET MALADIES, et dodu, d’aspect gélatineux et flcxueux malgré son peu de longueur, qui, d’abord très actif dans ses mouvements, devient bientôt immobile, s’étrangle en son milieu, et ressemble alors au bacterium termo. Cet être est à la fois aérobie et anaérobie. A ce dernier état, il est ferment et donne un dégagement gazeux formé d’acide carbonique et d’hydrogène. Inoculé à un lapin, il donne en quelques heures un abcès qui gonfle beaucoup, ensuite se remplit de pus, puis se résorbe ou se vide à l’extérieur sans amener d'ordinaire de désordres graves. Sauf l’abondance du pus, ce sont les mêmes phénomènes que ceux que produit l’inoculation d’un microbe inoffensif. Les cellules de l’organisme résistent à l’envahissement et étouffent le parasite. Mais si on multiplie le nombre des piqûres, et par suite celui des abcès, les conditions peuvent changer, le microbe envahit alors tous les tissus, se propage dans les muscles en y déterminant des abcès multiples, pénètre dans le poumon et dans le foie où il produit des points pneumoniques et des abcès métastatiques. En un mot, on a sous les yeux l’ensemble et le détail des symptômes de l’infection purulente.

On peut rendre tout de suite très grave la maladie que produit ce vibrion, qu’à raison de ses propriétés, nous appellerons vibrion pyogène , en l’introduisant directement dans la jugulaire. 24 heures après, le poumon et le foie sont remplis d’abcès métastatiques à tous les degrés de leur évolution, depuis la tache simplement inflammatoire jusqu’à la petite pustule blanche remplie de pus, entourée d’une auréole rougeâtre. Tous ces abcès renferment le microbe vivant et peuvent servir à des ensemencements qui le reproduisent identique à lui-même.

Il n’est donc pas douteux qu’on ne doive attribuer tous ces phénomènes à la reproduction du vibrion dans l’organisme. Pourtant nous devons tout de suite faire disparaître une objection. On sait qu’unepiqûre avecun corps étranger, l’introduction dans les voies circulatoires de particules

maladies reconnues PARASITAIRES. 229

solides inertes donnent aussi naissance, soit à un abcès local au point d’inoculation, soit à des abcès métastatiques, et on pourrait être tenté d’attribuer les faits que nous venons d’indiquer à la nature solide du vibrion inoculé.

Cette objection n’est pas fondée, sous cette forme générale. Nombreux sont les microbes que l’on peut introduire dans l’organisme sans qu’ils y amènent depurulence. Mais elle est vraie pour notre vibrion pyogène, qui, inoculé après avoir été tué par l’action d’une température convenable, détermine, en vertu d’une propriété inhérente à sa structure, des abcès locaux lorsqu'il est introduit sous la peau, ou des foyers purulents dans les viscères lorsqu’il a été versé dans la veine jugulaire. Mais ces abcès sont formés par un pus tout à fait pur, sans odeur, privé de germes, qui se résor be facilement, et ne sont comparables ni pour le nombre, ni pour la gravité, à ceux que détermine dans les mêmes conditions le vibrion inoculé vivant. En d’autres termes, l’activité de notre vibrion tient à deux causes, la première, à ce qu’il peut très bien vivre et se multiplier dans l’organisme, la seconde, à ce que, mieux que tout autre, il peut provoquer autour de lui la formation du pus.

Voilà donc un être nouveau que nous savons pleinement pouvoir vivre dans nos tissus, et y amener des désordres plus ou moins graves. Comme le vibrion septique, il appartient à la catégorie des êtres avec lesquels nous nous trouvons journellement en contact. Nous allons voir qu’il n’est pas le seul à présenter ce double caractère.

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