NUTRITION' ET DÉVELOPPEMENT DES ÊTRES MICROSCOPIQUES
L’infinie petitesse des êtres que nous étudions, la simplicité très grande deleurs formes et de leur organisation, la facilité avec laquelle ils se développent dans toutes les infusions organiques, les multitudes que peut nourrir la moindre goutte de liquide, tout ce que nous savons jusqu’ici sur eux pourrait nouslaisser croire que leurs besoins alimentaires sont très restreints. Il est utile de montrer de suite qu’il en est tout autrement. Pour des causes profondes que nous aurons à étudier plus tard, nos ferments ne se montrent pas moins délicats que les êtres les plus élevés en organisation. La plupart d’entre eux exigent un aliment hydrocarboné déterminé, ils sont presque tous très difficiles sur le choix de leurs aliments azotés ; ils demandent, en fait de sels minéraux, un mélange nutritif toujours très complexe, enfin ils sont d’ une sensibilité extrême vis à vis des variations de la température, ou des moindres changements dans la réaction acide ou alcaline du milieu où ils vivent.
C'est ce que nous allons montrer, en passant en revue ce que l’on sait de général sur l’influence de ces diverses conditions de développement. Nous laisserons pourtant de coté ce qui est relatif à l’aliment fermentescible, celui que le ferment, en vertu de forces qui lui sont propres et sur lesquelles nous avons insisté, détruit en quantité plus
considérable que ne semblent l’exiger ses besoins de nutrition. Le rôle considérable que joue cette substance nous oblige à lui faire une place à part. 11 n’y aurait d’ailleurs rien à dire de général sur elle. Ce sont les combinaisons qu'on peut faire d’un même aliment avec plusieurs ferments, ou, ce qui est plus difficile et plus rare, d’un même ferment avec plusieurs aliments, qui donnent naissance aux diverses fermentations. Mais nous avons le droit de passer plus rapidement sur les autres conditions de nutrition, qui sont moins importantes, et de nous borner aux traits principaux de ce qu’on sait sur elles.
L’étude des besoins alimentaires des ferments ne pouvait évidemment pas naître avant le jour où on a considéré ceux-ci comme des êtres vivants. Elle a même exigé un progrès de plus. Elle eut été presque impossible si on avait du continuer à se servir, comme milieu nutritif, d’infusions végétales ou animales complexes, de composition organiqueet minérale inconnue. Mais lorsque M. Pasteur, dans l’expérience que nous avons citée au chapitre premier, eut fait voir des ferments vivant dans des milieux artificiels, ne renfermant, en dehors de la matière fermentescible, que des sels minéraux purs, de composition connue, on put se demander quelsétaient, parmi ces sels, ceux dont la plante avait besoin et ceux qui lui étaient inutiles ou nuisibles.
Le problème pouvait même être posé d’une façon très nette. La plante accusant nécessairement, par une augmentation ou une diminution de récolte, la présence des éléments utiles ou nuisibles, on devait, avec de la patience, pouvoir lui constituer un milieu type, c’est-à-dire donnant lerendement maximum. En supprimant un à un dans ce milieu, ses divers éléments, on devait pouvoir mesurer, par la diminution de la récolte, l’influence de l’élément supprimé.
S’il est facile à poser, ce problème n’est pas facile à résoudre. On n’en connaît encore la solution complète que pour une espèce végétale, grâce à un remarquable travail de
Pénicillium '.armanskt dd natde! etlith.
Aspengillus nigen ( Slerigmalocyslis nigei’)
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