‹ Fernand DuplessisChapitre 3 sur 10 · I.E NOTAIRE · texte numérisé non relu

I.E NOTAIRE

Parce qu'il s'agit d'une affaire , madame Chevrier, d'une grave affaire.

FEKNAM) UUl»LESSIS. 49

MADAME CHEVRIER

El laquelle donc?

M. CHEVRIEK.

Oui , laquelle?

LE NOTAIRE

Je crois , mes amis , cette fois-ci , avoir eu la main très heureuse : je viens tout bonnement vous proposer un phénix pour votre chère Albine,

MADAME rilEViULR.

Ua mariage.,

LE NOTAIRE

Quarante-sept mille livres de rentes en bons placements; une propriété en Berry estimée , lors de Tinven taire de la succession , il y a cinq ans, plus de trois cent mille francs !

MADAME CHEVRIER

Ah ! mon Dieu ! quelle trouvaille ! Mais c'est superbe... superbe !

M. CHEVRIER

C'est niagniiiqne!

FEflNAND nUl'LESSIS. S-j

MADAME CHEVRIER

Et l'on sait que nous donnons... ?

LE NOTAIRE

Cent mille écus de dot , pas un liard de plus... et l'on s'en contente...

MADAME CHEVRIER

Ah ! mon cher monsieur Barentin... c'est affaire à vous. C'est à n'y pas croire... Quarante-sept mille livres de rentes et une terre ! Et l'on se contente de nos cent mille écus .. C'est à en devenir folle de joie... Mais, dites-

moi , et la personne en question , quelle estelle ?

M. CilEVlUlR.

Ah ! oui , cher ami , à propos , la personne ?

LE NOTAI HE

M. Fernand Duplessis (c'est mon jeune homme) a vingt-huit ans. J'étais l'ami de sa grand'mère , qui Ta élevé. Il a d'abord été page et garde-du-corps. A la mort de sa grand'mère, il a quitlé l'état militaire pour vivre de ses renCes. Il s'est donc trouvé , à sa majorité , maître de sa personne et de sa ortune. Vous sentez bien , mes amis, qu'a-

FERNANU UUPLESSIS. 53

vec de telles facilités pour s'amuser, je ne viens pas vous conter que M. Duplessis s'est toujours conduit comme un Caton.

MADAME CHEVKIER.

Nous ne le croirions pas , monsieur Barentin.

M. CUEViUEK.

Cela nous serait impossible à croire , cher ami.

LE NOTAIRE

xM. Ferdinand Duplessis a donc, comme on dit, lar^rçment mené la vie de garçon;

mais , tout en donnant beaucoup à ses plaisirs , il n'a pas , comme tant d'autres étourneaux, mangé ou écorné son bien; loin de là ; tout en vivant très honorablement, il mettait , bon an mal an , une dizaine de mille francs de côté ; c'est moi qui ai toujours géré sa fortune, qui ai été son banquier, vous pouvez donc m'en croire.

MADAME CHEVRIER

Tout ceci s'annonce jusqu'ici de mieux en mieux. Un jeune homme, maître de lui à vingt etun ans , et qui conserve ainsi sa fortune , doit être un garçon de bon sens. Ainsi, il n'a pas de profession ?

LE NOTAIRE

Non.

PERNAND DUPLESSIS. 55

MADAME CHEVP.IER.

— Le fait est qu'avec sa fortune Ton n'a guère besoin d'un état.

MONSIEUR CHEVRIER

L'on peut même , à la rigueur, s'en passer.

MADAME CHEVRIER

D'un autre côté, pourtant , une profession a cela de bon... qu'elle occupe...

MONSIEUR CHEVRIER

Ce qui vous donne nécessairement quelque chose à faire.

56 FEKNAND UUPLESSIS.

LE NOTAIRE

Sans doute, mes amis, l'oisiveté est dangereuse, lorsqu'elle vous conduit à faire des sottises; mais M. Fernand Duplessis n'en est pas là ..Vous voyez, d'après ce que je vous ai dit, qu'd n'a jamais mésusé de ses biens..., et, pour nous autre gens d'aft'aires, c'est un signiticatif et heureux précédent.

MADAME CHEVRIEU.

Maintenant, mon cher monsieur Barenlin, et le caractère de cette personne ?

MONSIEUR CHLVRIER.

Ah ! oui, il serait !jon de connaître son

carr.ctère.

PRIlNANO hUnJ.K^:^!^. ^u

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