M<JI
Ah ! ma chère amie, vous avez bien rai-
256 FERNAM» DUPLESSIS,
son de dire : — Que sais-je ! — car vous n'envieriez pas tous ces plaisirs - là , si vous saviez combien ils sont vains et fastidieux.
ALBINE
Pour en sentir la vanité, du moins faudrait-il les connaître...
MOI
Mais je les connais, moi, ma pauvre amie! je les connais trop, et je puis vous en parler aussi , croyez-moi ; les dédaigner, c'est s'épargner d'ennuyeuses déceptions..
FEKNANI) UUPLESSIS. 257
ALBLNE.
Le bal, les fêtes, l'Opéra, les soirées! vous avez toujours trouvé cela ennuyeux , monsieur Fernand? Voyons, la main sur la conscience, cela ne vous a jamais amusé ?
MOI
La désillusion n'a pas été du moins longue à venir.
ALBIN E
Tout ce que je vous demande, c'est de me doTjnerle temps de me désillusionner.
MOI
A la bonne heure, je vous aurai prévenue, je n'aurai pas de reproches à me faire.
ALBLNE.
Allons, votre promesse me donnera du courage pour le temps de notre séjour à la Riballière.
MOI
Du courage pour mener cette vie si calme, si douce?
FliUNAM» DUPLESSIS. 259
ALBINE
Peut-être me paraîtra-t-elle ainsi, je le désire... je l'espère ; mais enfin jusqu'ici...