ACTE TROISIÈME
THÉRÈSE
Cest fini, monsieur, la mairie !
POM'eROL; à Clotilde.
Âhl... Et nous jasons là!... Sapristi I... courons à l'église au moins I
THÉRÈSE
C'est trop tard, monsieur I... Il n'y a que bénédiction nuptiale!... Ils seront ici, avant que vous arriviez là-bas!
Elle remonte et sort.
POUEROL.
Vous entendez, Clotilde?
CLOTILDE
Oui... oui, j'entends!
POUEROL.
Mais les voilà mariés, sans nous !...
CLOTILDE
Oui!... Les voilà mariés!... (Éclatant.) Enfin!... Enfin!... c'est donc faitl...
POMEROL, stupéfait.
De-quel air de triomphe vous dites celai...
CLOTILDE
Ah ! vous allez voir, si je triomphe!... Vous m'avez raconté comment on se venge là-bas, n'est-ce pas?... Eh bien! je vais vous dire, moi, comment on se venge ici!... C'est un drame à trois personnes, comme le vôtre!... André, sa femme!... et moi!...
CLOTILDE
Et la même histoire?... Car à moi, comme à l'autre, on a fait mille serments !,. .Car moi aussi, l'on m'a déshonorée publi-
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quement, par une liaison que j'affichais avec un orgueilleux défil... Car à moi aussi, Ton est venu dire un jour, d'un air dégagé !.. « Ma foi, ma chère, je ne sais pas comment cela se fait, mais je ne vous aime plus et j'en aime une autre!... C'est comme ça 1... »
POMEROL.
Mais!...
CLOTILDE
Ah! je vous ai écouté!... Écoutez-moi!... Frappée là!... j'ai dévoré mes larmes, et me suis faite amicale, et tendre, et dévouée! Et il a cru à tout cela, votre indigne ami !... Il a pu croire que je le verrais, d'un œiljoyeuXjTamant et le fiancé d'une autre!... que je Taiderais, moi!... moi!... à jeter aux pieds d'une rivale, tout ce qui m'appartenait, et qu'il me volait... Que tant d'amour pouvait faire place à un autre sentiment que celui d'une effroyable haine!... Il l'a cru!... cet homme!... Et à la façon doutje lui tendais la main, il n'a pas compris, l'imbécile!... que celle main ne demandait qu'à lui broyer le.cœur ! . ..
POMEROL, effrayé.
Clotilde!...Que me dites-vous là?...
CLOTILDE, hors d'elle.
Ah! misérable lâche!... Je t'aurai donné trois des plus belles années de ma vie !... J'aurai foulé aux pieds pour toi, pudeur, orgueil, vertu!... Je me serai faite ton esclave et ta chose !... Je me serai étendue sous tes pas, en le disant : Marche !... Je me serai courbée, en te disant : Frappe !... Et pour en venir là!... que repu de mon amour, tu le jettes au vent, comme une écorcevide!... Et tune veux pas que je me venge!!..
POMEROL.
Glotilde!... Vous m'épouvantez!... Qu'avez-vous fait, malheureuse?...
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