‹ Fernande; pièce en quatre actes, en prose (volume 2)Chapitre 48 sur 134 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

G L T 1 L b E, se lerant.

Raison de plus pour te rassurer 1 11 n'y a pas comme ces fous d'aulrefois pour faire des maris raisonnables!... ilssonl si calmes !

Calme !... lui ?... je trouve des femmes plein ses tiroirs !

GLOTILDB.

• Des femmes !

Eh ! oui ;.. . je ne peux pas fouiller un peu dans ses papiers, sans y découvrir des lettres, des photographies!... Mais tiens, tout à rheure encore en préparant son départ I...

Elle montre des portraits photographiés.

GLOTILDB.

Des portraits!...

De femmes!... Tiens, celle-ci... est-elle assez décolletée!... l'effrontée! ... et celle-là, avec ces cheveux en Tair !... et celte autre qui a Tair de me rire au nez !... et au revers cette écriture de blanchisseuse < Le bon petit chien-chien à son chatchat chéri!...»

CLOTILDE, embarrassée.

Mon Dieu, que sais-je... d'anciennes clientes !.•.

C'est ça !... des clientes!... C'est son mot!... Lorsqu'il vient à la maison quelque jolie femme voilée !... avec laquelle il s'enferme pendant des heures!... Une cliente 1... Et si je Veux rester... « Ohl non I Le secret de la profession !— Mais pourtant ce voile ?... —Sans doute, on vient chez nous comme chez les médecins !... — Mî^is si c'est comme les médecins! — Georgetie, mon enfant, c'est ridicule, je l'en prie !... Va dans la chambre!» Je m'en vais! Je lais un mauvais sang!... et je pleure!...

Digiti

c'est-à-dire je pleurais; car maialenaot j*ai un procédé à moi, pour me rassurer 1

GLOTILDE.

Ahl

Oui ! un petit trou que j'ai percé dans la cloison, et par où je vois tout ce qui se passe dans son cabinet !

GLOTILDE.

Eh bieni qu'&s-tu vu, dans son cabinet?...

Oh ! la première fois ! il y a huit jours ... un scandale I... C'était une grande blonde, celle-là, encapuchonnée jusque-là! elle entre, il ferme la porte 1 je m'installe à mon observatoire, elle 6te son voile !...elle était jolie !... Mon mari se rapproche, elle parle,... parle 1... Je voyais bien, mais je n'entendais rien ! Tout à coup, elle se lève et dégrafe son corsage...

GLOTILDE.

Ahl...

Arrache son col, et découvre toute son épaule I...

GLOTILDE

Oh!

Je n'attends pas le reste, tu penses I... je m'élance à la porte, je frappe, je crie : Philippe ouvre, effarée, la femme se rajuste!., tableau !... explication 1... j'éiais dans mon tort I

GLOTILDE.

Ah!

Elle plaidait en séparation, et lui faisait voir les bleus dont Tavail tatouée son mari !— Ça, je les ai vus !... aucun doute !

Page 1