‹ Fernande; pièce en quatre actes, en prose (volume 2)Chapitre 65 sur 134 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

ANDRÉ, s'assejant.

Clotilde... VOUS êtes une femme adorable, uae femme exquise... une femme comme il nV en a pas!. ..Votre franchise me confond; elle devrait me faire mourir de honte... Ahl quelle supériorité ce moment vous donne sur moi I C'est vous qui avez parlé la première, et c'est moi... moi qui fus le premier coupable !

CLOTILDE, saisie.

Ah!

ANDKÉ, tendrement.

Votre sincérité m'entraîne; elle me délivre. El je puis enfin Tavouer à mon tour : celte histoire de voire cœur, mon amie, c'est* mot à mot l'histoire du mien. Tout ce que vous vous êtes dit, je me le suis dit... tout... mais je me taisais.,, je souffrais:., et je ne sais quand j'aurais eu le courage de parler, si vous ne m'en aviez donné l'exemple.

CLOTILDE, très-pâle et dissimulant sa douleur sous un faux sourire .

Vrai?...

ANDBÉ.

Mais si vrai, que ce voyage n'était de ma part qu'un prétexte.

Ah! vous n'êtes allé en Touraine?...

ANDRE, gaiement, se levant.

Qu'un seul jour !... oui, oui, ma chère amie, un jour seu- . lement...je vousdis que c'est toute une comédie. Figurezvous que ^... Ah ! mais que j'ai donc de joie à vous le dire à présent... je respire! — Enfin... enfin.,, plus d'hypocrisie... Je redeviens moi-môme.

CLOTILDE ^ se levant.

Vous disiez: Figurez-vous...

André, ClotiMe.

Digiti

98 FERNANDK

ANDRÉ

Figurez-vousque je n'ai pris que le temps d'arriver làbaS) et de confier à un ami ces ieltres que vous avez reçues, avec mission de les mettre à la posie, en les échelonnant par dates...

GLOTILDE.

Ah ! mais... c'est très- ingénieux, cela, pour me tromper.

ANDRÉ

Eh ! sans doute... Et voî^à à quoi nous oblige une situation fausse.

De sorte que vous êtes revenu à Paris secrètement ?

ANDRÉ, gaiement.

Le lendemain.

GLOTILDE. ^

li y a donc une autre femme ?

ANDRÉ

Oh!

GLOTILDE.

André, la vérité...

ANDRÉ

Eh bien, oui. Pourquoi vous le cacher, maintenant?.. Oui et non: oui en rêve, maison réalité, non.

GLOTILDE.

Oh!...

ANDRÉ

Oh! cela, Clotilde, croyez-moi. Non, je ne vous ai pas fait l'injure de vous apporter ici les restes d'un amour prodigué aux pieds d'une autre... Avant d'en venir là, j'aurais eu la bravoure de l'aveu... Que ma passion se soit éteinte comme la vôtre, vous l'avez dit... c'est fatal... Tout s'use... mais que mon cœur oublie jamais ce qu'il vous doit, jusqu'à vous payer d'ingratitude et d'outrage... Oh! cela, jamais...

Digiti

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