ACTE TROISIÈME
Et me reprocher quoi... ce qu'il ignore?
GLOTILDE.
Mais je vous répète qu'il sait tout.
Oh ! lui qui me parle comme si j'étais rinnocence et la vertu même ?
>• GLOTILDE.
Et voilà tout? C'est pour cela... En vérité, vous m'avez fait une peur ! Mais, mon enfant ! calmez-vous, voyons. (EUe la fait aaseoir et «'assied). Rappelez-vous à votre tour. Quand je suis revenue à vous, pour vous renouveler sa demande...
FERNANDE, égarée.
Oui.
GLOTILDE.
Outre les paroles que vous venez de rappeler, que vous aijedit encore?
FERNANDE , de même, cherchant.
Encore...
GLOTILDE.
Oui... Je vous ai dit, et je vous le répèle mot à mot... — n André, qui a toutes les délicatesses avec toutes les bontés, ne veut pas qu'il soit jamais question entre vous de cette triste confidence ; et jamais, jamais, entendez-vous bien, il ne sera prononcé un seul mot gui la rappelle. Il veut que ce passé soit comme s'il n'avait jamais été, et son rêve est de l'effacer si bien de son souvenir que vous en veniez tout doucement à l'effacer du vôtre... — » Ai -je dit cela, oui ou non?
Oui, madame, oui !
GLOTILDE.
Et vous êtes surprise qu'il tienne parole... Vous ne com-
Digiti
prenez pas cette sublime tendresse, de feindre Tignorance pour vous dispenser de la honte?...
Ah I madame, si je pouvais le croire !
CLOTILDE
, Puisque je vous Taffirme...
Non, ce n'est pas possible! Je ne me trompe pas!... 11 ne sait rien !...
GLOTILDE.
Mais puisque je lui ai tout dit !
Vous le croyez?...
CLOTILDE
Mais tout I vous dis-je I tout I
Alors, il ne vous a pas comprise !... Car je vous atteste, madame, qu'il ne sait pas : Il ne sait pas !... Je vous jure qu*il ne sait pas!...
CLOTILDE
Et dans cette croyance, enfin , car il faut bien en sortir!... Que comptez-vous faire ?.. .
FERNANDE, se lerant.
Lui tout dire!...
CLOTILDE, effrayée, se levant aussi.
Vous?
Moi-même !
CLOTIL DE.
Marguerite!... y pensez-vous?...
Digiti