ACTE DEUXIÈME
BOSÂLIE.
Lat ne vous fâchez pas, monsieur le Marquis!... Je dis ceoue j'ai vu t
LE MARQUIS
Quoi?
BOSALIEj mystérieusement.
Mais j'ai vu, comme je vous vois, de ma fenêtre, où j'étais par hasard, hier à minuit... un jeune homme... un grand beau garçon!... ils sont toujours beaux ces Satans-làl... mire le tour du parc, vers la haie d'aubépine, en regardant la fenêtre de mademoiselle Marguerite ; et ce matin encore... ce matin, monsieur le Marquis, il a eu le front de faire le môme tour par la petite prairie.
LE MARQUIS*
Et voilà tout, quoi? et c'est cela? Pour un curieux qui passe...
ROSALIE
Un curieux l par un froid de dix degrés! Votre nièce est donc bien curieuse aussi^ car il n*y a pas dix minutes, je l'ai vue, tandis que le beau jeune homme passait, soulever le rideau de cette fenêtre.
LE MARQUIS
Cette fenêtre?
ROSALIE
Eh!... tenez, tenez!... le rideau est encore relevé!
LE MARQUIS, frappé.
Oui! tout à l'heure t.. • devant moi!... cette animation!... cette rougeur l... ces distractions qui m'étonnaient. (riTement.) Ce jeune homme était derrière la haie, vous en êtes sûre ?
ROSALIE, doucement.
Oh ! Dieu ! Je les devinerais dans les entrailles de la terre !... les horreurs d'hommes ! il est peut-être encore là.
(Elle Ta à la fenêtre.) LB MARQUIS*
OÙ ça?
ROSAUB* ^
Là-bas! tenez! tenez! le voilà!
* Le Mar«((ii8, Rosalie*
U LES 6ANACHB9.
LE MARQUIS, fègtrdnU
hn effet I un homme^ jeune encore I
ROSALIE *, de mèm«.
Et qui n'est paâ d'ici, j'en réponds! Je les connais tous, les bandits!... Ils donnent assez de mal à la Société.
LE MARQUISi «près avoir prii une lorgnette far le lecrétaire»
Il marche avec précaution sur les pierres du petit mur écroulé.
ROSALUE.
Et en se baissant, le voyez-vous glisser, le serpent 1
LE HARQUIS, regttdAftt.
Le voici qui s'assied!
ROSALIE
Oui, mais il guette toujours! il regarde par ici, tenez! (reeniam ndignée.) Il me prend pour elle !
LB MARQUIS, avee menaM.
Ah! si je croyais! (sedeseendant.) Ce n'est pas possible!— Un impertinent voyageur, voilà tout! elle le regardait comme on regarde un passant, par hasard!...
ROSALlE , oDCtaeasameBt*
Il n'y a pas de jeune homme qui passe par hasard, monsieur le Marquis!... Il n'y a pas de jeune fiHe qui le regarde par hasard! et quand ces hasards-là se répètent trop souvent, ça finit toujours... toujours... toujours!..* par revenir à la Société maternelle I
LB MARQUIS
Bon pour vos grisettes!... mademoiselle de Forbacl... mais une fille de notre maison!
ROSALIE, de nêne.
Hélas! c'est mot à mot la réponse que le Marquis me fit il y a vingt ans, quand je vins lui dire comme aujourd'hui: «11 y a un jeune homme qui passe bien fréquemment dans la prairie, et votre sœur est bien souvent à sa fenêtre! »
LE MARQUIS
Ah! c'était alors... c'était.*
* Rosalie, le Marquis.
** Le MArqais, Rosalie.