‹ Fernande: pièce en quatre actes, en proseChapitre 180 sur 240 · ACTE DEUXIÈME. S · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME. S

FROMENTEL

Avec luit -

LI MARQUIS

Le premier fat qui passe, un intrus!... lés cheveux auvent!... Un étranger! Un ennemi! et celui-là nous la prendra!... nous Tarrachera !... Et nous voilà de nouveau tous les soirs seuls en face de nous-mômes!...

* VAUCUN.

Et plus de musique après dîner!

FROUENTEL.

Et plus de quatrième ! il faudra encore exhumer ce gredin de mort!,..

VAUCUN.

Laissons de côté notre intérêt ; mais le sien! Qu'on la marie dans quelques années!... passe encore l

LE MARQUIS

Ou plus tard même !

FROMENTEL^ «vee insinnatton.

Avec un gentil garçon comme Urbain, par exemple !

(Le Karquig hftuwa l'épaule et remonte.) VAUCLIN *.

Mais aujourd'hui, à dix-sept ans... quelle folie I Mais sa santé, rien que sa santé s*y oppose.

LE MARQUIS, 4riTC«eiit.

Oui^ sa santé.

FROMENTEL, rmchérisusU

Parbleu! sa santé!

VAUCLIN.

Quand elle est à peine convalescente. Voyez ces mains brûlantes, cette pâleur, cette fébrilité constante, signes certains d'un sang trôs-appauvri!...

FROMËNTSL.

Parbleu! le sang noble !...

LE MARQUIS

Plalt-il?

FROMENTEL

Je dis le sang noble!... car pour ce qu'il lui vient de mon cAté, il est certain que le sang a toujours été beau, chez les Fromentel!

• fromentel, Vauelin, le Marqnia.

Mais pas plus, je pense, que chez les la Rochepéanst

FROMENTBL.

Ma foi I je n'en sais rien, moi... vous avez fait les cent dix* neuf coups, du temps de Louis XV.

Et sous la régence donc?

FROMENTEL^ appujwiC.

Oui I SOUS la régence I

LE MARQUIS *

C'est-à-dire que les Fromentelse sont mésalliés, n'est-ce pas, en épousant une des nôtres?

FROHENTBL*

Je ne dis pas ça!... Mais enfin... au point de vue de la race. (Afee mépris.) Comme croiscment I

LE MARQUIS

Mais comment donc, mais je vous demande humblement

gardon, mon cher monsieur Fromentel, et je supplie votre aute roture de ne pas trop humilier un pauvre gentilhomme en le faisant rougir d'une noblesse qui a le front de remonter aux Croisades!

VAUCLIN, qni est remonté i la cheminée*

Ah! bon! j'attendais les Croisades! Ah! j'étais bien étonné qu'on n'eût pas encore parlé des Croisades! (Redescendant.) Mais, sacrebleu ! si vous y étiez, aux Croisades, nous y étions aussi^ nous!... Car, enfin, s'il y avait des chefs, il y avait aussi des soldats!

LE MARQUIS, aTce mépm.

Des soldats?

FROMENTEL, bérolqnement.

Oui... des soldats! Oui, nous étions aux Croisades!

LE MARQUIS, bansunt les épaules.

Une armée de coquins dont on n'était pas fâché de se débarrasser.

VAUCLIN.

Coquins!...

FROMENTEL, se prenant la tête.

Ah! OÙ allons-nous, mon Dieu? où allons-nous? Nous voilà en Palestine, maintenant.

• Fromentel, le Marquis, Ytoelin.

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