ACTE TROISIÈME
Là, tout à I^jeiirel ellem'écoutait... A qui pensaît-elle ?...
k Lui! Qui cherchait-elle du regard?... Xwt.Car il n*y avai^t plus que Lui au monde!... Tu lui retires son soleil et son Dibu!... elle languit I... Achève! dis-lui : « Non ! tu ne le verra plust... Oui, je Tai chassé! Non! je ne veux pas de lui, et d'ailleurs il ne l*aime pas... » une heure après elle a le délire, et le soir... elle est mortel...
LE MARQUIS
Mortel...
VAUCUN, lui montrant la lettre de Paris*.
Tiens 1... C'est du médecin qui Ta soignée... Lis!... C'est implacable et net comme un arrêt de mort !— S'il y a rechute, elle est perdue!
LE MARQUIS, effrayé.
Mais il n'y aura pas de rechute, Vauclin!.. Mais nous ne laisserons pas cette horrible fièvre se déclarer!... Nous sommes là, toi, te médecin... toi, la science, et tu sais le remède.
VAUCLIN,
Le remède!... Eh l quel remède?... Donne-moi un corps à sauver, je lutterai ; mais une âme à l'agonie, où veux-tu que je la prenne? Ce n'est pas à des organes souffrants que j'ai affaire; c'est à une pensée malade qui se dévore elle-même. Donne-lui de l'espoir!... verse-lui du courage! bon!... mais ne me demande pas de guérir avec des potions la folie d'une jeune fille qui meurt de tristesse et d'amour!...
(Il se lèYO.) LE MARQUIS.
Mais on ne meurt pas d'amour, Vauclin, tu me l'as dit cent fois!
Non ! mais on meurt de la fièvre, et l'amour la donne !
LE MARQUIS
Mais faisons quelque chose, au moins... Essayons!... luttons! Nous sommes là à débattre, et le péril augmente !..
BOURGOGNE, entrant.
Monsieur le Marquis... ce jeune homme... M. Marcel Cavalier demande si monsieur le Marquis est visible?
LE MARQUIS
Lui!
* Yanclin assis à gauche, le Marqnia debottt» ** Le Marquis, Yaaclio.
YAUCLIN, àluUmAoït.
BOURGOGNE
Et i] rappelle à monsieur le Marquis qu'il deyait le venir saluer dès soa retour!
LE MARQUIS
Luil... ce misérable qui Ta tuéel*^ Qu'il sortel... qu'il sorte de chez moi I
VAUCLIN, Tivement, l'arrêtant.
Au contraire!... qu'il reste et qu'il attende.
(Bourgogne reste an fond et attend.)
Es-tu fou?
VAUCLIN^ le ramenant sur le devant de la aeène, avee chaleur.
Es-tu fou toi-môme ? Mais la voilà peut-être, la guérison que tu demandes I Le voilà, le salut! au moins pour aujourd'hui !«••
LE MARQUIS
Tu veux T.. •
VAUCLIN.
Je veux!... je veux que Marguerite le voie, ne Wt-<îe qu'un instant, une seconde, mais quelle le voie,
LE MARQUIS
Mais pense donc...
VAUCLIN, sani l'écouter.
Je ne pense qu'une chose, c'est qu'elle le verra ici... près de toi !... et que sa présence est un démenti aux paroles de Rosalie.
LE MARQUIS
Mais je ne veux pas lui laisser croire...
VAUCLIN.
Eh! qu'elle croie ce qu'elle voudra, pourvu que je la sauve I
LE MARQUIS
Pour être forcés de lui avouer demain...
VAUCLIN.
Ah! demain! alors comme alors! Sauvons aujourd'hui 1... nous veillerons plus tard à demain!
IJS MARQUIS*
Et je ne veux pas, moi.