‹ Fernande: pièce en quatre actes, en proseChapitre 228 sur 240 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

boDne... Ce qui pouvait la tuer Ta sauvée. Tout va bien I (st

frottant les maios.) Tout va bien!

(Le MarqnU soupire dans son fanteoil.) FHOMENTEL, grelottant.

Brou ! il ne dort pas mieux que moi^ le Marquis !

VAUCLIN.

Il a voulu veiller!... comme ce jeune homme qui refusait de s'éloigner, et à qui j*ai dû donner ma chambre là-haut... Pauvre garçon I... il est arrivé à temps, celui-là 1...

(Il passe à la cheminée.) FROMENTEL*

Oh I mon Dieu I sans vous, le Marquis l'aurait mis tout de môme à la porte...

VAUCLIN, à lui-métne, jetant on coup d'œil au lilarquis à la dérobée.

Oui^ certainement l

FROHENTEL, s'accoudant dans le fauteuil pour se rendormir.

AU risque de me faire conspuer, je les marierais tout de suite, moi, ces pauvres enfants!

VAUCLIN.

Il a raison I... aussi bien ils s'aiment!

FROMENTEL, enfoncé dans son fauteuil.

Ça, c*est secondaire, ça; — c'est le côté poétique... ça... Mais au point de vue du solide... qu'est-ce qu'on lui reproche à ce jeune homme? Ce n'est pas comme mon galopin de fils. Je comprends qu'on n'en soit pas fou de celui-là ; tandis que l'autre, il a tout pour luil... Une bonne place... de bons appointements I... C'est donc par entêtement qu'on le repousse?

VAUCLIN.

C'est vrai, par entêtement !

FEOMENTEL.

Par égoïsme I

VAUCLIN.

Del'égoïsme, c'est vrai I... (Étonné.) Vous n'avez jamais parlé si sagement, Fromentel.

FROMENTEL, sans bouger.

C'est que j'enrage I... Une satanée histoire qui, depuis deux jours, bouleverse toutes mes habitudes 1 qui m'empêche de dormir, qui m'empêche de dinerl... C'est assommant!...

(Il se renfonce dans son fauteuil et se rendort.) VAUCLIN, en redescendant.

Ah ! bon! (a lui-même.) Et pourtant, il a dit la vérité... c'est de

réçoisme I Oui, Toilà le mot que ma conscience me répète depuis hier. Allons, docleur, tranchons dans le vif I... Trancher!

non... la ruse vaudrait mieux. (S'approchant da Marquis endormi et le

regardant.) Car jc te devine, toi, et je sais bien pourquoi tu es si hostile à ce mariage... (Résolument.) Mais je t'y ferai consentir ou j'y perdrai mon nom I Débarrassons-nous d abord du Fromen-

tel I... (il frappe sur le dossier de Fromentel.) Fromeutcl j

FEOMENTEL, réveillé en sursaut.

Hé!

VADCLIN.

Gourez chez Lecolonec, le pharmacien de la Grande-Rue.

FBOHENTEL.

Si loin!...

VÂUCLIN, lui donnant le papier qu'il a écrit au leTer d« rideam*

Et rapportez-moi ceci vite... avec de la glace 1

FEOMENTEL.

De la glace?...

VAUCLIlf*

Oui, vite, vile !•••

FROMENTEL

Brouh I... Eh bien, ça va me réveiller, tenez, celai Grisli, de la glace I

(Il sort eo grelottant.)

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