‹ Fernande: pièce en quatre actes, en proseChapitre 46 sur 240 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

GLOTILDE, GEORGETTE.

Clotildeest assise sur le canapé et écrit. Georgette entre vivement en parlant à la femme de chambre qui lui ouvre la porte.

GEORGETTE, très-fiérreuse.

Monsieur de Pomerol n'est pas ici ? Il n'y est pas, n'est-ce pas ?

GLOTILDE.

Ton mari ?

GEORGETTE

Oai, mon mari, oui I... mon mari, oui !.«.

GLOTILDE.

Haïs non! Tu vois!...

GEORGETTE

C'est cela ! Il n*y est pas !... J*en étais sûre!

68 FERNANDK

CLOTILDE

Mais, grand Dieu I quelle entrée I qu'y a-l-il ?

GEORGETTE

Ah 1 cousine, lu me reproches souvent ce que tu appc lies mes folles jalousies!... mais cette fois, par exemple!..

CLOTILDE

Eh bien ?

GEORGETTE

Ah non ! non, non ! Je n'admets pas ça!* Il part à huit heures du matin en me disant : j'irai ici, puis là, et puis chez Clotilde, et je serai de retour à trois heures : il en est cinq et j'attends encore... c'est trop fort I

Elle s'assied à gauche.

Mon Dieu, ma chère ! un jour de départ, franchement ! Un avocat qui va plaider si loin !.. il est sans doute au Palais.

GEORGETTE, se leyant.

Oui ! El hier au soir, y éiait-il, au Palais, i our me rentrer à minuit passé ?

CLOTILDE

Ah I hier î II ne t'a rien dit de sa soirée d'hier î

GEORGETTE

Mais rien 1

CLOTILDE

C'est donc qu'il n'y a rien là qui t'intéresse! Et, ervéritô ! lu es bien enfant, avec les jalousies sans motif.

GEORGETTE **

Sans motif !... un mari pareil ! un passé 1 une jeunesse !...

* Georgette, Clotilde.

•♦ Clotilde, Georgette*

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