ACTE DEUXIÈME
GLO TILDE, te lerant.
Raison de plus poar te rassurer 1 11 n'y a pas comme ces fous d'autrefois pour faire des maris raisonnables I... ils sont si calmes !
GEORGETTE
Calme I... lui ?... je trouve des femmes plein ses tiroirs I
Des femmes I
GEORGETTE
Eh ! oui;... je ne peux pas fouiller un peu dans ses papiers, sans y découvrir des lettres, des photographies !... Mais tiens, tout à Theure encore en préparant son départ I...
EUe montre des portraitf photographiée* GLOTILDE.
Des portraits I...
GEORGETTE
De femmes I... Tiens, celle-ci... es!-elle assez décolletée!... l'effrontée! ... et celle-là, avec ces cheveux en l'air !... et celle autre qui a l'air de me rire au nez I... et au revers cette écriture de blanchisseuse < Le bon petit chien-chien à son chatchat chdrîl...»
GLOTILDE, embarrassée.
MonDieUy que sais-je... d'anciennes clientes !••.
GEORGETTE
C'est ça!... des clientes!... C'est son mot!... Lorsqu'il vientà la maison quelque jolie femme voilée !... avec laquelle il s'enferme pendant des heures I... Une cliente I... Et si je veux rester... « Oh! non 1 Le secret de la profession I — Mais pourtant ce voile ?... — Sans doute, on vient chez nous comme chez les médecins I... — Mais si c'est comme les médecins! — Georgetie, mon enfant, c'est ridicule, je l'en prie I... Va dans ta chambre!» Je m'en vais! Je fais un mauvais sangl... et je pleure!...
c'est-à-dire je pleurais; car maiiUenant j'ai un procédé à moi, pour me rassurer I
Ahl
GFORGETTE.
Oai j on petit trou que j'ai percé dans la eleison, et par où je vois tout ce qui se passe dans son cabinet I
CLOTILDE
Eh bieni qu'as-lu vu, dans son cabinet?...
GEORGETTE
Oh ! la première fois ! il y a huit jours .•• un scandale I... C'était une grande blonde, celle-là, encapuchonnée jusque-làl elle entre, il ferme la porte ! je m'installe à mon observatoire, elle ôte son voile I.,.elle était jolie I... Mon mari se rapproche, elle parle,... parle I... Je voyais bien, mais je n'entendais rien I Tout à coup, elle se lève et dégrafe son corsage...
CLOTILDE
Ah I...
GEORGETTE
Arrache son col, et découvre toute son épaule I..^
CLOTILDE
Oh!
GEORGETTE
Je n'attends pas le reste, tu penses !..• je m'élance à la porte, je frappe, je crie : Philippe ouvre^ effarée, la femme se rajuste! .. tableau I... explication I... j'éiais dans mon toril
CLOTILDE
Ah!
Elle plaidait en séparation, et lui faisait voir les bleus dont Tavait tatouée son mari l— Ça, je les ai vus !... aucun doute !