OUS
ANDRÉ
Mais jamais 1
96 FKRNANDE
CLOTILDE
Alors, j'ai donc bien joué mon rôle ; car je puis vous l'avouer à présent. Que de fois, mon ami, rn ces derniers temps surtout, je me suis dit, quand vous quittiez ce salon : Ai je à me plaindre de lui ?... — Non. Est-il toujours aussi digne d'être aimé, aussi empressé, aussi tendre?... Oui!... Pourquoi donc son cœur étant le même, le mien est-il changé?... car il Test, je ne saurais me le cacher. Je ne l'attends plus avec la môme impatience... Cette inquiétude, quand il tardait un peu ! cette émotion si douce au bruit de sa voiture^ au son de sa voix ou de ses pas... je ne l'éprouve plus!... je l'estime, je le révère... autant et plus que jamais ! — Mais pour Taimer, non. II faut bien en convenir, je ne Taime plus...
ANDRÉ
Vous, Glotilde I... et c'est vous qui ?...
CLOT IL D B, remontant à la table et jouant arec une petite glace A main.
Mon Dieu, mon ami, je vous entends bien... comment cela s'est-ii fait?... Le sais-je moi-même?... Comment l'amour s'en va-t-il ?.., Comme il est venu! — Je n'avais pas ordonné à mon cœur de vous aimer... je ne lui ai pas interdit de le faire... II se reprend comme il s'est donné... à mon insu... C'est la loi commune que toute chose ait un terme et qu'elle meure de ce qu'il l'a fait vivre 1..."^ J'en étais donc à ce point douloureux... Eh bien, du moins, il ne saura rien. Je me sacrifierai .. je mentirai. ..Il se croira adoré comme au premier jour, et je souffrirai seule... Mais quel supplice, mon ami... que ce mensonge de tous les instants, et combien je bénis ce voyage de m'avoir appris que ma tendresse ne vous était pas aussi indispensable que je le voulais croire!... Mentira présent!... c'est bien inutile, n'est-ce pas?... Vous savez tout... vous me plaindrez... Et si mon inconstance a besoin d'excuses... Eh bien, vous les trouve* rez dans votre propre cœur, en le comparant à lui-même*
* Clotilde, André qui est remonté au-dessus de la table.