ACTE TROISIÈME lil
Si j*y pense!... A défaut de verlu, que j'aie au moins la franchise !... c'est le seul honneur qui me reste 1...
Vous aurez ce courage?
Je le trouverai I...
GLOTILDE.
Marguerite, ne faites pas celai... Prenez garde î... Il y a des paroles qui brûlent et des mots qui tuent !..
F£RNANDE.
Eb bien I qu'elles me tuent doncl... Mieux vaut mourir de son mépris que vivre avec le mien !
GLOTILDE.
Mais quelle folie!... Pensez-y donc!... Pour vous, pour lui-même, pour votre mère entin, dont le bonheur dépend du vôtre !... Mais je ne le veux pas, moi, je vous le défends !
Et vous aimez mieux, madame, que je devienne sa femme, avec ce doute qui me torture?... Vous voulez que j'aille tout à Theure à l'autel, en me disant : Sait-il bien quelle femme il y mène?... Mais c'est une infamie que vous me conseillez-là!...
GLOTILDE, virement.
Non ! non I... Vous avez raison; il faut s'assurer d'abord!..
Vous voyez bien 1
GLOTILDE.
Mais il ne faut pas parler, à aucun prix I... Glotilde, Fernande.
Ii2 FERNANDE
Quoi doac, alorîr?... car je oe sah plus I...
GLOTILDE.
Écrire I... ce qui brûle à dire, on l'écrit I
Peut-être l... Ouil
GLOTILDE, préparant tout sur la table.
Et que cela vaut mieux!... mon enfant I... Il sait tout, et vous en êtes sôre, sans vous lorlu'^er Tun parTaulre !
FERNANDE, allant à la table.
Vous avez raison, madame, Pécrit vaut mieux ; c'est moins affreux que la parole I
GLOTILDE.
Tenez, du papier... Une plume I...
FERNANDE, assise et tremblante. *
Oui I... II faut bien !... Ah! mon Dieu 1... par où commencer et comment dire cela?...
GLOTILDE.
Pensez bien pour vous donner du cœur que vous ne lui apprenez rien qu'il ne sache I (Marguerite écrit, Glotilde remoiit« et gagne la droite.) ETl bien?...**
FERNANDE, cessant d'écrire et pleurant.
Ah 1 que c'est affreux d'écrire loul cela soi-même I...
GLOTILDE, émue, ébranlée et prête à l'arrêter.
Vous vouliez le dire !..* Jugea donc 1... Malheureuse enfant !...
Et je l'aime !. Et il m'aime l...
* Glotilde , Fernande.
** Fernande, Glotilde.