‹ Fernando de Herrera (El Divino) 1534-1597Chapitre 115 sur 147 · SAT · texte numérisé non relu

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ble nouveauté : il est facile, candide, et vraiment poète élégiaque..…. Il est orné, pur, poli, élégant et vif; on trouve cependant chez lui beaucoup de tournures étraneères qui se trahissent par la forme et le caractère de ses phrases, car il est très versé dans les œuvres des poètes grecs. Plus nerveux, plus inspiré et plus travaillé que Tibulle, il provoque plus d’admiration; il a en effet penséavec plus de soin à ce qu’il écrivait, et montré plus d'industrie et d'application. Mais il accumule des fables, qui aujourd'hui paraissent déplacées, et ne saurait s’en passer : marque de la pauvreté de ses idées qui étaient très vulgaires *. »

Ovide, « si l’on laisse de côté ses habiles et brillantes Métamorphoses, est infiniment ingénieux, et merveilleusement latin et élégant ; il est plus riche d'idées que tous les élégiaques romains et plus beau et plus abondant en belles inspirations et en merveilles poétiques ou amoureuses ; mais dans ses Amours, où il dit tant de choses fines et spirituelles, il est souvent lascif avec excès et ne cesse de

1. « Propercio tiene grade copia de erudic10 poetica 1 variedad, 1 como mas oscuro 1 Îleno de 1storas 1 fabulas, es mas imctado 1 contino en mover los afetos de los cuales es ecelente pintor. 1se levanta muchas vezes tanto que parece mas toroso 1 robusto, que lo que conviene a los regalos de amor 1 blanduras de la elegia... muchas vezes o por la dificultad de lo que trata, o por el nu- mero un poco mas aspero, parece mas orrido. en el resplandor 1 hmpieza de las palabras 1 versos es venusto 1 venerable con la gravedad de las sentecias 1 en una graciosa novedad de algunos versos. es faal, candido 1 verdaderamente elegfaco,.…. tiene mucho ornato 1 hmpieza, 1 cultura 1 elegäca, i viveza, aunque se vê en el mucho del estilo peregrino, que la forma 1 el carâter del der demuestra, que es mu versado en los escritos de los poetas Griegos. 1 como mas nervoso 1 de maor espinitu 1 cuidado que Tibulo, admira mas; 1 assi penso mas dihgétemete lo que escrivio, mostrando mas industria 1 trabajo. pero amontona muchas fabulas, que ya en este t6po no parecé bi, i nunca sabe apartarse dellas, que es pobreza de concetos, los cuales tuvo harto vulgares. » (Commentaire, p. 298.)

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parler d'amour sans jamais s'élever jusqu'aux Jouissances spirituelles et à la perfection amoureuse ; de même que dans sa vie et ses mœurs, il manque de nerf dans ses discours et ses paroles. Parfois il se laisse tomber sans s'inquiéter du rythme ni du choix des paroles, et dit tout ce qui lui vient sur les lèvres. S'il ne lui manqua pas l’esprit qu'il fallait pour refréner la licence deses vers, l’énergie lui fit défaut pour cela ; il affirmait en effet que le plus beau visage était celui qui avait un signe. II faut reconnaitre que ses épitres sont limées plus que toutes ses autres œuvres, qu'on y trouve des idées brillantes, une élégante facilité, du nombre : qu'ils’ y montre érudit et varié et que pour la fertilité en paroles, pour l’heureuse abondance dont il fait preuve même dans les petites choses, il est incomparable et semblable à un pré tout émaillé de fleurs où l’on dirait que toute chose rit et respire comme si elle y était née, sans souci et sans peine aucune, en vertu de la seule fécondité de la nature. Malgré tout cela, s'il l'emporte en esprit sur ses devanciers dans l’élégie, ceux-ci le surpassent par la parure de leur langage et par leur application!. »

1. « dexädo a parte el arhficioso 1 ornatissimo hbro de las transformaciones, 1 que es 1ngemosissimo 1 maravillosamente Latino 1 elegäate, 1 mas . co de côcetos 4 todos los elegfacos Romanos, 1 mas hermoso, 1 que tiene mayor copia de bellos espinitus 1 de mlagros poeticos 1 amorosos ; 1 que en los amores dize muchas cosas agudas 1 muchas cultas ; dize muchas Jacivas, luxuriantes 1 derramadas, 1 no se aparta mucho del uso de los amores, m se levanta à gozos espiritales, m1 a perfecion de amantes ; 1 ass1 como en la vida 1 costumbres, es sin mervos en la oracion 1 palabras. algunas vezes se dexa caër mucho, 1 es sin cuidado del numero 1 del escogimiento de las palabras, diendo todo lo que le viene a la boca. 1 aunque no le falt ingemo para refrenar la hcencia de sus versos, faltd le animo ; porque afirmava que era mas hermoso el rostro que temia un lunar. pero confessando & sus epistolas son polidissimas entre todos sus hbros ; porque las sentëcias son 1lustres 1 la facihdad compuesta 1 los numeros poehcos, 1 que el es erudito, 1 vario, 1 que

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Ces jugements sur les élégiaques latins seraient en somme assez judicieux, si la tendance de Herrera vers le bel esprit ne se manifestait par son admiration particulière pour les & épîtres » d'Ovide qui ne sont autres que les Héroïdes de ce poète. |

Parmi les modernes, 1l cite Balthazar Castiglione « qui a laissé quelques élégies très douces et très élégantes, polies, infiniment gracieuses et qui ne doivent rien aux élégies antiques. » Molza est « digne d'être compté au nombre des poètes les plus rares pour le bonheur avec lequel sont faits ses vers, supérieurs incontestablement à tous ceux des Italiens! » : c'est un excellent imitateur de Tibulle.On se rappelle que Herrera avait déjà fait l'éloge de Molza comme sonnettiste.

IL cite enfin les élégies de Marco Antonio Flaminio qu 1l déclare & très doux, caressant, suave, très pur et très candide entre tous”. »

Quant à Garcilasso, nous avons déjà vu qu'il mettait ses élégies au-dessus de ses sonnets; &1l s'y surpasse, dit-1l, de telle sorte qu'il y devient de beaucoup supérieur

en ferhhdad de palabras 1 en aquella fehice copra, aun hasta en las cosas mas pequeñas, es insuperable, 1 semeyante a un floridissimo prado; en quen parece que esta riendo todo cuanto 41, 1 que espira, como si naciesse sin algun .cuidado 1 trabajo, si no de sola la fecundidad de naturaleza ; con todo esto aun que el vença en ingemo a los que le ocupa el lugar en la elegra ; ellos le eceden con el ornato de su oracion 1 con el cwdado. » (Commenlaire, p. 296-297.)

r. « el Castellon dexd por prèdas 1 arra de su ingem algunas elegias dulcissimas 1 elegätes 1 tersas 1 graciosissimas, 1 que no reconoce deuda a las antguas. el Molsa es dino de numerarse entre los poetas rarissimos por la fehicidad de sus versos, 4 sn controversia eceden a todos los de Italia, 1 en el se halla la verdadera image de Tibulo, a cuya semejança labrd mas castigada mente los versos que todos los de su edad. » (Commentaire, p. 299.)

2. « Flamimo es mu dulce 1 regalado 1 suave 1 purissimo 1 candidissimo entre todos. » (Commentaire, p. 299.) j

à lui-même ; car 1l y est tout élégance, pureté, politesse, générosité et douceur, et il est admirable dans sa façon d’émouvoir les passions”. » ‘

‘ Herrera non plus ne s’est pas montré inférieur à luimême dans l’élégie ; peut-être serait-on tenté de le juger un peu sévèrement sur ce point après la lecture monotone des trente-trois élégies publiées en 1619, lecture qui lasse les meilleures volontés et les dispositions les plus bienveillantes ; mais, si l’on se borne aux quelques pièces qu'il publia lui-même en 1589, on reconnaîtra qu'il a porté dans ce genre de poèmes les mêmes qualités que dans le sonnet.

Assurément 1l ne faut pas chercher dans ces œuvres laboricusement composées la profondeur ou l'originalité, la facilité que notre poète admirait chez Ovide ou l'aisance heureuse d'un Garcilasso. Mais on y trouve cette dignité de la pensée, cette harmonie un peu grave qui conviennent si bien à la langue espagnole et qui faisaient souhaiter à un juge tel que Lope de Vega de voir écrire en lettres d'or les vers adressés à Camoëns : « Si el grave mal, qu'ei coraçon me parte” ». Ce sont les mêmes mérites qui caractérisent l’élégie : &« No bañes en el mar sagrado 1 cano” », ou celle que le poète dédiait à son ami Francisco de Medina : & À la pequeña luz del breve dia‘. » A ces trois œuvres, publiées en 1582, j'ajouterais volontiers

. Cpero no 1guala a sus canciones 1 elegias; que en ellas se ecede de D que con grandissima ventaja queda superior de si mesmo. porque es todo elegante 1 puro 1 terso 1 generoso 1 dulcissimo 1 admirable en mover los afetos. » (Commentaire, p. Le S)

». Élégie I de 1582.

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