‹ Fernando de Herrera (El Divino) 1534-1597Chapitre 12 sur 147 · CHAPITRE IH · texte numérisé non relu

CHAPITRE IH

Les amis De Herrera (Suile). — Luis Barahona de Soto (1548- 1999). — Le D' Pero Gémez Escudero. — Le D" Eustacio B. de Cervantes. — Le D' Martin Martinez. — Le D' Diego Martin. — Pedro Diaz de Herrera. — Jerônimo de Lomas Cantoral. — Jerénimo de los Cobos. — Filipo de Ribera. — Don Pedro de Cabrera. — Alonso et Martin Ramirez de Arellano. — Don Pedro Tello. — Juan Séez Zumeta. — Fernando de Cangas.

En véritable humaniste du xvi° siècle, Herrera se piquait volontiers d'être universel ; son Commentaire sur Garcilasso est une espèce d’encyclopédie des connaissances de son temps, science de seconde main, il faut l'avouer, et qui nous fait un peu sourire aujourd'hui. S'il prétendait, comme nous l'avons vu tout à l'heure, être connaisseur en peinture et en sculpture, il semble qu'il ait également eu un goût assez vif pour les sciences naturelles ; aussi parmi ses amis allons-nous trouver plusieurs médecins : d’ailleurs au début du siècle, ces derniers, non moins versés dans l'étude des langues anciennes que dans celle des sciences, formaient une élite intellectuelle et cultivaient ordinairement la poésie dans leurs heures de loisir.

Tel fut le cas de Luis Baranona ps Soro' qui connut

1. Cf. Barahona de Soto, par D. Francisco Rodriguez Marin. Madrid, 1903. Barahona était né en 1948.

Herrera peut-être dès 1571, en tout cas vers TOTALE quatorze ans plus jeune que le poète 1l dut entretenir d’abord avec lui des rapports plus respectueux qu'affectueux et qui ne furent pas assez fréquents pour devenir intimes, car il séjourna peu à Séville. Il exerçait déjà la médecine à Grenade ‘ ou dans les environs lorsque Herrera lui adressait le sonnet suivant : « Tandis que célébrant au son de votre noble lyre, insigne Soto, votre douce peine, vous remplissez les rives du Darro et le vert bocage qui vous écoute avec étonnement, ici où l'amour conspire à ma douleur, seul, sur cette plage déserte et brûlante, je fais couler de mes yeux un torrent de larmes, et le grand Bétis soupire en même temps que mon mal. Heureux, vous qui, à la lumière d’un feu immortel, renouvelez la gloire de votre Phénix, que ne pourra cacher la nuée de l'oubli! Et moi, malheureux, sans bien, blessé et aveugle, je ravive la mémoire de mes malheurs, désespéré et jamais repenti ! »

Vos, celchrando al son de noble lira (insine Soto) vuestra dulce pena, del Dauro la ribera teneis Ilena, 1 el verde bosque, que de vos s’adnmra ; Yo aqu, do Amor en m1 dolor conspira, solo en esta desierta, ardiente arena rompo mis 0J0s en profunda vena, 1 el grande Betis con mi mal suspira.

Dichoso vos, qu’en luz d’immortal fuego de vuestra Fems renovais la glona, que no podra cubrir mebla d’olvido.

. Cest en 1577 ou 1578 que Barahona s’établit à Grenade. Cf. Barane par D. Francisco Rd Marin, ch. vir et vrrr.

Pr

Yo musero, sin bien, herido 1 ciego avivo de mis males la memoria, desesperado, 1 nunca arrepentido

Barahona lui répondait par un sonnet” construit sur les mêmes rimes, comme l’exigeait la courtoisie poétique, mais avec une singulière gaucherie. Plus tard, leurs relations étant devenues plus étroites, Herrera lui adressait encore une affectueuse invitation à se rendre à Séville ; cette fois, il le tutoyait: « Soto, 1l n’est pas Juste que ton chant retentisse pour l'honneur seul de l’humble et froid Darro. Plus digne en est mon Bétis sacré qui tient ton nom en si haute estime. Les sources de Castalie et de Pirène jaulliront pour toi dans son cours abondant, et l'on verra lui rendre hommage le fleuve * qui fut le tombeau du fils de Climène. lei se trouve la riche Arabie et l'heureux nid où ton immortelle Phénix allume le feu qu'affine en toi sa beauté. Viens en ce séjour fleuri et parfumé; fuis le désert, où s’atténuent son éclat et la grandeur de ton éminent génie. »

Soto, no es justo que tu canto suene, i ônre solo al umilde Dauro frio ; mas dino es d’el el sacro Betis mio, qu’el nombre tuyo en tanta estima tiene.

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