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qui font vivement regretter la perte de l'ouvrage, il dut séduire encore Herrera par son talent de peintre.
Notre poète se piquait en effet de se connaître en peinture et Pacheco cite une définition de cetart, d'un auteur inconnu, qu'il avait trouvée dans les papiers de Herrera et qu'il déclare excellente : & Pour que la peinture soit parfaite, 1l faut qu’elle réunisse quatre qualités principales: invention, dessin, couleur et manière’. » Dans un passage piquant de son Art de la Peinture où il invite les sa vants à se défier de leurs jugements artistiques, le même Pacheco nous montre trois des plus éminents érudits de son temps dans une posture assez ridicule ; le premier est Arias Montano, le second Fernando de Herrera; le troisième le maestro Francisco de Medina”. & Et à dire vrai, ajoute-t-il, ce dernier fut, de tous ceux que j'ai connus, le meilleur connaisseur et le meilleur juge en fait de peinture. Montano célébra Villegas non seulement dans ses graves écrits, mais en Italie et en Flandre, le mettant au-dessus des plus grands peintres ; et cependant on n'a
1. Si bien me parece mas clara la [definicién] que sigue, de incierto autor ; que hallè entre los papeles que quedaron de Fernando de Herrera : i es esta : Para ser la pintura, perfeta i excelente, se requieren cuatro partes principales en ella, buena invencion, buen disegno ; 1 buen colorido ; 1 bella manera. » tes Arte de la PAS Livre Il, ch. 1, p. 169.)
Eu Lpor dezir verdad este ultimo fue el Gibre d mayor conocimiento, ve juizio en la Pintura de cuantos e conocido 1 comunicado. Montano celebrd a Villegas, no solo en sus graves escritos, pero en Italia, i Flandes, delante de los mayores pintores : que fue vn pintor, que ni en vida, ni en muerte se hablè del : ï assi se engañd en la estimacion de tal sugeto, ostentando sus pinturas, contra la gran reputacion de sus letras. À Fernando de Herrera, le puso una vez en las manos Gaspar Delgado, dos modelos, cansado de oirle hablar en la Escultura, ï eligio el peor: con que confirmd su flaqueza. Vengamos al de mayor conocimiento, el Maestro Medina, a quien engañaron, con unas moderadas copias, por originales de Mase Pedro : i yo le
desengañè ; aunque dudo si quedè satisfecho. » (Pacheco. Arte de la Pintura. Livre IT, ch. 1x, p. 452.)
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parlé de Villegas ni pendant sa vie, ni après sa mort... Quant à Fernando de Herrera, Gaspar Delgado ‘ lui mit une fois entre les mains deux modèles, fatigué qu'il était de l'entendre parler de sculpture, et Herrera choisit le plus mauvais... Arrivons à celui qui s'y connaissait le mieux, le maestro Francisco de Medina, qui se laissa tromper par des copies médiocres qu'on lui fit prendre pour des originaux de Maese Pedro * : et ce fut moi qui le détrompai, bien que je doute qu'il en ait été fort satisfat. »
Herrera était déjà célèbre lorsqu'il entra en relations avec Céspedes qui était lui-même en passe de le devenir, car ce ne fut sans doute qu'à son retour d'Italie, en 1578, qu'il put le voir pour la première fois. C’est ce qui explique que nous ne trouvions pas dans les œuvres du poète de composition adressée à Céspedes, Herrera ayant, à partr de 1582, renoncé presque complètement à la poésie. Mais ce fut une amitié durable et, lorsqu'il se vit reprocher par le malicieux Prete Jacopin d'avoir parlé de Lucain avec mépris dans son Commentaire sur Garcilasso, poussé par la vieille haine qui séparait les Sévillans des habitants de Cordoue, Herrera répondit avec aigreur à son critique que « pareille inimitié n'avait jamais existé entre les citoyens de ces deux grandes cités, si ce n’est parmi la canaille et la lie du peuple‘. » Aussi, à la mort
1. Un certain Pedro Delgado, élève de Micer Antonio Florentin, travaillait en 1559 à Séville où 1l exécuta plusieurs statues pour la cathédrale ; il eut pour élève Gaspar Delgado, dont il est question dans ce passage, qui travaillait aussi à la Cathédrale à la même époque et qui prit part comme sculpteur à la décoration du Catafalque de Philippe IL.
2. Il s’agit du peintre Pierre de Kempenceer (1503-1580), que les Espagnols appellent Pedro Campana, et qui résida longtemps à Séville.
3. Y assi pudiérades excusar de dezir mal deste poeta [Lucain] siquicra
de Herrera, le peintre de Cordoue célébra-t-1l la mémoire du poète de Séville en des octaves harmonieuses que Pacheco jugea dignes de servir d’épilogue à la biographie de son héros *.
por ser Español y nacido en el Andaluzia. 4 No os movié 4 esto la vieja enemistad de sevillanos y cordoveces ? » (Observaciones del Prete Jacopin, XX, p. 31.) Herrera répond : « no acertästeis bien en dezir que lo mobia la hieja enemistad de Seuillanos y Gordoueses, por que nunca, si no fué entre la canalla y hez del bulgo, obo enemistad entre los naturales destas dos ciudades tan grandes, » (Contestacion de Herrera, XX, p. 133 de la Controversia sobre sus Anolaciones à las obras de Garcilaso de la Vega. Séville, 1850. Édition des Bibliophiles Andalous.)