PAROLES
Usaréis de los terminos y modos De la nueva Ortografia, viendo en ella A Cabrera metido hasta los codos.
C’est sans doute à ce Cabrera que Herrera dédiait l'Élégie V du livre HI de l'édition de 1619 : © En tanto que el furor del seco estio…..» Resté à Séville pendant l'été, il célèbre le bonheur de Cabrera qui jouit auprès d'Isabelle, son épouse chérie, d'une félicité profonde que l'ambition ne trouble pas, tandis que le poète, victime d’un amour qui ne sera jamais satisfait, pleure dans la solitude. Ce personnage était peut-être aveugle si l’on s’en rapporte aux vers 14-15 de cette élégie : & Au milieu des ténèbres vous voyez la lumière que la vertu fait paraître sur son visage serein. »
en las tinieblas veis la lumbre que la virtud descubre’ n su faz pura.
Un autre gentilhomme, ALonso RaMÎREz DE ARELLANO fut également en rapport avec Herrera ; il célébrait dans un sonnet le bonheur du Bétis qui devait à Herrera d’être le plus fameux de tous les fleuves ; et le poète lui répondait courtoisement que la lyre d’Arellano était digne de célébrer la beauté de Luz et lui promettait de rendre son nom fameux par ses vers !.
1. « De Alonso Ramirez de Arellano. — Divino Betis, que por la Ianura — de la fertil Vandalia discurriendo, — el estendido campo enriqueciendo, — a tu region das nombre, i das frescura ; — TI en medio de tu rauda i gran hondura — tu natural corriente deteniendo, — contrario curso luego prosiguiendo, — vences d’el mar el impetu 1 bravura; — Si tu estacion naval gloria merece ; — si las higeras yeguas valen tanto, — i los Tartessios campos i el ganado; —- Vn inclito Herrera t’'engrandece — sobre’l Danubio, Reno, Nilo i Xanto, — Eufrates, Tigris i Indo celebrado. — » (Édition de 1619, p- 63). Herrera répond : « Alfonso ; vuestro noble i grave canto,— con quien d’eternos giros l’armonia —assuena ; celebrar de la Luz mia—deviera la belleza, qu’énro i canto. — Que ÿo la dura fuerça de mi lanto — muestro, i
Or
J'hésite à croire qu'il appartint à la célèbre famille des Ramirez de Arellano, dont un des membres fut tué à la bataille d'Aljubarrota en 1385 et dont un autre devint premuier comte d'Aguilar. Il me semble que le poète n'aurait pas omis de lui donner le titre de señor ainsi qu'à Manrrin Ramirez DE ARELLANO qui était peut-être son frère et dont nous allons parler tout à l'heure ; il serait étrange également que Herrera se fût permis de tutoyer ce Martin Ramirez sil avait été d'aussi noble origine. Quoi qu'il en soit c’est peut-être au même Alfonso qu'est adressé le sonnet : Temor m'impide, esfuerça la esperança, dans lequel, se comparant à Prométhée puni pour avoir dérobé le feu du ciel, le poète se déclare supérieur au Titan, car, torturé par son amour, il n’en désire pas la fin‘
Un autre Ramirez de Arellano, dont le prénom, comme je viens de le dire, était Martin, semble avoir inspiré à Herrera une affection presque fraternelle ; 11 avait quitté Séville sans doute pour se rendre à Tolède : le poète lui écrit dans sa nouvelle résidence aux bords du Tage ? :
mal fiero ila ponçoña fria, — 1 el bien ; qu'a mi esperança se desvia, — cuando en cuitoso son la vos [sic] levanto. — No qu'a mi nombre umilde diera gloria; que ya osa alçar igual por vos la frente — à quien ilustra el Arno, grato al cielo. — Mas, estimar si puedo esta meémoria; — véra el felice Reino d’Ocidente, cuanto en vuestra alabança ensälço el boue D (Édition de FRE Livre I, sonnet 66.)
. « Temor m'impide, esfuerça la esperança, — 1 cuanto m'entorpece, Ms el ielo; — tanto el ardor m’alienta, i alça el buelo, — i llega, do el desseo apena alcança. — Fixo la vista, sin temer mudança, — en la luz bella de mi eterno Cielo, — i 6s0 traer una centella’l suelo ; — qu’abrasarà con el mi confiança. — Si fue con pena immensa la nes — que robù et fuego a la celeste rueda, — terror 1 exemplo a umano atrevimiento ; — Podrà alabarm’en la fortuna mia; — qu’aunque mi grande afan al suyo eceda, — désséo, que no acäbe mi tormento. — » (Édition de 1619. Livre III, sonnet67.)
2. « À Martin R. de Arellano. — Dura por mi fue al Tajo tu partida, — dexando solo el Betis, Arellano ; — i en Ilanto m’obligà i dolor insano — tu ausencia, de mi siempre aborrecida. — Tu sabes qu’esparzio a mi triste vida
L'MGAUE
« Bien dur fut pour moi ton départ pour le Tage; tu laissais désert le Bétis, Arellano, et ton absence, qui me fut toujours odieuse, me força de pleurer dans ma douleur insensée. Tu sais que le ciel répandit d’une main prodigue sur ma triste vie l'angoisse et le chagrin, et dans mon mal tu étais mon doux ami et mon frère ; etil n'y à plus personne qui me console après ton départ. Farouche, ma belle Luz me perça le cœur et se déroba à ma vue, et embrasa d’un feu ardent mon âme enveloppée dans son mal. Et toi, qui me reposais de mes plaintes, tu t'en vas cependant, sans me laisser un incertain espoir de retour. » C’est peut-être au même Arellano qu'est adressé le sonnet 98 du livre I de l’édition de 1619 où le poèle se compare à une barque désemparée et prête à sombrer .
C'était un soldat poète que ce don Pepro Terco à qui Herrera écrivait, probablement lors de l'expédition de don Juan d'Autriche contre Tunis, en octobre 1573: & Tandis que dans le golfe sauvage et horrible de l'antique Carthage, vous honorez l'étendard espagnol et que vous montrez au Mars sarrasin votre poitrine sans crainte, ici
— afan el cielo i cuita en larga mano ; — i en mi mal dulce amigo erasi crmano, — 1 no ä&i quien me consuele ya en tu ‘ida. — Hiriome fiera el pecho mi Luz bella ; — ï s’ascondio a mi vista, i con ardiente — fuego a l’alma abrasd en su mal embuelta. — I tu, qu’eras descanso a mi querella, — te vas en tanto ; sin dexar presente — una incierta esperança de tu buelta. » — (Édition de 1619. Livre I, sonnet 16.)
1. € Sola, i en allo mar, sin luz alguna — con tempestad sañosa yaze 1 viento — mi popa abierta ; i no abre’lnegroassiento — d’el cielo la confusa, incierta Luna. — Esperança, Arellano, ya ninguna — procüro, mi se deve al pensamiento. — fallecen fuerça i arte; i triste siento — la muerte aprésurarsem” importuna. — Pues el Amor m’ olvida, i cierra el puerto ; i veo en las reliquias de mi nave ; — qu’el Ponto esparze i buelve mis despojos, — La veste i armas d’este amante muerto, — colgad; que restan d’el naufragio grave, — a J’ara de mis bellos, dulces ojos. » Ce sonnet est attribué par Castro à Alfonso Ramirez de Arellano ; mais Pacheco ne donne aucune indication à ce sujet dans son édition. ;
LE 63e
où le riche Béuüs, plein d'honneur, répartit fièrement son cours fertile en méandres, donnant à l'amour la meilleure. part de moi-même, je m'égare, poussé par mon incertaine espérance; je chante ma belle Luz et ses tresses d’or, et bien que j'admire votre insigne valeur, je ne vous envie pas la couronne de lauriers, car j'élève mon âme à l'espoir d’un plus grand prix, si ma divine Luz, pour qui Je soupire, me couronne de ses fils d'or. »
En tanto qu'en el el fiero, orrido seno de l’antigua Cartago el estandarte d’España onrais, 1 al Sarraceno Marte el pecho de temor mostrais ageno ;
Yo aqui, do el rico Betis, d’onor Ileno, el fertil curso ufano en bueltas parte ; dando de mi al Amor la mejor parte, de m'incierta esperança m’enageno.
Mi Luz bella i sus lazos 1 oro canto; i aunqu'el valor insine vuestro admiro, de Lauro à vos no invidio la corona.
Qu’a mayor premio el animo levanto, si mi divina Luz; por quien suspiro, de sus hermosas hebras me corona.
Qu'était au juste Juan S4ez ou Sanz Zumera dont Cervantès, dans son Canto de Caliope, et Juan de la Cueva, dans son Viaje de Sannio, font le plus grand éloge* ? Il est difficile de le conjecturer. Herrera l’estimait assez pour le citer à plusieurs reprises dans son Commentaire sur Garct-