Édition de 1619. Livre IIT. Sonnet
2. On peut se demander si ce sonnet ne serait pas plutôt dédié à son fils D. Melchor Maldonado « juez oficial, tesorero de la Real Audiencia de la Casa de la Contratacién de Sevilla. » (Cf. Gallardo. Ensayo, elc., tome IIT, col. 188.) Mais ce Melchor n'ayant été juge qu’en 1604 et les poésies publiées par Herrera appartenant, à ce qu'il semble, à la période 1570-1582, il est plus naturel de penser qu’il s’agit du père.
3. « Gonçalo Argote de Molina, veinticuatro desta Ciudad, Nacio en ella año 1548. de mucha Nobleza, i abundancia. Fue hijo mayor del Iurado Francisco Argote de Molina, i de doña Beatriz Mexia. I ligitimo Señor de la Torre de Gil de Olid, en la Ciudad de Baeça; que posseyeron despues sus antepassados por mas de {00. años, decendientes de Martin Ruiz de Argote, que gano de los Moros Ja Ciudad dé Cordova. » there Libro de Retratos. Éloge d’Argote de Molina.)
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Molina et de D*° Beatriz Mejia ; 1l avait, à seize ans, pris part à l'expédition du Peñôn de los Vélez et contribué plus tard, en 1568, à réprimer le soulèvement de Grenade. Puis 1l s'était tourné vers l'étude des lettres et avait installé dans sa maison de la Cal de Francos un musée fameux, «rassemblant des livres rares et singuliers, imprimés ou manuserits, des chevaux superbes et extraordinaires, de bonne race et de robe variée, ainsi qu'une grande quantité d'armes antiques et modernes qui, placées entre différentes têtes d'animaux, de célèbres peintures mythologiques et des portraits d'hommes remarquables de la main d'Alonso Sanchez Coëllo !, formaient un ensemble merveilleux”. » Ce musée avait fait tant de bruit qu’en 1570, lors de sa venue à Séville, Philippe IT alla le visiter incognito.
Nommé, par le roi, son historiographe, Argote put pénétrer dans les bibliothèques et les archives les plus riches d'Espagne et publia les célèbres ouvrages appelés Le comte Lucanor * (1575), l'Histoire du grand Tamerlan * (1582),
1. Alonso Sänchez Coëllo (1515 P-1590), un des peintres les plus fameux du temps, était l’élève d’Antonio Moro : il éxcellait dans le portrait.
2. « hizo en sus Casas de laCal de Francos... un famosso Museo, juntando raros i peregrinos libros de Istorias impresas i de mano luzidos ï extraordinarios Cavallos, de linda raça i vario pelo ; 1 una gran copia de Armas Anüiguas i Modernas, que entre diferentes cabeças de Animales, 1 famosas pinturas de Fabulas, i Retratos de insignes Ombres, de mano de Alonso Sanchez Coello, hazian maravillosa correspondencia. De tal suerte que obligaron a su Magestad (hallandose en Sevilla año 1570.) a venir en un Coche disfraçado, por orden de don Diego de Cordova) a onrar tan celebrado Camarin. » (Pacheco. Libro de retratos. Eloge d’Argote de Molina.)
3. El Conde Lucanor, qui contenait la vie de l’Infant don Manuel avec l’histoire de sa maison, et un Discours sur la Poésie castillane, parut à Séville chez Enrique Diaz (1575), in-4°
h. Historia del Gran Tamorlan e itinerario y enarracion del viage, y relacion de la Embaxada que Ruy Gonçales de Clavijo le hizo por mandado del
RTS le livre de Vénerie d'Alphonse de Castille * (1582), enfin
son précieux traité sur la noblesse d’Andalousie ” (1588). Cependant le roi lui octroyait le titre d’Alférez mayor d'Andalousie et le nommait Premier provincial de la Sainte-Hermandad. Ce fut à ce titre * qu'il reçut, en 1590, une lettre dans laquelle Pedro Machuca, chef d’une bande de trois cents brigands qui ravageaient la Sierra de Jerez de la Frontera, lui offrait sa soumission. Pacheco, dans un curieux récit, nous a rapporté les détails de la cérémonie qui accompagna la reddition de ces bandits et qui rappelle en quelque manière les fêtes des noces de Camacho dans don Quichotte. Cet événement eut un grand retentissement.
Enfin Argote de Molina épousa doña Constancia, fille naturelle de don Agustin de Herrera, comte de Lanzarote, une des îles Canaries. Pacheco raconte qu'à la mort de son beau-père, Argote aurait vu le Maure Atarraez faire une incursion dansl'ile et lui enlever sa femme et sa bellemère qui allaient être conduites en Barbarie si, grâce à son éloquence, 1l n’était parvenu à obtenir de les ra Rene
muy poderoso Señor Don Henrique el Tercero de Castilla, ete. Séville. Andrea Pescioni (1582), in-fol.
1. Libro de Monteria que mando escrevir el muy alto y mvy poderoso Rey Don Alonso de Castilla, y de Leon, Vllimo deste nombre, etc. Séville, Andrea Pescioni (1582), in-fol.
2. Nobleza del Andaluzia, AT Catolico Don Philipe N. S. Rey de lasEspafias, etc. Séville. Fernando Diaz, 1588, in-fol.
3. « Agradosse tato desto Filipo 2° (con quien hablo muchas vezes) quele onrd como a Criado suyo con ilustres Titulos de veintecuatro, de Alferez mayor de l’Andaluzia.. Nombrole por primer Provincial de la Ermandad.…. con voz i voto en Cabildo que exercito con mucha rectitud. À esta sazon recibio una carta de 13 de mayo 15go de Pedro Machuca, Capitan de 300 Salteadores... en nombre suyo i de 8 compañeros (cabeças de los de mas) que. se ofrecian en sus manos, fiados de su Piedad ; ; para que les alcäçasse ad
de su Magestad, » (Pacheco, Libro de RerMies Éloge d’ Argote.)
A la mort de sa femme il alla vivre à la Grande Canarie, où la mort le surprit, à l'âge de cinquante ans (1598), encore occupé à écrire l'Histoire de ces sept iles, ou, si l’on en croit l'annaliste Züñiga, l'esprit troublé par la douleur que lui avait causée la perte de ses enfants !.
Bien qu'il ne reste dans les œuvres de Herrera aucune poésie dédiée à cet illustre concitoyen et qu'il ne soit pas fait mention de lui dans le Commentaire sur Garcilasso, Argote, lié eomme 1l Le fut avec le chanoine Pacheco et les plus savants hommes de son temps, connut assurément notre poète. D'ailleurs un autre habitué de l'académie de Malara, Cristébal de las Casas, dédiait à Argote de Molina sa traduction de Julius Solinus en 1573. Enfin, si porté qu'il fût vers l'érudition, Argote ne se désintéressait pas de la poésie, comme le prouve la dissertation sur la poésie castillane qu'il avait imprimée à la fin de son édition du Comte Lucanor en 1575. Un passage du Commentaire sur Garcilasso, dans lequel Herrera déclare que le sonnet existait en Espagne bien avant Boscän et cite même un sonnet du marquis de Santllane, indique bien qu'il connaissait assez Argote de Molina pour lui emprunter le livre de Sonnets et de Canciones que celui-ci possédait *.
1. Nicolés Antonio, dans sa Bibliotheca Hispana nova, donne sur cet illustre Sévillan quelques détails un peu différents. « Uxorem cum duxisset Hispali Constantiam de Herrera y Roxas, Augustini Lanzarotæ insulæ unius ex Fortunatis marchionis heredem tunc temporis unicam, marchionatus eo titulo appellari cœpit. Quo deinde ac successionis spe cecidit, mascula prole socero nata, contentus, gentilitio forsan, domini Turris de Gil de Olid cognomento. Decessit tandem angusta re, ac non bene sana mente, liberis orbus, impressa duntaxat libris sui memoria.., »
2. Dans son Discurso de la -poesia castellana (p. 96? de l'édition de 1575), Argote avait écrit en parlant des sonnets : « No fueron los primeros que los reslituyeron a España el Boscan y Garci Lasso (como algunos creen) porque
IL est à croire que les poésies que Herrera lui avait adressées ne furent pas retrouvées par Pacheco dans ses papiers et que la copie en avait été emportée par Argote aux Canaries, où il avait définitivement fixé sa résidence.
On trouve encore dans les œuvres de Herrera trace de deux poètes avec lesquels il eut l'occasion de correspondre.
Le premier est l'italien Giambatlista Amalteo (+ 1573) qui était lié avec Juan de Malara comme le prouve l'épître latine qu'il lui adressa. On trouve dans ses œuvres une courte églogue latine, intitulée Jo/as”, quisemble bien avoir été dédiée à Herrera, dont c'était le nom poétique et qui aurait répondu par le sonnet fort élogieux : «St el fuego Idalio al lierno canto*. »
Le second est l'illustre portugais Camoëns, cité deux fois d’une façon flatteuse dans le Commentaire sur Gareilasso *. Il avait adressé à Herrera un poème, malheureusement disparu, auquel celui-ci répondit par la belle Élégie ‘: € Sr el grave mal qu’el coraçon me parte. » Ces rapports
ya en tiempo del rey don Juan el segundo era vsado , como vemos en el libro de Sonetos y cäciones del marques de Santillana, que yo tengo, aunque fueron los primeros que mejor lo tractaron, etc... » — Herrera, dans son Commenlaire, écrivait à propos de la nouvelle forme de poésie : « no conocemos la deuda de avella recebido a la edad de Boscan, como piensan algunos, que mas anbigua es en nueéstra lengua ; porque el Marques de Santüllana.…. tent primero con singular osadia, etc... » ; 1l copie ensuite un sonnet du Marquis (p. 55).
1. Cette pièce commence par le vers : « Sic te perenni picta flore gramIina. »