Cf. Rodriguez Marin, Barahona de Solo, p
2. Pacheco dit qu'il était né en 1560 ; mais comme il déclare qu'il mourut le 16 janvier 1606 à soixante-seize ans, il semble naturel d'adopter la date dé 1530 pour la naissance d’Alcézar.
3. L’alcaide était le gouverneur politique, et l’alcalde mayor le juge civilet criminel. H
de le louer dans son Hercule. ne nous reste rien de sa correspondance poétique avec Herrera, bien que nous ne puissions la mettre en doute.
Pacheco nous apprend que Baltasar del Alcäzar était en relations affectueuses et fréquentes avec GUuTIERRE DE CErina | qui est également cité par Cristobal de Mesa, dans son épitre à Barahona, comme un des poètes sévillans qu'il avait jadis connus. Les renseignements que l'on possède sur la vie de ce poète se réduisent à bien peu de chose : on ignore les dates de sa naissance et de sa mort. On suppose qu’il naquit à Séville, dans les environs de l’année 1520, d’une famille noble et nombreuse ; 1l embrassa de bonne heure la carrière des armes, fit la guerre en Italie et en Allemagne où il assistait en 1543 à la prise de Duren. En 1542 il écrivait à D. Diego Hurtado de Mendoza une lettre spirituelle où il lui demandait de lui procurer une peinture du Titien, ce qui semble indiquer une grande intimité entre les deux correspondants. En 19/45 il revint en Italie, puis passa en Amérique pour rejoindre un de ses frères qui avait accompagné Fernand Cortès comme conquistador. Il semble être revenu en Espagne vers 1548, et c'est à ce moment qu'il avait pu être connu de Juan de Malara et plus tard de Herrera. Il faut cependant remarquer qu’à cette époque Herrera était bien Jeune et qu'il ne pouvait guère traiter familièrement un homme de l’âge de Cetina. Ce fut sans doute alors que Cetina se lia avec Baltasar del Alcäzar, et qu'ils adoptèrent les noms poétiques de Vandalio et de Damon selon l'usage des académiciens du temps. Mais bientôt Cetina
1. Sur ce personnage, consulter les Obras de Gutierre de Cetina con introducciôn y notas del Doctor D: Joaquin Hazañas y la Rüa. Séville, 1895. 2 volumes.
non
passait de nouveau en Amérique où, si nous en croyons Pacheco, il mourut à Mexico en 1560. M. Rodriguez Marin suppose que cette date est erronée et que Cetina revint encore à Séville où il serait mort quelque dix ans plus tard. Ilse fonde pour cela sur le passage de la lettre de Cristébal de Mesa à Barahona où sont cités les différents poètes sévillans groupés autour de Pacheco et de Herrera ; mais Je crois avoir montré, en parlant du chanoine Pacheco, que Mesa ne veut pas dire que tous ces personnages se soient trouvés réunis simultanément à Séville, et que le sens du morceau ne permet de rien conclure au sujet de Cetina.
D'autre part 1l semble difficile d'admettre l'hypothèse d'un retour de Cetina à Séville à une époque plus tardive. IL ÿ aurait eu alors certainement échange de politesses poétiques entre Cetina et Herrera qui commençait à devenur célèbre ; or on n’en trouve pas trace dans leurs œuvres. La seule mention que Herrera ait faite de Cetina dans ses poésies se trouve dans l’élégie qu'il adressait à Malara, précisément avant l'année 1557, comme je l'ai indiqué pré- cédemment : € Elle vivra, disait-1l, la mémoire de la passion tenace de Vandalio, de ses plaintes et de ses purs accents que le profond Bétis écoutait en murmurant. »
Vivira de Vandalio la porlia ; l’'aquexada passion 1 el puro canto; que murmurando Betis hondo oia *.
1, Cf. Pacheco. Libro de Retratos. Éloge de Cetina.
D Élégie 6 du livre I de l'édition de 1619, vers 100-103. Les vers précédents me paraissent se rapporter à Gregorio Silvestre qui ne mourut qu'en 1569 et qui semble être désigné comme vivant au moment où parle Herrera, tandis que l’imparfait ofa indique bien que Cetina n'était plus à Séville.
Or Vandalio est le pseudonyme de Guerre de Cetina. A cette époque Cetina n’était donc plus à Séville. D'ailleurs Pacheco nous aurait sans aucun doute signalé leur intimité, presque nécessaire si l’on songe à l'amitié de Herrera et de Baltasar del Alcäzar. Enfin, si l’on se reporte au jugement un peu sévère que Herrera porte sur les œuvres de Gutierre de Cetina dans son Commentaire sur Garcilasso', on ne peut s'empêcher de remarquer qu'il ne trahit aucune relation personnelle entre les deux poètes. Herrera en aurait parlé sur un ton plus sympathique s'il l'avait vraiment connu et fréquenté.
Si Gutierre de Cetina ne fut pas personnellement en relations avec Herrera, 1l n'en est pas de même d’un autre poète qui, comme Cetina, el peut-être en même temps que lui, avait séjourné au Mexique : je veux parler de Juax DE LA Cueva de Garoza. Les seuls détails biographiques que nous possédions sur ce poète sont tirés de ses propres œuvres. On croit qu'il naquit vers 1550 et qu'il mourut vers 1609. Il appartenait à une famille noble d’où sortirent les ducs d’Alburquerque, mais paraît avoir été fort pauvre; tout au moins se plaint-il fréquemment de sa si-
1. €... En numéro, lengua, terneza 1 afetos mnguno le negarà lugar con los primeros, mas faltale el esparitu 1 vigor, que tan importante es en la poesia ; 1 assi dize muchas cosas duleemente pero sin fuerças, ete... » (Commentaire, p. 77-) Getina est encore cité p. 76, 190, 204, 215, 216 et 550 du Commentaire sur Garcilasso ; il est à noter que Herrera en fait un contemporain de Hurtado de Mendoza qui était né en 1503 : « don Diego de Mendoça, 1 cast igualsuyo en el tempo Gutrerre de Cetina.» — (bid., p. 76.) Argote de Molina, dans son Discurso de la Poesia Castellana inséré à la suite du Conde Lucanor en 1575, cite parmi les poètés disparus « el ingenioso Iranco y el terso Cetina, que de lo que escriuieron tenemos buena muestra de lo que’ pudieran mas hazer, y lastimia de lo que se perdio éon su muerte..., etc. » (£. 94b de l'édition de 1970.) ‘re
tuation précaire. Il avait pour frère un docteur Claudio de la Cueva qui avait embrassé l'état ecclésiastique et qui semble l'avoir emmené avec lui dans les différents postes auxquels 1] fut nommé: c'est ainsi que les deux frères séjournèrent ensemble au Mexique, où Claudio avait été nommé archidiacre de Guadalajara ; Juan de la Cueva alla dans les mêmes conditions aux îles Canaries et à Cuenca. Il célèbre dans ses vers sous le nom de Felicia une dame nommée Felipa de la Paz. Plus tard, devenu amoureux d'une certaine Brigida Lucia de Belmonte, qu'il avait connue chez Argote de Molina, et désespéré de sa mort, il aurait fini ses jours dans la retraite en Portugal.
C'était un poète fécond, spirituel, mais négligé. Dès 1982 1l publiait chez Andrea Pescioni, qui éditait justement cette année-là les A/qunas Obras de Fernando de Herrera, une partie de ses œuvres poétiques". Il est remarquable qu'on y retrouve certaines particularités orthographiques adoptées par Herrera lui-même : l'emploi de l’apostrophe, de à au lieu de y pour la conjonction, de se au lieu de ze dans les verbes comme conozco, la suppression de } initiale dans les mots où elle ne provient pas d’une f latine ; 1l parle d'ailleurs de ces nouveautés dans son épître au jurat Rodrigo Suärez, dont j'ai déjà fait mention, et il indique comme particulièrement occupés de ces réformes Cabrera, Diego Girôn et Fernando de Herrera. Pour ce début de Cueva en publie, Diego Girôn s'était chargé de la préface, et Herrera avait composé un
1. « Obras de Juan de la Cueva, dirigidas al Ilmo. Sr. D. Juan Tellez Jiron, Marqués de Peñafel, ete... Con privilegio en Sevilla por Andrea Pescioni, año 1582. À costa de Francisco Rodriguez; mercader de libros. » in-8°. Le privilège est daté de Lisbonne, le 15 avril 1582. Le privilège des Algunas Obras de Fernando de Herrera est du 25 juin 1582,
re
sonnet laudatif, dans lequel 1l promet à son ami une gloire égale à celle de Pétrarque".
C'était à D. Juan Téllez Girôn, marquis de Peñafiel, qu'était offert ce premier essai : en 1 587, Juan de la Cueva dédiait à D‘ Juana de Figueroa y Côrdoba sous le nom de Coro febeo de romances hisloriales” un recueil de romances parfaitement détestables.
L'année suivante il publiait quelques pièces de théâtre * qu'il avait peut-être déjà éditées une première fois, et qui constituent son plus réel titre de gloire.
Puis en 1608 il faisait imprimer, grâce à la munificence de la municipalité de Séville, un poème épique, la Conquête de lu Bélique*', précédé de poésies laudatives du D'
1. Voici ce sonnet que j'emprunte aux OEuvres manuscrites de Cueva (Bibliothèque Colombine Z 1383-49) : « Al canto deste Cisne, 1 boz doliento
— que se.quexa en el sacro Hesperio rio, — Betis del arenoso assiento frio — alço rebuelta en Ovas l’alta frente. — Tu seras grande gloria de Occi-
terna fe del onor mio, — i Galatea, 1 la ascondida Espio — responderä a tu canto dulcemente. — Darame el ruvio Tajo la vitoria — Tajo del tierno Lasso celcbrado, — 1 al Arno sere igual en la nobleza. — Callé, i las ondas levanté en su gloria — resuena luego el hondo seno, i vado — con dulce boz, i con mayor pureza. »
2. Coro febeo de romances historiales, compues{o por Joan de la Gueva. Dirigido 4 Da Juana de Figueroa y Cérdoba, mujer de D. Gerénimo de MontaNo, caballero de la 6rden de señor Santiago, gentilhombre de la casa del Rey nuestro señor, alguacil mayor de Sevilla. Con privilegio, en Sevilla, en casa de Joan de Leon. 1588. À costa de Jäcome Lopez, mercader de libros, en la calle de Génova. — [approbation du maestro Lascano est datée de Madrid, 6 juin 1587.
3. Primera parte | de las | comedias | y tragedias | de loan de la Cueva. | Dirigidas 4 Momo. | Van añadidos, en esta | segunda impression, en las Comedias y Tra | gedias ! . | Impresso en Sevilla | en casa de Joan de Leon. | 1588. — Privilège du re" septembre 1584.
h.. « Conqvista | de la Bética, poema | heroico de Juan de la Cueva, | En qe se canta la res | tauracion y libertad de Seuilla, por el Santo Rey Don Fernando. | Dirigida 4 Don Antonio | Fernandez de Cordoua, Cauallero del abito de | Calatraua, primogenito de la casa | de Guadalcaçar. | Año 1603.
= 7 — Pero Gômez, de Ballasar del Alcäzar et du peintre Francisco Pacheco.
Il avait préparé une édition complète de ses œuvres qui est restée manuscrite‘ et qui contenait un grand nombre de poèmes inédits. La première partie de ce manuscrit renferme une élégie en quatre-vingt-deux tercets à Fernando de Herrera et «traite de l'inconstance de la fortune, de l'éloquence et de la poésie ». La seconde partie contient des poésies de différente nature, entre autres le Viaje de Sannio (1585) dédié à D. Fernando Enriquez de Ribera, marquis de Tarifa, et l'Ejemplar poélico (1604), dédié à D. Fernando Enriquez de Ribera, I° duc d’Alcalé et fils du précédent.
Parmi les églogues contenues dans cette seconde partie et qui mettent en scène sous des noms de bergers des personnages réels, Je signalerai l’'églogue 1v adressée à D. Alvaro de Portogal conde de Jelves, dans laquelle les deux interlocuteurs sont Iolas et Gangeo. Iolas était en effet le nom poétique de Fernando de Herrera : c'est ce qui résulte des vers suivants qui terminent l'élégie de Mosquera de Figueroa, placée en tête du Commentaire sur Garcilasso de Herrera: « Tu rendras plus éclatante cette lumière
| Con priuilegio. | Impresso en Seuilla | en casa de Francisco Perez, » in- de Le privilège est du 17 octobre 1600.
. «De las Rimas de Juan de la Cueua, primera parte. Dirigidas al Doctor “Claudio de la Cueua. Inquisidor poele y visitador de la santa Inquisicion del reino de Sicilia etc. » et « Segunda parte de las obras de Juan de la Cueva. Año 1604. (Bibliothèque Colombine, ms. Z, 133-409.) L'épitre 7 de la première partie commence au folio 166b et porte pour titre : « Epistola 7 a Fernando de Herrera, en que le trata de la inconstancia de la Fortuna, con un discurso de la Oratoria i Poesia. »
Dans l’Ensayo de Gallardo, tome IT, col. 936, est signalé le manuscrit suivant de Cueva : « Oficina | de | Juan Ravisio Tex | tor | Traduzida de Len | gua Latina en Española, Por | Joan de la Cueva | i | An’edida de Muchas otr | as Cosas. 1582.
ÉHRESE
[celle du génie] lolas, et Salitio [nom poétique de Garcilasso|, là-haut te prépare une couronne qui ceindra ton front lorsque tu seras délivré de tes liens mortels. »
Tu ras aquesta lumbre enriqueciendo Tolas ; 1 Salico alla te ordena corona, que tu frente 1ra añendo cuando deslazes la mortal cadena !
Une preuve aussi convaincante est l’allusion que fait Albanio dans l’églogue v du même manuscrit (foho 43), lorsqu'il dit à Meliso: « Cette histoire fut célébrée sur ces rives par la lyre héroïque du divin Ilolas qui combla de gloire sa patrie et son siècle. Mais le sort cruel, lorsqu'il nous fut ravi par la Parque impitoyable, voulut qu’elle se perdit et que le « Faustino » se perdit. Un précieux volume des événements qui se passèrent de son temps, et que je vis, fut caché par une obscure jalousie. » Et Meliso répond: « Bien d’autres œuvres du divin poète, sans celles-là, ont été perdues; mais le ciel les restituera un Jour à son nom’. » Ce passage fait allusion aux œuvres de Herrera qui disparurent à sa mort, comme on le verra plus loin, dans des circonstances mystérieuses : son Fauslino, poème dont il ne nous reste que quelques vers cités dans le Commentaire sur Garcilasso, son histoire du
1. Commentaire sur Garcilasso, p. 43. M. E. Walberg, dans son livre sur Juan de la Gueva et son Exemplar Poético (Lund. 1904), a déjà montré que lolas était le pseudonyme de Herrera (note 459, p. 104).
2. « Esa historia cant6 en esta ribera. — En pletro her6ico Iolas el divino, — Qu’enriquecié d’honor su patria y era; — Mas fué la suerte del crüel destino, — Que, arrebatado de la parca dura, — Se perdié ella y se perdié el « Faustino. » — Un gran volmen, una gran lectura — De cosas en su tiempo sucedidas, — Que yo vi, le oculté.la invidia oscura. — Mk- Lis0. — Muchas obras sin esas hay perdidas — Del divino poeta, que del cielo — À su nombre serän restitüidas. » — (Cité par Gallardo. Ensayo… tome IT, col, 653.)
monde jusqu'à Philippe I, qui était achevée en 1590 et qu'Albanio déclare avoir vue. Enfin l'allusion au titre de divin, décerné au chantre de Luz, suffirait à faire soupçonner de qui parle Juan de la Cueva,
Don Alvaro de Portugal était également au nombre des amis de Juan de la Cueva, bien qu'il ne figure pas dans l'épitre envoyée par ce dernier d’Aracena à Don Fernando Pacheco de Guzmän ; Cueva lui adressa plus d’une poésie, en particulier un sonnet dont nous aurons à reparler.
Mais on peut se demander si les relations de Cueva avec Herrera furent parfaitement cordiales, en dépit de l'échange de politesses poétiques que j'ai signalé plus haut. Cueva était trop satrique pour épargner le Divin Herrera, et trop indépendant pour se plier aux règles que devaient forcément établir les membres de l'académie de Malara. On trouve précisément dans ses œuvres manuscrites un fascicule imprimé qui date de 1585" et qui, touten ayant l'air favorable à Herrera, semble renfermer de perfides critiques à son adresse: c'est une épitre adressée à Cristébal de Sayas de Alfaro à propos d’un sonnet de ce personnage qui avait été injustement criliqué dans une académie. Juan de la Cueva lui rappelle que d’autres ont subi les mêmes attaques et lui cite la critique que Castel- - vetro fit de la Canzone de Caro au roi de France, & et cet autre (dont on ignore le nom), qui censura les annotations qu'avait fait paraître le divin Herrera sur Garcilasso”. » Il parle donc clairement du pamphlet anonyme
1. Cette date est indiquée dans les derniers vers: « En Hispals, 14 de Febrero — Del año del Señor de ochenta y cinco : — A los academistas remitida — Del museo del inclito Malara — Presente el ilustrisimo de Jélves. »
2. « De la suerte qu’el mismo censurando — vuestro Soneto, à dado exposiciones — tan fuera de la gloria que merece, — i d’entender lo que por el
Leo
dont l’auteur, sous le nom de Prele Jacopin, reprochait avec virulence à Herrera les critiques adressées par celui-ci à Garcilasso dans son Commentaire. Mais sous prétexte de consoler Sayas de Alfaro, il se livre à une attaque en règle de tous les critiques, quels qu'ils soient, et frappe à tour de bras aussi bien sur Herrera que sur Prete Jacopin dont il cite, de mémoire sans doute, un
grand nombre d'observations '. C’est ainsi que le mot
orejas avait donné matière à de longues discussions entre Herrera qui l'approuvait et son adversaire qui le trouvait vulgaire; {amaño, alimañas, attaqués par Herrera étaient
dixistes, — en moral i alegorico sentido, — que condena sin orden, ni cordura, — haziendo ostentacion de ingenio i letras, — cual hizo el Castelvetro, a la ecelente — Cancion del Caro, hecha al Rey de Francia: — o el otro (cuyo nombre no se sabe) — a las Annotaciones que an salido — de Herrera el divino, a Garcilasso. » (V. 22-33.)
1. « Andan sin luz bordoneando a tiento, — haziendo vanos soligismos d’aire — sobre si dixo bien, o si està malo — dezir como Don Diego de Mendoça — orejas, i Boscan Ombres 1 Gentes, — i Garcilasso Gesto, i Alimañas. | Si en buen lenguage se dira Tornado, — por ser dicion antigua desusada : — destierran d’entre buenos escritores — a Tamaño, Hazienda, En fin, Aora, — Mostro, dizen qu’es mala i dura frasis — Häzia vulgar, Con quien intolerable. — Escurrir verbo baxo, Arreo mal termino ; — À mi, ia Como, umildes locuciones. — por Mas i Mas, por pessima relaxan. — Diuerso, por comun es detestable., — Pan dizen qu’es vulgar, i Vino, ‘heroyco: — i no se yo en el mundo que vocablos — ay, que del Vulgo mas usados sean — que Pan i Vino, i siendo tan comunes — al Pan hazen vulgar, i heroyco al Vino.
| Lindo quieren que sea dicion lindissima : — 1 aunque no quieran es comun
al Vulgo, — conocida i usada communmente — del que mas sabe, 1 del que mas inora : — de suerte que Demostenes, 1 Tulio, — diran Lindo. Cherilo, i Filonides — si esto es assi ? con que razon condenan — usar de las vulgares locuciones, — si las usa el politico 1 plebeyo. — de do se infiere que si Lindo es bueno, — que Lindaco 1 Lindoco son mejores, — (que son compuestos suyos) 1 no usados. | Echan d’entre la gente que bien habla — por viles, baxos, i vocablos çafios — del vulgar idiotismo conocidos — a Endique, CGontino, Puasque i Disque — a Ique, Ayuda, Hasta, Meta, Nique — porqu'en el verso ultimo dixistes — Entendi quel Amor me dira ayuda. — i finalmente todos sus precetos — es acortar i empobrecer la lengua. | I sin tener dispensacion de Apolo — avra entrellos quien diga, i no rebiente — tacha, engorra ete... » (V. 53-97.)
EN Et
approuvés par Prete Jacopin ; lindo, ayuda, défendus par Herrera, étaient ridiculisés par Prete Jacopin. Or, Juan de la Cueva se moque de ces subtilités, accuse les critiques de vouloir appauvrir la langue et prend ainsi position entre les deux camps. Sa malice apparaît surtout dans ce qu'il dit du mot Ündo; Herrera déclarait ce mot excellent, et Cueva l’approuve également; mais Herrera, dans sa réponse au Prete Jacopin, affirmait son droit d’employer des mots dérivés régulièrement de mots usités, mème s ils étaient des néologismes ; et Cueva méchamment déclare que si lindo est bon, lindaco et lindoco qui n'existent pas seront encore meilleurs : la raillerie est évidente.
. Mais, si son indépendance le pousse à échapper au joug que prétendaient lui imposer les académies, il reste en définitive certain que Cueva ressentait pour Herrera une respectueuse admiration, et les vers de l’églogue V, que jai cités plus haut, et qui sont de douze ans au moins postérieurs à ceux de l'épitre à Sayas de Alfaro, me paraissent être l'expression définitive de ses sentiments pour son illustre contemporain.
Un des amis que Juan de la Cueva chargeait Pacheco de Guzmän de saluer de sa part, et dont Cristébal de Mesa cite le nom comme celui d’une des gloires de l’école de Séville dans son épître à Barahona, est le licencié Crisrôsaz MosquEer4 DE Ficueroa. Il était né, dit Pacheco, qui nous a laissé son portrait d’après un dessin de Felipe de Liaño, en 1547, à Séville, de famille noble; il eut pour père le licencié Pedro Mosquera de Moxcoso et pour mère dofa Leonor de Figueroa. Il vint au monde dans la maison légendaire qui portait la tête du roi don Pedro. Après des études préliminaires à Séville, où 1l fut l'élève de Juan de Malara, puis à Salamanque, il se fit recevoir
VSD
le 1% mars 1575, licencié én droit à l’Université d'Osuna; il se distinguait dans les lettres, la poésie, la géographie ; l musique lui était familière et il touchait la viole avec talent. Ilexerça diverses fonctions de judicature à Utrera, puis à Puerto de Santa Maria, pour le duc de Medina- Celi qui l'avait nommé son corregidor et son capitaine général. Il devint ensuite auditeur de quatre galères commandées par don Pedro de Bazän, et se tira si bien de cette mission que don Âlvaro de Bazän, le célèbre marquis de Santa Cruz, le fit nommer audileur général des galères d'Espagne : c’est à ce titre qu'en 1583 1l accompagna son chef dans l'expédition glorieuse des îles Terceiras, et 1l lui donna si complète satisfaction, par son administration et par sa bravoure, que le marquis ünt à le présenter à Philippe IF, qui le nomma corregidor d'Écija. Nommé plus tard alcalde mayor de l’adelantamiento de Burgos, un des plus considérables d'Espagne par l'étendue de sa juridiction, 1l y fit si bonne et si prompte justice qu'il hquida toutes les affaires laissées en souffrance par ses prédécesseurs et ne laissa lui-même en retard aucune de celles qui surgirent pendant sa magistrature. Il fut enfin désigné par le roi pour recevoir l'ambassadeur d'Angleterre et se tra à son honneur de cette délicate mission ; puis, fatigué et dégoûté, il se retira dans la ville d'Écija dont 1l avait été longtemps corrégidor et y mourut en 1610, à soixantetrois ans".
1. D. Angel Lasso de la Vega, dans son Escuela poetica sevillana, et M. Rodriguez Marin contestent cet âge de soixante-trois ans donné par Pacheco à Mosquera et croient que ce dernier était né en 1553 et non en 1547. En effet d’après un acte découvert par M. Marin (cf. Barahona de Soto, p. 141), Mosquera était encore mineur en 1670 et à ce titre avait besoin de l’autorisation de son père pour signer un contrat. Comment cependant aurait-il pu le 24 avril 1567 prendre son grade de bachelier en droit à Salamanque ? il
RAA es
‘Il avait toute sa vie consacré ses heures de loisir à Ja poésie; mais son grand ouvrage, composé de prose et de vers, auquel il empioya plus de trente ans de travail, son Eliocriso enamorado ne fut jamais publié: il était cependant connu et hautement apprécié des contemporains de Mosquera; c'est ainsi que Juan de Malara en cite un passage dans sa Descriplion de la galère royale et nous apprend quil avait eu le prenuer livre de l’Eliocriso entre les mains en 1968. En 1580, dans son Commentaire, Herrera copiait quelques vers de’la dixième élégie du dernier livre, ce qui indique que l'ouvrage était déjà terminé: mais il est probable que l’auteur ne cessait de le retoucher et ne se décidait pas à le publier. C'était une œuvre très artificielle, composée d'inutations ou de traductions d'auteurs grecs" et latins, mais où les mœurs et le costume étaient tout espagnols”, comme le dit Baltasar del Alcäzar dans les
n'aurait eu à cette date que quatorze ans ; et Barahona lui-même, qui était assurément précoce, ne devint bachelier qu’à l’âge de vingt ans. Pacheco déclare qu'il employa plus de trente ans à la composition de son Æliocriso enamorado ; or cet ouyrage était achevé en 1580 puisque, dans son Commentaire (p. 204), Herrera cite des vers de « la elegia 10.1 ulimo libro de Ehocriso, » ce qui ne laisse pas de compliquer la question; on sait enfin que le premier livre de cet ouvrage était achevé en 1568 par le témoignage de Malara qui dit en parlant de l’oranger: « Es tenido por el mejor arbol de todos, como Cristobal Mosquera de Figueroa lo encaresce en pocas palabras en su Enamorado Eliocriso que tuve en mi poder el año de 1568 libro L.» (Cité par M. Rodriguez Marin. Barahona de Solo, p 142.) Il est clair qu’à quinze ans. Mosquera n'avait pas composé déjà un livre de son Æliocriso, tandis que, s’il était né en 1547, il aurait eu 21 ans en 1568. Enfin Pacheco nous dit qu'il fut le condisciple et l’ami intime de Medina qui était né en 1544.
1. « Con lo que alcançd de la lengua Griega, passd a la nuestra el Eliocriso. » (Pacheco. Libro de Relratos. Eloge de Mosquera de Figueroa.)
2. « Diole d’España el ademan airoso, la grayedad, costumbres, nombre i traje, — tanto puede un discurso artificioso. » (Pacheco. Libro de Retratos, vers tirés de l’éloge de Mosquera par Baltasar del Alcäzar.) — Le nom de la maîtresse d’Æliocriso était Criselia. (CF. Commentaire sur Garci-
lasso, p. 124.)
vers qu'il consacrait à l'éloge de Mosquera. Ce dernier avait encore écrit quelques ouvrages d'un caractère bien différent: un Traité de jurisprudence relalif aux testaments’, et des Commentaires sur l’expédilion des Açores” publiés en 1596. Dans ce dernier ouvrage se trouve un sonnet de Miguel de Cervantes” Saavedra qui marque que les deux poètes se connaissaient. Mosquera écrivit encore un petit poème: Æl Valticinio de Proteo al S' D. Juan de Austria qui fut placé à la suite de la Description de la galère royale de Juan de Malara. W était intime ami de Francisco de Medina qui avait été son condisciple. Il n'est donc pas étrange que l'on trouve trace de ses rapports avec Herrera qui le cite à plusieurs reprises dans son Commentaire sur Garcilasso et qui lui adressait le sonnet: « Cuando mi pecho ardio en su dulce fuego.. » dans lequel il lui confiait ses peines amoureuses .
. « Compuso un libro o glosa sobre un Testamento antiguo de un principal Romano llamado Lucio Cuspidio, donde tratù curiosamente casi todas las materias de las ultimas voluntades. (Pacheco. Libro de Retratos. Éloge de Mosquera.)
2. Comentario en breve compendio de Disciplina militar, en que se escribe la Jornada de las islas de los azores, por el Licenciado Cristobal Mosquera de Figueroa, Auditor general del armada y ejéreito del Rey Nuestro Señor. — Con privilegio en Madrid por Luis Sanchez, año 1596.
3. Le sonnet de Cervantes : « No ha menester el que tus hechos canta » se trouve au fol. 177.
h. &A C. M. de Figueroa. — Cuando mi pecho ardio en su dulce fuego —— osé cantar, Mosquera, el mal que siento ; — i diom’ al tierno canto ufano aliento — el Sol, en cuyo ardor estuve ciego — Osé mostrar mi Ilanto en blando ruego — à quien a Amor desprecia 1 su tormento ; — i el umilde quexar de mi lamento — me dio osadia, i dio esperanza RNA — Aora, que la Luz yo pierdo ausente, — i crece mi dolor con su belleza — (notad el te error de mi porfia) — Lléro el passado bien i el mal presente; —
i, puesto en soledad de mi tristeza, — la esperança me falta i la osadia. » — (Édition de 1619. Livre IF, sonnet 36.) — Mosquera de Figueréa est cité par Herrera, p. 124, 320, 361 k12, 564 et 624 de son Commentaire. Cervantès dans son Canto de CARE et Juan de la Cueva dans son Viaje de Sannio font son éloge. *
SAONE
Juan ANTONIO DEL ALcKzAR, « vingl-quatre » de Séville, en 1987, était sans doute de la inême famille que Baltasar; Pacheco nous apprend en effet qu'un frère de Baltasar occupa cette magistratu re. En répon se à un sonnet' qu'il avait adressé à Herrera, et dans lequel il montrait le Bétis se consolant de la mort de San Fernando, le conquérant de Séville, par la naissance de Fernando de Herrera, celui-ci lui disait: « J'ai osé monter avec peu de bonheur sur l'Hélicon fleuri, là où le cristal d'Hippocrène baigne la campagne, là où Castalie verse ses ondes pures, pour louer le cœur audacieux et fort, et les grands exploits qui honorèrent notre Espagne; mais une si grande prouesse ne m'est pas due: mon chant n’est pas vainqueur de la mort. Pour ne pas m'abandonner à l’oisiveté insouciante, Antonio, J'écris et J'obscurcis de mes vers grossiers la sérénité de mon Étoile. Mais si je me vois enflammé de ses vifs rayons, vous verrez pour sa gloire votre Fernand | honorer l'Espagne. »
Osè subir con poca diestra suerte al florido Elhcon, 1 donde baña el cristal d’Ipocrene la campaña, i Castalia sus puras ondas vierte ; Para alabar el pecho osado 1 fuerte, los grandes hechos; qu’onran nuestra España,
mas no se deve a mi tan gran hazaña, no es vencedor mi canto de la muerte.
1. « Soneto de Juan Antonio del Alcaçar. — Vio Betis, que Fernando al Moro fuerte — lançd con brava fuerça, ardid i maña, — de la ciudad, qu’el tiene, i aun España — mejor, i do mas Copia el cuerno vierte. — Holgos” el viejo rio, mas la muerte — de Fernando trocd en tristeza estraña, — el gozo i el plazer d’esta hazaña, — ï en triste Ilanto tan dichosa suerte. — Despues à el mesmo Bétis procurado — largos tiempos aver de Hispalis bella — un hijo, con el nombre de Fernando, — Que la enriquesca. 1 cuanto à desseado — agora se le cumple, pues en ella, — Fernando’, s vê, qu'assi la vais onrando, » — (Édition de 1619, p. 368.)
Por no entregarm'al ocio descuidado, Antonio, escrivo, i mi serena Estrella voi con mis rudos versos ofuscando.
Mas, si en sus vivos rayos inflamado, me veo, vos vêreis en gloria d’ella onrando à España ir vuestro Fernando”.
C'est peut-être au même Antonio del Alcäzar que s'adresse le sonnet 4o dé l'édition de 1582 dans lequel le poète déclare avoir triomphé de son amour et invite son ami à en faire autant.
C'étaitencore un « Vingt-Quatre » de Séville que ce don Meccnor Marnowano, à qui s'adresse le sonnet 20 du même recueil”, dans lequel le poète célébrait sa dignité, son commerce aimable et courtois. Ce Maldonado fut au nombre des députés chargés de présenter les clés de la ville à Philippe IT, lors de son entrée solennelle à Séville en
Mais le plus éminent des magistrats municipaux de Séville connu par Herrera, car 1l était l’ami du chanoine Pacheco, fut le célèbre Goxzazo ArGorTe DE Morin. Né en 1048 à Séville”, il était fils du jurat Francisco Argote de